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Hold-up économique

21072017

**un véritable hold-up économique **

****************************Abdelmadjid Tebboune est en train de «corriger des choix économiques désastreux qui ont été opérés ces dernières années» et qui constituent, selon certains, un véritable hold-up économique soigneusement organisé par des prédateurs et des milieux sans foi ni loi, en s’accaparant des ressources du pays. Il y a une «réelle conviction chez le Premier ministre de mettre de l’ordre dans une maison livrée à une rapine sans limite.

**************************************Plus que de la corruption. L’économie nationale a été soumise, ces dernières années, à une grande opération de détournements.

Chekara1

**Où sont passés les 350 milliards de dollars?

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**  Abdelmadjid Tebboune dérange

Abdelmadjid Tebboune, bouscule l’éco-système politico-financier qui s’est constitué et développé à l’ombre de la maladie du chef de l’Etat. Il déstabilise l’ordre des alliances

* Tebboune toucherait à de gros intérêts financiers concentrés entre les mains de quelques milliardaires. Il se murmure dans les cercles que les «amis politiques et économiques» du président de la République sont «allés trop loin» dans la prédation, à tel point que les équilibres nationaux sont mis à rude épreuve. Un point critique est atteint. Il s’est constitué durant la dernière décennie des groupes influents aux ramifications multiples d’une autre nature.

****Le clash. Moins de deux mois après sa nomination au palais docteur Saâdane, le Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune, bouscule l’éco-système politico-financier qui s’est constitué et développé à l’ombre de la maladie du chef de l’Etat. Il déstabilise l’ordre des alliances. Dès son entrée en action, il a sonné la charge contre la «politique» de son prédécesseur, Abdelmalek Sellal, et assaille violemment l’ex-ministre de l’Industrie, Abdessalem Bouchouareb. Il affiche une volonté de rompre avec la période Sellal.

Il annule une à une les décisions économiques de l’ancienne équipe gouvernementale. Voulant aller très vite et avec une méthode «forte», le chef de l’Exécutif se charge de réduire l’influence grandissante des milieux d’affaires incarnés par le patron du Forum des chefs d’entreprise, Ali Haddad, à coups de mises en demeure. Saisi de panique, ce dernier rameute ses séides et riposte.

Des contradictions internes, jusque-là contenues, s’expriment impétueusement et au grand jour. Pour nombre d’acteurs économiques et observateurs politiques, Abdelmadjid Tebboune est en train de «corriger, parce que des choix économiques désastreux ont été opérés ces dernières années». Les plus critiques parlent d’un hold-up économique soigneusement organisé.

Ce faisant, M. Tebboune toucherait à de gros intérêts financiers concentrés entre les mains de quelques milliardaires. Il ne manque pas de prendre le risque de s’exposer aux foudres de la puissance financière. D’évidence, les évolutions récentes donnent lieu à des affrontements à visage découvert. Abdelmadjid Tebboune est-il un homme qui dérange au point de faire réagir des organisations patronales qui s’associent au syndicat officiel dans une «curieuse cause commune» ?

En tout état de cause, là s’expriment des velléités d’empêcher l’action du gouvernement et d’isoler le patron de l’Exécutif. Le communiqué-riposte signé par les organisations patronales avec l’UGTA de Abdelmadjid Sidi Saïd le dit clairement : «Nous exprimons notre attachement indéfectible et notre fidélité total à la seule personne du président de la République.» Une déclaration qui signifie clairement la non-reconnaissance de l’autorité du Premier ministre.

Une défiance. Abdelmadjid Tebboune agit-il alors seul sans en référer à celui qui l’a nommé Premier ministre et dont la lettre de mission est de conduire la politique du Président et de mettre en œuvre son programme ? Il y a une «réelle conviction chez le Premier ministre de mettre de l’ordre dans une maison livrée à une rapine sans limite. Mais surtout, il traduit la volonté politique supérieure qui est celle de la présidence de la République.

Il est nommé pour cette mission», assure un membre influent du gouvernement. Parce qu’objectivement, la pression de la crise économique peut facilement provoquer des situations redoutées et redoutables. Un piège qui peut se refermer contre les occupants d’El Mouradia. C’est ce qui aurait motivé la démarche et la méthode Tebboune.

Anticiper les contrecoups économiques, mais surtout politiques. D’autant que s’attaquer à des figures symboles de la déroute nationale que représentent Sellal, Bouchouareb et Haddad et bien d’autres est une démarche à forte valeur ajoutée sociale. C’est assurer d’emblée de gagner la bataille de l’opinion. Il se murmure dans les cercles que les «amis politiques et économiques» du président de la République sont «allés trop loin» dans la prédation, à tel point que les équilibres nationaux sont mis à rude épreuve. Un point critique est atteint.

Il faut rappeler à ce propos que l’une des grandes faiblesses du règne de Abdelaziz Bouteflika est l’absence de contrôle dans les gigantesques dépenses publiques et le manque criant de l’évaluation rigoureuse et continuelle. Encore moins la réédition des comptes. Les experts en la matière ne cessaient d’attirer l’attention et surtout de tirer la sonnette d’alarme.

Hantise d’une succession mal engagée

Crédule est celui qui voit dans ce mouvement tectoniques de plaques estivales uniquement une simple colère gouvernementale passagère. Si la crise économique avec ce qu’elle charrie au plan social provoque chez le gouvernement une peur panique, la tempête en cours révèle une inquiétude manifeste sur la conduite à tenir pour aborder la prochaine échéance politique : la présidentielle de 2019.

L’affaiblissement des partis politiques, le rétrécissement du champ d’expression sociale et l’affaissement des institutions étatiques laissent la voie libre à d’autres forces de peser lourdement sur la décision qui va engager le pays pour les prochaines années. Il s’est constitué durant la dernière décennie des groupes influents aux ramifications multiples d’une autre nature.

L’embellie financière qu’a connue l’Etat aura servi plus à créer des forces financières qu’à développer le pays économiquement et socialement. Une captation jamais égalée de l’argent public par une minorité d’hommes d’affaires en raison de leur positionnement politique dans un mélange de genre inédit. Une oligarchie en devenir.

