Etre musulman et vivre avec son temps et son milieu

*PENSER L’AVENIR
La responsabilité de l’élite

Relever les défis à venir dépend du degré de priorité donné à l’éducation, à l’intelligence, aux ressources humaines, à la culture, aux idées innovantes.

Le Ramadhan nous lie au sens spirituel de l’existence, temps privilégié du recul et de l’examen de conscience. Il prend fin ce jour. Il devrait contribuer à faire le bilan de nos actions individuelles et collectives. Que fait-on de bien pour la patrie et l’humanité, est la question qui ne doit pas quitter notre pensée. Alors que les atouts sont réels, la désorientation, l’incertitude et l’absence de perspectives dominent dans le Monde arabe. On subit la politique du deux poids, deux mesures, mais on ne peut pas seulement accuser les puissances étrangères et le désordre mondial. On dispose de pétrole, ressource périssable, mais surtout de capacités d’idées, richesse fondamentale pas assez majorée.

Réflexions sur le futur
En rive sud de la Méditerranée, malgré à la fois l’hétérogénéité de la situation et l’existence d’une jeunesse assoiffée de savoir, de culture et d’analyses prospectives, les organismes qui réfléchissent sur les questions fondamentales ne sont pas légion. C’est pourtant l’avenir des nouvelles générations, le droit au développement, l’identité et la souveraineté du pays qui sont en jeu. La recherche, les études stratégiques, les groupes de réflexion sur le futur qui ont pour vocation d’analyser les enjeux stratégiques sont rares ou pas assez soutenus.
L’Université dans le Monde arabe recèle de plusieurs milliers de laboratoires de recherches, cependant le débat libre, la dimension pluridisciplinaire et prospective ne sont pas assez pratiqués.
Au sein de la société civile ou en relation avec des organismes publics, les nouvelles formes d’étude et d’échange, que l’on appelle think tank, pour favoriser l’économie de la connaissance et la société du savoir sont embryonnaires ou limiter aux actions documentaires. Alors qu’il s’agit d’intégrer la dimension du savoir et de l’innovation dans la promotion des idées et de la compétitivité de nos entreprises et potentialités nationales, pour sortir du sous-développement et de la dépendance.
Les espaces d’études et de réflexions sont complémentaires aux institutions et entreprises, en vue de produire des idées nouvelles et évaluer des situations précises. Des intellectuels, des universitaires, des chefs d’entreprise et experts créent des passerelles et proposent des évaluations, des méthodes et des programmes en vue de dynamiser la pensée politique, économique et sociale. Un think tank, signifie un réservoir de pensées.
Ses membres se vouent à la recherche d’idées nouvelles, pour aider les opérateurs publics et privés dans leurs actions. Ils ont pour tâche de fournir des prévisions, synthèses et expertises relatives aux défis et enjeux pour le bien commun. Leur fonction se veut scientifique, consultative et d’influence. Leur caractéristique devrait être la pertinence des analyses et l’innovation.
A travers le monde, ils proposent des analyses, des suggestions et des études d’ordre stratégique, politique, économique, comme des cabinets de consultants, sur la base de ce que les Anglo-Saxons appellent le brainstorming. Parfois ils fonctionnent comme un club philosophique soucieux d’indépendance.
La plupart produisent des publications et des banques de données. Dans tous les cas, compte tenu de la complexité des problèmes de notre temps, du facteur d’incertitudes dans nombre de domaines et des risques auxquels sont confrontées les sociétés, encourager le débat, la réflexion et les études prospectives, ne peut que servir l’intérêt général.

Priorité à l’éducation, la formation et la culture
Relever les défis à venir dépend du degré de priorité donné à l’éducation, à l’intelligence, aux ressources humaines, à la culture, aux idées innovantes. C’est le principal défi pour pouvoir former un citoyen autonome et conduire les modernisations dans le Monde arabe. Réformer c’est former et réfléchir en termes de spécificités humaines. La rive sud ne peut pas imiter aveuglément des formules d’autres régions. Les facteurs historiques, culturels et sociaux sont différents.
Certes, des paramètres universaux sont incontournables, mais on doit réfléchir en fonction de nos aspirations et valeurs. Il s’agit de favoriser l’émergence d’espaces de productions d’idées et de compétences en fonction de nos réalités et objectifs.
Une attente immense est perceptible chez les jeunes assoiffés de formation, de savoir, de loisirs et d’opportunités. Ils doutent de presque tout et sont mécontents. Ils considèrent qu’ils sont livrés à eux-mêmes et que les règles du jeu et les conditions de l’élévation dans la hiérarchie sociale ne sont pas claires. Ils souhaitent que l’horizon s’ouvre sur la base de l’action engagée des élites et de politiques de la bonne gouvernance.
Ils sont parfois désespérés face à l’arbitraire, à la bureaucratie, au mutisme, ou à la langue de bois. Les autorités, de leur côté, souhaitent que les élites et la société civile savante s’impliquent, que la jeunesse ne se fixe pas seulement sur les droits, mais aussi sur les devoirs. La responsabilité est collective pour rouvrir de nouvelles perspectives et équilibrer ces données.
Au sein de la société, des efforts sont perceptibles, des instituts, des centres d’études, de recherches, qui fonctionnent sur la base de volontés, mettent l’action sur la formation.
Des établissements universitaires produisent des travaux scientifiques sur les problèmes économiques et sociaux. D’autres tentent d’apporter leur soutien académique aux opérateurs et décideurs économiques en matière d’aide à la décision.
Des opérateurs économiques privés commencent à créer des think-tank indépendants. Leur souci est l’entreprise, l’économie, l’échange d’expériences et la synergie.
Des journaux créent des espaces de débats, de type forum, pour tenter de favoriser l’échange des idées sur les questions de l’heure. Des Etats arabes disposent de leur Institut d’Etudes et de Stratégie. Des Bureaux d’études privés locaux tentent de leur côté d’initier des actions de prévisions dans nombre de domaines. Cependant, l’exploitation de ces acquis est faible, les échanges, la logique de réseaux et la synergie restent insuffisants. De plus, la faiblesse est abyssale en matière de stratégie de communication. L’image du Monde arabe et des musulmans est au plus bas de son histoire, malgré la prolifération de chaînes satellitaires arabes et de sites Internet.

