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Autopsie d’une opposition.2

22122012

*Pour Karim Tabou, l’Algérie vit un « blocage institutionnel global et va droit au mur »

Karim Tabou, porte parole de l’UDS, un parti en attente d’agrément a été l’invité du forum hebdomadaire de Liberté. Avec le punch et la fougue de jeunesse qui le caractérisent, il a répondu à toutes les questions des nombreux journalistes en « switchant » avec un facilité déconcertante de l’arabe au français et inversement.

L’absence du président de la République est une des questions les plus redondantes. Pour Karim Tabou, le pays vit une situation de « blocage global » qui ne se limite pas à la présidence de la république, mais également à l’exécutif et au parlement. Voire même à l’Etat dans sa globalité, dés lors que d’autres institutions n’assurent plus leur rôle.

Ce qui lui fait dire que « l’Algérie est actuellement au jour le jour ». Pis encore, avec une telle gestion « on va droit dans le mur » prévient t-il, d’autant plus que les ingrédients d’une nouvelle explosion collective s’accumulent de jour en jour. Et c’est la raison pour laquelle il appelle à la responsabilité de la classe politique, pouvoir et opposition, pour un sursaut patriotique. Il y va insiste t-il de l’avenir de l’Algérie.

Concernant les initiatives de l’opposition, notamment celle de la CNLTD, son jugement est nuancé. Il se félicite que des partis de l’opposition puissent retrouver le goût de se réunir, de discuter ensemble en s’élevant au dessus de leur chapelles politiques. Mais il marque aussi sa distance par rapport à la Coordination en soulignant que son parti propose un cap clair et des échéances  précises ».

S’agissant de la situation de son parti toujours en attente d’agrément, il s’étalera longuement sur les manœuvre dilatoires de l’Administration pour ne pas donner l’agrément. Mais après une action de protestation à l’APN, le ministre de l’intérieur, selon lui a promis de prendre en charge le problème. « On attend toujours, mais nous sommes déterminés à nous battre pacifiquement dans le cadre de la loi pour obtenir notre droit constitutionnel à créer notre parti politique ».

Concernant son ex parti le FFS, Tabou admet que cette formation fondée par Hocine Ait Ahmed en 1963 « compte un capital historique indiscutable ». Mais indirectement il tacle la direction actuelle du parti pour ses positions . « Le rôle d’un parti c’est d’avoir des positions en prise sur la situation politique du moment, de donner aussi de la lisibilité politique pour les citoyens ».

En sa qualité de jeune responsable, il appelle justement la jeunesse algérienne à s’impliquer dans le jeu politique. « Les Boudiaf , Benmhidi, Abane, Krim avaient notre âge quand ils ont déclenché la Révolution », dira t-il en appelant les gérontes qui dirigent l’Algérie à passer le témoin.*Par Abbès Zineb | 07/10/2014 |algerie1.com

**L’opposition accuse le pouvoir de « faillite » et appelle au retour à « la légitimité populaire »

La CNLTD a tenu lundi une réunion au siège de Jil Djadid et à laquelle ont assisté Soufiane Djilali, Mohamed Douiba, Ahmed Benbitour, Abdérazak Makri, Mohcin Bélabbas et Amar Khabbaba. Une occasion pour ces responsables d’examiner la situation politique.

Une situation qui se caractérise par « la manifestation de la Police devant le palais du Gouvernement et le siège de la Présidence de la République » selon la Coordination qui indique que « la mise en alerte de la garde républicaine est une preuve de la dégradation de la situation au sein du régime.

La mise sous tutelle militaire de la région du Mzab est mise en évidence dans le communiqué de la Coordination qui alerte aussi sur « la situation difficile qui caractérise ces derniers temps les territoires Touaregs, ajoutant ainsi un surcroit de tension au niveau des frontières ». Sur le plan économique, la  CNLTD note la baisse des prix du pétrole, en accusant les responsables de n’avoir pas pu l’anticiper.

