Oran-Culture

*L’Oranais de Lyès Salem

Chronique des années de glaise

Une lecture enthousiaste mais argumentée de ce long métrage étonnant.

Dans la série des guides pratiques, après «Comment se faire des abdos de rêve en deux mois» ou «Comment se sevrer des makroute mielleux en une semaine», vient s’ajouter désormais, avec L’Oranais de Lyès Salem, l’édition inopinée «Comment renouer avec le cinéma algérien en 120 minutes». N’ayons pas peur de le dire, sur cette terre cinématographique nationale ingrate, où la rengaine est souvent monocorde, il y a un avant et un après L’Oranais.

La grande histoire, c’est l’Algérie du début de la guerre de Libération nationale jusqu’au milieu des années quatre-vingt, et toutes les contradictions que ces années ont drainées et qui n’ont peut-être jamais été aussi adroitement approchées. La petite histoire, c’est une amitié fil rouge entre Djaffar et Hamid, deux combattants que rien ne semblait pouvoir désunir, sinon un après-1962 où, l’ennemi commun renvoyé, les intérêts ont divergé. Après cinq ans au maquis, Djaffar rentre héroïque et joyeux vers les siens, avant d’apprendre le tragique décès de sa femme qui lui a laissé un enfant issu d’un viol.

Un petit garçon blond qui cristallise le nœud endolori de l’histoire, l’enfant-blessure, l’enfant-accident, l’alliance inexorable du bourreau et de la victime, le fruit amer dont on ne veut pas mais que l’on garde quand même. Fin du prologue. Les liesses populaires sont, tout d’un coup, ravalées et laissent place à une caverneuse confusion des sentiments qui s’installera pour de bon. C’est le véritable début du film. Tourné comme à l’intérieur d’une écluse temporelle qui assure la transition entre la guerre et l’après-guerre, L’Oranais se trouve, par sa virtuosité et son implication, au cœur-même de cette funeste «glissade» de l’esprit de Novembre, de l’union pour la seule cause de la Liberté, vers la tentation de la corruption, vers une légitimité révolutionnaire décadente, vers le laisser-aller, puis le fratricide enfin.

Ne cédant ni à la tentation du parti pris ni à celle des raccourcis faciles, la copie de l’ambiguïté endémique de cette époque est rendue propre, élaguée de tout manichéisme caricatural. Lyès Salem sait que la thématique est complexe et ne tente à aucun moment de la simplifier pour la rendre plus digeste. Bien au contraire, il expose avec soin cette complexité et c’est le mérite premier de son œuvre : un retour lucide et inédit vers la genèse de ce que nous appelons à présent «le système», et vers la naissance de la désillusion.

Le film se dépêtre aussi de l’amas de maladresses de tous genres devenues par la force des choses le style distinctif de nombre de productions algériennes. Le bijou de Lyès Salem maintient le cap de l’histoire nationale sans lâcher à aucun moment ni le style et la littérarité, ni la petite histoire, ni la tension psychologique. Le politique, le tragique et l’intime s’y côtoient si bien qu’ils aboutissent à une sorte d’historiographie de l’esprit populaire où tout ce que l’homme de la rue a pu dire ou penser de cette période est formalisé en 120 minutes de cinéma.

L’Oranais c’est aussi le film du regard. Le film où des sourcils froncés, des yeux insistants, des paupières trop baissées ou des prunelles fuyantes ont souvent véhiculé le comique ou l’émotionnel, sans qu’aucune parole ait été nécessaire. La direction des acteurs et leur talent propre trouvent sans doute là leur plus subtile réussite. Et quand la maîtrise du sujet et de l’action ne fait plus guère de doute, pourquoi pas un peu d’humour ? Car l’on rit aussi, entre deux tourments de la vie de Djaffar. On rit finement de la bureaucratie, caustiquement de l’arabisation menée sans méthode, légèrement des traditions et quelques fois d’un quiproquo.

Ce sont aussi beaucoup de symboles qui déferlent à mesure que l’histoire avance, comme ce robinet que l’on retrouve sec la seule fois où l’on a décidé d’être sobre, peut-être parce que l’ivresse de la candeur nouvelle et joyeuse s’était estompée (on boit tout au long du film) et le retour à la réalité n’ouvre sur rien d’autre qu’un puits desséché et sans fond. Ou peut-être parce que l’amitié entre Djaffar et Hamid avait fini par tarir comme une source lointaine épuisée. Symbole aussi lorsque, agacé de devoir être sur le bateau luxueux d’un Hamid dont les idées politiques sont de plus en plus nocives, Najib Oudghiri, dans le rôle d’un autre ami et compagnon de guerre, saute par-dessus bord, il «quitte le navire».