Communiquer et informer
Alors que la majorité des citoyens arabes rêvent de partage, de progrès et de vie paisible, sans perdre leur âme, à cause de pratiques minoritaires, archaïques, obscurantistes et fermées, manipulées et amplifiées, dans tous les médias de la planète, nous ne voyons que des images négatives et des messages fondés sur l’amalgame, la stigmatisation et la désinformation. Les think tank et les intellectuels ont une tâche immense pour changer la donne. Apprendre à communiquer relève de l’urgence.
Dans ce contexte, comment intégrer nos potentialités, libérer les énergies et les initiatives, relancer l’économie, défendre nos intérêts, faire reculer l’instabilité et l’insécurité, les incertitudes et les risques? Comment faire face à la crise économique mondiale, aux 30 millions de demandeurs d’emploi de jeunes Arabes qui arriveront sur le marché dans moins de 20 ans? Comment concrétiser le fameux principe de l’autosuffisance alimentaire? Comment penser un nouveau projet de société pour le futur afin d’articuler économie de marché et justice sociale, authenticité et progrès?
Comment informer et mobiliser les jeunes, se mettre à leur écoute, les aider à donner un sens à leur vie, produire des richesses, changer la réalité du terrain et de notre quotidien? Il s’agit en somme d’abord de révolutionner l’Ecole, de fortifier les intelligences qui existent bel et bien, à l’intérieur du pays et à l’extérieur, pour trouver le chemin du développement économique du progrès social et de l’épanouissement culturel.
On ne peut pas faire l’impasse sur la bonne gouvernance, la compétence, la participation des élites et des classes moyennes et des méthodes scientifiques appropriées qui sous-tendent tout management de la société, des ressources humaines et de l’entreprise.

Le sens de la responsabilité
Réfléchir et débattre c’est ne pas abandonner le peuple et refuser la démission. En étant à l’écoute des jeunes et des anciens, le rôle de l’intellectuel est de contribuer à tenter de montrer la voie, de réfléchir et de faire réfléchir, de prévoir et de faire le lien entre la base et le sommet, entre le passé et l’avenir, entre les couches sociales, et entre l’unité et la pluralité des cultures. Ni dénigrement, ni apologie de soi et des autres, mais le sens de la responsabilité et la passion du savoir que l’Ecole doit prodiguer, sont les conditions pour la renaissance du Monde arabe.
Parfois, des expériences performantes, notamment sur le plan économique, sont enregistrées dans des pays musulmans, comme la Turquie et la Malaisie.
Reste à ne pas succomber à des formes dévastatrices du libéralisme sauvage. Il est clair que la marginalisation des compétences, les influences contradictoires, la logique du monopole et les attitudes égoïstes, produits de l’inculture, minent des sociétés arabes. Alors que ce que demande le peuple est une vision claire de l’avenir, l’égalité des chances et le critère du mérite. (L’Expression-09.09.2010.)

Mustapha CHÉRIF (*) Philosophe
intellectuels@yahoo.fr

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*La responsabilité financière de la femme

Une réalité qui s’impose

Par : Razika Adnani (*)