Dans un contexte dominant, les alliances se font et se défont à une vitesse accélérée. Anticipant sur les événements à venir, les alliés politiques et économiques tentent de s’émanciper de leur tutelle. Sinon, comment expliquer «la mise à mort» politique des Sellal, Bouchouareb, Haddad et autres figures dont on disait qu’elles étaient  promises à des ascensions politiques ? Des «acteurs» qui ne cachaient pas leurs ambitions. Certains d’entre eux jugent que «Bouteflika représente le passé». Ils sont soupçonnés de faire mouvement vers d’autres centres de pouvoir dont les détenteurs ne font pas mystère de leurs aspirations.

L’élection présidentielle problématique d’avril 2014 a grippé la machine politique du système. La maladie de Bouteflika contraint au «retrait» n’a fait que complexifier la période qui a suivi. Les contours de la fin du quatrième mandat s’embrouillent. Il est évident que le souci majeur des décideurs est de réunir les conditions paisibles de la succession qui, pour le moment, semble mal engagée.  
 **Hacen Ouali : el watan / mercredi 19 juillet 2017

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*une lutte  contre la corruption et contre tous les autres crimes liés à la dilapidation des deniers publics

La déclaration du ministre de la Justice et garde des Sceaux, Tayeb Louh, rappelant, jeudi dernier, aux juges leur «obligation de s’autosaisir et d’entamer des poursuites judiciaires dans les cas d’atteinte aux terres agricoles», n’est en réalité qu’une incitation, pour ne pas dire une injonction, destinée aux magistrats instructeurs.

A partir d’Oran, Tayeb Louh a toutefois précisé que «la justice n’est qu’un maillon de la chaîne de lutte  contre la corruption et contre tous les autres crimes liés à la dilapidation des deniers publics qui nécessitent l’intervention des parties concernées». Une telle sortie n’est pas fortuite. Des sources bien informées parlent «d’un retour de manivelle en haut lieu, de décisions importantes et de rééquilibrage dans les relations avec les lobbys qui gravitent autour du cercle présidentiel, notamment les hommes d’affaires affiliés au FCE….».

Et d’expliquer : «Cela a commencé bien avant les législatives, dont les résultats ont accéléré le processus. La théorie du complot au centre duquel se trouvait l’ex-Premier ministre, Abdelmalek Sellal, est une réalité et certains membres du FCE y ont joué un rôle.

Pas tous, bien sûr. Ils sont un peu plus d’une dizaine, à leur tête le président, à ne pas avoir su séparer le politique de l’argent. Ils ont profité de leur position de proximité avec le cercle présidentiel, qui les a mis sur rails, pour bénéficier de crédits colossaux, sous couvert d’investissements, pour acquérir des biens personnels, surtout à l’étranger. Depuis plus de 5 ans, ils n’ont pas remboursé le 1/10e de ce qu’ils ont pris. Certaines banques publiques risquent de mettre les clés sous le paillasson si jamais elles ne récupèrent pas leur argent durant le 1er semestre 2018. Pour le cercle présidentiel, ces hommes d’affaires ont franchi la ligne rouge. Il fallait les éjecter du système…».

La décision, notent nos interlocuteurs, n’était pas difficile à prendre. «Elle a même été accélérée par les résultats du scrutin du 4 mai, qui marquaient un tournant assez grave en raison du taux d’abstention et de bulletins blancs des corps constitués.

C’est une réponse politique qui dénote du sentiment  de rejet. Le remplacement de Sellal par Abdelmadjid Tebboune, le débarquement de nombreux ministres très controversés a sonné le glas pour le lobby financier qui entourait le cercle présidentiel. Une réunion restreinte a regroupé le Président, avec, entre autres, le tout nouveau Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune, le ministre de la Justice, Tayeb Louh, celui de l’Intérieur, Noureddine Bedoui, et le chef d’état-major et vice-ministre de la Défense, le général de corps d’armée, Ahmed Gaïd Salah, où des directives ont été données pour se démarquer des hommes d’affaires du FCE, impliqués dans le complot et l’enrichissement illicite, à commencer par le président, Ali Haddad, qui a multiplié les propriétés, dont la dernière serait une banque acquise en Espagne, alors qu’il peine à rembourser les nombreux crédits accumulés ces dernières années auprès des banques publiques…», révèlent encore nos interlocuteurs. Pour eux, le Premier ministre agit au nom du Président.

«Dans sa feuille de route, il est question d’éjecter ces hommes d’affaires présents dans de nombreux marchés publics des secteurs du BTPH, de l’agriculture, de l’hydraulique et autres. La majorité de ces projets n’ont pas vu le jour ou accusent des retards de plusieurs années, causant des préjudices financiers énormes. La rupture entre le cercle présidentiel et ces hommes d’affaires est consommée et  Tebboune a été chargé de l’exécuter sur le terrain. Il a commencé par se démarquer de ce lobby, en évitant tout contact public avec lui, et en passant au peigne fin tous les contrats de partenariat (public-privé) et les marchés dont il a bénéficié»,  soulignent nos interlocuteurs, précisant plus loin : «Lors de l’inauguration du siège de l’Ecole supérieure de la sécurité sociale, Ali Haddad n’a pas été chassé, mais plutôt invité à ne pas être dans le 1er cercle du comité d’accueil.

Ce qu’il a refusé. Il a préféré quitter les lieux. Le problème n’est pas avec le FCE en tant qu’organisation, mais avec un peu plus d’une dizaine de ses membres qui ont mis à mal les banques publiques pour ériger des fortunes à l’étranger. Il est certain que les enquêtes actuellement en cours risquent d’aboutir à des décisions assez lourdes.

En exhortant les juges à s’autosaisir des affaires d’empiétement sur les terres agricoles, le ministre de la Justice a tout simplement donné le feu vert pour aller là où il faut enquêter, parce que,  faut-il le préciser, tout le monde sait d’où Haddad et ses compagnons du FCE se sont servis et comment ils ont étés aidés pour entrer par effraction dans des marchés de milliards de dollars, alors qu’ils n’ont même pas l’expertise, puisqu’à chaque fois ils sous-traitent avec des sociétés étrangères. Les exemples sont nombreux. Certains projets, comme le stade de Tizi Ouzou, le nouvel aéroport d’Alger, le méga-port d’El Hamdania, la longue liste de tronçons d’autoroute, comme la pénétrante de Béjaïa, ou encore El Eulma-port de Djendjen, etc. sont la parfaite illustration de l’échec et de la dilapidation des deniers publics….».