Ce qui, selon eux ne manquerait pas d’avoir des conséquences sur les équilibres économiques et le niveau de vie des algériens, surtout dans le cas où cette tendance baissière persisterait longtemps. La Coordination tient pour responsable de cette situation le pouvoir. Plus singulièrement le résultat de « sa politique de l’échec » contre laquelle la Coordination rappelle avoir mis en garde lors de sa première conférence nationale en juin dernier à Zeralda.

Ce constat étant fait, les responsabilités établies, la CNLTD préconise par conséquent que la solution passe par « le retour à la légitimité populaire, à travers « des élections générales, libres, régulières et transparente sous le contrôle d’une commission électorale indépendante à tous les étapes du processus ».*Par Abbès Zineb | 20/10/2014 |algerie1.com

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*L’opposition empêchée de tenir une conférence

Les responsables de la CNLTD ont été empêchés, samedi, de tenir une conférence thématique qui devait avoir lieu à l’hôtel Essafir, Alger.

Selon M.Benkhélaf, du parti de Djaballah, les organisateurs n’ont été informés que vendredi en début de soirée de la réponse des autorités de la wilaya d’Alger du refus de ces dernières.

Les raisons du refus : « le thème de la conférence n’est pas précis », selon les autorités de la wilaya. Le thème en question, selon M Benkhelaf porte sur les « conditions d’organisation d’une élection transparente ».

Face au refus des autorités, les responsables de la CNLTD ont improvisé une marche de l’hôtel Essafir vers la Grande Poste. Une marche qui s’est terminée par un rassemblement sur place avec des prises de parole des responsables de la CNLTD. Tout cela à la grande surprise des services de sécurité, visiblement pris au dépourvu, en ce matin de week-end en Algérie.

Le refus de l’autorisation donne déjà un avant goût de ce que sera la réponse des autorités par rapport aux marches que compte organiser le 24 fevrier la CNLTD sur l’ensemble des wilayas , en signe de protestation contre l’exploitation du gaz de schiste. *Par Abbès Zineb | 14/02/2015 / algerie1.com

**il n’est plus possible de faire de la politique.

L’interdiction ce matin d’une conférence thématique autour des « Conditions de la transparence des élections » que devait animer les membres de la Coordination nationale pour les libertés et la transition démocratique (CNLTD) à l’hôtel Safir, à Alger, prouve si besoin était, qu’il n’est plus possible de faire de la politique.

En dehors des activités des partis au pouvoir (FLN, RND, MPA, TAJ, ANR…) qui peuvent à loisir se réunir là où ils veulent, les portes sont hermétiquement fermées devant les partis de l’opposition.

Ce qui s’est passé ce matin est clairement un déni de liberté. Quoi de plus normal en effet que des partis algériens dûment agréés se réunissent autour de n’importe quel sujet, qui plus est dans un établissement hôtelier dont ils ont loué la salle ?.

Ce n’est pourtant pas évident et les animateurs de la CNLTD, Mokri, Belabass, Benkhellaf, Sofiane Djilali l’ont vérifié pour la énième fois à leur dépends. Le refus de l’administration de leur accorder l’autorisation de réunion est pour le moins injustifiable.

Dans un Etat de droit, un parti politique ne doit pas être pris pour une organisation terroriste. Il y a de quoi être sidéré quand on lit l’exposé des motifs de la wilaya d’Alger tentant d’expliquer soit disant le bien fondé du refus d’accorder l’autorisation : «L’intitulé de la conférence n’est pas clair». Voyons !

CNLTD, un sigle frappé du rouge ?