Comment être musulman et appartenir à son temps et à son milieu ? Cette question très pertinente par son actualité et son importance ne concerne pas seulement les musulmans d’Europe et des Amériques, mais aussi les musulmans du reste du monde.
Les sociétés changent et évoluent et les musulmans du XXIe siècle ne sont pas les musulmans du VIIe siècle.
L’idée de reformer certaines lois pour avoir une juridiction qui s’accorde avec la réalité est admise par une grande majorité des musulmans. Au XVIIIe siècle, l’Indo-Pakistanais, Shah Wali Allah Dihlawi, mort en 1762, disait déjà que “les musulmans ne peuvent pas agir comme un adulte qui prend un médicament prescrit à un enfant ou qui utilise un médicament d’hier pour une maladie d’aujourd’hui”.
Il était convaincu de la philosophie progressiste de l’Islam. Mais aucune évolution législative ne peut se faire avant de reconnaître d’abord la mutation sociale telle qu’elle est, sans la masquer ni la maquiller. C’est le motif de la réflexion et la base de la recherche juridique scientifique.
Parmi les lois juridiques qui ne s’accordent plus avec la réalité sociale de beaucoup de pays musulmans, la loi sur les inégalités dans le partage successoral. Pour la justifier, les savants utilisent toujours le même argument : la femme n’est pas financièrement responsable, elle a le droit de garder son argent pour elle toute seule.
L’homme est le seul responsable financier de la famille. Dans notre pays et beaucoup d’autres dans le monde, cette justification semble pourtant appartenir à un autre âge. Dans le nouveau contexte socioéconomique, la femme n’est plus à la marge du monde du travail. Dans les villes et les campagnes, elle se bat, seule ou aux côtés de son mari, pour subvenir aux besoins de sa famille. L’image de la femme, surtout de la mère, qui ne dépense son argent que pour satisfaire ses besoins personnels, est désormais du domaine de l’imaginaire et de l’irréel.
Ce nouveau contexte pousse l’homme, qui veut de plus en plus ne s’occuper que de sa petite famille, à considérer ce devoir financier comme une contrainte, voire une injustice.
Cela oblige la femme, fille ou sœur, à se prendre en charge et à prendre ses enfants en charge en cas de divorce ou de veuvage. Le législateur algérien, imprégné de ce nouveau contexte, reconnaît dans l’article 77 du code de la famille de 2005 la responsabilité financière de la femme envers ses enfants et envers ses parents.
Dans l’article 76, il déclare qu’en cas d’incapacité du père, cette responsabilité incombe à la mère. Aucune mention de la responsabilité de l’oncle envers les enfants de sa sœur, ni du grand- père envers les enfants de sa fille. Cependant, ce même code maintient les inégalités successorales justifiées toujours par la non-responsabilité financière de la femme. En outre, la participation financière de la femme n’est pas un phénomène spécifique des sociétés modernes. Un hadith très souvent cité en est la preuve.
Dans ce hadith, le Prophète (Qsssl) dit : “On épouse une femme pour quatre raisons : pour son argent, pour sa classe sociale, pour sa beauté et pour sa religion ; choisis plutôt celle qui est pieuse.” D’après ce hadith, le Prophète (Qsssl), même s’il insiste sur le critère religieux, explique que les biens de la femme et sa richesse sont des critères importants dans le choix de celle-ci comme épouse.
Ce que confirme Ibn el Katir qui nous rapporte les circonstances du verset du partage successoral.
Selon lui, ce verset est une réponse à une plainte de la femme de Saâd Ibn El Rabia contre son beau-frère qui a pris tous les biens de son mari tué dans la bataille Ouhoud sans rien laisser à ses filles. La femme en question a dit au Prophète (qsssl) : “Personne ne les épousera si elles n’ont pas de biens.” Cela amène à poser la question suivante : si la femme ne contribue pas avec ses biens à la prise en charge de la famille, quel intérêt l’homme a-t-il à choisir une femme riche ? Épouser une femme riche ou pauvre conduit pour lui au même résultat puisqu’il ne bénéficie pas de ses biens qu’elle garde pour elle toute seule.
Le Prophète (qsssl) n’aurait jamais désigné les biens de la femme comme critère de mariage si elle ne contribuait pas avec ses biens au confort de la famille. Ce qui était son propre cas avec son épouse Khadidja qui dépensait son argent pour lui.
En conclusion, le partage inégal de la succession est édicté dans des versets coraniques. Si les juristes et les savants musulmans ferment les yeux pour ne pas voir la réalité, c’est dans le souci de le justifier.
Ne serait-il pas plus sage de revoir notre lecture et notre compréhension humaine des textes sacrés plutôt que de nous accrocher à des justifications rattachées à des réalités fictives ou caduques juste pour nous en tenir à ce qui s’est toujours dit ? (Liberté-23.08.2010.) 

R. A.
(*) Écrivaine et philosophe

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*« Ô ‘Amr ! Depuis quand réduisez-vous les hommes à l’état d’esclavage alors que leurs mères les ont fait naître libres »

*La démocratie est-elle compatible avec l’islam?

Alors que certains résistent pour défendre la légitimé et sacrifient leurs vies pour faire respecter la volonté du peuple exprimée par les urnes, d’autres installés confortablement chez eux rejettent farouchement le concept de la démocratie. La démocratie contredirait à leurs yeux les enseignements de l’islam. La démocratie est assimilée au « kufr », elle serait même contradictoire avec le « tawhid ». La démocratie est une idole, le « taghut » ! Ils jettent l’anathème sur quiconque appellerait à la démocratie. Pour se justifier, ils avancent que la démocratie signifie que le pouvoir est au peuple, or en islam, le pouvoir appartient à Dieu et « le jugement n’appartient qu’à Dieu » (6 :57). De plus, la démocratie est un système importé de l’occident mécréant, or, il nous est interdit d’importer un système inventé par les « kuffars ».

