L’UMA suspendue au fait des «rois»

**Aux «frontières» du ridicule

L'UMA, ce n'est pas demain la veille...

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*Le droit international humanitaire et le droit à l’autodétermination : cas du Sahara occidental».

*Le Maroc remplit un cahier des charges qui n’est pas le sien

Le Collectif algérien des journalistes algériens solidaires avec le peuple sahraoui (CaJSPS), en collaboration avec le quotidien DK News, a organisé hier au siège de ce dernier une conférence-débat intitulée «Le droit international humanitaire et le droit à l’autodétermination : cas du Sahara occidental».

Un cas pour lequel la moudjahida, résistante de la première heure, Annie Fiorio-Steiner, trouve «une grande similitude entre le combat pour l’indépendance de l’Algérie et celui du Sahara». «Je ne peux vous raconter que ce que j’ai vécu personnellement», insiste-t-elle. «Quand on parlait de la décolonisation, on l’avait dans l’esprit, elle faisait partie de notre vie», a-t-elle dit. Seulement, si l’Algérie a eu depuis 53 ans son indépendance, les Sahraouis luttent toujours pour leur liberté.

Pourquoi le Timor oriental et pas le Sahara ? Après avoir fait la genèse de la résolution 15-14 de l’ONU et de son application, l’enseignant-chercheur à l’université d’Alger et spécialiste en relations internationales, Ahmed Kateb, estime que «le Maroc remplit un cahier des charges qui n’est pas le sien». «C’est celui des forces occidentales, principalement la France», a-t-il estimé.

Le conférencier explique en outre le blocage de l’autodétermination du peuple sahraoui par  le contexte actuel. «Le rapport des forces au niveau international est aujourd’hui en faveur des forces impériales et des multinationales qui pillent les richesses du Sahara occidental», a-t-il estimé. Avant d’ajouter : «Le Maroc joue à fond la carte de l’amalgame entre terrorisme et Front Polisario».

Pour A. Kateb, il clair que «le Maroc, qui s’invite dans le jeu sahélo-saharien, répond à une feuille de route pour accomplir une salle besogne pour certains Etats». Le président du CAJSPS, le Dr Saïd Layachi, appelle le Maroc à corriger son «erreur» pour mettre fin à l’impasse politique dans laquelle s’est embourbée la question du Sahara occidental.

Le Dr Ayachi a tenu à saluer l’initiative des journalistes, celle de la création du CJASPS. Une initiative saluée par l’ambassadeur de la RASD à Alger, Brahim Ghali, lequel considère que «la question sahraouie a connu un développement important» depuis la dernière décision de l’UA, lors de son dernier sommet à Johannesburg, en Afrique du Sud, de soutenir l’envoyé spécial au Sahara occidental, Joaqim Chissano.

Briser le blocus médiatique

Le coordinateur du Collectif, Mustapha Aït Mouhoub, a tenu à rappeler le contexte dans lequel a été créé le collectif des journalistes solidaires avec le peuple sahraoui. «C’est l’omerta et le silence» qui entourent la question sahraouie, dit-il. C’est aussi, explique-t-il, cet embargo et ce black-out qui entourent le combat d’une femme.

M. Aït Mouhoub fait allusion à la Sahraouie Takber Haddi – la mère du jeune Sahraoui Mohamed Lamine Haïdalla lâchement assassiné par les colons marocains – qui a repris depuis vendredi dernier sa grève de la faim après un voyage à Genève où elle a déposé sa plainte au Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Le CJASPS, réaffirmant sa solidarité avec le combat de Takber Haddi, exige la restitution de la dépouille de Mohamed Lamine à ses parents, ainsi que l’ouverture d’une enquête par une institution neutre sous contrôle du Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

Le CJASPS lance par ailleurs un appel aux journalistes libres à travers le monde pour agir dans le but de «briser le blocus médiatique imposé à la lutte légitime de Takber Haddi» et au combat du peule sahraoui. Les journalistes solidaires avec le peuple sahraoui dénoncent «la tromperie et les mensonges d’une certaine presse du Makhzen» pour étouffer la voix de Takber Haddi en falsifiant les faits.

Le CJASPS, qui exprime son étonnement face à l’appel du ministre espagnol des Affaires étrangères à ne pas donner un caractère politique à la grève de la faim de Takber Haddi, condamne ce qui s’apparente à «un déni de justice de la part d’un responsable politique d’un pays qui continue à ignorer ses responsabilités en tant qu’ancien occupant des territoires sahraouis». *Rabah Beldjenna/ el watan-maedi 07 juillet 2015

**réaction d’un internaute: L’Algérie et tous ses citoyens savent que la fRANCE protège le Maroc en lui prêtant main forte dans tous les domaines afin de conserver le Sahara Occidental, et géner l’Algérie et sa politique dans tous ses efforts. Le gouvernement algérien ne devrait pas jouer à l’autruche viv-à-vis de la France officielle.

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*Diplomate de carrière, ancien ministre et membre de l’Instance de coordination et de suivi de l’opposition (Icso), Abdelaziz Rahabi revient dans cet entretien sur les raisons à l’origine de la fermeture des frontières algéro-marocaines et l’appel des partis de l’opposition à leur réouverture. Des partis de l’opposition appellent à la réouverture des frontières algéro-marocaines. Pourquoi l’Algérie refuse de rouvrir ces frontières ? Il est utile de préciser qu’il s’agit uniquement des frontières terrestres. De plus, ce problème de frontière ne peut pas être délié de l’ensemble des relations ..La réouverture des frontières sera, à mon sens, l’aboutissement d’un processus de normalisation des relations. Elle ne peut en aucun cas être un préalable. La démarche adoptée par l’Algérie jusqu’à maintenant me semble tout à fait pragmatique. *15 février 2016

**Les Marocains doivent prouver leur bonne volonté

L’UMA suspendue au fait des «rois»

-Le ministre marocain des Affaires étrangères arrive aujourd’hui en Algérie, avec pour ordre de mission de déblayer le terrain pour la normalisation des relations entre les deux pays…

**Je pense que cette visite traduit le souhait que le nouveau gouvernement marocain puisse normaliser les relations avec l’Algérie, là où ses prédécesseurs ont échoué à cause d’une attitude inamicale, parfois même belliqueuse. Le changement du gouvernement au Maroc offre, de mon point de vue, une opportunité pour aller de l’avant.

-Les islamistes marocains sont-ils, d’après vous, plus prédisposés à renouer le dialogue avec l’Algérie que le palais royal ? 

**Ils ont besoin d’écouter les Algériens, ils ont besoin aussi de connaître le dossier parce qu’ils n’ont pas l’expérience de l’exercice du pouvoir. Ils n’ont pas non plus d’expérience dans le traitement des dossiers diplomatiques. Je pense que la question de la réouverture de la frontière est importante pour eux en raison, notamment, des retombées économiques. Ils arrivent dans une conjoncture de crise économique où il y a moins de touristes occidentaux et moins d’investissements, notamment français et espagnols. Les besoins économiques, aussi bien des Marocains que des Tunisiens, déteignent, aujourd’hui, sur leur politique étrangère vis-à-vis de l’Algérie. 

-Les motivations de cette volonté de réchauffer les relations sont donc essentiellement économiques du côté marocain… 

**Je pense que cette prise de contact est tout de même nécessaire pour un gouvernement qui n’a pas d’expérience dans la gestion des dossiers diplomatiques. Les islamistes ont donc besoin de comprendre.

-Comment cette visite du MAE marocain est-elle perçue à Alger, surtout qu’elle a été annoncée par la partie marocaine puis confirmée en Algérie ?

**Cela est lié à la communication institutionnelle. On est toujours informé par les autres et pas seulement par les Marocains. Je pense, et c’est mon point de vue, que les Algériens vont encore adopter une attitude historiciste vis-à-vis du Maghreb. Ils sont encore dans l’esprit de la conférence de Tanger (1958). Ceci, alors que les Tunisiens et les Marocains ont une conduite plus pragmatique. Ils développent une démarche d’intégration avec l’Europe et l’Occident et une démarche commerciale avec l’Algérie. Ils savent que l’intégration doit se faire au nord, pas à l’est ni à l’ouest.

-Faudrait-il alors revoir le paradigme algérien de l’intégration maghrébine ? 

**Oui, elle est irréaliste et archaïque. C’est une approche liée à l’esprit de Tanger alors que celui-ci n’existe plus. Nous sommes dans un monde nouveau, où l’intégration se fait par l’économie.

