Cerveau: le réseau et les messages les plus complexes de l’univers

Des centaines de messages chimiques sont secrétés dans le cerveau par des réseaux de neurones, en direction de molécules réceptrices appelées neurorécepteurs. La connaissance de ces mécanismes d’information ouvre la voie à une neuropharmacologie qui permettra de traiter de nombreuses maladies psychiatriques et neurologiques.
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Le cerveau est considéré, dans nos sociétés, comme le siège de la pensée. Depuis Descartes, la pensée est considérée par certains comme dissociée du corps. C’est pourquoi on a beaucoup de mal à voir dans le cerveau un organe comme les autres. On a encore plus de mal à admettre que le cerveau, comme tout autre organe, le foie ou le cœur par exemple, puisse être malade. La pensée malade ? C’est une idée terrifiante. Pourtant si le cerveau est un organe comme les autres, on doit admettre qu’il puisse et devrait être soigné comme n’importe quel autre organe.
 Certes, le cerveau est une machine complexe, peut-être la plus complexe de l’univers. Il comprend 100 milliards de cellules et 1000 à 10 000 connexions par cellule. C’est une machine qui se construit toute la vie et que chaque expérience modifie. Et c’est cette complexité, dont on commence, depuis une vingtaine d’années à peine, à soulever un coin du voile, qui en fait un organe à part.
 
QUELQUES CENTAINES DE NEURORECEPTEURS
 
 Le cerveau fonctionne en réseau, réseau qui se forme par des communications entre les neurones grâce à des messages chimiques. Certains de ces messages sont connus du grand public. C’est le cas de l’adrénaline, de la dopamine ou de la sérotonine. D’autres le sont moins comme les enképhalines qui agissent sur les mêmes récepteurs que la morphine.
 
 Des centaines de messages chimiques sont ainsi secrétés par des réseaux de neurones, pour répondre par exemple aux sollicitations extérieures, messages qui, une fois libérés, doivent être reconnus par d’autres neurones ou groupes de neurones grâce à des molécules réceptrices appelées neurorécepteurs. Au nombre de 400 à 500, 250 d’entre eux sont bien connus. Les autres, dont le rôle n’est pas encore identifié, sont appelés récepteurs orphelins.
 
Or, et c’est une surprise, la plupart des neurorécepteurs, dont beaucoup ont été découverts au cours des 20 dernières années, ont une structure très semblable aux récepteurs chargés de décrypter les messages chimiques reçus dans des organes comme le cœur, le foie ou les poumons… Ainsi, les récepteurs de la sérotonine, ont une structure très voisine de celle des récepteurs qui nous permettent d’identifier les photons sur la rétine et donc de voir.
 
Cette similitude est probablement une conséquence de l’évolution : les récepteurs ancestraux se sont vraisemblablement diversifiés pour reconnaître les nombreux messages qu’ils soient d’origine externe, tels que la vue, l’odorat, le goût…, ou interne. Les récepteurs jouent un rôle très important dans la reconnaissance de tous les messages, dans le corps comme dans le cerveau. Aujourd’hui, 60% des médicaments liés aux pathologies du corps mais aussi du cerveau agissent sur des récepteurs de ce type. On peut de ce fait imaginer que la neuropharmacologie des neurorécepteurs pourra faire avancer le traitement des maladies du cerveau, comme elle fait tous les jours avancer le traitement des pathologies du corps.
 
LA NEUROPHARMACOLOGIE DU FUTUR
 
Dépression, hyperactivité, psychose, Alzheimer, schizophrénie. Autant de mots qui renvoient à un monde impalpable, obscur et pour certains inquiétant. Un monde de terra incognita. La définition même de la maladie devient, dans ces conditions, plus difficile. Pourtant une neuropharmacologie du futur se dessine, d’ores et déjà, grâce aux avancées des neurosciences, de l’imagerie cérébrale, de la neurophysiologie et de la neurobiologie… La connaissance accrue des neurorécepteurs et de leur rôle tiendra une place centrale dans la découverte de ces médicaments du futur et le traitement de nombreuses pathologies.
 