Depuis quand l’administration juge de la pertinence des thématiques des conférences pour décider de leur autorisation ou pas ?
De quelque angle que l’on prend cette interdiction, il s’agit bien d’un abus d’autorité, d’une atteinte à la liberté d’expression et de réunion consacrées par la Constitution.
Où les partis d’opposition devraient-ils se rendre finalement pour exercer leurs activités ? Comment croire que les libertés politiques sont vraiment respectés comme veuille le faire croire le discours officiel ?
Depuis la création de cette fameuse Coordination nationale des libertés et de la transition démocratique, quasiment aucune rencontre thématique devant être animée par des experts indépendants n’a été autorisée.

Atteinte aux libertés de réunion

Les autorités ont fermé à double tours toutes les portes face aux animateurs de l’opposition voire même ceux qui font de l’opposition à l’intérieur du pouvoir.

Faut-il rappeler en effet les mésaventures du groupe de Belayat avec la même wilaya d’Alger qui leur refusait même l’accès aux salles de réunions dans leur volonté d’invalider le CC du FLN.

Il est tout de même bizarre de voir le pouvoir agir ainsi en 2015 ; à l’heure des réseaux sociaux, surtout dans un contexte national et régional qui commande aux algériens de se serrer les coudes.

De fait,  ces atteintes aux droits d’exercice de l’activité politique risquent de connaitre des dérapages incontrôlés. Il est tout de même incroyable de constater que des salafistes aient pu forcer le barrage de la police et marcher sur Alger pour protester contre « Charlie Hebdo » alors que des responsables politiques sont empêché de se réunir même à l’intérieur d’un hôtel !
Le pouvoir serait mieux inspiré de desserrer son étreinte sur une société qui étouffe. Il y va aussi de la sécurité nationale. *Par Rafik Benasseur | 14/02/2015 | algerie1.com

**L’arbitraire

Les services de la wilaya d’Alger ont opposé un refus aussi étrange qu’inexpliqué à la CNLTD qui a prévu d’organiser une conférence sur «Les conditions d’élections transparentes». Cette interdiction serait-elle un prélude à la réponse que compte réserver le pouvoir aux manifestations prévues par la CNLTD le 24 février à travers le territoire national ?

Un nouveau coup porté à la liberté de réunion et l’opposition politique se trouve une fois de plus bâillonnée. L’interdiction de la conférence de la Coordination nationale pour les libertés et la transition démocratique (CNLTD) traduit cette tentation autoritaire du pouvoir qui ne laisse aucune marge d’action à l’opposition.

Ainsi, les services de la wilaya d’Alger ont invoqué un motif aussi fallacieux qu’incongru pour interdire la tenue de la conférence sur «Les conditions d’élections transparentes» prévue hier à l’hôtel Essafir de la capitale. Le prétexte ? L’administration considère que «l’intitulé de la conférence n’est pas assez clair». C’est tout. Et pour mieux prendre de court les organisateurs de la conférence, les services de la wilaya d’Alger ont attendu la dernière minute, c’est-à-dire en fin de journée de jeudi dernier, pour informer la CNLTD de son refus. Alors que la demande a été introduite le 20 janvier passé.

Face à cet étrange refus, les principaux leaders de la Coordination ont tenu tout de même à être présents sur les lieux où devait se tenir la réunion pour exprimer leur réprobation. Mohcine Belabbas du RCD, Abderrazak Makri du MSP, Djilali Soufiane de Jil Jadid, Lakhdar Benkhelaf du FJD, Mohamed Douibi de Ennahda en compagnie de leurs militants ont improvisé une marche le long de la rue Asselah Hocine pour dénoncer «les atteintes au droit de réunion». Durant la marche, les principaux animateurs de la CNLTD scandaient «Commission indépendante pour l’organisation des élections» et «Non à la répression des libertés». En fin de parcours, les chefs des partis de la Coordination ont rendu publique une déclaration commune, lue par Mohamed Douibi du mouvement Ennahda, condamnant l’interdiction de la conférence. «Cette interdiction est un acte répressif étrange qui est contraire à l’esprit de la Constitution qui garantit le droit à la réunion.