-Mais les contentieux entre l’Algérie et le Maroc sont plus politiques qu’économiques…

**Vous savez très bien que les Marocains sont à l’origine du blocage du processus d’intégration. Depuis 1994, le Maroc développe une approche contradictoire en faisant remarquer que le problème du Sahara occidental plombait ce processus. Or – et j’en suis témoin – l’UMA a été fondée en 1989 à Marrakech, donc elle est postérieure à la question sahraouie.
En 1989, les Marocains disaient que l’intégration maghrébine était un facteur supplémentaire et favorable pour le règlement de cette question. Aujourd’hui, en 2012, ils reviennent à l’esprit de Marrakech, à savoir que les bonnes relations entre l’Algérie et le Maroc pourraient servir de catalyseur au règlement de la question sahraouie.

-Justement, au Maroc, on semble convaincu que le principal facteur intégrateur serait la réouverture de la frontière…

**Vous savez, l’Algérie est vue avant tout comme un marché.

-Quels sont ces facteurs qui bloquent cette dynamique d’intégration algéro-marocaine ?

**Les Marocains ne peuvent pas prétendre normaliser les relations avec l’Algérie et, en même temps, voire simultanément, faire exercer des pressions sur l’Algérie par la France et les Etats-Unis, essentiellement sur la question des frontières et sur la question sahraouie. 

-Il y a aussi ces nombreux Algériens qui ont été spoliés de leurs biens au Maroc…

**Oui, et cela fait globalement du contentieux. Il faut savoir qu’il y a une convention d’établissement entre le Maroc, l’Algérie et la Tunisie qui a été signée en 1963. Cette convention stipule que les citoyens algériens, tunisiens et marocains qui sont établis dans l’un des trois pays sont considérés comme des nationaux. Le roi Hassan II, quand il avait marocanisé les terres, a nationalisé celles des Algériens ; or, c’est en contradiction avec la convention d’établissement qui disposait qu’il fallait les traiter comme des Marocains et non pas comme des étrangers.

-Comment tout cela va-t-il être réglé alors qu’en face, les Marocains se montrent impatients de retrouver le chemin d’Alger ?

**Ils sont impatients parce que l’éventuelle réouverture de la frontière va apporter un peu d’oxygène à l’économie marocaine. Cela représenterait, selon les experts, à peu près 1% dans la croissance du Maroc. Les Tunisiens ne sont pas aussi pressés parce qu’ils font l’essentiel de leur commerce avec les Libyens.  

-En tant qu’ancien ministre et diplomate, quelle solution préconisez-vous pour des relations plus apaisées entre le Maroc et l’Algérie ? L’Algérie a-t-elle plus à gagner ou à perdre dans les retrouvailles avec le Maroc ?

**Pour enclencher une dynamique sérieuse et porteuse, il faut que nos amis marocains fassent preuve de bonne volonté. D’abord, une volonté politique sérieuse de régler le problème sahraoui.

-Il y a aussi l’exigence d’un mea culpa par rapport aux accusations proférées contre les services algériens lors des attentats de 1994…

**Non, non ! Pour les attentats de 1994, ils avaient mis en cause l’armée algérienne puis ils se sont rendu compte que les Algériens n’avaient rien à voir avec ces attentats de Marrakech. Il faut rappeler aussi que c’est Rabat qui avait imposé le visa aux Algériens. Et quand on impose un visa pour un pays en pleine crise sécuritaire, c’est qu’on veut accentuer cette crise.

-Que peut-on attendre de cette première visite du ministre marocain des Affaires étrangères ?  

**Je pense que ce sont plutôt les Marocains qui attendent beaucoup de cette visite. Ce sera tout de même l’occasion de voir si le nouveau gouvernement marocain a la volonté d’assouplir sa position par rapport à la question sahraouie. Même si, on le sait très bien, ce dossier est piloté directement par le palais royal. Ceci dit, il faut se féliciter de cette visite parce que, par principe, nous devons avoir de bonnes relations avec tout le monde, tout en restant attachés aux fondamentaux de notre politique étrangère. *Hassan Moali/ forumdesdemocrates/ 23.01.2012

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Hisham Alaoui, Le cousin germain du Roi du Maroc, expulsé de Tunisie

*El Watan- le 10.09.2017 | 

Le cousin germain du Roi du Maroc, Hisham Alaoui, a été expulsé de Tunisie avant-hier, vendredi 08 Septembre, sans lui avoir signifié les raisons de cette décision exécutée par la police locale, alors qu’il était déjà dans son hôtel.

Le cousin de Mohamed VI  allait participer, à partir d’aujourd’hui à Tunis, à un séminaire organisé par l’Université de Stanford sur la gouvernance et les défis sécuritaires dans trois pays arabes, le Maroc, l’Égypte et le Yémen. Comme il est partout connu que Moulay Hicham, connu sous l’appellation de «Prince rouge », critique ouvertement la façon dont la monarchie marocaine dirige le pays, la décision d’expulsion serait motivée par le fait que Moulay Hisham évaluerait la politique marocaine en terre tunisienne. Or, la Tunisie ne veut assurément pas avoir d’accrochage diplomatique avec ses voisins marocains, ni être accusés d’immixtion dans les problèmes internes d’autrui, devise régulièrement assurée par le Président Béji Caid Essebsi. D’où cette mesure préventive, assure-t-on dans l’entourage du prince, relayé par Huffington post. Pourtant, Hisham Alaoui a régulièrement vanté les louanges du printemps arabe, notamment l’exemple tunisien

Expulsion

Une unité spéciale s’est déplacée à l’hôtel où réside le cousin de Mohammed VI, Hisham Alaoui, et lui a demandé de quitter les lieux. Il a ensuite été conduit à l’aéroport Tunis-Carthage pour un vol en partance vers Paris. Le ‘prince rouge’ a été emmené dans sa chambre d’hôtel pour prendre ses affaires ensuite dans un poste de police où on lui a signifié l’expulsion, avant de l’accompagner à l’aéroport dans une voiture de police. Il a atterri à Paris vendredi soir. L’information a été publiée en premier par un journal algérien et confirmée ensuite aux médias par plusieurs sources concordantes, y compris une source sécuritaire, comme l’affirme le journal électronique Businessnews. Aucun communiqué officiel n’a été publié sur la question et les sources officielles du ministère tunisien de l’Intérieur ne sont pas joignables. Les sources de l’aéroport Tunis-Carthage n’ont signalé aucune expulsion, ce qui est vrai du moment que Hisham Alaoui a été admis sur le territoire tunisien et a quitté le territoire de façon normale.

Circonstances

Le cousin germain du roi du Maroc Mohamed VI était à Tunis dans le cadre d’une conférence organisée à l’espace Cogite par la ‘Stanford University’s Center for Democracy, Development, and Rule of Law’. Il compte également aller à Doha pour donner une conférence chez les qataris, en conflit avec l’Egypte et plusieurs monarchies du Golfe. Cette tournée aurait fortement agacé l’Arabie et les Emirats, qui considèrent cette conférence donnée à Doha « une marque de soutien au Qatar » au moment où leur pays est engagé dans une bataille diplomatique contre Cheikh Tamim. Il est à souligner que Hicham Alaoui a été chercheur invité dans ce centre.

Il est également membre du Comité consultatif de l’Institut Freeman Spogli pour les études internationales et de Human Rights Watch pour la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. Il a également pris part à des initiatives indépendantes liées aux questions humanitaires et sociales. Il est actuellement Research Fellow au Wheatherhead Center à l’Université d’Harvard. Hicham Alaoui publie régulièrement des articles sur des questions politiques et sociales contemporaines dans des journaux au Maroc, en France et dans le monde arabe, comme Politique Internationale, Le Monde, Le Monde diplomatique, El Pais, Journal of Democracy et Al-Hayat.

Le fait le plus marquant de ses dernières sorties, c’était le 30 janvier 2012, dans le cadre d’une conférence organisée par HEC Monde arabe, une association tenue par de jeunes étudiants à HECParis, lorsqu’il s’est déclaré à la fin de la conférence favorable au mouvement du 20-Février. Même attitude le 7 novembre 2013, à la conférence Harvard Arab Weekend, son évaluation de l’état des lieux du monde arabe, au lendemain des révolutions, fut sans complaisance. Moulay Hicham, habite Boston, aux États-Unis, où il est chercheur à l’Université de Harvard.
 **Mourad Sellami -El Watan- le 10.09.2017 | 

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       **La fin de l’UMA?