Mais, peut-on croire à cette «ligne de démarcation», aux «enquêtes» ouvertes sur les richesses de ces «suspicieux» hommes d’affaires sachant que ces derniers sont la création même du cercle présidentiel, qui en a fait ses interlocuteurs, au point de les substituer aux institutions de l’Etat ? En effet, n’a-t-on pas vu Ali Haddad et les membres de son bureau sillonner le pays pour ouvrir des antennes dans les 48 wilayas, recevoir des ambassadeurs de pays étrangers et faire partie à chaque occasion des visites à l’étranger de l’ex-Premier ministre ?*Par Salima Tlemçani / el watan / dimanche 23 juillet 2017

**************Plus que de la corruption. L’économie nationale a été soumise, ces dernières années, à une grande opération de détournements.

Des révisions déchirantes s’imposent

Un système de prédation. Un siphonage structuré des deniers publics au profit d’une caste organisée d’homme d’affaires en connexion directe avec des dirigeants politiques occupant des postes de responsabilité de premier plan.

Concentrée essentiellement au sein de l’organisation patronale, le Forum des chefs d’entreprise, elle (la caste) a capté le gros des marchés publics aux coûts extrêmement élevés, bénéficié des avantages fiscaux, des crédits publics finançant des projets qui se sont avérés fictifs, des fonciers agricoles avec financement public pour laisser les terres en jachère. Des lois étaient élaborées pour mieux aider et favoriser cette OPA généralisée.

L’administration, des collectivités et des ministères étaient mobilisés au service d’un projet de rapine vendu sous forme de modèle économique. Une grande supercherie. Une rapine. Un pillage méthodique. Une arnaque nationale qui se déroulait non pas à l’insu des différents services de l’Etat. Non sans calcul politique, le gouvernement Sellal et même au-delà aura servi de paravent institutionnel et de couverture politique pour laisser émerger des forces à l’influence considérable, auxquelles les institutions de l’Etat ne pouvaient pas résister. Une mise en place de nouvelles forces qui prennent des allures oligarchiques aux ambitions politiques évidentes.

Sous la double menace de la crise économique et des désagrégations politiques à l’intérieur du sérail, l’urgence pour le gouvernement de Bouteflika était d’agir avant que la situation ne provoque l’incontrôlable chaos, tant l’état général du pays a atteint un seuil critique. Au bord de la rupture. C’est la mission confiée au nouveau Premier ministre Abdelmadjid Tebboune.

Dès sa nomination au lendemain des élections législatives, il a donné le ton : «Séparer l’argent sale du politique». Une formule moins violente qui sonne comme un prélude à une offensive contre «les prédateurs». Longtemps installés hors de portée du contrôle par ailleurs inexistant à cet effet, des hommes d’affaires en lien avec des hauts dirigeants aux intérêts politiques et économiques convergents se trouvent dans l’œil du cyclone gouvernemental. «Ce n’est pas un problème personnel avec tel ou tel homme d’affaires, mais il s’agit de la nécessité pour l’Etat de récupérer ses territoires perdus, de reprendre le contrôle sur situation devenue menaçante pour la sécurité nationale», aurait confié le Premier ministre à un de ses «collaborateurs». L’ex-Pemier ministre, Abdelmalek Sellal, son puissant ministre de l’Industrie, Abdesselam Bouchouareb, d’autres ministres qui dirigeaient des secteurs aux budgets conséquents étaient les premiers à payer le prix du «nettoyage». Nombreux parmi eux ont joué un rôle décisif dans le transfert des capitaux publics, des marchés et des fonciers vers des groupes privés.

Et ce sont ces derniers auxquels s’attaque le gouvernement dans une seconde étape. Les enquêtes menées et celles en cours lèvent le voile sur l’ampleur des détournements. Les prochains jours vont davantage éclairer l’opinion publique. Après les mises en demeure visant le président du FCE, Ali Hadad, le numéro deux de l’Exécutif a instruit les walis de lui fournir des rapports détaillés sur l’état d’avancement des projets octroyés aux groupes privés, mais surtout sur le recours à la sous-traitance qui est devenue systématique alors que la loi sur les marchés publics fixe à trois le nombre des entreprises sous-traitantes pour chaque projet. Abdelmadjid Tebboune a également ordonné l’ouverture d’une enquête sur le financement anticipé pour la réalisation des projets. Dans de nombreux cas, des banques publiques auraient dépassé le plafond fixé par la loi.

Des marges financières considérables qui auraient permis aux investisseurs privés bénéficiant desdits projets de les réinjecter dans d’autres investissements. A en croire des sources gouvernementales, ces financements ont servi à «racheter» des entreprises, à acquérir des biens à l’étranger et à entrer en partenariat dans les grands projets structurants. En tout cas, il n’ont pas été affectés là où ils étaient destinés. Une spéculation financière sur fonds publics. Des hommes d’affaires ont bénéficié, ces trois dernières années, des financements bancaires colossaux, sans finalement générer ni de création de richesse, encore moins de l’emploi. L’octroi de terres agricoles en dizaines de milliers d’hectares est à ce titre légion. Pour chaque hectare concédé, l’Etat, via la Banque agricole et du développement rural (BADR), octroie un million de dinars. Une poignée d’hommes d’affaires, dont certains appartenant au Forum des chefs d’entreprise, ont capté des sommes faramineuses sans réel investissement dans les terres. En s’attaquant de front à des dossiers aussi lourds et risqués, Abdelmadjid Tebboune se dit «déterminé» à mener à terme la mission pour laquelle il a été nommé.