Pour élucider cette question, il est important de définir ce dont nous parlons. En effet, les savants stipulent que le fait de statuer sur une chose est une conséquence de sa conception. Ainsi, si nous voulons connaître le statut de la démocratie, il nous faut définir la démocratie et connaître les éléments constitutifs de la démocratie pour savoir si ces éléments seraient en contradiction avec les valeurs de l’islam. En effet, l’enseignement est tiré du contenu et non pas des appellations.

Selon la célèbre formule d’Abraham Lincoln (16ème président des Etas Unis de 1860 à 1865), la démocratie est : le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple. C’est la définition couramment reprise. Mais qui a dit que le gouvernement du peuple était par opposition au jugement de Dieu ?! Un gouvernement est dit démocratique par opposition aux systèmes monarchiques d’une part, où le pouvoir est détenu par un seul, et d’autre part, aux systèmes oligarchiques, où le pouvoir est détenu par un groupe restreint d’individus. La démocratie s’oppose donc à la dictature et au totalitarisme.

Selon Alexis de Tocqueville (philosophe politique et homme politique français 1805 – 1859), la démocratie désigne une forme de société ayant pour valeur la liberté et l’égalité. En quoi ceci ne serait pas compatible avec l’islam ?!se fonde la démocratie et les références islamiques ?

Etudions tous ces éléments à la lumière des enseignements de l’islam :

La liberté de choisir le gouverneur :

Selon la loi islamique, il appartient au peuple de choisir en toute liberté, selon sa volonté, son président, gouverneur, imam, peu importe l’intitulé. On ne pourrait imposer au peuple un gouverneur qu’il n’accepte pas. L’islam interdit même que les gens soit dirigés dans la Prière par un imam qu’ils n’aiment pas et n’acceptent pas. Le Prophète, que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui, dit : « Trois catégories de personnes dont la Prière ne s’élèvera pas au-dessus de leur tête ne serait-ce que d’un empan » Il cita : « Un homme qui dirige des gens (dans la Prière) alors que ces derniers le détestent … » (rapporté par Ibn Majah, Ibn Hibban, at-Tirmidhi, at-Tabarani et Ibn Abi Shayba). Il s’agit-là de l’imamat mineur, pour diriger quelques dizaines d’individus, que dire alors de l’imamat majeur ?

Il appartient donc aux gens de choisir librement leur chef d’état par le biais de l’allégeance « bay’a ». Les gens n’ont à reconnaître aucun gouverneur à moins qu’ils lui prêtent le serment d’allégeance. Cette allégeance doit être générale. C’est ainsi que les quatre califes bien-guidés furent tous choisis par le peuple. Certes, le procédé démocratique de l’élection de chacun d’eux a évolué selon le contexte, mais chacun d’eux fut choisi par le peuple. Ce fut le cas d’Abou Bakr, choisi après une consultation entre les « mouhajiroun » et « al-ansar ». Puis, pendant sa dernière maladie, les compagnons insistèrent auprès d’Abou Bakr pour désigner un successeur. Il choisit donc ‘Omar dont aucun lien de parenté ne le liait à lui. Mais cette désignation ne donnait pas à ‘Omar le droit de gouverner. Son califat fut établi par l’allégeance des gens. D’ailleurs, il appartenait aux musulmans de refuser le choix d’Abou Bakr. Rien ne les obligeait de l’accepter. Pour le troisième calife, ‘Omar constitua un conseil consultatif de six compagnons. Ils devaient choisir parmi eux le futur calife, qui ne deviendra calife qu’après l’allégeance des gens. ‘Omar dit aux membres du conseil : « s’il y a une voix contre cinq, celle-ci doit se plier à la majorité, de même, s’il y en a deux contre quatre. En cas d’égalité des voix, faites intervenir ‘Abdoullah ibn ‘Omar pour trancher. Si vous ne l’acceptez pas, l’avis prépondérant sera celui du groupe dans lequel se trouve ‘Abd ar-Rahman ibn ‘Awf. » Ce dernier proposa aux membres du conseil une idée : qu’il se retire de la liste et que les autres membres lui confient le choix du successeur de ‘Omar. Le conseil accepta. Il consulta tous les musulmans. Deux noms se distinguèrent : ‘Othman et ‘Ali. Après avoir demandé à chacun la manière dont il gouvernera, Il choisit ‘Othman, et les musulmans lui prêtèrent allégeance. Pour le quatrième calife, les compagnons insistèrent auprès de ‘Ali pour qu’il accepte le califat bien que ce dernier ne le voulait guère. Sous leur insistance, il finit par accepter et la majorité des musulmans lui prêtèrent allégeance.

Par conséquent, l’islam refuse l’idée d’imposer un gouverneur aux gens contre leur volonté. L’islam refuse le gouvernement des tyrans à la manière des pharaons : « Pharaon était un tyran sur terre ; il répartit en clans ses habitants, afin d’abuser de la faiblesse de l’un d’eux. Il égorgeait leurs fils et laissait vivantes leurs femmes. Il était vraiment parmi les fauteurs de désordre » (28 :4). L’islam refuse ce genre de gouvernement car il asservit les gens : « Je ne vous montre que ce je vois et je ne vous guide qu’au sentier de la droiture » (40 :29).