Enfin, comment ne pas retenir ce fabuleux exercice de style où une pièce de théâtre, style opérette, jouée en présence de Djaffar et de son fils-malgré lui-, reprend l’élément clé de l’histoire dans une formidable mise en abîme gorgée de lumière et de sons accablants, quand nous revoyons le film dans le film, et quand Djaffar lui-même revit ce moment tragique dont on lui a longtemps tu le secret. Triomphal et anthologique moment cinématographique.

Relater ce qui est marquant dans L’Oranais prendrait sans doute bien plus que les 120 minutes qu’il faut pour le voir, tant la partition est exécutée avec maîtrise jusqu’à la dernière note, entre des lumières diaprées et chatoyantes, des costumes à l’abri de tout anachronisme et des décors à la juste mesure de chaque temps évoqué. Un long moment d’émotion ininterrompu, construit sur une temporalité tripolaire qui fait le va-et-vient entre les présents des personnages et leur passé commun. Sans réellement altérer la cohésion globale du film ni sa valeur, quelques couacs peuvent néanmoins être relevés.

Le langage utilisé par les personnages manque parfois d’authenticité et semble être composé, postiche. L’accent oranais, requis par l’origine du personnage principal par exemple, n’est souvent constitué que de lieux communs langagiers que l’on attribue sommairement à l’Ouest algérien. Une certaine hardiesse impertinente (ou plus simplement des crudités d’argot) s’est également révélée lourde et superflue quelques fois, même si elle a par ailleurs apporté au réalisme de certaines séquences. Un des rares points qui peut également laisser insatisfait est le traitement de l’intrigue concernant l’arrivée d’un certain «journaliste» dans l’histoire.

Son importance stylistique et linéaire est très grande, mais elle n’est que très légèrement maniée. Ce journaliste effectue son retour dans l’histoire suite à un concours de circonstances insuffisant – et même éventuellement incompris – et, en dépit d’un développement elliptique certes volontaire et très captivant, son intensité dramatique reste très peu étoffée. L’inachèvement du personnage nous pousse presque à espérer un spin-off pour le film, une suite midquel qui le prendrait comme point central et qui reconstruirait à travers lui, avec la même ingéniosité présente, tout un univers.

Quand Mascarades n’était encore qu’une promesse d’un réalisateur à venir, L’Oranais est l’accomplissement naturel d’un talent et d’une volonté désormais prouvés. Avec Lyès Salem, tout autant qu’avec Tariq Teguia, une certaine excellence a désormais été atteinte, élevant le nouveau cinéma algérien vers un niveau tel que nous ne saurions dissimuler notre fierté enfin retrouvée.     
 

El Wahrani, écrit et réalisé par Lyès Salem. Avec Lyès Salem, Khaled Benaïssa, Djamel Barek, Najib Oudghiri, Amel Kateb, Sabrina Ouazani, Idir Benaibouche et Amazigh Kateb. Prod : Daramsala, Leith Media, AARC. Valois du meilleur acteur pour Lyes Salem au dernier Festival du film francophone d’Angoulême. Projeté en avant-première à Alger le 6 septembre. Sortie nationale en salle en préparation.

Des personnages, pas des statues

Un des points faibles de la cinématographie algérienne réside dans la construction des personnages. Ce problème qui prend source dans les scénarios, mais s’amplifie dans la mise en scène et la direction d’acteurs, produit généralement des personnages monolithiques, tout en noir ou tout en blanc. Le personnage algérien est souvent soit un héros absolu, soit un salaud fini. Ce manque de nuances le décrédibilise complètement en le rendant irréel.

Un des mérites de L’Oranais est de laisser voir les contradictions et les nuances que peuvent développer des personnages vivants et, en somme, humains. Le «bon» se laisse aller aussi à des excès, des abus et des faiblesses qui le rendent paradoxalement plus bon. Le «méchant» fait montre parfois de remords, de contrition et, dans sa roublardise, il est capable parfois de certaines générosités. De plus, le traitement des errements post-indépendance des protagonistes principaux respecte leur engagement sincère pour la cause nationale. Ont-ils changé après ? Se sont-ils révélés ? Le film s’interdit d’y répondre à la place du spectateur et l’invite à y réfléchir.