«Ce n’est pas l’affaire de la personne du Premier ministre, c’est celle de l’Etat. Le président de la République a donné ordre à tous les services de l’Etat – civils et militaires – de se mettre au service de cette mission sans aucune interférence, aurait déclaré le Premier ministre, qui assure qu’il ira jusqu’au bout». L’appui de tous les appareils de l’Etat a été réaffirmé mercredi dernier lors d’un Conseil interministériel pour «couper court à ce que voulait faire croire la réunion du FCE-UGTA, selon la quelle le Premier ministre agit seul dans une logique de règlement de comptes». Le Premier ministre, qui veut aller vite, a même décidé lors du Conseil de mercredi dernier de «retirer le projet de réalisation du port commercial de Hamdania (Cherchell) aux deux entreprises publiques privées algériennes partenaires de l’entreprise chinoise. Il s’agit de ETRHB-Haddad et de Kouninef», assure une source proche du Premier ministère.

Elles sont remplacées par le groupe privé Cosider. Signe que le locataire du palais docteur Saâdane décide et agit. Cependant, si Abdelmadjid Tebboune, qui jusque-là «marque des points, gagne en autorité et s’assure de remporter la bataille de l’opinion», il est attendu de son gouvernement non seulement de mettre à nu «l’œuvre cachée des prédateurs», mais permettre à la justice de passer. Les deniers publics dilapidés doivent être restitués à la collectivité nationale. Inscrire cette mission dans le seul et unique objectif de «redorer» l’image écornée du pouvoir ou de permettre seulement de faire preuve d’une reprise en main pour mieux affronter l’échéance politique à venir, ne peut être perçu comme une démarche pouvant redonner confiance et espoir. Elle doit être le point de départ de révisions déchirantes qui se traduiront dans un projet politique global dans lequel le règne de la transparence politique et économique, l’instauration de principes démocratiques effectifs, la garantie des libertés doivent être les pierres angulaires.
 ***Hacen Ouali /  el watan / dimanche 23 juillet 2017

*********************La fuite publication des chiffres a révélé l’ampleur de la manœuvre : 420 milliards de dinars en contrats non réalisés par Haddad, ce qui ferait avec un bénéfice de 5% près de 20 milliards de dinars. On comprend mieux son soutien sans faille à Bouteflika, qui lui a permis de partir de rien pour arriver au sommet de la fortune.

**Même le fer rouille

Ce qu’a bien compris le régime aujourd’hui, il ne peut exiger des sacrifices à la population, tant qu’il laisse autant d’argent en suspens dans des mains aussi suspectes. D’où ce démontage collectif d’un homme au dossier aussi lourd qu’une tonne de fer rouillée par des dirigeants qui n’ont pas d’amis mais uniquement des intérêts, ce qui ne répond pas à la question centrale : qui lui a donné ces marchés ? Qui en a fait une personnalité en poussant les ministres jusqu’à lui ? Qui l’a placé au FCE ? Qui lui a donné des télévisions et des journaux ? Tout le monde le sait, y compris Tebboune et ses incorruptibles, car la question est toujours la même : qui a nommé Tebboune, Sellal et Bouchouareb, qui a installé Ould Abbès, Saadani et Sidi Saïd ? Quand il fait nuit, ce n’est pas la faute au soleil mais à la Terre qui lui tourne le dos pour dormir, et le clan présidentiel, en s’entourant sciemment d’opportunistes improductifs, parasites sans aucun niveau d’instruction et courtisans mafieux, ne peut s’en prendre qu’à lui-même. Il peut toujours nettoyer 20 ans après, ce qui fera plaisir à la population écœurée depuis longtemps par ce pillage organisé, mais c’est comme un quartier d’Alger : si la commune n’envoie pas tous les jours un camion pour ramasser les poubelles, elles vont encore s’entasser. Oui d’accord, un procès Haddad à la Khalifa, pourquoi pas, ça va nous occuper de voir comment Sidi Saïd va encore échapper à un délit de signature. Et après ? Négocier les prochains virages avec les Algérien(ne)s ? Comme a dit l’autre, au fond, la seule négociation possible avec le régime concerne uniquement les modalités de son départ.
 ***Chawki Amari / el watan / dimanche 23 juillet 2017

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Karim Tabbou préconise des «tribunaux populaires» pour juger les auteurs des crimes économiques

Hold-up économique Karim-Tabbou

****Face à la multiplication des scandales au plus haut sommet de l’Etat, la classe politique se mobilise. L’ancien dirigeant du FFS Karim Tabbou, le leader de l’UDS (Union démocratique et sociale, non agrée), propose la création de «tribunaux populaires pour juger les crimes» liés aux scandales dont sont responsables les dirigeants du pays.

L’homme politique a écrit sur sa page Facebook qu’il «n’est pas inopportun d’engager une initiative forte d’institution de tribunaux populaires pour juger ces crimes». Par crimes, Karim Tabbou désigne toutes les affaires de corruption et de dilapidation des biens publics dont parle la presse ces derniers temps. Il cite  pêle-mêle l’affaire Haddad, Sonatrach avec ces deux scandales, BRC et les frasques de Ould-Keddour et de son fils qui commence à faire parler de lui…

«Le pays est sur le point de devenir une île de barons et de réseaux maffieux, seuls détenteurs du pouvoir politique et de l’argent, ils se considèrent au-dessus de la loi et ne se soumettent à aucun contrôle, ils se croient investis du pouvoir absolu et exclusif», constate Karim Tabbou.

Il propose que la société algérienne fasse quelque chose pour changer la situation. «Il nous incombe à nous donc de trouver les moyens de combattre cette caste mafieuse dont les caractéristiques morales et intellectuelles sont des plus inquiétantes», précise-t-il encore. « Il est de notre responsabilité morale, historique et politique que d’engager dans l’immédiat une action populaire d’envergure pour exiger la restitution entière des biens de la collectivité nationale», conclut l’homme politique qui précise qu’il ne s’agit que d’un avis personnel. *Rania Aghiles /  algerie-focus / samedi 22 juillet 2017

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  Abderazak Makri tombe à bras raccourcis sur Sidi Said

Abderazak Makri accuse Abdelmadjid Sidi Said d’avoir trahi l’esprit et le combat syndical