Demain, on pourrait imaginer des médicaments qui donneraient un coup de fouet à nos «épines», ces structures neuronales impliquées dans la mémoire. On envisage de les développer pour guérir des maladies comme Alzheimer, le Parkinson… mais aussi pour modifier les comportements avec des médicaments qui rendent plus « intelligents », plus « sociables »… Les pilules du bonheur et du succès en somme ! Mais… à manier avec précaution.
Une question redoutable va toutefois se poser: doit-on normer tous les cerveaux? Que de souffrances engendrées par des cerveaux malades! Mais aussi que de chefs d’œuvres!  (blog du Monde-12.11.2010.)
****************************Le cerveau des femmes plus actif que celui des hommes
 

Une chercheuse canadienne est arrivée à la conclusion que le cerveau masculin parvenait mieux à se reposer que celui des femmes. Elle livre ses explications au Figaro.fr.

Cerveau: le réseau et les messages les plus complexes de l'univers dans actualité coeur-Voilà une étude qui risque bien de réveiller quelques poncifs… La chercheuse canadienne Adrianna Mendrek, du Département de psychiatrie de l’Université de Montréal et du Centre de recherche Fernand-Seguin de l’hôpital Louis-H. Lafontaine, livre en substance ce constat : le cerveau des femmes est plus actif que celui des hommes.

Entre autres banalités on entend souvent que les hommes savent, mieux que les femmes, ne penser à rien. Cette «vertu» pourrait en réalité fait reposer sur un fait neurologique bien réel. Au repos, l’activité neuronale du cerveau appelé «réseau par défaut» est en effet plus grande chez les femmes que chez les hommes.

Est-ce à dire que le cerveau des femmes ne se repose jamais ? «En réalité, tous les cerveaux sont en perpétuelle activité, répond la chercheuse au Figaro.fr. C’est une question de niveaux, mais on peut dire en effet que le cerveau des hommes se repose plus et mieux que celui des femmes».

«Les femmes étaient dans l’auto-évaluation»

Adrianna Mendrek tient toutefois à préciser que «cette découverte a été faite un peu par hasard, dans un contexte bien précis, et qu’elle mérite davantage d’investigations». Spécialiste de la schizophrénie, la chercheuse réalisait une étude sur des sujets atteints de cette maladie pour comparer leur activité cérébrale en activité et au repos, en fonction des sexes. Comme pour toute étude clinique, il est conseillé de disposer d’un panel de sujets sains pour pouvoir comparer les résultats.

C’est ainsi que 42 hommes et femmes non schizophrènes et âgés de 25 à 45 ans, se sont retrouvés à accomplir une tâche de rotation mentale à partir d’une figure à trois dimensions pendant que leur activité cérébrale était mesurée par résonance magnétique. La même mesure d’activité neuronale était prise pendant que les sujets se reposaient entre deux exercices. Constat de la chercheuse et de son équipe : «Au repos, les femmes étaient dans l’auto-évaluation de ce qu’elles venaient de faire, et se projetaient dans ce qu’elles devraient réaliser ensuite, alors que les hommes parvenaient complètement à se détendre».

«Pression sociale»

«Nous ne sommes pas encore en mesure de dire quelle part a la pression sociale et quelle autre part ont les hormones biologiques dans cette différence, avance Adrianna Mendrek. Dans notre société actuelle, les femmes sont constamment préoccupées par plusieurs tâches et doivent gérer davantage de choses que les hommes, aussi ce résultat n’est-il guère surprenant.»

Des mesures de taux d’œstrogènes et de testostérone ont été faites durant cette étude. Reste à l’équipe d’essayer d’établir un lien avec les mesures d’activité observées, pour en définir le rôle exact. Et déterminer ainsi la part des hormones et celle de la «pression sociale»» dans la plus grande activité cérébrale des femmes au repos. Pour l’heure, les résultats de cette étude ne sont pas encore publiés. (le Figaro-30.11.2010.)