Ce sont ces échelles de sentiments et d’attitudes qui parviennent, dans L’Oranais, à rendre les personnages attachants et à servir l’histoire dans le sens de l’adhésion des spectateurs. Lyes Salem a d’abord reçu une formation académique de comédien et il a fait ses preuves au théâtre comme à l’écran. En tant que réalisateur, il est connu pour sa qualité de direction d’acteurs. Le soin qu’il apporte déjà au casting renforce cet atout artistique.

Son propre jeu et celui, remarquable, de Khaled Benaïssa, au rôle plus complexe, de même que les prestations des autres comédiens, donnent beaucoup de poids au film, sans oublier ses autres qualités (image, son, décors…). Tant que le cinéma algérien sera globalement obligé de présenter des «prototypes humains» qui n’existent dans aucune vie réelle, présente ou passée, il n’atteindra jamais la véracité indispensable à son art et restera en deçà de l’attente des publics qui, malgré l’absence de salles dans le pays, ont vu et voient presque tout ce qui se filme dans le monde. (A. F.)

**Lamellad Larbi Amine-El Watan- 11.10.2014

*3e Biennale méditerranéenne d’art contemporain-Oran

    du 8 juin au 10 juin 2014

La ville d’El Bahia accueille, à partir de dimanche 8 juin au mardi 10 juin 2014, une flopée d’artistes d’ici et d’ailleurs pour une nouvelle édition d’arts plastiques placée sous le signe de l’altérité…

L'Autre dans la création!

La Médiathèque municipale d’Oran abrite depuis dimanche, la 3e Biennale méditerranéenne d’art contemporain d’Oran. D’autres espaces abriteront cette grande manifestation dans la ville d’Oran, à savoir le hall du diwan de l’APC, la galerie Civ-OEil ainsi que le hall de l’hôtel Méridien. Le commissaire de la biennale 2014 n’est autre que Karim Sergoua, artiste algérien singulier aux multiples talents. Lors d’une conférence de presse animée cette semaine au siège de l’association Civ-OEil, organisatrice de l’événement, son président Ali Chaouch, a indiqué, eu égard à la thématique retenue cette année, en l’occurrence «L’autre», les organisateurs ont décidé, pour cette nouvelle édition, d’élargir la liste des participants à des artistes non-méditerranéens, comme les Américains, les Pakistanais ou encore les Thaïlandais. «On ne peut pas placer notre biennale sous le thème de «l’Autre» et refuser la participation à des artistes venus d’autres horizons», a-t-il tenu à souligner, tout en insistant sur l’importance du respect des normes et standards internationaux, la qualité esthétique étant le critère principal, avec un souci particulier consacré cette année à l’aménagement de box spécifiques pour la scénographie. Ainsi, la ville d’Oran renouera avec l’art contemporain dans une rencontre où se conjuguent toutes les nouvelles pratiques artistiques des arts visuels et plastiques (peinture – sculpture -photo – installation – performance – art numérique – vidéo et multimédia). Parmi les pays participants du Bassin de la méditerranéen, on citera la Tunisie, le Maroc, l’Égypte, la Palestine, la Syrie, l’Italie, la France, l’Espagne, le Portugal, et une pléiade d’artistes algériens… «La quête de l’Autre c’est d’ouvrir son esprit à la rencontre et l’échange, une démarche qui engendre une complicité féconde et créatrice. De cette quête, l’on puise chez l’Autre ce qui le fait vibrer et se laisse traverser d’émotions qui suscitent beauté et poésie. Cette approche d’ouverture et de partage catalyse un enthousiasme qui donne un élan à l’autre, l’invitant à retranscrire l’éclosion de sens exacerbés et à les matérialiser en oeuvres colorées, expressives, émouvantes et réelles», souligne le commissaire de la biennale, Karim Sergoua. 80 dossiers ont été déposés, dont seulement une vingtaine d’artistes algériens. Au final, les artistes retenus sont: 20 artistes algériens et 20 étrangers. Une exposition de photos de jeunes artistes se tiendra au niveau du siège de l’association Civ-OEil, où une galerie d’arts sera inaugurée à cette occasion. Il est à noter qu’en marge de la Biennale, le festival «Five projection» s’invitera à Oran pour projeter 25 vidéos d’artistes internationaux. C’est le groupe Démocratos qui se chargera d’assurer la clôture de cette manifestation au Théâtre régional d’Oran. Notons que la Biennale méditerranéenne d’art contemporain d’Oran a, dès la première édition en 2010, été dédiée aux nouvelles pratiques de l’art visuel, en encourageant les jeunes artistes et en s’intéressant à tous les autres à travers le monde. La Biennale méditerranéenne d’art contemporain d’Oran constitue, nous dit-on, «une grande plate-forme pour la conception et l’engagement critique de la production artistique algérienne». Elle constitue, ainsi, un forum d’interactions. L’association Civ-OEil a, à son compte, plusieurs créations et activités artistiques et culturelles.*L’Expression-Par O. HIND - Dimanche 08 Juin 2014 