 19 Juillet 2017 | 
Le patron du MSP n’a pas eu de mots tendres vis à vis de Abdelmadjid Sidi Said patron de l’UGTA qu’il accuse d’avoir trahi l’esprit et le combat syndical. Sur sa page facebook, Abderazak Makri interpelle vertement le chef de l’UGTA : «Monsieur le joyeux : le syndicat qui a fini la classe et se transforme en body garde », lui lance-t-il sur un ton accusatoire  Et d’ajouter que « Il n’a pas défendu les travailleurs durant ses longues années sur le trône de l’UGTA, comme il défend aujourd’hui les employeurs. »Makri accuse aussi Sidi Said d’avoir «accompagné les gouvernements successifs dans le démantèlement de l’économie nationale, l’affaiblissement de la classe ouvrière et la destruction de l’esprit et de l’action syndicale. » Makri reproche aussi  au chef syndical   de se mettre « au service  des patrons  qui se sont enrichis avec des prêts bancaires publics, au détriment de la rentabilité et de l’égalité des chances. »La sortie de Makri intervient au lendemain de la participation de Sidi Said à une réunion de soutien à Ali Haddad, en compagnie de plusieurs autres organisations patronales, à l’hôtel Aurassi. *algerie1.com / 19 Juillet 2017 

**** Sidi Saïd au service du patronat

Encore une fois, Abdelmadjid Sidi Saïd a réussi à engager son syndicat en cosignant, mardi, au nom de l’UGTA, et avec les organisations patronales, un communiqué qui vole au secours de Ali Haddad, chef capitaliste honni par l’opinion publique.

Ceci au moment où le nouveau Premier ministre fait un geste de salubrité et adresse des mises en demeure au puissant groupe Haddad, pour terminer les chantiers stratégiques dont il a la charge et qui traînent impunément depuis des années, à l’image des travaux de réfection de l’autoroute Est-Ouest. Un syndicat qui s’allie avec la classe dominante contre l’initiative d’un gouvernement qui défend les intérêts de la nation. On aura tout vu ! Même en doutant de la sincérité de Abdelmadjid Tebboune, la position de Sidi Saïd n’est pas justifiée.

Depuis l’affaire Khalifa, et cette semaine encore, Aïssat Idir et Abdelhak Benhamouda doivent se retourner dans leurs tombes de douleur de voir l’organisation qu’ils ont fondée et à laquelle ils ont inculqué des valeurs nobles s’acoquiner aussi bassement avec l’ennemi de classe et devenir un syndicat jaune qui sert contre les intérêts des travailleurs.

Certes, l’UGTA n’est plus qu’une coquille vide, appareil satellite du pouvoir en place et de la promotion des mandats successifs de Bouteflika. Certes les postures de l’UGTA, depuis 2002, sont marquées par l’empreinte du secrétaire général impliqué directement dans le scandale Khalifa et blanchi en contrepartie d’une soumission totale au plus fort. Mais la direction du syndicat n’a jamais manifesté une quelconque révolte contre cette «prise d’otage», cédant définitivement au confort des privilèges accordés généreusement par le pouvoir corrupteur et rentier, d’où la disqualification de toute l’organisation.

Quant à parler d’une base militante, celle-ci n’existe plus depuis que le syndicat a tourné le dos aux travailleurs et que des syndicats autonomes se sont imposés sur le terrain des luttes rognant allégrement sur le fichier UGTA. La crise économique éclatée depuis 2014 et inscrite dans la durée, et les mesures antisociales qui s’en suivent invitent le pouvoir à s’appuyer de nouveau sur une tripartite pour faire accepter ses choix. Or, cette tripartite est en déficit de légitimité, par sa composante sociale, au moins.

Des années durant, le gouvernement Sellal s’est entêté à occulter les syndicats autonomes en refusant de les associer au dialogue, préférant donner l’exclusivité du partenariat social à la seule UGTA. Résultat : ce qu’on appelle aujourd’hui le pacte économique et social scellé par cette tripartite n’engage que ses signataires et souffre la non-adhésion des couches populaires.

Personne n’ignore aujourd’hui que la conscience de classe s’est émoussée depuis le démantèlement du tissu industriel national dans les années 1990, et l’installation d’un modèle de consommation libéral boosté par l’argent de la rente et de l’impunité accumulé dans les années 1990/2000. Mais le peu qui reste impose au pouvoir politique de renoncer au pompier illégitime pour faire rempart contre la contestation sociale, et d’associer les représentants (les vrais) de la classe travailleuse.

L’incident de ce mardi devrait inspirer le Premier ministre et son gouvernement pour s’adresser désormais aux Algériens à travers des canaux reconnus, si le but est de mobiliser en prévision des temps très durs qui attendent inexorablement le pays. A moins que les Algériens ne soient convoqués qu’en témoins cocus d’une énième bisbille entre ses prédateurs.  

**Nouri Nesrouche / el watan / jeudi 20 juillet 2017

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Oeuvres sociales d’Algérie Poste /

Sidi Saïd serait impliqué dans le détournement de 400 milliards de centimes  

La réunion de l’Aurassi à laquelle a pris part le SG de l’UGTA, Abdelmadjid Sidi Saïd, et sept organisations patronales, destinée à soutenir Ali Haddad contre le Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune, aurait été orchestrée par le patron de la centrale syndicale. Objectif: exercer des pressions sur le gouvernement pour que soit mis fin à l’enquête  sur les détournements des deniers des œuvres sociales d’Algérie Poste estimés à 400 milliards de centimes.

Le conclave de l’Aurassi, n’était, enfin de compte, qu’un simulacre orchestré par le SG de l’UGTA, Abdelmadjid Sidi Saïd, rapporte le journal en ligne AljazairAlyoum, citant une source très bien informée au sein du ministère de la Poste et des Technologies de l’information et des Télécommunications. Selon le journal, M. Sidi Saïd, a voulu faire pression sur le Premier ministre pour que soit ordonné l’arrêt immédiat de l’enquête diligentée par Houda-Imane Faraoun, pour débusquer les auteurs des détournements des œuvres sociales de la poste estimées à 400 milliards de centimes.

Dans un premier temps, Sidi Saïd et le président de la Fédération syndicale de la poste, Mohamed Tchoulak, suspectés d’avoir détourné cet argent pour acquérir de biens immobiliers dans la capitale française, ont tenté d’organiser des actions de protestation conduites par les travailleurs affiliés à l’UGTA. Des tentatives vaines puisque la totalité des fédérations de ce syndicat ont refusé d’y souscrire.