Par ailleurs, le Coran a mis en évidence une coalition maléfique entre trois composantes néfastes :

Le gouverneur tyran qui gouverne par la terreur, représenté par Pharaon.

– Le politicien opportuniste et arriviste qui met sa compétence au service du tyran afin de consolider son pouvoir et de dompter son peuple, à l’instar de Haman.

– Le capitaliste féodal qui profite du régime du tyran et qui met sa richesse au service de ce dernier pour lui permettre de profiter du peuple pour amasser les fortunes. Ce type d’individus est représenté par Qaroun.

Dieu a cité ce trio maléfique en disant : « De même, nous détruisîmes Coré (Qaroun), Pharaon et Haman. Alors que Moïse leur apporta des preuves, ils s’enorgueillirent sur terre. Et ils n’ont pas pu Nous échapper » (29 :39)

D’ailleurs, le Coran a lié la tyrannie à la corruption sur terre qui est la cause de l’anéantissement des nations. Dieu dit : « N’as-tu pas vu comment ton Seigneur a agi avec les ‘Aad, avec Iram la cité à la colonne remarquable, dont jamais pareille ne fut construite parmi les villes ? Et avec les Thamoud, qui taillèrent le rocher dans la vallée ? Ainsi qu’avec Pharaon, l’homme aux épieux ? Tous agissaient en tyran dans leurs pays et y avaient semé la corruption » (89 :6 – 12).

Le suffrage universel :

Maintenant, comment choisir le gouverneur ? Il existe de nos jours un moyen moderne que les hommes ont acquis après une longue expérience avec la dictature et la tyrannie : le suffrage universel. Certains diront qu’il s’agit d’un système étranger à l’histoire de l’islam. La réponse est que ceci ne relève en rien du domaine religieux et cultuel. Or, en matière du profane, la règle est de savoir si cette chose empruntée présente un intérêt général et celle-ci ne contredit aucun texte ou principe religieux. C’est dans ce sens que le Prophète, que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui, a accepté l’idée du fossé proposé par Salmane al-Farisi bien qu’il s’agit d’une ruse perse. Lorsque le Prophète, que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui, voulut envoyer une lettre à l’un des rois, on lui suggéra de se faire faire un sceau car les rois n’accordaient aucune considération à un courrier qui ne porte pas de sceau. Il fit alors fabriqué un sceau en argent. ‘Omar emprunta le système des impôts fonciers « kharaj » des perses, l’établissement des registres administratifs des byzantins. « La sagesse est le but recherché par le croyant. Là où il la trouve, il en est le plus digne » (rapporté par at-Tirmidhi).

La liberté du peuple de choisir ses représentants :

Il appartient également aux gens de choisir leurs représentants : l’assemblée nationale, le conseil consultatif, peu importe l’intitulé. Les musulmans appelaient ceci : « ahl al-hal wal-‘aqd ». Le conseil de « ahl al-hal wal-‘aqd » était connu dans les sociétés simples non-complexes dans lesquelles les chefs de tribus, les grands savants, les notables ou les sages faisaient figure de références. Lorsqu’ils décidaient de quelque chose, toute la société leur obéissait. C’est dans ce sens que ‘Omar constitua son conseil consultatif composé de : ‘Ali ibn Abi Talib, ‘Othman ibn ‘Affan, Sa’d ibn Abi Waqqas, Talha, az-Zoubeïr, ‘Abd ar-Rahman ibn ‘Awf et Abou ‘Oubeïda ibn al-Jarrah. Si ces hommes venaient à s’accorder sur quelque chose, toute la communauté les suivrait.

Mais de nos jours, les « ahl al-hal wal-‘ad » ne sont plus identifiables étant donné l’expansion des sociétés et leur complexité. Comment les désigner parmi des millions de personnes ? Le seul moyen est les élections. D’ailleurs, on retrouve cette notion de votation dans l’ordre donné par ‘Omar au conseil consultatif et dans la démarche de ‘Abd ar-Rahman ibn ‘Awf qui consulta tous les musulmans à propos du choix du successeur de ‘Omar.

Le droit de demander des comptes au gouverneur :

L’un des éléments de la démocratie est le fait, pour l’élu, d’avoir à rendre des comptes devant ses électeurs. Le peuple a donc le droit de demander des comptes au gouverneur d’une manière générale, les représentants du peuple « ahl al-hal wal-‘aqd » en particulier. C’est là un principe profondément islamique. Lors de son discours d’investiture, Abou Bakr dit : « J’ai été désigné comme votre gouverneur alors que je ne suis pas meilleur que vous. Si je fais le bien aidez-moi. Si je fais du mal redressez-moi. La sincérité est une responsabilité alors que le mensonge est une trahison. Le faible parmi vous et le plus fort pour moi jusqu’à ce que je lui donne ses droits. Le plus fort parmi vous est le plus faible pour moi jusqu’à ce que je lui prenne ce qu’il doit de droits. Obéissez-moi tant que j’obéis à Dieu vous concernant. Si je Lui désobéit, alors vous ne me devez aucune obéissance ». ‘Omar disait : « Que Dieu fasse miséricorde à quiconque m’offre mes défauts ». Un homme lui dit un jour : « Crains Dieu, ‘Omar ! » L’un des compagnons de ‘Omar dit alors : « Dis-tu cela au Commandeur des croyants ! » ‘Omar dit : « Laisse-le dire cela. Il n’y a point de bien en vous si vous ne le dites pas et aucun bien en moi si je ne l’entends pas ».