 Ouverture de la troisième édition de la Biennale méditerranéenne des arts contemporains d’Oran

 *Cette manifestation s’ouvre aussi à des artistes venus d’autres horizons

*C’était hier, durant la matinée, que s’est ouverte la troisième édition de la Biennale méditerranéenne des arts contemporains d’Oran. La manifestation en elle-même était non seulement intéressante mais avait le mérite de regrouper des artistes plasticiens d’Algérie mais aussi de plusieurs pays étrangers.

Le thème retenu pour cette Biennale étant «l’autre», il était normal aussi que cette manifestation s’ouvre, au-delà de la Méditerranée, à des artistes venus d’autres horizons. On peut compter, à titre d’exemple, Saeda Karimi, une artiste d’origine iranienne, vivant aux Etats Unis, qui s’est complu à dénoncer le régime de son pays où la charia est de mise, par des œuvres pour le moins provocatrices, où on voit des femmes à qui on impose le port du voile, mais sans pour autant qu’on parvienne à corseter leur liberté de penser.

Née en 1984, Saeda Karimi est une Iranienne ayant grandi dans le contexte de l’après 1979, c’est-à-dire la révolution islamique qui a eu lieu en Iran. Sa performance est de produire des œuvres qui reflètent la contradiction que rencontrent les femmes iraniennes contemporaines. Autrement dit, son travail vise la juxtaposition de la tradition et de la modernité dans la vie des Iraniennes. Saeda Karimi, vivant en exil aux Etats Unis, n’était hélas pas présente lors de la Biennale d’Oran, et ne s’est contentée que d’envoyer ses travaux.

Il faut dire que des œuvres de cet acabit, on en trouve à profusion dans l’espace de la Médiathèque : certains même frisaient carrément le farfelu et l’absurde. Toutefois, quelques visiteurs n’ont pas hésité à émettre quelques réserves : «Il s’agit là d’une Biennale et non d’une quelconque exposition. J’ai trouvé cela dommage que les œuvres des artistes soient confinées dans des box.

Il fallait trouver un autre moyen pour les valoriser, et de facto, valoriser l’espace de la Médiathèque. Le fait d’avoir installé des box dans l’enceinte de la Médiathèque a concouru à restreindre l’espace d’icelle et à dévaluer de l’impact de ces œuvres, au lieu, au contraire, de les mettre en valeur», nous diront des visiteurs. Pour sa part, Karim Sergoua, commissaire de la Biennale, a déclaré : «La ville d’Oran ne peut pas rester en autarcie par rapport à ce qui se fait dans le reste de la Méditerranée. Il est nécessaire que les institutions publiques s’investissent et que cette Biennale, au fil des éditions, deviennent un évènement méditerranéen important».*Akram El Kébir-El Watan- 09 Juin 2014 

** 09 Juin 2014 

- Médiathèque : deuxième jour de la Biennale méditerranéenne des arts contemporains.

- Théâtre de Verdure (Chakroun Hasni) : 21 h, cinquième soirée du festival local de la musique et de la chanson oranaise. Une dizaine de jeunes amateurs de la chanson oranaise sélectionnés sont prévus pour cette soirée sous la houlette du chef d’orchestre Kouider Berkane.

- Salle de répertoire de la Cinémathèque : 15 h, poursuite du cycle du réalisateur serbe Emir Kusturica avec la projection du film yougoslave «Chat noir, chat Blanc», réalisé en 1998 ; et à 18h30, projection du documentaire produit en 2008 sur la vie et le parcours de la légende vivante du football mondial Maradona.

- Théâtre Régional d’Oran : 10 h à 18 h, exposition jusqu’au 10 juin prochain de costumes traditionnels et des instruments de musique par le Commissariat du festival local de la chanson oranaise au profit du grand public.

- Es-Senia (Hôtel Phoenix – El Khaïma) : 14 h, concert de musique payant «RAY PARTY» avec la participation des chanteurs et chanteuses du raï, Houssem, Bilal Sghir, Dalila et Amine la colombe, animé par le DJ Bilal.

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4 réponses à “Oran-Culture”

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