*La Mauritanie curieusement remontée contre l’Algérie

La réunion des ministres de l’Intérieur de l’Union du Maghreb arabe a été un non-événement. Sous-représentée, l’Algérie n’en attendait pas grand-chose.
La rencontre s’est tenue dans une Mauritanie curieusement remontée contre l’Algérie, au point d’aller provoquer un incident diplomatique, non sans mettre en avant «l’excellence» des relations maroco-mauritaniennes. Il y a dans ce genre d’attitudes une volonté de défier un pays souverain et brandir la menace de la division dans une région qui n’en a pas besoin. Il faut dire qu’entre l’expulsion du diplomate algérien et la réunion des ministres de l’Intérieur de l’UMA à Nouakchott, il s’est écoulé juste assez de temps pour donner à la saute d’humeur du président mauritanien un écho maghrébin en provoquant un arrêt net de toute idée d’édification de l’Union du Maghreb arabe.
En fait, les principales victimes de ce nouveau feuilleton algéro-mauritanien, ne sont autres que les peuples de la région qui voient s’envoler tout espoir de voir les cinq pays du Maghreb poursuivre le processus arrêté par le roi Hassan II, lequel en fermant les frontières entre son pays et l’Algérie, avait condamné l’UMA à une errance sans fin.
Aujourd’hui, plus de 21 ans après la «trahison» marocaine et malgré les tentatives de relance initiées par l’Algérie dès 1999 et reprises par le président tunisien Moncef Marzouki en 2012, et le réveil timide de quelques instances maghrébines et quelques accords sectoriels signés, rien de bien sérieux n’a été entrepris au plan politico-diplomatique.
Il faut dire que l’attitude du président de la Mauritanie accentue une impression dominante, celle qui veut que l’UMA est plus un moyen de pression qu’un outil d’union entre les cinq pays qui composent l’espace maghrébin. Il y a lieu de préciser que ce même espace est unique au monde au sens où c’est le seul de la planète à n’être pas organisé en communauté de destin entre pays. En effet, sur les cinq continents toutes les nations ont initié des unions régionales et disposent d’institutions transnationales et travaillent sur des politiques d’intégration économique. Le Maghreb, dont l’idée d’union est née en 1928 avec la création de l’Etoile nord-africaine, est actuellement la seule de la planète à vivre une situation de désunion aussi criarde.
Le tableau qu’offre le Maghreb est assez peu reluisant, faut-il le souligner. Avec une Libye déstructurée, un Maroc coincé sur la question du Sahara occidental et aujourd’hui, une Mauritanie grincheuse et visiblement sous influence de Rabat, les seuls pays encore proches de l’idéal de l’UMA se résume en l’Algérie et la Tunisie.
La région vit une véritable régression historique qui n’est pas sans laisser de traces dans le corps politique et social de toute la région. La saute d’humeur mauritanienne a, en effet, ceci d’implacable: elle étouffe dans l’oeuf toute velléité de faire avancer le dossier de l’UMA dans un sens ou dans l’autre.
Le froid annoncé par le président Ould Abdelaziz aura des conséquences au-delà des strictes relations diplomatiques entre Alger et Nouakchott et fait entrer tout le Maghreb dans une nouvelle «ère glaciaire». De fait, et en l’absence d’une stratégie d’intégration économique entre les pays du Maghreb, la région perd beaucoup de son influence géostratégique. Ceci affaiblit chaque pays de l’UMA dans ses rapports avec l’Europe et même avec l’Afrique.
En un mot, la Mauritanie et le Maroc font perdre au Maghreb une opportunité historique d’offrir aux peuples de la région la possibilité de vivre dans un espace économique développé.
Cette image déplorable du Maghreb ne prête pas à beaucoup d’optimisme, à moins que le duo Algérie-Tunisie, actuellement sur une trajectoire de partenariat tous azimuts, puisse donner un signal fort aux autres pays et construire une autre UMA, plus solidaire et moins encline aux petits.*Par Saïd BOUCETTA - Dimanche 03 Mai 2015/L’Expression

**Nouakchott tue l’UMA

Qui a intérêt à ce que le torchon brûle entre Alger et Nouakchott ? A l’origine de cette crise entre les deux capitales maghrébines, l’expulsion du premier secrétaire de l’ambassade d’Algérie en Mauritanie suite à de fallacieuses accusations de vouloir nuire aux relations de bon voisinage du pays hôte avec le Maroc en distillant de fausses informations sur le trafic de drogue qui viendrait du royaume dans la presse locale.

La réaction officielle mauritanienne paraît, de toute évidence, démesurée par rapport aux faits reprochés et ne justifie en rien l’expulsion du premier secrétaire. Sans demander la moindre explication au concerné ou au représentant de l’Algérie à Nouakchott, la chancellerie mauritanienne a commis l’impair diplomatique en expulsant le diplomate et en le déclarant persona non grata. Un geste inexpliqué et surtout inamical envers un pays membre de l’UMA, dont fait partie la Mauritanie. Il ne fallait pas s’attendre, devant un tel geste inamical et non fraternel, à ce que l’Algérie n’applique pas le principe de réciprocité en demandant au diplomate mauritanien de même rang de l’ambassade à Alger de quitter le pays.

Les choses auraient pu en rester là et le temps aurait sans doute arrangé les choses. Mais dimanche dernier, le président mauritanien, Mohamed Ould Abdelaziz, n’écoutant pas la voix de la raison, a choisi, devant les responsables locaux de presse, de hausser le ton. Un ton guerrier même, en affirmant que la crise était loin de s’estomper entre les deux capitales. Et de réaffirmer que la Mauritanie ne permettra à quiconque de nuire à ses relations de bon voisinage. Le message subliminal est on ne peut plus clair : c’est l’Algérie qui est visée par les propos du chef de l’Etat mauritanien.

Il devient on ne peut plus clair que dans l’appréciation du principe de relations équilibrées avec ses voisins, la Mauritanie, par le biais de son Président, pencherait plutôt vers Rabat. Rien d’étonnant d’ailleurs, puisque ces derniers mois le palais royal a multiplié les appels du pied en direction de Nouakchott et se livre à une véritable concurrence avec la diplomatie algérienne. Tout semble indiquer que des centres d’intérêt mauritaniens pousseraient vers le rapprochement avec le Maroc.

Certains y voient même l’ombre des Saoudiens, non contents sans doute de la position de l’Algérie sur la crise au Yémen ou encore vis-à-vis de l’Iran (considéré par les pétromonarchies sunnites du Golfe comme l’ennemi de toujours) dans ce repositionnement de la Mauritanie en faveur de la monarchie chérifienne.

En tout cas, pour l’heure, l’Algérie, pour marquer son désaccord avec ce choix à haut risque de Nouakchott, a choisi de boycotter la réunion des ministres maghrébins de l’Intérieur qui s’est tenue jeudi dernier dans la capitale mauritanienne, en y envoyant un haut fonctionnaire. Quant au Maroc, il est de notoriété publique qu’il reste le premier pourvoyeur de kif dans la région. D’ailleurs, les organisations non gouvernementales et les observatoires internationaux sur les drogues et les trafics l’attestent.*Reda Bekkat/ El Watan/ samedi 02 Mai 2015

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*Les joueurs de l’ES Sétif surpris par l’hostilité des supporters marocains

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Les joueurs de l’ES Sétif étaient doublement déçus samedi 13 décembre 2014. Outre leur défaite face à Auckland City (néo Zélande) synonyme de leur élimination des quarts de finale de la coupe du monde des clubs qui se déroule au Maroc, ils ont du faire face à une « surprenante » hostilité, selon leurs dires, de la part du public local.

« On ne s’attendait nullement à ce que les supporters marocains se rangent littéralement du côté de notre adversaire. Pourtant, partout où nous sommes passés depuis notre arrivée au Maroc, tout le monde nous manifestait son soutien et nous encourageait à aller loin dans cette compétition notamment après l’élimination de leur représentant », a déclaré à l’APS, l’attaquant Mohamed Benyettou.

 Les sifflets fusaient des gradins

Lors du match face à Auckland City et à chaque fois que la balle était dans les pieds d’un joueur de l’Entente de Sétif, les sifflets fusaient des gradins. « J’avoue que l’attitude des supporters marocains nous a quelque peu perturbés, mais elle n’est certainement pas la cause de notre défaite, car on était tout simplement dans un jour sans », a-t-il ajouté.