‘Omar dit un jour : « Si vous voyez en moi un écart de comportement alors redressez-moi » Un homme lui dit : « Par Dieu, ô Commandeur des croyants, si nous voyons en toi un écart de comportement nous te redresserons au fil de l’épée » ‘Omar n’ordonna guère d’arrêter cet homme. Au contraire, il remercia Dieu du fait qu’il existe parmi le peuple des personnes qui le redresseront au fil de l’épée.

D’après ‘Abdoullah ibn ‘Amr, le Prophète, que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui, dit : « Si tu vois ma communauté avoir peur de dire à l’injuste : Injuste ! Alors il n’y a plus rien à espérer d’elle » (rapporté par Ahmed).

Etat de droit :

Cela signifie que le droit est le même pour tous, gouvernants et gouvernés. Ce principe est l’un des fondements de l’islam.

Le fils de ‘Amr ibn al-‘As, alors gouverneur de l’Egypte, frappa un jour un copte de son fouet et lui dit : « Je suis le fils du plus noble parmi les nobles ». Le copte se rendit aussitôt à Médine et se plaignit au calife ‘Omar ibn al-Khattab. Ce qui a poussé le copte à entreprendre un si long voyage, n’est autre que sa conviction d’y trouver un calife juste à même de réparer l’injustice qu’il a subit. En effet, ‘Omar convoqua son gouverneur ‘Amr ibn al-‘As et son fils. Il donna un fouet au copte et lui dit : « Frappe le fils du plus noble parmi les nobles ». Lorsqu’il finit de le frapper, ‘Omar lui dit : « Tourne-le (le fouet) vers la calvitie de ‘Amr, car c’est par son pouvoir que son fils t’a frappé ». Le copte dit alors : « J’ai frappé celui qui m’a frappé ». ‘Omar se tourna alors vers ‘Amr et lui dit cette phrase désormais célèbre : « Ô ‘Amr ! Depuis quand réduisez-vous les hommes à l’état d’esclavage alors que leurs mères les ont fait naître libres »

La séparation des pouvoirs :

La séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire est l’un des éléments de la démocratie. Cet élément est parfaitement compatible avec l’islam. La comparution du calife ‘Ali en personne devant un tribunal comme accusateur d’un individu chrétien qui lui avait volé son bouclier est une parfaite illustration du principe de la séparation des pouvoirs et de l’état de droit. En effet, après la bataille de « Siffin », le calife ‘Ali ibn Abi Talib fit tomber son bouclier. Il le retrouva chez un chrétien. Ils se disputèrent le bouclier et portèrent l’affaire devant le juge Shurayh. ‘Ali dit alors : « Le bouclier est à moi, je ne l’ai ni vendu ni offert ». Le chrétien dit : « Le bouclier est à moi, bien que pour moi, le Commandeur des croyants n’est pas un menteur ». Shurayh se tourna vers ‘Ali et lui dit : « As-tu une preuve ? ». ‘Ali rit alors et dit : « Shurayh a vu juste ; je n’ai point de preuve ». Shurayh se prononça en faveur du chrétien et lui attribua le bouclier vu qu’il était en sa possession et que rien ne prouvait le contraire. L’homme prit le bouclier et partit. Après quelques pas, il fit demi-tour en disant : « J’atteste qu’il s’agit là de lois de prophètes ! Le Commandeur des croyants me fait comparaître contre lui devant son juge et celui-ci se prononce en ma faveur ?! J’atteste qu’il n’est de dieu que Dieu et que Mohammad est son Messager ! Le bouclier est à toi, Ô Commandeur des croyants ! J’ai suivi l’armée alors que tu quittais Siffin, et le bouclier est tombé de ton chameau blanc ». ‘Ali lui dit alors : « Etant donné que tu as embrassé l’islam, le bouclier est désormais à toi »

D’ailleurs, l’indépendance du pouvoir judiciaire constitue l’élément le plus fondamental des droits de l’homme en islam. La missive écrite par le calife ‘Omar ibn al-Khattab, que Dieu l’agrée à Mou’awiya, que Dieu l’agrée, gouverneur du Sham illustre parfaitement cette indépendance : « Tu n’as aucun pouvoir sur ‘Oubada ibn as-Samit ». ‘Oubada, que Dieu l’agrée, occupait la fonction de juge de Palestine désigné par le calife. Ainsi, ‘Omar mit un terme à l’ingérence des gouverneurs dans les affaires des juges.