Avec l’éclatement de l’affaire Haddad, Sidi Saïd a voulu surfer sur la vague en instrumentalisant le patronat afin de faire plier le gouvernement. La déclaration contre nature signée par l’UGTA, le FCE et six autres organisations syndicales, qui se sont d’ailleurs rétractées, n’était enfin de compte qu’une tentative désespérée d’un Sidi Saïd aujourd’hui pris à partie par le même régime qui lui a permis de régner à la tête de l’UGTA depuis une vingtaine d’années. **Massi M. / algerie-focus / samedi 22 juillet 2017

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L’ETRHB d’Ali Haddad/

Des milliards à gogo pour des résultats insignifiants 

des projets qui n’ont pour la plupart jamais vu le jour

*** 51. 833 milliards de centimes de crédits pour la construction de grandes infrastructures. La quasi-totalité de ces projets n’a pas été achevée et certains n’ont même pas encore démarré.  

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La dernière chance ?

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el watan le 20.07.17 | 

Le gouvernement de M. Tebboune aura-t-il les coudées franches pour aller jusqu’au bout de sa logique, aussi bien en matière économique que sur le front politique et social ? S’il est attendu de lui des mesures hardies contenues dans une véritable stratégie de sortie crise, il n’en demeure pas moins qu’il aura besoin d’un large consensus social et politique pour son application.

Condition sine qua non pour une adhésion aussi large que possible, y compris sur des mesures difficiles à faire passer auprès d’une majorité de citoyens, quand on pense notamment à la révision de la question des subventions, notamment celles concernant les produits énergétiques, les carburants ou l’électricité.

Ce qui devrait avoir des répercussions directes sur les citoyens qui paieront plus cher leur consommation d’essence, de gasoil ou électrique dans un premier temps, sans compter l’effet boule de neige qu’entraîneront ces augmentations sur d’autres produits ou services. C’est en définitive l’Algérien lambda qui sera touché directement au niveau du porte-monnaie.

On s’attend donc à une rentrée sociale des plus «chaudes» et à des fins de mois difficiles pour les bas revenus dans les deux ou trois prochaines années, d’autant que tous les experts s’accordent à reconnaître qu’il ne faudra pas s’attendre à un rebond pour les jours qui viennent des cours pétroliers, laissant espérer une amélioration plus que sensible des ressources financières du pays.

Beaucoup de spécialistes affirment qu’au rythme actuel de la consommation des Algériens, le pays sera contraint de puiser, pour la même période, dans le «bas de laine» que représentent les 100 milliards et quelques du Fonds de régulation de recettes, le fameux FFR, avant son assèchement total au plus tard aux alentours de 2020… C’est dire combien le contexte économique et social s’annonce tendu, difficile pour les jours à venir. Période critique dans laquelle s’inscrit la prochaine élection présidentielle de 2019, qui risque d’être très problématique compte tenu de la maladie du président de la République et des incertitudes qui entourent la question de la succession.

Il ne reste que peu de temps pour redresser la barre et faire oublier au sein de l’opinion qu’en presque deux décennies, Abdelaziz Bouteflika n’aura réussi qu’à faire installer l’Algérie dans une inconfortable «transition» qui s’est soldée par une crise économique et financière sans doute inégalée, alors que les ressources laissaient espérer enfin l’opportunité d’un réel décollage économique.

Un gaspillage énorme pour des résultats insignifiants qui laisse supposer par la même l’ampleur de la corruption qui a entouré l’utilisation de l’argent public, dont une bonne partie a été accaparée par des milieux d’affaires qui se revendiquaient de leur proximité du pouvoir. De véritables forces d’inertie pour l’Exécutif, aujourd’hui mis au pied du mur, dans un contexte de crise et par conséquent sommé de réussir, qu’il doit neutraliser au profit de nouveaux consensus. C’est sans doute la dernière chance.

**Reda Bekkat / el watan / jeudi 20 juillet 2017

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**Vidéo magharibia : une analyse de la situation

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Ali Haddad-Saïd Bouteflika

La rupture ?

C’est sous le gouvernement Sellal que Ali Haddad s’était érigé en Premier ministre bis, distribuant les bons points, critiquant ouvertement les choix économiques du gouvernement et devenant l’interlocuteur privilégié des hommes d’affaires étrangers.

Ali Haddad est-il lâché par Saïd Bouteflika ? C’est la question que se posent les partis politique et le milieu des affaires depuis le traitement réservé au patron du Forum des chefs d’entreprise (FCE), lors de l’inauguration, samedi dernier, de l’Institut supérieur de la sécurité sociale. Une question d’autant plus pertinente que le patron des patrons a toujours mis en avant ses supposés «liens privilégiés » avec le frère du Président, par le passé.

«Il s’est beaucoup répandu sur cette relation privilégiée avec Saïd Bouteflika, confirme un homme d’affaires sous le couvert de l’anonymat. Sans que personne ne sache vraiment quelle est la nature effective de leur relation.» «Ali Haddad n’a jamais fait partie du premier cercle des Bouteflika, affirme un ancien ministre. Il n’a jamais été un intime et a toujours été perçu comme un partenaire d’affaire, qui avait son utilité et pouvait servir les intérêts des Bouteflika.

Nous sommes loin de la relation qui unit Saïd Bouteflika à Kouninef.» Et d’ajouter : «Pour le frère du Président, c’était juste une relation gagnant-gagnant.» En 2014, lors de la campagne présidentielle pour un quatrième mandat, le patron du groupe ETRHB a mis la main à la poche et usé de toute son influence pour amener d’autres hommes d’affaires à soutenir le quatrième mandat. Comme lot de consolation et pour service rendu, il sera parachuté à la tête de la plus importante organisation patronale du pays quelques mois plus tard.

Une position privilégiée, qui fera du patron du club de l’USMA, l’une des personnalités les plus puissantes du pays. «Quand Ali Haddad s’est vu plus grand qu’il n’est, il a signé son arrêt de mort», détaille notre interlocuteur qui rappelle qu’en Algérie et depuis 1999, seul le président de la République ou son frère sont des faiseurs de rois et ceux qui «l’oublient sont jetés aux oubliettes».