Même son de cloche chez Abdelmalek Ziaya, l’autre attaquant de pointe de l’ESS : « c’est vraiment regrettable de voir les fans marocains soutenir notre adversaire de cette manière la. Ils nous ont vraiment surpris par leur attitude, ce qui porte vraiment préjudice à la bonne image qu’on a toujours gardé d’eux dans chacune de nos rencontres dans ce pays », a-t-il regretté.

Les marocains n’ont pas cessé d’encourager les New Zélandais

Pour sa part, l’entraîneur Kheireddine Madoui, n’a pas voulu trop focaliser sur le comportement des supporters marocains, estimant qu’ils étaient libres de choisir leur camp dans ce match. « Cette attitude ne devra pas pour autant nuire à nos relations avec nos frères marocains, tant que cela n’est pas sorti du cadre sportif », a-t-il précisé.

Les quelques milliers de supporters marocains qui ont assisté au match n’ont pas cessé d’encourager les New Zélandais du début jusqu’à la fin de la rencontre. Un comportement salué du reste par l’entraîneur d’Auckland City l’Espagnol Ramon Tribulietx, qui a tenu, au cours de sa conférence de presse d’après match, à les remercier vivement pour leurs encouragements. (Aps)*14/12/2014 

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*Aux «frontières» du ridicule

Mise sur cale depuis 1994, l’UMA peine à se relancer. Pour cause, les dernières déclarations du président tunisien Moncef Marzouki, allant jusqu’à annoncer – sans consulter les autres pays membres – la date de la tenue du prochain sommet de l’UMA, n’ont pas manqué d’attiser la polémique. Dans une déclaration rapportée par l’agence de presse saoudienne (SPA), le ministère algérien des Affaires étrangères, démentant indirectement le président tunisien, affirme que «la date de la tenue du sommet de l’Union du Maghreb arabe (UMA) fait, encore, l’objet de consultations et qu’elle ne peut être fixée qu’après la fin du processus préparatoire».
Une précision de taille, qui intervient deux jours après le communiqué officiel de la présidence de la République tunisienne fixant la tenue du sommet de l’UMA, «en principe, pour le 10 octobre 2012 dans la ville de Tabarka, s’il n’y a pas d’objection d’un des pays membres de l’Union». La sortie du président tunisien n’a d’ailleurs pas manqué de susciter les commentaires de la presse tunisienne, qui a critiqué la «bavure» du président Marzouki. Car, l’annonce de la date de la tenue d’un sommet d’une si grande importance est l’aboutissement d’une série de rencontres au niveau des experts qui doivent préparer les grands dossiers qui, à leur tour, seront soumis aux ministres des Affaires étrangères.
Or, M.Marzouki, faisant dans l’amateurisme, ne doit pas ignorer que la tradition veut que la date d’un événement d’une pareille importance, ne doit pas être annoncée avec une aussi grande légèreté.
«Une preuve que la présidence continue à agir selon des pratiques d’une république bananière.» «De quoi a l’air le pouvoir en Tunisie», maintenant, que le gouvernement algérien adresse à notre présidence un camouflet, diplomatiquement, cinglant?» s’interroge le site Business news. D’autant plus que le président Marzouki est allé jusqu’à songer à la mise en place d’une zone franche à El Kef, sans consulter les pays membres.
Aussi, ceux qui demandent la relance de l’UMA savent bien que la conjoncture régionale née des derniers bouleversements politiques ne permet pas la tenue, dans de plus brefs délais, d’un sommet maghrébin. C’est le cas du Premier ministre marocain, Abdelilah Benkirane, qui dans un entretien accordé jeudi au quotidien Attajdid, considère que «tout sommet de l’UMA sera de pure forme, tant que les frontières entre l’Algérie et le Maroc ne seront pas réouvertes».
Ainsi, et après une embellie éphémère, à la faveur de la visite du ministre marocain des Affaires étrangères en Algérie, les relations entre Alger et Rabat se heurtent de nouveau au sempiternel écueil des frontières. «Notre politique vis-à-vis de nos frères algériens est basée sur l’Histoire, les deux peuples sont liés par des relations d’amour et de fraternité. Malheureusement, la direction algérienne a un autre avis (…) mais nous parions sur l’avenir», a-t-il ajouté. Mais, ce que M.Benkirane feint d’ignorer, c’est que c’est son pays qui, en 1994, avait procédé à la fermeture unilatérale des frontières terrestres avec l’Algérie, assortie de l’instauration d’un visa d’entrée pour les ressortissants algériens. A l’époque, des rafles avaient été opérées et des Algériens ont été parqués et reconduits manu militari aux frontières et expulsés. Et une année plus tard, et alors que le Conseil de sécurité de l’ONU avait adopté une résolution en faveur de l’autodétermination du peuple sahraoui, Hassan II annonce le gel des instances de l’UMA, entravant à nos jours le processus d’édification maghrébine.
Dix-huit ans plus tard, une approche maghrébine commune, qui prenne en considération les bouleversements intervenus dans la région, s’impose. Les pays membres doivent d’abord identifier les risques qui menacent la sécurité dans la région du Maghreb arabe, définir un concept unifié de ces risques et oeuvrer à dégager une vision intégrée et coordonnée pour une coopération maghrébine qui repose sur des bases solides et efficientes. Il est clair que des défis communs nécessitent, inéluctablement, des solutions communes. (L’Expression-28.07.2012.)

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          Pétrole contre drogue     

C’est la contribution des hallaba au marché commun  maghrébin

**par Mourad Benachenhou   

L’économie des frontières terrestres interétatiques pose des problèmes spécifiques qu’il est aussi difficile d’appréhender que de résoudre.

Les zones frontalières sont, quelque puissants que soient les Etats se partageant ces frontières, des aires où se développe toute une économie parallèle échappant plus ou moins au contrôle des autorités institutionnelles officielles. Les états limitrophes peinent à imposer leurs normes, quelques soient les moyens humains, techniques ou légaux dont ils disposent.

UNE SITUATION DE HORS LA LOI COMMUNE AUX ZONES FRONTALIERES TERRESTRES

Ce type de situation , que l’on peut considérer comme caractéristique des zones frontalières terrestres à travers le monde, est d’autant plus sérieux que les économies des pays limitrophes différent l’une de l’autre en termes de niveau de développement, de politique économique, de ressources naturelles, de politique monétaire et de politique des changes, de taux d’inflation, comme de réglementations en matière de commerce international, comme de législation douanière. Il se développe, dans ces zones, des activités commerciales clandestines, dont l’objectif principal est, pour ceux qui les conduisent, de tirer profit des avantages comparatifs des deux économies qui se partagent une frontière terrestre commune, et de la différence de prix entre les biens transportables d’un pays à l’autre. Cela va des transferts illicites de fonds du pays à taux de change surévalué et à taux d’inflation élevé au pays à taux de change équilibré et à faible taux , d’inflation, en passant par l’introduction de marchandises faiblement taxées dans un pays vers le pays où cette taxation est forte, sans oublier l’écoulement de produits subventionnés dans un pays vers le pays où leur prix est libres .

LA CONTREBANDE : UNE ACTIVITE OPPORTUNISTE

La contrebande est une activité particulièrement opportuniste, et la recherche du gain rapide est sa seule motivation ; donc la nature des produits transférés illicitement d’un pays à l’autre, à travers les frontières terrestres communes, change avec l’évolution de l’économie dans chacun de ces pays, avec les transformations dans les besoins des populations en cause, avec les modifications dans les revenus des populations des deux côtés des frontières. Le contrebandier, par définition, est indifférent aux intérêts stratégiques et politiques qui déterminent les échanges commerciaux, et est à la recherche de toute occasion de faire rapidement fortune, que cela porte ou non préjudice économique, social, ou sécuritaire au pays dont il assume la citoyenneté. Quelle que soit la marchandise objet de la contrebande, ce qui compte n’est pas sa nature particulière ou le besoin qu’elle est censée satisfaire chez son consommateur, c’est essentiellement le rapport bénéfice/prix qu’elle génère.

Plus le rapport est élevé, plus le risque que le contrebandier est disposé à accepter en faisant commerce du produit en cause est fort, plus son incitation à commercer clandestinement de ce produit est aigüe.