Du temps des Abbassides, à la fin du deuxième siècle de l’Hégire le calife s’est déchargé de nommer les juges confiants ceci aux juges. Le calife Haroun ar-Rashid désigna Abou Youssouf comme juge suprême et c’est ce dernier qui nommait les juges. La juridiction jouit alors d’une indépendance administrative.

Ainsi, les principaux éléments de la démocratie sont tout à fait compatibles avec l’islam. Ces principes sont applicables partout, mais il appartient à chaque société de trouver son modèle de démocratie correspondant à son histoire et à sa culture.

Moncef Zenati

*Source: Havre de savoir

*/lmbonline.be/ PAR  LE 7 JUIN 2014

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*La participation des musulmans à la vie politique

 

*Ce sujet est toujours évoqué lorsque la question des relations entre musulmans et non musulmans est soulevée.

-L’allégeance ou la relation forte et intime dans les affaires de la vie courante : c’est ce qui concerne les relations entre les membres d’une même société, ou entre des sociétés différentes de par leurs croyances. Ce type d’allégeance comprend les échanges, les mariages et les relations familiales, les pactes et les réconciliations. Les avis sur ces relations sont liés aux cas qui se présentent et à leurs circonstances. Les livres de jurisprudence abondent concernant ce sujet. Pour en préciser les contours nous allons nous arrêter sur quelques pratiques du Prophète Muhammad (saw).

*Quelques contributions du Prophète (saw) dans les sociétés Mecquoise et Médinoise

La vie du Prophète (saw) à la Mecque, que ce soit avant ou après la révélation, fût remplie de participations engagées dans la vie sociale. Citons-en quelques unes.

La guerre contre la profanation : Elle fut déclarée pendant les mois sacrés par quelques tribus arabes contre la cité de la Mecque. Lesmecquois s’étaient défendus animés par la sacralité, hérité de la religionabrahamique, des lieux profanés. Cette guerre a duré quatre ans et le Prophète (saw) y a participé personnellement à côté de ses oncles. Il disait à ce propos : « Je protégeais mes oncles contre les flèches des ennemis ». Cette participation émanait d’un sentiment de devoir de lutte contre l’agression et l’injustice.

Hilf al fudul ou l’alliance pour défendre le faible : Il s’agit d’un pacte, contracté chez Abdallah ibn Jadaan, entre les principales tribus de laMecque.

Une des clauses les plus importantes de ce pacte est l’engagement par les Mecquois de défendre toute personne, qu’elle soit native de laMecque ou non, puisqu’il s’y était déclaré spontanément prêt même après l’avènement de l’islam.

Autre action forte de participation du Prophète (saw) :

L’action participative du Prophète (saw) ne s’est pas limitée à la périodemecquoise et à l’égard de sa société proche mais s’est également manifestée à Médine et dans des domaines variés. Il est en effet remarquable de voir, qu’alors que les Mecquois lui interdisaient la visite de la ville sainte et tout acte de pèlerinage dans ses voisinages, dés qu’il a appris qu’une disette les avait frappé, il a dépêché Hatib IbnThalaalaba à destination de la Mecque avec une somme de 500 dinarspour secourir les nécessiteux et les affamés.

La constitution ou le pacte de Médine 

En arrivant à Médine le Prophète (saw) a conclu un pacte précisant les rapports à observer entre les musulmans, les juifs et les polythéistes. Dans ce document référence, le Prophète (saw) met en avant la co-citoyenneté égalitaire entre les trios composants médinoises sans privilège dû à la religion, à l’ethnie ou à la couleur.

La seule condition à cette allégeance citoyenne était l’engagement pour le bien-être et l’ordre général. On y lit par exemple que les signataires s’engagent à :

- Lutter en commun contre toute personne qui transgresse cet accord et nuit à la quiétude générale, soutenir et secourir tout opprimé quelle que soit son obédience , faire front uni pour la défense de la patrie contre tout envahisseur. C’est sur cette base de partage et d’engagement patriote et citoyen que les médinois ont pu s’entraider au sein d’une société fraternelle et solidaire.

- Dans le pacte-constitution, les relations religieuses n’étaient pas oubliées. Des clauses stipulaient le droit à l’exercice du culte de chacun et le cadre de respect mutuel qui s’imposait à tous. On peut citer par exemple :

Les juifs des Banou ‘Aawf formaient une communauté avec les croyants.

Les juifs ont leur religion et les musulmans ont la leur.

Les autres tribus juives avaient les mêmes droits que les Banou ‘Aawf.

L’état islamique fondé par le Prophète (saw) fut certainement le premier dans l’histoire à avoir institué ce principe de pluralité confessionnelle au sein d’une même société.

C’est parce qu’ils puisaient de cette approche que, durant leur histoire, jamais les musulmans n’ont institué la persécution ou le refus des non musulmans dans les sociétés à majorité musulmane.

Conclusion et avis

Des trois chapitres précédents qui introduisent cet avis, on peut aisément conclure que les relations intimes et profondes en matière des affaires de la vie courante sont théologiquement instituées et ne souffrent d’aucune limitation si ce n’est le respect des valeurs et des principes de comportement musulmans.