C’est sous le gouvernement Sellal et alors que Ali Haddad s’était érigé en premier ministre bis, distribuant des bons points, critiquant ouvertement les choix économiques du gouvernement et devenant l’interlocuteur privilégié des hommes d’affaires étrangers, que les rapports entre les deux hommes se sont refroidis. «A trop vouloir donner son avis sur des sujets qui ne sont pas de sa compétence et à se mêler de la composition du gouvernement, il a débordé du cadre de ses prérogatives.»

Et précipité sa chute. Mais pour beaucoup, le frère du Président n’a jamais pardonné au patron du FCE son rapprochement avec Ahmed Ouyahia, secrétaire général du RND et directeur de cabinet du président Bouteflika. Saïd Bouteflika soupçonnant Ali Haddad de vouloir coopter l’ancien Premier ministre pour 2019. «La prochaine présidentielle est une vraie obsession chez Saïd, affirme un ancien ministre.

Il veille à ce que cette élection ait lieu avec un Bouteflika comme candidat ou alors avec un candidat dûment choisi par lui.» Sous le couvert d’une campagne lancée par le Premier ministre Tebboune et censée séparer le pouvoir de l’argent et la politique, Ali Haddad vient d’apprendre à ses dépens que le pouvoir ne se partage pas. 

**Mesbah Salim / el watan / jeudi 20 juillet 2017

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Gel des affectations des réserves agricoles

Plus de 50 décisions signées durant les derniers mois du gouvernement Sellal

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El watan- le 19.07.2017 | 

L’ordre de geler les affectations des réserves agricoles est intervenu sur la base d’une enquête effectuée par le ministère de l’Agriculture. Il est fait état de plus d’une cinquantaine de décisions signées à quelques semaines du départ du gouvernement Sellal.

Bon nombre de bénéficiaires se comptent parmi l’entourage de l’ex-Premier ministre et des personnalités politiques. Le secrétaire général de l’Unpa, Mohamed Alioui, dénonce «les faux investisseurs privilégiés», qui bénéficient de terres agricoles, et «les utilisent pour obtenir des crédits bancaires avant de changer leur vocation».

La décision de geler les affectations des réserves agricoles prise lors du dernier conseil interministériel, consacré à la question, n’est pas fortuite. Elle intervient à la suite d’un rapport du ministère de l’Agriculture, qui fait état d’une longue liste de concessions attribuées dans des conditions douteuses, notamment durant les derniers mois qui ont précédé le départ du gouvernement de Abdelmalek Sellal.

Confié à l’agence officielle, le communiqué du Premier ministère évoque «un ordre» donné par Abdelmadjid Tebboune, en présence des ministres de l’Intérieur, des Finances, de l’Agriculture, du Développement rural de la pêche, pour «geler les décisions portant affectation des réserves foncières agricoles destinées à la création de nouvelles exploitations agricoles et d’élevage, notamment les fermes pilotes associant des partenaires privés». Selon des sources proches du département de l’Agriculture, dès sa prise de fonction, le nouveau ministre «s’est retrouvé face à une situation des plus énigmatiques.

Des dizaines de décisions d’affectation de réserves agricoles ont été délivrées dans des conditions suspicieuses, dont une bonne partie durant les derniers mois qui ont précédé le départ du gouvernement Sellal. Parmi les bénéficiaires, des personnalités du monde des affaires, mais aussi de la politique qui gravitent autour de l’ex-Premier ministre», révèlent nos interlocuteurs, qui soulignent : «Comment voulez-vous qu’au ministère, on trouve à redire, puisque le Premier ministre se serait servi, en s’octroyant une immense réserve à l’ouest de la capitale ?» Le départ de Abdeslam Chelghoum était, pour nos sources, «une aubaine» pour ouvrir le dossier des réserves agricoles.

«Toutes ces décisions, qui dépassent la cinquantaine, ont été délivrées d’une manière suspicieuse en utilisant les failles délibérées contenues dans les cahiers des charges», soulignent les mêmes sources. «Dès son installation, le nouveau ministre a commencé par opérer des changements à la tête de certaines structures et s’est entouré de nouveaux cadres. Le premier dossier qu’il a ouvert est celui des concessions agricoles.

C’est sur la base du rapport d’enquête que le Premier ministre a ordonné le gel des affectations, lors du conseil interministériel consacré exclusivement au foncier agricole. Il aurait fallu aller plus loin dans le temps, pour rouvrir le dossier du fonds de la GCA (Générale des concessions agricoles), qui avait connu une véritable hémorragie, avec des détournements de milliers de milliards de centimes, à l’époque où l’ex-ministre était secrétaire général du même département», révèlent nos interlocuteurs. Contacté, Mohamed Alioui, secrétaire général de l’UNPA (Union nationale des paysans algériens), affirme que son organisation «n’a pas cessé d’alerter» les pouvoirs publics sur «ces faux investisseurs privilégiés qui portent préjudice» au secteur de l’agriculture.

«Cela fait trois ans que nous parlons de ces investisseurs auxquels on a donné des terres qu’ils utilisent pour bénéficier de crédits bancaires avant de changer leur vocation au détriment de l’agriculture. Ils sont nombreux et ont causé un grave préjudice au patrimoine foncier agricole. Ceux qui ont pris de l’argent et les terres agricoles n’ont rien fait pour éviter que les tonnes de tomates, d’oignons et de pommes de terre ne soient jetés, faute de stockage et de distribution.

Ils ont pris l’argent obtenu auprès des banques et aucune autorité ne leur a demandé des comptes. D’ici 2018, il faut s’attendre à une flambée des prix jamais atteinte et aucune institution ne pourra la stopper», déclare le secrétaire général de l’Unpa. Pour lui, la situation «s’est gravement détériorée, depuis l’époque du défunt Kasdi Merbah, nous n’avons pas arrêté d’alerter les pouvoirs publics, mais en vain.