C’est un message politique négatif que renvoie le pouvoir et traduit l’absence d’une volonté politique d’ouverture du champ des libertés en Algérie», condamne la CNLTD. Cette dernière y voit une obstination à empêcher l’opposition d’agir librement, «une volonté du pouvoir à rendre impossible la classe politique de se réunir dans un esprit responsable pour participer à servir l’Algérie.

Le pouvoir travaille à l’effritement de cette opposition». L’empêchement d’une conférence somme toute ordinaire est un prélude à la réponse que compte réserver le pouvoir aux manif’ prévues par la CNLTD le 24 février à travers tout le territoire national. Les animateurs de la Coordination sont prévenus, mais ils ne se font pas d’illusion. «Nous allons investir la rue et reconquérir notre droit de réunion et d’organisation», réplique le président du RCD, Mohcine Belabbas.

Son camarade du MSP, Abderrazak Makri, qui a exprimé récemment sa volonté d’aller négocier avec le pouvoir, s’est montré virulent en déclarant que c’est «la mafia» qui squatte le pays et ses richesses. Soufiane Djilali de Jil Jadid, quant à lui, dénonce «un pouvoir qui pousse au pourrissement en interdisant l’action pacifique de l’opposition». Cette énième interdiction, qui frappe l’opposition légale en l’empêchant d’agir, intervient au moment même où le pouvoir claironne une révision de la Constitution qui «offrira» à l’opposition plus d’espace d’action et d’expression en lui accordant plus de prérogatives. Flagrante contradiction.*Hacen Ouali–El Watan-15/02/2015

*Réactions d’internautes: *Tous les acquis d’après 1988, sont en train de s’effriter avec cette gouvernance. Cette mafia qui utilise tous les subterfuges pour bloquer les bonnes initiatives des partis politiques, ne cédera d’aucune manière. La seule solution pour l’opposition c’est de mettre de côté les lois (puisque le régime en place ne la respecte pas) et d’investir la rue pour obtenir gain de cause. Sinon cette manière de faire ( demander des autorisations) me mènera nulle part. Bien sûr , il y a un prix à payer, tous les participants sont avertis que la violence sera là ; mais il faut prendre ses responsabilités. C’est l’unique issue .Au lieu de perdre du temps à titiller ce régime et à attendre son feu vert. En dehors de ça, il reste à cette opposition de dissoudre ses partis et faire autre chose.***Ce pouvoir pourri est maintenant devenu paranoique , surtout par les nouvelles de la Suisse qui cache leurs butins voles au peuple algerien. Les clans formant ce regime d’imposteurs ont peur qu’on revele leurs mefaits a l’egard du peuple et du pays. Tout mouvement democratique les fait trembler, ils se cachent derriere leur cordon de police bien payee , ils trouvent bizarre qu’un peuple opprime oise se revolter au lieu de ramasser les miettes qu’ils daignent jeter. Meme la France pense que ce regime est doue a la faillite et va emporter tous avec lui dans le gouffre, laissant un grand vide a remplir par les terroristes !!!

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 40 000 policiers déployés à Alger contre une manifestation pacifique!?

*En dépit d’une répression «sophistiquée» et de la brutalité policière,

L’opposition a réussi son pari de manifester et d’exprimer son refus d’assister à la dilapidation des ressources du pays

***L’opposition aura réussi son pari de manifester non seulement à travers le pays, mais aussi à Alger, sous très haute surveillance et en dépit d’une répression «sophistiquée». Malgré la brutalité policière, elle est parvenue à mobiliser des citoyens aux côtés de chefs de parti, de députés et de représentants de la société civile.

Elle a surtout brisé, en ce 24 février, le monopole d’une commémoration patriotique qu’est la nationalisation des hydrocarbures, dévoyée ces dernières années par un régime autoritaire qui l’a transformée outrageusement en une glorification d’un système politique usé, totalement autiste aux doléances des Algériens. Une récupération «historique» au profit exclusif d’un clan du pouvoir et de ses intérêts, depuis l’accession de Abdelaziz Bouteflika à la présidence de la République.