 

**Sexe et argent n’excitent pas le cerveau de la même façon


 

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Cette découverte française pourrait permettre de mieux comprendre l’addiction au jeu. 

coeur-Notre cerveau ne mélange pas le sexe et l’argent. Du moins à un certain degré. Une équipe de chercheurs dirigée par Jean-Claude Dreher, du centre de neurosciences cognitives de Lyon (CNRS/université Claude Bernard-Lyon 1) vient en effet de montrer que ces plaisirs sont, en bonne partie, traités dans deux zones distinctes du cortex orbitofrontal, une région située au-dessus des yeux, dans la partie antérieure et ventrale du cerveau. Cette découverte, publiée ce mercredi dans The Journal of Neuroscience, devrait permettre de mieux comprendre certaines pathologies comme l’addiction aux jeux d’argent.

Jusqu’à présent, les neurobiologistes ne connaissaient qu’un seul circuit dit «de la récompense» ou «de l’expérience subjective du plaisir» (nourriture, sexe, argent…). Il s’agit du réseau de neurones à dopamine situé dans la partie «reptilienne» de notre cerveau, également impliqué dans la dépendance à certaines drogues comme la cocaïne.

Mais toutes les sensations agréables ne se valent pas. Plusieurs niveaux de complexité séparent les plaisirs archaïques suscités par la satisfaction de besoins physiologiques innés (manger, boire, avoir des relations sexuelles…) et les plaisirs plus élaborés (l’argent, le pouvoir, la séduction amoureuse, la connaissance) qui sont de l’ordre de l’acquis. D’où l’hypothèse que «ces récompenses “primaires” ou “secondaires” sollicitent parallèlement, en raison de leurs particularités propres, des zones du cerveau bien distinctes», souligne le CNRS dans un communiqué.

 

Cette découverte devrait permettre de mieux comprendre certaines pathologies comme l'addiction aux jeux d'argent.
Cette découverte devrait permettre de mieux comprendre certaines pathologies comme l’addiction aux jeux d’argent.

Pour le vérifier, les chercheurs lyonnais ont proposé à dix-huit jeunes hommes volontaires de moins de 25 ans de se prêter à une expérience originale sous forme de jeu permettant, soit de gagner de l’argent, soit de voir des images érotiques. Dans le même temps, leur activité cérébrale était enregistrée à l’aide d’un scanner IRM. Résultat: Jean-Claude Dreher et ses collaborateurs ont montré qu’il existe bel et bien une dissociation entre récompenses primaires et secondaires à l’intérieur du cortex orbitofrontal. En effet, la partie postérieure de cette région (plus ancienne sur l’échelle de l’évolution) est activée spécifiquement par les images érotiques (plaisir archaïque), alors que sa partie antérieure (d’apparition plus récente) l’est spécifiquement par les gains d’argent (plaisir élaboré). «Plus les récompenses sont abstraites et complexes, plus leur représentation sollicite des régions antérieures, et donc récentes, du cortex orbitofrontal», résume Jean-Claude Dreher.

Son équipe mène actuellement une expérience similaire sur des joueurs pathologiques afin de vérifier si le réseau spécifique à l’argent est d’avantage sollicité ou perturbé chez ces personnes. Par le passé, ces scientifiques ont déjà montré que le cerveau des hommes serait plus réceptif aux jeux d’argent que les femmes. «Il est intéressant de comprendre ce qui se passe dans le cerveau de nos patients , explique le P r Michel Reynaud, chef du service d’addictologie de l’hôpital Paul-Brousse de Villejuif (Val-de-Marne). À terme, l’identification des régions cérébrales impliquées dans l’addiction au jeu pourrait nous permettre de vérifier l’efficacité des traitements médicamenteux ou des psychothérapies que nous prescrivons.» (Le Figaro-29.09.2010.)

 

 

64 réponses à “Cerveau: le réseau et les messages les plus complexes de l’univers”

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