LES AVANTAGES EMPOISONNES DE LA CONTREBANDE TERRESTRE

Souvent, les états, incapables de mobiliser les ressources nécessaires pour développer leurs zones frontalières, ferment les yeux sur le commerce illicite qui est d’autant plus florissant qu’il échappe à tout contrôle fiscal ou de qualité et qu’il draine des produits à forte capacité de générer des bénéfices. Des arguments de type social sont alors avancés pour justifier cette politique de laissez-faire poursuivie par certains pays à l’égard de leurs zones frontalières. Ce commerce, tout illicite qu’il soit, à selon les autorités de ces pays, l’avantage de fournir des emplois, donc de contribuer à la réduction du chômage, d’approvisionner en produits de consommation à faible prix des populations en général éloignées des régions de production ou des zones portuaires où ces produits sont débarqués, lorsqu’ils sont importés.

Ainsi peut-on lire dans une étude consacrée à ce sujet et portant sur l’Afrique de l’Est-ce qui suit :

« Le commerce informel transfrontalier reste un secteur très important en Afrique en général et dans la région du Marché commun d’Afrique orientale et australe (COMESA) en particulier. Il contribue à la croissance économique, la création d’emplois et la sécurité alimentaire pour une majeure partie de la population de la région. Selon les estimations de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) en 2009, 20 à 75% de la population africaine est employée dans le secteur informel, dont le commerce informel transfrontalier fait partie. L’OCDE (2003) estime que le commerce informel transfrontalier est une source de revenu pour environ 43% de la population africaine avec une forte présence des femmes qui représentent 70% dans ce secteur. Les raisons majeures qui justifient le développement du commerce informel transfrontalier ont été largement documentées par diverses études en Afrique. Plusieurs facteurs sociaux, économiques, naturels et politiques expliquent la grande vitalité de ce commerce. (dans : Daniel Njiwa : »Commerce informel transfrontalier dans la zone COMESA: opportunités et risques du régime commercial simplifié» ; Passerelles • Volume 14 • Numéro 1 • Mars 2013) »

La tentation est grande parmi les autorités officielles de ne pas intervenir pour mettre fin à cette situation de non-état à leurs frontières. Sommes toutes, les contrebandiers ne font que profiter des distorsions dans la formations des prix, distorsions créées par les politiques économiques, sociales et monétaires mises en œuvre dans les pays qui se partagent des frontières terrestres.

Ces mêmes contrebandiers facilitent également l’approvisionnement réciproque des populations frontalières en produits à meilleur marché dans le pays voisin ; de plus ils fournissent des opportunités d’affaires à ceux qui ont l’esprit d’entreprise et sont disposés à prendre des risques pour récolter des bénéfices élevés et créent des emplois au profit des petites mains chargées de redistribuer les produits introduits en fraude dans le territoire voisin. Bref ,selon cette approche, la population tout comme les autorités officielles gagneraient à fermer les yeux sur des transactions commerciales certes illicites, certes échappant aux contrôles du fisc et des services douaniers, transactions qui assurent un minimum de tranquillité sociale dans les régions frontalières en général pauvres en ressources naturelles et offrant peu d’opportunités de travail à la population locale.

LES LONGUES FRONTIERES TERRESTRES ALGERIENNES

L’Algérie a le désavantage d’avoir des frontières terrestres particulièrement longues, qu’elle partage avec 7 pays sur trois points cardinaux aux niveaux de développement et aux ressources naturelles très différentes d’une frontière à l’autre et plus ou moins éloignées des centres de décision et d’approvisionnement localisés entièrement au nord du pays. Selon les caractéristiques économiques propres à chacun de ces pays frontaliers, le flux de marchandises venant du territoire algérien vers ces pays ou en provenance de ces pays, change de contenu et d’intensité. Ce n’est pas un secret que tous les produits alimentaires subventionnés trouvent un chemin dans les marchés africains limitrophes subsahariens et ce, depuis des décennies, du sucre à la farine, en passant par le lait en poudre. A la frontière Est-ce sont les produits alimentaires subventionnés ou non qui forment une bonne partie des transactions, mais le plus important est le trafic des carburants en provenance de l’Algérie et écoulés par les contrebandiers en Tunisie, la contrepartie étant essentiellement les cigarettes et les produits électroniques.

La frontière terrestre la plus longue est celle que l’Algérie partage avec le Maroc : elle est de 1559 kms, suivant les documents de ratification établis, et donc officialisés par les autorités des deux pays. Cependant la majeure partie des populations sur ces frontières se concentre sur une distance d’environ 50 kms, s’étendant, du côté algérien de Marsa bel Mhidi à Zouj Bghel. Cette frontière nord-ouest a toujours été la principale zone de contrebande entre l’Algérie et le Maroc au temps de la période coloniale.

DU TRAITE D’ALGESIRAS ET DE LA CONTREBANDE

En 1906, un groupe de 12 pays occidentaux a imposé au royaume du Maroc, et de manière unilatérale, un accord, appelé « Traité d’Algésiras, » forçant ce pays à introduire des réformes économiques et à ouvrir son marché, en acceptant, entre autres, de frapper d’une taxe de 10 pour cent, majorée d’une taxe supplémentaire de 2,5 pour cent, tous les produits en provenance de ces pays. Le paradoxe est que ces pays avaient négocié entre eux cet accord, ont été les seuls à le signer et ont forcé le Maroc à le ratifier sans réserve alors qu’il était partie officielle aux négociations.(le cynisme des ces grandes puissances apparait à travers le texte de cet accord, supposé garantir l’indépendance du Maroc, et qui peut être consulté sur le site ci-après : http://historicaltextarchive.com/sections.php?action=read&artid=28)

A noter que ce traité international, dans son article 72, légalisait les drogues au Maroc

Cet article vaut la peine d’être reproduit intégralement :

« Article 72 : L’opium et le kif continueront à faire l’objet d’un monopole au profit du Gouvernement Chérifien. Néanmoins, l’importation de l’opium spécialement destiné à des emplois pharmaceutiques sera autorisée par permis spécial, délivré par le Makhzen, sur la demande de la Légation dont relève le pharmacien ou médecin importateur.

Le Gouvernement Chérifien et le Corps Diplomatique régleront, d’un commun accord, la quantité maxima à introduire. » L’Algérie faisant alors partie du pacte colonial qui permettait l’entrée sur son territoire des biens produits dans les colonies en exemptions de droits et taxes (ou avec des taxes fortement minorées par rapport à celle qui les frappaient même en métropole), et une fois bien établi le protectorat français sur le territoire marocain, les contrebandiers ont vite saisi l’opportunité que leur offraient ce différentiel de traitement fiscal des marchandises introduites au Maroc et provenant des pays signataires de l’accord, par rapport aux marchandises introduites par le pacte colonial sur le territoire algérien. La contrebande du côté marocain portait essentiellement sur les produits industriels à grande consommation, -comme les montres, les postes radios portatifs, les thé, épices et autres produits tropicaux étant fournis en contrepartie par les contrebandiers algériens.

UNE DIVERSIFICATION DE LA CONTREBANDE

Au fil des années, et avec l’évolution des économies des deux pays, avec l’accroissement du revenu des populations comme de leur nombre, des deux côtés des frontières, les produits introduits en contrebande d’un pays vers l’autres, se sont diversifiés, et avec l’accroissement du revenu des populations, des deux côtés des frontières.

Les fluctuations des différentiels de taux de change entre le dinar et le dirhem et de taux d’inflation, ont rendu des produits algériens meilleur marché pour les Marocains et vice-versa.

De plus, certains produits de grande qualités, comme les moutons algériens des hauts plateaux, continuent à faire partie des marchandises particulièrement profitables pour les contrebandiers des régions subsahariennes.

LA FERMETURE DES FRONTIERES, UNE AUBAINE POUR LES HALLABA

La fermeture officielle des frontières ouest, en application depuis 1994, a accru le champ d’action des contrebandiers, en leur ouvrant le marché des produits pétroliers pour lequel les occasions de faire de l’argent étaient faibles auparavant, et dont seuls profitaient les transporteurs publics en provenance du Maroc qui pouvaient faire leur plein à chacun de leur déplacement sur le territoire algérien et n’avaient aucune raison de stocker et de revendre un produit largement disponible.

Les hallaba, ou contrebandiers des carburants, dont, avant cette fermeture des frontières, le volume des transactions était plus ou moins limité par la libre disposition du carburant et qui s’étaient déjà enrichis alors en servant quelques stations services marocaines frontalières, ont vu leurs perspectives s’élargir et l’opportunité de se faire plus d’argent ne leur a pas échappé.