En dépit de tous les efforts du régime à interdire l’expression de la contestation et du droit de rassemblement dans la capitale, les Algérois qui ont manifesté mardi, ont réussi, aux prises avec un service d’ordre impressionnant et d’une violence inouïe, à briser ce mur de la peur. Une telle violence atteste que des instructions ont été données d’en haut dans ce sens. Une volonté des plus officielles à faire taire par la force, s’il le faut, toute velléité de contestation.

Ceux qui ont manifesté mardi, au-delà du refus de l’exploitation du gaz de schiste vue par Bouteflika comme «un don de Dieu» ont tenu, aussi, et c’est sans doute le plus important, à exprimer leur refus d’assister à une dilapidation des ressources et des richesses par un clan de prédateurs dont les accointances avec le pouvoir sont à peine soupçonnées.

Une crainte somme toute justifiée, comme ont tenu à le montrer les travailleurs de la Société nationale des véhicules industriels (SNVI) de Rouiba qui sont sortis, ce 24 février, pour manifester contre l’accaparement depuis trois jours d’un terrain appartenant à l’entreprise par un «opérateur» privé que l’on dit proche du cercle présidentiel.

Car si le gaz de schiste ou toute autre ressource naturelle représentent, aux yeux des Algériens, une opportunité de financer un développement harmonieux, il n’en demeure pas moins que dans les conditions actuelles d’un autoritarisme dominant dans le domaine politique comme dans la sphère économique, son exploitation suscite des appétits de rapine dans des «milieux d’affaires» peu scrupuleux mais néanmoins bien introduits quand ils ne sont pas proches du pouvoir politique.

Au-delà des inquiétudes somme toute justifiées des citoyens qui ont manifesté, à In Salah et ailleurs, sur les conséquences que pourrait avoir, en l’état actuel des choses, une exploitation du gaz de schiste sur l’environnement, celles de voir cette nouvelle richesse au cœur de prédations en tous genres et d’actes de prévarication sont dans l’état actuel du pouvoir malheureusement tout aussi justifiées.

L’opacité qui entoure les transactions et l’attribution des marchés laisse planer la crainte d’assister à d’autres affaires du genre Sonatrach 1 et 2 et autres rebondissements comme les cavales de Chakib Khelil et Farid Bedjaoui. Et de cela comme de l’impunité dont jouissent tous les prédateurs, les Algériens n’en veulent plus.**Reda Bekkat-El Watan-26/02/2015

**La peur de la Rue !?

*Ni le Président ni le Premier ministre ou les généraux ne connaissent en réalité la rue, pour l’avoir désertée il y a très longtemps. 

D’où vient cette peur de la rue si bien partagée par les dirigeants à plusieurs niveaux d’échelle ? En d’autres termes, pourquoi déployer 40 000 policiers à Alger, soit l’équivalent de l’armée portugaise, tunisienne ou hongroise, afin de contrer des groupes d’opposition qui marchent pacifiquement ? L’argument officiel est connu, tous ceux qui marchent dans les rues sont là pour déstabiliser le pays, voire le système solaire, et ils sont généralement payés par des intérêts étrangers, voire par des marques de baskets américaines. La réalité est plus complexe, ce réflexe d’interdire l’espace public comme on interdit une conférence privée, un mariage ou un bar et d’y rassembler toutes ses forces de toutes ses forces, est lié à la peur, qui, elle-même, vient de l’ignorance.

De la rue, étrange espace représenté en haut lieu comme un animal violent, hostile et imprévisible, non domesticable comme les autres animaux, médias, stades ou mosquées. Une foire peuplée d’étranges créatures que l’on peut nourrir avec des prêts Ansej, un peu d’huile et de sucre mais qui ont toujours faim et se rassemblent en permanence dans une formule où la seule mythologie est la théorie du chaos.

