TIKJDA,splendeurs et majesté

TIKJDA,splendeurs et majesté

Dieu, que la montagne est belle ! Elle tend ses bras magiques à tous ceux qui la regardent et, tel le chant des sirènes, elle captive et attire. Ses beaux atours ne font que nous inciter à nous y rendre. C’est ce que nous décidons de faire en ce jour de dimanche qui coïncide avec la fête de l’Achoura. Le chemin n’est pas long. À peine une quarantaine de kilomètres, en passant par Haïzer. Mais nous avons choisi un autre itinéraire, celui qui passe par M’chedallah et Saharidj.

Pourquoi un tel choix ? Tout simplement parce que c’est une voie méconnue des touristes et c’est une opportunité pour la leur faire découvrir. Nous y sommes allés sans regret aucun. Bien au contraire. Notre ravissement a été double: la découverte et la splendeur des lieux. Dès Imchedallène, la route est très praticable car totalement bitumée. Plus nous avançons, plus le paysage est sublime. Une pluie fine tombe sans aucune incidence sur la suite de notre parcours. Celle-ci s’estompera d’ailleurs dès notre arrivée à Saharidj, une localité au passé glorieux pour avoir servi de poste de commandement pour la Wilaya III durant la guerre de Libération. Abane Ramdane et le colonel Amirouche y avaient séjourné. Saharidj est située en contrebas de Tamgout, un mont d’une autre grande beauté. Tout au long de la voie des arbres et des maquis à perte de vue, entrecoupés par de nouvelles cascades provoquées par les dernières chutes de neige et de pluie. Un régal pour les yeux que de voir cette eau fraîche et limpide tomber de haut et poursuivre sa trajectoire à travers les fossés bétonnés pour mourir dans les oueds environnants. Plusieurs personnes se sont arrêtées pour contempler ce nouveau décor. On prend des photos souvenirs, on se lave, on boit de cette eau malgré la froidure. À quelques encablures de Tizi N’kouilal, le paysage n’est que plus beau. Passer sous un tunnel en pierre et à travers des rochers est un moment des plus extraordinaires. Une procession de voitures, dans les deux sens, témoigne de l’attirance qu’exercent ces lieux sur les citoyens. Non loin de là, quelques badauds longent la voie, défiant l’air froid et le sol humidifié par les eaux de pluie. Femmes, hommes et enfants ont abandonné les véhicules pour « se rincer les yeux ». « Tu ne trouveras pas ce décor même en Australie ! », nous dira un de nos compagnons, pour qui, aussi, ce paysage est une nouveauté. Dès l’entame de Tizi N’kouilal, un épais brouillard enveloppe les lieux. Nous avançons doucement, par prudence, et nous atteignons le col de Tirourda. Bizarrement, le brouillard s’est dissipé et la vue est tout simplement imprenable. Nous ne nous empêchons pas de faire une première halte. Là, c’est « la Dent du lion », juste à côté, c’est « la Main du juif», plus bas, ce sont les villages des Ath Ouacifs, pour la wilaya de Tizi Ouzou. De l’autre côté de la voie, c’est El-Adjiba, Bechloul et El-Esnam, pour la wilaya de Bouira. Une espèce de no mans land où il fait bon vivre. Un paysage attrayant et d’une rare beauté, très prisé par les touristes. On s’y rend à longueur d’année comme pour un pèlerinage. D’ailleurs, deux familles y marquent une pause. Un J9 et une Land Rover sont garés à proximité. Nous nous approchons des occupants de l’un des véhicules et les sollicitons pour nous donner leurs impressions. « Vous savez, nous dit le père de famille, la montagne a toujours été une bouffée d’oxygène pour nous. Nous sommes de Ath Yenni et nous ne ratons aucune occasion pour venir nous reposer et nous défouler. La Kabylie n’est que plus belle avec sa montagne ! » Il n’a pas tort. Le regard émerveillé s’étire et se prolonge en balayant à perte de vue ce paysage montagneux où une multitude de villages et de hameaux cèrnent le piémont tel un collier de perles. « Vous voyez toutes ces agglomérations ? C’est très beau, hein ? Mais, il faut les admirer surtout la nuit en été. Leur éclairage public et celui des habitations donnent l’impression d’un reflet des étoiles », poursuit notre interlocuteur. Nous reprenons notre route non sans l’avoir remercié pour cette appréciation qui nous réconforte et conforte la raison de notre présence. Nous atteignons Assouel, un autre lieu magique. C’est une étendue située en plein coeur du Djurdjura, en contrebas du mont Lalla Khedidja qui se dresse fièrement à 2 308 mètres. Là, nous accostons un groupe d’étudiants, venus de l’Université de Tizi Ouzou. Trois d’entre eux sont de nationalité gabonaise. À les voir se laisser choir, s’étirer, se retourner sur la poudreuse, avec cette joie de petits enfants, et prendre de très nombreuses photos, l’on devine la chance que ces ressortissants africains ont, comparativement à leurs concitoyens autochtones. Nous ne nous empêchons pas de les aborder pour en savoir plus sur ce « bonheur » largement exprimé. L’un d’eux, une étudiante en première année, s’empresse de prendre la parole : « C’est la première fois que je vois de visu la neige et que je la touche. Je suis tout simplement éblouie. Vous savez qu’au Gabon ce genre de décor n’est qu’un rêve, alors j’en profite plein les mains et plein les yeux. Chaque instant que nous passons sur ce merveilleux site nous rajeunit davantage. C’est la première fois que je viens et, croyez-moi, les photos que j’enverrai à ma famille, au Gabon, feront certainement des envieux ! » Un autre Gabonais, un étudiant, habitué des lieux