En effet ils prenaient non seulement la place des stations services algériennes qui approvisionnaient légalement les transporteurs publics marocains, mais gardaient leur clientèle traditionnelle des stations services marocaines frontalières. Ils avaient le capital nécessaire pour acheter les camions et grosses voitures destinées à leurs transactions, mais également pour les modifier en vue de transporter à travers les frontières poreuses plus de carburants vers leurs clients marocain.

CONSEQUENCES ECONOMIQUES, SOCIALES ET SECURITAIRES DU COMMERCE DES HALLABA

Le trafic transfrontière des carburants a créé une situation quasi permanente de pénurie pour ceux des citoyens comme des transporteurs publics qui s’approvisionnent pour leurs propres besoins, mais a également transformé les propriétaires de stations services en auxiliaires et complices des hallaba, leur donnant la préférence sur les clients non impliqués dans ce trafic.

On a vu également se développer des stations services clandestines à travers le territoire frontalier, petites activités artisanales menées par des personnes qui achètent les carburants au jerrycan et l’entreposent dans leurs maisons pour le revendre à des prix supérieurs aux prix fixés par les règlements.

Outre les effets négatifs du commerce des hallaba sur la redistribution des carburants, Il n’y a pas un secteur de l’économie de la région frontalière en cause qui ne soit pas influencé par ce complexe de contrebande des carburants qui s’est mis en place et s’est développé depuis la fermeture des frontières. La pénurie de main d’œuvre dans le secteur des bâtiments comme dans l’agriculture, l’abandon de la production agricole dans une région particulièrement bien pourvue en terres fertiles et en eau, la spéculation immobilière et foncière qui a atteint un niveau d’intensité sans précédent, le ralentissement des investissements industriels productifs, et toutes les autres distorsions et maux sociaux dont souffre la région, peuvent être attribuées au développement sans frein de la contrebande, et plus spécifiquement de celle qui draine le plus d’argent, c’est-à-dire la contrebande des carburants. Par définition, la contrebande est une activité sans comptabilité et donc sans statistiques ; mais pour ce qui est des carburants, il est aisé de savoir quelles quantités sont livrées aux stations services et quelles quantités aux 100 kilomètres sont normalement consommées par les parcs autos de la région ; on peut alors déduire de ces chiffres les quantités sorties en contrebande du territoire national et les bénéfices qu’en tirent les contrebandiers qui, d’ailleurs , ne se cachent même plus, et dont on peut observer les véhicules de toute contenance circuler, en toute quiétude, sur la route de Mersa Bel Mhidi à Zouj Bghel, jour et nuit.

LE LIEN AVEC LE TRAFIC DE LA DROGUE

On constate que le trafic de la drogue, déjà endémique en période normale dans la région, s’est brusquement accéléré depuis la clôture des frontières et prend des allures inquiétantes depuis quelques temps. Ce trafic, qui implique des mobilisations de fonds en proportion avec les quantités frauduleusement introduites sur le territoire national, ne peut être effectué que par des personnes dont les activités drainent de grosses sommes en dirhem. Les seuls à disposer du capital nécessaire pour ce genre de trafic ne peuvent être que les hallaba. On imaginerait difficilement le petit porteur de valises, qui introduit en fraude quelques produits de consommation courante algériens sur le territoire marocain, réunir les fonds nécessaires en dirhems, pour acheter une tonne de hachich rifain ; il n’a pas les moyens de transport qu’a le hallab, doublant ses bénéfices grâce au duo trafic de carburant-trafic de drogue, qui peut livrer son carburant et transporter au retour la drogue.

En conclusion

Il est surprenant que ce problème d’ampleur national, et qui pose, -si l’on en croit les affaires de découvertes de grosses quantités de drogues reportées par la presse nationale,- un sérieux problème de sécurité et de santé publique, soit traité comme une affaire locale qui pourrait être réglée en sanctionnant également le citoyen respectueux de la loi et le contrebandier qui la viole ouvertement et doublement, trafiquant à la fois de carburant et de drogues.
La création d’un marché commun maghrébin, plusieurs fois annoncés, constitue évidemment la seule solution à ce phénomène de contrebande, qui ne saurait être exclusivement combattu par la répression ; Mais, en attendant que la sagesse l’emporte sur les germes de division qui ne manquent pas, faut-il laisser les hallaba maintenir leur main mise sur le commerce inter-frontalier et imposer leur solution qui est de construire le Maghreb économique sur le dos de l’Algérie et sur la base de l’échange du pétrole contre la drogue ? *par Mourad Benachenhou - Paru dans le Quotidien d’Oran-27.06.2013.

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**Dans le fond, ni la Tunisie ni le Maroc ne sont intéressés par une véritable relance de l’UMA.

  L’Algérie face aux intrigues de palais

Existe-t-il une réelle volonté de redynamiser l’Union du Maghreb arabe? N’y a-t-il pas des intentions cachées chez certains dirigeants des pays membres pour défendre leurs propres intérêts? Se référant aux dernières déclarations des uns et des autres, il y a de quoi comprendre que l’engouement suscité par la relance de l’UMA cache bel et bien des intentions «malsaines». La Tunisie par le biais de son chef d’Etat, Moncef Marzouki, a annoncé que le sommet des chefs d’Etat de l’UMA se tiendra le 10 octobre prochain à Tabarka, en Tunisie. Une information qui a été tout de suite démentie par Alger qui a affirmé que, seules des discussions ont été engagées et qu’aucune date officielle n’est arrêtée. La sortie médiatique de Marzouki intervient au moment de la visite officielle qu’a effectuée en Tunisie le Premier ministre marocain, Abdelilah Benkirane! La date avancée par Marzouki a fait l’objet de discussions entre les deux hommes. Benkirane et Marzouki avaient «arrêté» la date du sommet, sans concertation avec Alger. Quelle mouche a, donc, piqué M. Marzouki pour s’avancer sur un sujet qui fait encore l’objet de discussions? Le président tunisien aussi bien que le roi Mohammed VI tentent de défendre leurs intérêts, en souhaitant tenir ce sommet dans les plus brefs délais. Marzouki d’abord, est motivé au moins par deux raisons essentielles. La première est d’ordre politique tandis que la seconde est d’ordre économique. L’actuel chef d’Etat tunisien a affiché ses intentions de se présenter aux élections présidentielles prévues en 2013. Il veut réussir un grand coup diplomatique qui aura des répercussions en sa faveur sur la scène politique tunisienne. Il s’agit d’une initiative diplomatique au parfum électoral. Si jamais il réussira à tenir ce sommet «dans les plus brefs délais», Marzouki pourra imposer son poids comme le chantre du Maghreb et s’imposer de ce fait comme un candidat incontournable aux prochaines élections. La deuxième raison est d’ordre économique. La Tunisie vit depuis la révolution du jasmin, une situation économique désastreuse. La relance de l’UMA pourra profiter à ce pays pour bâtir une économie plus ou moins forte. Autrement dit, Marzouki pense que la relance de l’UMA sera une bouffée d’oxygène pour une économie tunisienne asphyxiée. C’est ainsi qu’il propose l’instauration de ses fameuses cinq libertés, à savoir déplacement, résidence, travail, investissement, élections municipales dans les Etats de l’UMA. Côté Rabat, le roi du Maroc joue les trouble-fêtes. La relance de l’UMA signifie pour le Maroc la réouverture de la frontière. Mohammed VI tente ainsi de mettre la pression sur Alger, par le biais notamment des appuis et soutiens de ses partenaires occidentaux. Une fois le sommet tenu, c’est la réouverture de la frontière terrestre qui devrait suivre inévitablement. En d’autres termes, ce qui intéresse le roi du Maroc n’est pas tant la relance de l’UMA que son défunt père, Hassan II, a gelé, mais plutôt la réouverture des frontières avec l’Algérie pour renflouer les caisses du makhzen en ces moments de crise aiguë qui se profile. Résultat des courses: il s’agit tout simplement d’une intrigue de palais tuniso-marocaine contre l’Algérie.
Or, la position de l’Algérie sur ce dossier est claire. La diplomatie algérienne a confirmé, à maintes reprises, que la réouverture de la frontière terrestre est une question «exclusivement» bilatérale, non liée à un sommet maghrébin. Pour les diplomates algériens, le sommet de l’UMA et la fermeture de la frontière sont deux questions tout à fait distinctes. Alger a rappelé que la réouverture de la frontière s’inscrit exclusivement dans le cadre de l’évolution des relations bilatérales. Pour revenir au sommet de l’UMA, Alger préfère attendre les conclusions de la réunion des experts ainsi que celle des ministres des Affaires étrangères. Un sommet des chefs d’Etat ne se tient pas avec une telle facilité, soutient Alger. Cela pour dire, qu’il n’est pas exclu que le roi du Maroc Mohammed VI et Marzouki veulent marchander sur le dos de l’Algérie au nom de l’UMA. (L’Expression-30.07.2012.)