Ni le Président ni le Premier ministre ou les généraux ne connaissent en réalité la rue, pour l’avoir désertée il y a très longtemps. A-t-on déjà vu un ministre ou un wali dans un café, chez le coiffeur, au restaurant ou simplement se promener dehors ? En ce sens, la rue est la rivière de l’échec, puisque dès qu’un homme de la rue devient ministre, chef de daïra ou PDG, il cesse de la fréquenter et n’y retourne plus jamais, passant le reste de son temps à la haïr au lieu de lui parler. Ce qui explique cette peur de la rue, labyrinthe qui mène partout mais ne conduit nulle part. Les policiers n’ont pas été déployés pour sauver le pays. Mais pour sauver un groupe d’hommes qui ne veulent pas retourner à la rue.*Chawki Amari-El Watan-26/02/2015

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*Le FFS contre les politiques d’austérités imposer aux couches des plus défavorisées

Pour le FFS, « notre indépendance, notre souveraineté et notre unité, nationales »  constituent des « lignes rouges ».

Le premier secrétaire national du Front des Forces Socialistes (FFS) Mohammed Nebbou a déclaré, vendredi à Tizi Ouzou, que son parti s’oppose aux politiques d’austérités tout en assurant qu’il n’est pas question de soutenir ces politiques et de les imposer uniquement aux couches des plus défavorisées de la société.

Comme il a déploré « l’érosion du pouvoir d’achat des algériens et la cherté de la vie qui pénalise les travailleurs qui peinent à subvenir à leurs besoins les plus rudimentaires ».

Le responsable du FFS, qui s’exprimait à l’occasion d’un hommage rendu à feu Aissat Idir à son village natal Djemaa Saharidj dans la commune de Mekla (30 km à l’Est de la wilaya de Tizi Ouzou), a saisi l’occasion pour lancer des messages à leurs adversaires politiques notamment ceux qu’il qualifie de « partisans de l’instabilité, du sectarisme, du communautarisme, de la division et du statu quo » face à qui son parti oppose « notre indépendance, notre souveraineté et notre unité, nationales »  qui constituent leurs « lignes rouges ».

Mohamed Nebbou n’a pas manqué l’occasion pour réitérer l’appel du FFS à la convergence entre toutes les parties de toutes les parties dans le respect des différences de chacune et redonner par là sens à l’action collective « afin d’imposer le changement pacifique et démocratique dans le pays ».

Il a, à ce propos, souligné l’importance de « retisser les les liens entre la classe politique et la société civile », tout en estimant qu’il « s’agit d’une alternative plausible pour redynamiser la société et contribuer à la création de rapports de force et de dynamiques de changement dans le pays ».

Le premier secrétaire national du FFS a saisi l’occasion de l’hommage rendu au fondateur de l’Union Générale des Travailleurs Algériens (UGTA)pour rappeler que « le pluralisme et la liberté syndicale sont des prolongements logiques du pluralisme et de la démocratie politique » et »qu’on ne peut parler de libertés syndicales sans démocratie politique et sans État de droit comme il serait illusoire d’envisager une démocratie politique réelle sans une société civile active, autonome et forte ». Comme il a suggéré aux syndicats de ne plus « s’enfermer dans les revendications corporatistes et les politiques n’ont pas le droit de s’isoler de la société ».*Par Ameziane Athali | 01/05/2015 | .algerie1.com/

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**Le FFS oeuvre pour un consensus national

L’initiative du Front des forces socialistes (FFS) portant sur l’organisation d’une conférence nationale sur le consensus national prend forme.

Le plus vieux parti de l’opposition entame, à partir d’aujourd’hui, un cycle de consultations avec les différentes parties, notamment les formations politiques, les personnalités nationales, les citoyens ainsi que des représentants du pouvoir. Le parti a déjà tracé un calendrier des rencontres pour cette semaine. Aujourd’hui, l’instance présidentielle du FFS a prévu de rencontrer les secrétaires généraux du RND et du FLN, alors que la journée de demain sera réservée à la personnalité Ali Benflis. Pour ce qui est de jeudi, le FFS a pris rendez-vous avec le leader du MSP et, dans l’après-midi, il rencontrera Mouloud Hamrouche.