depuis trois ans, intervient à son tour comme pour la taquiner : « Elle a oublié de vous dire que c’est grâce à moi qu’elle se trouve ici. C’est moi qui l’ai motivée pour venir en Algérie et s’inscrire à Tizi Ouzou!», avant de la faire tomber délicatement sur la neige qui a amorti sa chute. D’autres groupes de personnes effectuent une randonnée pédestre. Rien de plus bénéfique et de revigorant pour ces citadins habitués à l’étroitesse du «champ» et à la limite de la vue. Ils s’en donnent à coeur joie, l’espace d’une journée, avant de reprendre le train-train quotidien et la routine en attendant, peut être, le prochain week-end. Notre dernière halte est à proximité du complexe touristique de Tikjda. Un nombre impressionnant de véhicules, venus de diverses régions du pays. D’Alger, de Béjaïa, de Bouira, bien sûr, mais aussi de Boumerdès, de Tizi Ouzou et même de M’sila et de Médéa. Ici, la neige a pratiquement fondu. Quelques pans subsistent encore cependant. Ce qui, assurément, n’altère en rien le sublime décor. Des singes « osent » une descente des hauteurs qu’ils occupent en cette période d’hiver. La faim a fini par les déloger. Et pour une miche de pain, des bouts de biscuits, de gaufrettes, ou tout simplement quelques cacahuètes, la sortie en vaut la chandelle. La présence de ces magots est un moment privilégié pour les visiteurs.Arriver à les toucher ou même les prendre en photo est un acte de délectation. Ce qui n’est tout de même pas une mince entreprise. Les singes, craintifs, voire méfiants, ne s’en approchent que très rarement. Un bout de pain jeté est vite happé par un des singes avant de disparaître sur un arbre, le temps de l’ingurgiter et de renouveler inlassablement la même opération. Au dessus de nos têtes, là-haut dans le ciel, plane un aigle royal. Il semble guetter le moindre signe de la présence d’une proie pour effectuer son vol plané. Un peu plus loin, des corbeaux prennent leur envol précipité comme s’ils venaient d’être dérangés. Ce sont-là de simples faits, presque anodins, mais pour nos yeux, habitués à la monotonie de la vie, ce sont des instants uniques pour ne pas dire magiques. Nous poursuivons notre marche vers le café restaurant. Cette fois à travers les arbres. Un regard prolongé sur les lieux nous révèle que la flore a, en dépit de tout ce qu’ elle a enduré, survécu à la tentative d’assassinat dont elle a été l’objet à maintes reprises. Et pour cause, ceux qui avaient connu Tikjda un certain été de 1999 et même ultérieurement ne donnaient pas cher du devenir de cet endroit féerique. Lors de cette période, les incendies criminels avaient ravagé une très grande partie de la dense étendue boisée au piémont du massif montagneux. Ce ne fut que désolation et décor apocalyptique. C’était pénible aux regards des férus de la nature. Les dégâts occasionnés étaient d’une ampleur tel que le vert chatoyant du pin d’Alep, du pin noir, du cèdre de l’Atlas et du sapin de Numidie avait cédé la place au gris maussade et à la noirceur lugubre des arbres calcinés. Un acte de sauvagerie qui allait mettre fin à l’existence d’une partie d’espèces végétales uniques au monde. Durant ces années de «braise », Tikjda était devenue le souffre-douleur d’une région qui ne demandait qu’a être aimée et protégée pour offrir tout ce qu’elle a de sensationnel. Mais, Tikjda, tel le phoenix, renaît progressivement de ses cendres. Le site a repris des couleurs et le revoici encore plus beau que jamais. D’autres plants ont refait surface, d’autres jeunes pousses commencent à poindre. Signe de régénérescence. À proximité du café-restaurant, situé entre deux blocs d’hébergement, nous abordons un autre citoyen. Missoum, originaire de Médéa. Lui, préfère carrément le Djurdjura et ses sites envoûtants à Chréa qui, pourtant, n’est qu’à quelques encablures de son lieu de résidence. « C’est vrai que Chréa est juste à côté de ma ville mais pour moi et ma petite famille, c’est une autre découverte. On m’a dit que les paysages de la Kabylie sont formidables. Moi, je dis qu’ils sont tout simplement magnifiques et sublimes». Un court silence, puis il reprend : « Ce qui m’a agréablement surpris, c’est la cordialité des gens et des habitants de la région. J’ai fait une halte à Haïzer et, croyez-moi, j’ai été heureux de constater qu’ils font preuve d’un grande courtoisie». Du coup, il «balaie» l’idée saugrenue qui fait de la région ce qu’elle n’est pas. Un autre bon signe. Notre virée se poursuit. Nous pénétrons dans le lieu de restauration. Un regard circulaire nous indique que les fauteuils sont tous occupés. Nous commandons des thés que nous buvons tout en ciblant notre prochaine «proie». C’est un groupe de personnes assises confortablement tout en dégustant gâteaux, café au lait et thé. Pour eux, ce n’est pas la première fois qu’ils viennent à Tikjda. Ce sont des habitués et ils sont d’Alger. Ils viennent chaque année en période hivernale et ils passent une semaine « dans ce magnifique décor de la nature ». Nous refusons poliment leur invitation à prendre des cafés et quittons le restaurant en même temps que ce site que la nature a avantagé. Un véritable éden qui a su résister à la main destructrice de l’homme. Ni les incendies criminels, ni les actes de sabotage ni le terrorisme n’ont eu raison de ce don de Dieu. Car, tout compte fait, on a beau chasser le naturel, il revient toujours au galop.  (Le Courrier d’Algérie-30.12.09.)