L’analyse de la constitution médinoise et les relations que le ProphèteMuhammad (saw) entretenait avec les non musulmans, prouvent que sil’allégeance en matière de religion se limitait aux musulmans, elle n’a pas empêché l’entraide et le partage dans les différents secteurs de la vie non religieuse et le respect en matière de religion.

L’islam, tel que le texte coranique et la sunna prophétique l’annoncent, n’est que miséricorde, justice et recherche du bien. Une de ses grandes finalités est la réalisation du bien et la recherche du bien-être pour tous et la lutte contre le mal et le mal-être au profit de tous, que ce soit à l’échelle individuelle ou collective.

Les élections dans les régimes modernes, constituent un moyen par l’intermédiaire duquel le peuple s’exprime au sujet des candidats et des programmes qu’ils présentent afin d’en choisir le meilleur pour la société. Participer aux élections constitue ainsi une forme d’entraide pour rechercher le meilleur bien-être pour tous et repousser le moins bien ou le mal conformément à la parole divine « Entraidez- vous dans l’accomplissement du bien et de la piété et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression »(chap.5-V:2). La participation aux élections est ainsi non seulement autorisée mais elle est très recommandée car elle constitue une forme d’alliance et de soutien au profit du bien de la société en général et des musulmans en particulier. Cette participation peut parfois devenir obligatoire. C’est le cas lorsque les musulmans sentent que leur abstention peut profiter aux extrémistes et à ceux qui veulent instituer une société d’intolérance, d’exclusion ou de racisme.

De son coté le Conseil européen de la fatwa dans sa 16e session a émis une résolution rendue publique qui autorise la participation aux élections.

Résolution 5/16 du Conseil européen de la Fatwa et de la Recherche

« La participation politique : ses règles et ses dispositions »
Après étude et examen des travaux présentés concernant ce sujet lors de cette session le Conseil conclut ce qui suit :

Premièrement : l’objectif de la participation politique est de préserver les droits, les libertés et de défendre les valeurs morales et spirituelles, ainsi que la présence des musulmans dans le pays où ils vivent et leurs droits légitimes.

Deuxièmement : pour les musulmans d’Europe, la règle est la légitimité de la participation politique. Cette participation peut prendre le statut juridique qui peut être l’autorisé (Ibaha), permit (Nadb) et obligatoire (woujoub). Conformément au verset coranique : « Entraidez-vous dans l’accomplissement des bonnes œuvres et de la piété et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression » (S5 : V 2). Cette participation est également une des exigences de la citoyenneté.

Troisièmement : la participation politique, sous entend la participation dans les institutions de la société civile, l’adhésion aux partis, le débat intellectuel et la confrontation des idées et notamment la participation par le vote et l’élection.

Quatrièmement : parmi les conditions les plus importantes à respecter dans la participation politique : le respect mutuel, l’honnêteté, l’éthique, la justice, la loyauté, le respect de la diversité et du débat contradictoire, et la concurrence loyale avec les adversaires, tout en refusant la violence.

Cinquièmement : dans la participation politique, la candidature et le vote demeurent essentiels, à condition de respecter les règles juridique et éthiques, ainsi que la clarté des objectifs au service de l’intérêt de la société loin de toute fraude, diffamation à l’encontre des autres et des passions personnelles.

Sixièmement : il est permis de dépenser de l’argent dans la campagne électorale, des candidats indépendamment de leur confession tant qu’ils soient les meilleurs candidats pour réaliser l’intérêt général et le bien commun.

Septièmement : La légalité ou légitimité de la participation politique s’appliquent aux femmes musulmanes comme aux hommes.

De ce que nous venons d’exposer, nous concluons ce qui suit :

- Les musulmans sont invités à participer de manière positive et déterminée dans tout ce qui est a trait à l’intérêt général.

- Les musulmans sont appelés à s’engager dans les associations et les différentes institutions de la société civile.

- Ils peuvent aussi adhérer aux différentes formations politiques existantes après étude critique de leurs programmes et idées.

- Les musulmans doivent participer aux différentes campagnes électorales du parti politique auquel ils appartiennent et dont ils sont convaincus que les programmes ont pour but l’intérêt général du pays.

- Ils doivent aussi contribuer physiquement et moralement, par leur temps et/ou leur argent à la réussite de leurs partis politiques dont les idées et le programme seront bénéfique au pays et au peuple et cela conformément au verset : « et faites le bien. Peut-être réussirez-vous ! » (S 22 : V 77)

- Les différentes institutions musulmanes, les imams et les cadres religieux sont invités à expliquer ces principes généraux de la conception musulmane de l’engagement citoyen afin d’encourager les musulmans à participer d’avantage à la vie de la société et du pays.

- Les musulmans doivent notamment en tant qu’individus ou groupes s’inscrire sur les listes électorales et participer aux différents scrutins, (élections municipales, parlementaires ou présidentielles)

Et Dieu seul est savant.

Cheikh Ounis Guergah

Professeur de droit musulman comparé et directeur scientifique del’IESH de Paris

Membre du Conseil Européen des Fatwa et recherches

*LE 22 MAI 2014*/lmbonline.be/ PAR  

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21 réponses à “Etre musulman et vivre avec son temps et son milieu”

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