Le FFS a décidé d’aller vers ces acteurs politiques pour écouter leur position par rapport à la situation qui prévaut dans le pays et recueillir les avis des uns et des autres sur cette initiative lancée il y a quelques mois.  Mohamed Amokrane Cherifi, membre de l’instance présidentielle a expliqué, hier lors d’un point de presse animé au siège et parti et portant sur l’état de préparation de la conférence, que la reconstruction d’un consensus national est une démarche dictée par la conjoncture politique actuelle. Pour le FFS, il s’agit là de l’unique voie pour affronter les dangers qui planent sur le pays, que ce soit sur le plan national ou international.

La démarche du FFS, selon Amokrane Cherifi, est non partisane, ce n’est pas une conférence nationale politicienne mais une conférence pour l’intérêt national et de haut niveau. «Certes, nous avons lancé cette initiative, mais nous restons de simples facilitateurs et, en tant que tels, nous veillerons à ce que cette conférence soit un cadre où chaque parti, chaque personnalité, chaque citoyen puisse venir exposer ou exprimer son avis et faire des propositions pour aller vers un consensus. Cette démarche doit être neutre, sans préalable. Nous n’allons pas fixé de date pour la tenue de cette conférence. Il ne nous appartient pas de le faire. C’est aux participants, d’un commun accord de décider de cette action.

Le FFS tient à être neutre dans cette opération afin de ne susciter aucune critique», affirme le conférencier. Pour éviter tout amalgame ou une mauvaise interprétation de cette démarche, Amokrane Cherifi assure que l’initiative du FFS ne se substitue nullement aux autres initiatives. Pour lui, chaque action apporte inévitablement un plus pour notre pays : «Cette conférence nationale va rassembler les partis de l’opposition et le pouvoir. Mais nous avons compris, au sein du FFS, que pour la réussite d’une telle initiative il faut l’implication du citoyen. Il faut donner la parole aux Algériens car ils sont les premiers concernés. Cette conférence n’est pas celle des appareils.» Et de préciser que cette conférence se déroulera en deux phases : la première vise à donner la parole aux différents acteurs de la société, quelles que soient leurs sensibilités, et la deuxième consiste à désigner tous les points de divergence et les différentes approches.

Si les convergences l’emportent sur les divergences, il y aura l’élaboration d’une plateforme de consensus. L’instance présidentielle du FFS lance, à cet effet, un appel aux citoyens pour contribuer à la réussite de cet événement, comme il invite les partis politiques, quels que soient leurs programmes ou leur sensibilité, à faire preuve de retenue et d’esprit de conciliation pour contribuer à apaiser les tensions et éviter les surenchères.*Nabila Amir-El Watan-21/10/2014 |