**vidéos: Randonnée à Tikjda, première partie

*Randonnée à Tikjda, seconde partie

*voir le site du CENTRE NATIONAL DES SPORTS ET LOISIRS DE TIKJDA

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*Tikjda « envahie » par les touristes

Beaucoup d’autres vont venir fêter la nouvelle année sur la montagne

Un site extraordinaire

Chaque fin de semaine est une occasion pour des centaines de familles d’aller s’oxygéner et prendre l’air frais de Tikjda. Hélas! les structures et les moyens continuent à manquer considérablement pour permettre un réel essor du tourisme de montagne. Même la réalisation d’un centre d’études ouvert aux universitaires demeure une construction fermée. Le projet inscrit pour améliorer l’accueil avec notamment la réalisation d’une aire de stationnement, des espaces de repos aux visiteurs, tarde à se concrétiser et accuse un retard malgré les maintes promesses du maître de l’ouvrage. La station de montagne de Tikjda a renoué avec l’activité en cette période des premières neiges. Les clients affluent de partout chaque fin de semaine. La majorité des visiteurs préfèrent pique-niquer sur les bords de la route en raison des prix jugés excessifs au niveau du complexe. L’accès vers la piste de ski d’Aswel n’est pas encore autorisé en raison de la grosse couche de poudreuse par endroit. Les amateurs de la glisse se limitent aux quelques pentes autour du complexe. Préférant des randonnées pédestres, les familles pique-niquent sous les cèdres.
Les enfants s’adonnent à des batailles sous le regard de parents heureux. Les plaques d’immatriculation des véhicules restent un indice qui montre que beaucoup de visiteurs viennent de la région d’Alger. L’accès reste encore difficile en raison de l’exiguïté de la route et surtout de l’incivisme de certains qui ne se soucient que de leurs intérêts, les neiges déblayées par les véhicules spécialisés sont encore sur les bords de la route, décourageant les Bouiris qui préférent attendre encore la fonte pour rallier la montagne.
Ils sont nombreux à s’arrêter au niveau de l’intersection vers Semmache et admirer les beaux paysages qui s’offrent à leurs yeux. Comme à l’accoutumée, ce sont les plus jeunes qui emplissent les lieux. Le comportement de certains fait fuir les familles. Même la présence des gendarmes ne semble pas inquiéter ces énergumènes qui viennent consommer leurs canettes sans aucune retenue ni pudeur devant des enfants et des femmes venus le temps d’une journée vivre et respirer un air pur. Les militaires stationnés sur place, organisent la circulation tout en recommandant aux usagers beaucoup de prudence. L’éventuel retour du mauvais temps à partir d’aujourd’hui a augmenté la pression et est à l’origine peut-être de cette forte présence à Tikjda. La bonne nouvelle est que les grosses quantités de neige qui sont tombées peuvent tenir jusqu’au mois de mai prochain, ce qui présage d’une saison de haute fréquentation au niveau des structures de tourisme. De l’avis de tous, la direction du complexe devrait revoir ses prix à la baisse pour réellement attirer un maximum de clients, au niveau d’une structure qui se débat dans des difficultés financières depuis sa création.
La présence de la neige dès le mois de novembre dernier, est une aubaine pour la direction qui, si elle venait à accentuer ses activités, peut réussir l’année sur le plan financier surtout que la fin du mois en cours sera l’occasion pour beaucoup de venir fêter la nouvelle année.*L’Expression-Lundi 09 Decembre 2013

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28 réponses à “TIKJDA,splendeurs et majesté”

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