*Conclave au Caire, des chefs de la diplomacie égyptienne, libyenne et tunisienne

La Tunisie et la Libye semblent avoir changé leur fusil d’épaule

  Un enfant dans le dos de l’UMA

Hasard du calendrier ou initiative planifiée? Au moment où le débat est relancé sur la remise sur rails de l’UMA, après dix-huit ans de paralysie, deux de ses pays membres, à savoir la Tunisie et la Libye, semblent avoir changé leur fusil d’épaule. En conclave au Caire, dimanche dernier, autour du président Mohamed Morsi et de leur homologue égyptien Kamel Amrou, les chefs de la diplomatie tunisienne Rafik Abdesselam et libyenne Achour Benkhayal, scellent la nouvelle «union».
Une union politique et économique, née d’un terreau idéologique: les révolutions arabes. La réunion du Caire vise d’après ses initiateurs à poser les jalons d’une entité régionale, basée sur la complémentarité économique et la concertation sur les dossiers politiques et sécuritaires.
Reçus en audience par le président égyptien Mohamed Morsi, les trois ministres n’ont pas caché leur ambition d’aller de l’avant dans leur entreprise. Leurs pays qui viennent de sortir d’une longue période d’instabilité, comptent arrêter un agenda commun pour les prochaines années. Pour commencer, la question de la circulation des personnes a été examinée par les trois partenaires, qui n’écartent pas de supprimer les visas d’entrée. Une initiative qu’ils comptent «élargir à d’autres pays arabes» si jamais cette expérience rencontre un succès entre les trois pays. Il est même question d’organiser des circuits touristiques, entre les trois pays qui recèlent d’énormes potentialités, apprend-on.
Comment se fait-il, donc, que quelques jours seulement après l’annonce, même maladroite, du président tunisien du sommet de l’UMA, son chef de la diplomatie préfère s’envoler au Caire rejoindre l’ «alliance sacrée» aux côtés de ses «frères» égyptien et libyen? Le président tunisien à qui, pourtant incombe le rôle de fixer les contours de la diplomatie tunisienne, semble n’être qu’un simple figurant; un «épouvantail» destiné à remplir un vide institutionnel, sans plus.
Ce n’est, d’ailleurs, pas la première fois qu’il est «court-circuité» par le gouvernement de Hammadi Djebali, qui compte peser de tout son poids dans toutes les décisions, quitte à empiéter sur les prérogatives du président. N’a-t-il pas «livré», il y a moins d’un mois, l’ex-Premier ministre libyen, El Mahmoudi El Baghdadi, faisant fi de l’objection du président Marzouki? Sur un autre chapitre, pourquoi avoir attendu l’investiture de Mohamed Morsi, pour organiser cette réunion tripartite? Il est à se demander contre qui cette alliance entre les trois «révolutions» est-elle dirigée? A l’évidence, et en premier lieu contre l’Algérie, qui s’attelle à relancer l’UMA sur de bonnes bases.
Une volonté contrariée par le Premier ministre marocain, Abdelilah Benkirane, qui a estimé que  le sommet de l’UMA, annoncé pour le 10 octobre par le président tunisien, ne sera que «de pure forme», tant que les frontières algéro-marocaines restent fermées.
Un amalgame que le ministère algérien des Affaires étrangères n’a pas manqué de dissiper, en affirmant que la question des frontières est une question bilatérale, qui n’a rien à voir avec le sommet de l’UMA.
En effet, si ce n’est pas l’argument du Sahara, c’est celui des frontières. D’abord, l’annonce par le président tunisien de la tenue d’un sommet le 10 octobre prochain n’a pas manqué de faire réagir l’Algérie, qui a tenu par la voix du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, à affirmer que seules des discussions ont été engagées et qu’aucune date officielle n’est arrêtée.
La sortie médiatique de Marzouki intervient au moment de la visite officielle qu’a effectuée en Tunisie le Premier ministre marocain, Abdelilah Benkirane! La date avancée par Marzouki a fait l’objet de discussions entre les deux hommes. Benkirane et Marzouki avaient «arrêté» la date du sommet, sans concertation avec Alger.
Pourtant, à son investiture, Marzouki avait fait de la reconstruction maghrébine son cheval de bataille. Mais, il a fini par se rétracter pour des besoins purement «alimentaires», ceux de tout faire pour trouver des sources de financement de l’économie tunisienne qui continue de subir les contrecoups de la révolution.
En somme, la participation des ministres tunisien et libyen des Affaires étrangères à un autre espace, signifie-t-il leur démarcation de l’UMA? Tout porte à le croire.(L’Expression-31.07.2012.)

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**réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UMA à Alger

  Le ministre libyen s’est trompé de réunion

 La sauvagerie réservée à la triste fin de Mouamar El Gueddafi, son lynchage et l’exposition de son corps pendant une semaine sont toujours dans les mémoires.

Achour Ben Khayyal n'a pas trouvé mieux que de renouveler la demande d'extradition de la famille El Gueddafi

Passant outre tous les protocoles diplomatiques, le ministre libyen des Affaires étrangères, Achour Ben Khayyal, n’a pas trouvé mieux, lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UMA à Alger, que de renouveler la demande d’extradition de la famille El Gueddafi.
Une demande qui a été très mal perçue et très mal appréciée non seulement de la part du gouvernement mais aussi par l’homme de la rue. Cette réunion de haut niveau avait pourtant d’autres priorités qu’une famille de réfugiés, par ailleurs interdits de s’exprimer.
Le premier grand défi auquel est soumise toute la région du Maghreb est bien évidemment la question sécuritaire.
D’ailleurs, à l’issue de cette réunion consacrée justement à la question de la sécurité dans la région, les ministres des Affaires étrangères de l’UMA ont souligné la nécessité de mettre en place une politique sécuritaire commune. Mourad Medelci a jugé nécessaire de définir un concept commun des menaces qui représentent un danger et d’oeuvrer à «adopter une approche complémentaire et cohérente de la coopération maghrébine axée sur des bases solides et efficaces». Cette réunion «importante et première du genre, traduit notre profonde et sincère volonté d’examiner et de traiter les différents défis auxquels notre espace maghrébin fait face», a-t-il poursuivi. On peut admettre que le ministre libyen s’est trompé d’ordre du jour, mais qu’il soit à ce point en déphasage avec les valeurs de la région, ce serait très grave. Si l’Algérie a décidé de donner à titre humanitaire assistance à la famille El Gueddafi c’est parce qu’il y a une tradition séculaire qu’on ne peut pas enfreindre: c’est L’aânaya. Quel qu’en soit le prix, on ne peut pas transgresser cette règle séculaire quand il s’agit d’offrir gîte et protection aux femmes.

Ces femmes n’ont rien à voir dans la gestion des affaires politiques de la Libye. Cela d’une part, de l’autre, les images    écoeurantes et la sauvagerie réservée au colonel Mouamar      El Gueddafi, son lynchage et l’exposition de son corps pendant une semaine, avant qu’il ne soit enterré, renseignent sur le sort qui serait réservé à cette famille si elle venait à être extradée dans ce pays.
L’Algérie serait alors condamnée pour non-assistance à personnes en danger.
La première priorité de cette réunion était donc la sécurité et le ministre libyen aurait mieux fait d’éclairer ses homologues sur la destination des milliers de pièces d’armes dont certaines très sophistiquées volées des arsenaux de l’ancienne armée de son pays. Ces armes mettent en danger la sécurité des 100 millions de Maghrébins tout en détériorant la situation dans toute la région du Sahel. Qu’il s’intéresse alors à mettre de l’ordre d’abord chez lui. Ou peut-être veut-il inciter l’Algérie à prendre exemple sur la Tunisie, dont le gouvernement a livré le Premier ministre sous El Gueddafi, M.Baghdadi, récemment et à l’insu du président Marzouki? Dans ces cas, il est très loin de donner des leçons à un pays qui s’est battu durant 8 ans contre les forces de l’Otan alors que lui et ses comparses ont invité les forces de l’Otan à bombarder ses compatriotes. Toute la différence se situe à ce niveau. (L’Expression-11.07.2012.) **Vidéo: Lynchage de Guedhafi

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* Mohammed VI intervient directement dans les élections

Les câbles diplomatiques américains soulignent que Mohammed VI «intervient dans les processus électoraux parfois même brusquement… Si le Parti justice et développement (PJD, islamiste modéré) n’a pas aujourd’hui davantage de maires à la tête des grandes villes marocaines, c’est dans une large mesure grâce aux manœuvres du souverain», reprend El Pais en citant un mémo de l’ambassade américaine à Rabat.