A Adrar par exemple, sur les 27 000 hectares à irriguer, seulement 3000 l’ont été véritablement. Les exemples sont très nombreux et si les autorités ne mettent pas un terme à ces pratiques, nous allons droit vers une catastrophe. Les agriculteurs et les consommateurs seront les premières victimes. Dans toutes nos entrevues avec les responsables, nous insistons sur le fait que les terres soient affectées à ceux qui les travaillent, à ceux qui apportent une plus-value. Malheureusement, personne ne nous écoute.

La décision du Premier ministre de geler les affectations, nous l’avons demandée il y a bien longtemps. Maintenant, il faut remettre de l’ordre et obliger les investisseurs à respecter leurs engagements». La situation, que décrit Alioui, ressemble étrangement à celle du foncier industriel, qui a suscité le gel de 52 zones industrielles, affectées sans respect de la réglementation, en vertu d’un cahier des charges obsolète, taillé aux mesures des bénéficiaires.

Le constat dépasse la problématique d’échec. Plus grave, il lève le voile sur une gestion catastrophique basée sur des pratiques de passe-droits qui tombent sous le coup de la loi. La question qui reste posée est celle de savoir si le Premier ministre aura les coudée franches pour aller jusqu’au bout de sa logique pour demander des comptes à ceux qui ont failli et que par leur faillite, ont causé un préjudice énorme à l’Etat, en termes d’argent et de crédibilité. 
 **Par Salima Tlemçani - el watan / mercredi 19 juillet 2017

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Des mouvements sont intervenus dans la foulée de l’arrivée de Abdelmadjid Tebboune au Premier ministère en remplacement de Abdelmalek Sellal, dont on s’affaire à démonter la «politique» en remettant en cause de nombreuses décisions et les actes de gestion qu’il avait entrepris tout au long de son séjour au palais du Dr Saâdane.

Le mouvement opéré par le président de la République dans le corps des walis, walis délégués et secrétaires généraux des wilayas et des circonscriptions administratives vise à insuffler une nouvelle dynamique à la gestion des collectivités locales dans le cadre de la poursuite des efforts consentis en termes de développement et de modernisation du service public», avait indiqué un communiqué du ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire.

Cela sonne en apparence comme un air de changement. Des mouvements sont intervenus dans la foulée de l’arrivée de Abdelmadjid Tebboune au Premier ministère en remplacement de Abdelmalek Sellal, dont on s’affaire à démonter la «politique» en remettant en cause de nombreuses décisions et les actes de gestion qu’il avait entrepris tout au long de son séjour au palais du Dr Saâdane. Faut-il croire au discours officiel qui présente les décisions émises par la présidence de la République comme une espèce de redressement des politiques publiques qui ont besoin d’un nouveau sang pour être efficaces ?

La nomination de nouveaux walis et de secrétaires généraux de wilaya aurait été conçue pour cet objectif. C’est du moins le message que ceux qui ont en charge les affaires du pays veulent transmettre dans ce nouvel épisode de crise que l’Algérie vit depuis l’amenuisement de la rente du fait de la chute des prix du pétrole, seule source de revenus pour l’économie nationale. Il fallait aussi donner des gages de bonne volonté à une population qui s’apprête à subir les contrecoups de la crise.

Et il fallait surtout amener les Algériens, qui ont largement fait savoir leur colère lors des élections législatives de mai dernier, à accepter le coût social des coupes budgétaires qui seront encore plus importantes à partir janvier prochain, avec l’entrée en application de la nouvelle loi de finances. Les décisions prises par le Premier ministre et tous les changements qui ont suivi trouvent leur explication dans ces nouvelles orientations qui sont suffisamment frappantes pour impressionner l’opinion.

Pourtant, les mouvements opérés au sein de l’administration locale n’ont été que partiels. Les changements n’ont touché que 28 walis sur 48 et 25 secrétaires généraux. «Ce n’est pas une révolution», disent certains connaisseurs des rouages de l’administration. Mais en quoi un changement des hommes est-il important si les mêmes modèles de gestion sont reconduits ?

Il n’est un secret pour personne que si les responsables des exécutifs locaux, les walis, les chefs de daïra et les secrétaires généraux, notamment des communes, sont dotés de pouvoirs importants que les élus locaux n’ont pas, ils n’ont, cependant, pas les mains libres en matière de gestion et de développement locaux puisque l’initiative ne leur revient que rarement.

Le pouvoir central monopolise tout : la décision et la créativité en matière de développement économique. Les walis le savent. Il y a certes de bons et de mauvais gestionnaires, il y a forcément parmi eux, également, ceux qui en dépit des pesanteurs politiques, des interférences et des malencontreuses interventions des bras longs ont mené à bien l’action publique de l’Etat, sauf que le problème n’est pas là. Une étude du Conseil national économique et social (CNES) réalisée en 2001 a bien situé le mal.

Et ce mal n’est pas forcément dans les ressources humaines, il est surtout dans le modèle de gestion. Il est dans la nature du fonctionnement hyper centralisé de l’Etat algérien. L’étude en question avait souligné la nécessité de réformer l’Etat pour aller vers la décentralisation de la décision politique et de larges prérogatives aux représentants des populations au niveau local, c’est-à-dire des élus. Elle préconisait également la réforme de la fiscalité locale et un rôle plus important aux assemblées populaires locales, que ce soit au niveau de la wilaya ou de la commune, dans le développement économique à travers l’encouragement de l’initiative et de l’acte d’investir.

La question qui se pose est de savoir à présent qu’elle est la disponibilité de ceux qui détiennent les rênes du pouvoir d’aller vers ces réformes ? Puisque, de l’avis de tous, le changement des hommes ne sert à rien si les pratiques et les méthodes ne changent pas. Et il est à craindre que les derniers mouvements dans les corps des walis et des secrétaires généraux de wilayas ne soient que de l’esbroufe et de la poudre aux yeux. Les quelques bribes d’informations que nous avons pu obtenir au sein même de l’administration renseignent que certains changements sont dictés par des critères d’allégeance et de quota.

Des responsables en fonction ont placé leurs proches. D’anciens walis occupant aujourd’hui d’importants postes de responsabilité ont accordé des promotions à leurs ex-collaborateurs. Comme aussi d’anciens responsables de l’administration locale ont été remerciés tout simplement parce que leurs parrains ont quitté le pouvoir.*el watan / mercredi 19 juillet 2017

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