El Himma, âgé de 48 ans, qui est présenté comme l’ami intime du roi, avait démissionné en août 2007 de son confortable et puissant poste de ministre adjoint de l’Intérieur. «On le considère fréquemment comme la personne la plus influente au Maroc après le monarque», écrivait l’ambassadeur des Etats-Unis à Rabat, Thomas Riley, en février 2008. Au mois d’août de la même année, il souligna ceci : «Après sa démission, El Himma fonda une association, le Mouvement de tous les démocrates. La principale raison de sa création est la préoccupation du palais face à la montée de la popularité de l’islamisme à travers le PJD.» Le même mémo précise que la dite association fut transformée en parti politique baptisé «Parti authenticité et modernité». Et d’ajouter : «Même si cette technique a été efficace pour éliminer les menaces, les ‘’partis du palais’’ ont échoué au Maroc quand il s’est agi de mener à bien les réformes politiques annoncées», note le même ambassadeur.

Ce dernier eut une conversation avec El Himma en 2008 et ne crut pas à la volonté de son interlocuteur de laisser tomber le pouvoir pour repartir à sa ville natale de Marrakech, et ce, pour devenir parlementaire. «El Himma fonda donc peu après le Parti authenticité et modernité (PAM), et après une courte étape de rodage, ce fut celui qui obtint le plus de conseillers municipaux lors des élections de juin 2009. Il est probable qu’il réussira à décrocher la majorité relative lors des législatives de 2013», précise El Pais. Dans une note du chargé d’affaires, Robert Jackson, envoyée le 15 août 2009 au département d’Etat, il est dit que «l’élection des maires par les conseillers municipaux semble être un pas en arrière pour la démocratie au Maroc».

Un ancien ministre, ainsi que l’ambassade de France à Rabat ont affirmé à Jackson que le «roi Mohammed VI ordonna que le PJD ne soit pas autorisé à conquérir les mairies de plusieurs grandes villes marocaines comme Tanger, Oujda, Casablanca et Salé» où il obtint la majorité relative des suffrages. A Oujda, l’intervention du palais a été plus flagrante, «le gouverneur, nommé par le ministère de l’Intérieur, empêcha le 25 juin 2009 un vote qui aurait porté au pouvoir une coalition dirigée par le PJD. Agents de police et services secrets intimidèrent ceux qui soutenaient la coalition du PJD et ils frappèrent le leader local du PJD jusqu’à ce qu’il tombe dans le coma», précise un mémo américain. Jackson estime que le parti de El Himma «a souillé sa réputation comme formation réformiste et a renforcé les critiques qui le décrivent comme un instrument du palais … Le résultat de tout ceci peut consister à éroder encore davantage l’appui populaire au processus démocratique au Maroc», prévient-il. (El Watan-13.12.2010.)

 *réactions d’internautes

Crimo   le 13.12.10 | 13h31….
« le commandeur des croyants »

Ha ha ha le parrain de la drogue oui!! le commandeur de la tyrannie oui!! le commandeur de la propagande mensongère honteuse dont se nourrit le peuple marocain ça il n’y a aucun doute. Il tente de barrer la route aux islamistes marocains qui ont une base populaire extrêmement importante au Maroc, quand on joue avec le feu en maintenant son peuple dans une misère extrême, on s’alliant avec le diable sioniste, on ouvrant le pays au tourisme sexuel, en faisant du Maroc le plus grand producteur de drogue cannabis, on ne peut se prétendre « commandeur des croyants »

*taoues   le 13.12.10 | 11h02….
quelle hypocrisie

M6 est le premier à utiliser l’islam dans la politique en sa qualité de amir al mouminin (ça me fait trop rire quant j’entends ce titre), alors que les islamistes le derangent c’est d’une hypocrisie incroyable, de plus si un seul pays du maghreb était une democratie ça se saurait… M6 « le roi des pauvres » selon le solgan publicitaire, malgré le fait qu’il soit jeune ne vaut pas mieux que les vieux dictateurs

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L’UMA suspendue au fait des «rois»

Lors d’une réunion à Tunis, le Conseil consultatif de l’UMA (Union du Maghreb arabe) appelait les dirigeants maghrébins à réunir «les conditions nécessaires à la tenue du conseil des chefs d’Etat dans les plus brefs délais» afin, indique-t-il, de «relancer l’action de l’UMA». Il est patent que cet appel du CC-UMA part du bon sens tant il est vrai que la construction du Grand Maghreb a connu un retard pénalisant qui, à terme, isolera cette région du continent africain, au moment où partout ailleurs la dynamique des regroupements régionaux ne se dément pas. Aux plans politique, économique, stratégique, aucun pays – alors que la mondialisation et la globalisation sont devenues une part tangible du développement humain – ne peut aujourd’hui subsister par ses seuls moyens. A plus forte raison lorsque ces pays sont confrontés à des problématiques dont la solution requiert une volonté politique affirmée. C’est loin d’être le cas de l’UMA où ce qui manque le plus et encore et toujours, c’est la volonté politique. Cette panne de l’UMA est de fait consécutive à son acte fondateur lui-même qui stipule dans son article 6 du traité de Marrakech que «seul le Conseil de la présidence de l’UMA a le droit de prendre des décisions mais des décisions prises à l’unanimité». Explicitement, cela veut dire que toute décision qui engage le groupe doit être prise par les cinq dirigeants, des pays du Maghreb, décision assortie en outre de «l’unanimité». Or, il n’y a plus eu de réunion au sommet de l’UMA depuis 1994 du fait du boycott par les souverains chérifiens (Hassan II d’abord, Mohammed VI ensuite) des rencontres des chefs d’Etat organisées tant à Alger, Tunis, Tripoli ou Nouakchott… Pour dire les choses crûment, le Maroc, en choisissant la politique de la chaise vide – faisant interférer un dossier (la question sahraouie) qui relève des instances de décolonisation de l’ONU dans la construction du Maghreb – a largement contribué au blocage des institutions de l’organisme maghrébin qui ne peut prendre aucune décision d’ordre politique, économique ou stratégique, engageant le Maghreb puisque l’article 6, évoqué, s’y oppose. En verrouillant le texte fondateur de l’UMA et en laissant des dossiers pris en charge par les instances internationales, interagir dans la construction du Grand Maghreb, les dirigeants maghrébins ont perdu de vue l’impératif de l’intégration régionale, condition sine qua non pour ne pas rester en marge d’un processus de mondialisation qui écrase les pays faibles sur son passage. Sans répondant politique et économique, l’UMA n’est qu’une coquille vide. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, malgré ce constat mitigé, l’UMA fonctionne et existe par ses regroupements sectoriels (UMA des Banques, des Assurances, des Chemins de fer et plusieurs autres activités). Mais cela reste insuffisant pour donner à l’UMA la dimension politique qui lui fait tant défaut. De fait, lorsque les décisions appartiennent à des institutions ou des organisations professionnelles, l’UMA fonctionne. C’est donc à la tête que cela ne va pas. Au moment où des regroupements régionaux en Afrique, en Europe, en Amérique latine sont arrivés à unir leurs politiques économique, diplomatique et monétaire, piliers de la nouvelle dynamique mondiale, au Maghreb on est encore suspendu au fait des «rois».
Aussi, l’engagement du Conseil consultatif de l’Union du Maghreb à «poursuivre ses efforts pour l’édification du Maghreb arabe sur des bases solides afin de relever les défis qui se posent et accélérer le rythme de la construction de l’UMA» risque fort de demeurer un voeu pieux, quand personne ne sait en réalité quand aura lieu le 8e sommet de l’UMA reporté sine die en 1994… depuis quinze ans. (L’Expression-06.10.09.)

 

5 réponses à “L’UMA suspendue au fait des «rois»”

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