**Louisa Hanoune lève une partie du voile

Une partie du voile est «levée». Il fallait attendre que Louisa Hanoune, la SG du Parti des travailleurs se prononce au sujet des crashs et incidents essuyés par la Compagnie aérienne nationale, Air Algérie, durant ces derniers temps, pour connaître les vraies raisons de ces mésaventures. Tout a été planifié et entre dans le cadre d’un plan de filialisation de la compagnie pour la céder au «privé». Telle est l’explication fournie par Mme Hanoune.
En effet, intervenant hier, lors dune conférence de presse, elle a fait savoir qu’«un plan de filialisation» a été concocté pour Air Algérie, et que le but n’est autre que de «brader cette compagnie nationale et du coup la privatiser». A ce propos, elle a déclaré «à la lumière de ces plans, on comprend parfaitement les événements et incidents dont Air Algérie a fait l’objet». Fidèle à ses principes, Mme Hanoune a souligné qu’elle ferait tout ce qui est en son pouvoir, afin de barrer la route à la privatisation du «fleuron national».
Abordant la question sécuritaire, elle a soutenu que l’Algérie se trouve à la croisée des chemins, et ce, en tenant compte des enjeux et menaces, qu’ils soient intérieurs ou extérieurs, qui guettent l’Algérie. Et plus précisément, ce qu’elle a appelé «la Daéshisation» de la région. Car selon elle, aucun continent ne sortira «indemne» de la guerre féroce qu’est en train de mener la coalition internationale contre l’organisation de l’Etat islamique (Daesh). Il s’agit pour elle de guerre qui a pour but principal de «semer le trouble et la zizanie dans chaque Etat». Par ailleurs, la secrétaire générale du PT, n’a pas manqué de décocher des flèches sur son «ennemi» intime, Amara Benyounès, ministre du Commerce, Abdessalem Bouchouareb, ministre de l’Industrie et des Mines et Mohamed Mebarki, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Elle accuse chacun d’eux de tenir des propos contradictoires et d’avoir des discours de «duplicité». Sur ce point, Mme Hanoune a relevé la «clochardisation de l’enseignement supérieur» et exprimé son étonnement par rapport aux déclarations de M.Mebarki qui, d’une part, avoue les défauts du système LMD (licence, master, doctorat), alors que d’autre part, il déclare que «le temps pour un changement n’est pas encore venu». Le fait est que pour elle, «certains responsables sont éblouis par tout ce qui est occidental». D’ailleurs, elle s’est interrogée: «Pourquoi on invente des diplômes, pour qu’après la Fonction publique ne les reconnaisse pas?».
Concernant M.Bou-chouareb, elle a relevé la duplicité de son discours, à travers deux déclarations. D’un côté, il appelle au maintien de la règle des 51/49% et son élargissement aux autres secteurs, alors que d’un autre, il dit qu’elle ne figurera pas dans la nouvelle loi sur l’investissement, et que certains secteurs devraient être épargnés. Ce comportement est pour elle une esquive, et représente le préambule de l’annulation de cette règle. «Il y a des divergences et contradictions entre les responsables» a-t-elle indiqué, en ajoutant «à l’origine de ce recul et ces contradictions, se trouve le déficit en démocratie».
Sur le plan politique, elle a appelé le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, à accélérer et concrétiser le projet qui lui tenait à coeur, à savoir les réformes politiques.
La cause palestinienne, priorité du parti, a également été évoquée. Elle a fixé le rendez-vous pour le 29 novembre où des meetings et activités seront menés afin de soutenir cette cause.*Par Kheireddine BOUKHALFA - Dimanche 26 Octobre 2014-L’Expression

**Le FFS rencontre le PT

Le Front des Forces socialistes (FFS) a indiqué, lundi soir, que ses dirigeants ont rencontré aujourd’hui le Parti des Travailleurs. « dans le cadre des rencontres bilatérales qu’il a entamé, la semaine dernière, avec les acteurs politiques et sociaux, en vue de la tenue de la Conférence Nationale de Consensus ».

Composée d’Ali Laskri, membre de l’Instance Présidentielle du parti, de Mohamed Nebbou, 1er secrétaire national, de Karim Baloul, coordinateur du comité d’éthique et la députée Nora Mahiout, la délégation du plus vieux parti de l’opposition s’est entretenu avec la secrétaire générale, Louisa Hanoun et des membres de sa direction en l’occurrence Ramdane Taâzibt, Karim Labcheri et Hamid Boubaghla.

Toujours selon la même source, « la rencontre a été fructueuse et les échanges entre les deux parties très riches ». Les représentants du FFS  ont saisi l’occasion pour expliquer « la démarche » de leur formation visant à reconstruire un « consensus national ». Le FFS rappelle que son initiative politique « inclusive et neutre » vise à « sauvegarder la cohésion et la souveraineté nationales, ainsi que l’édification d’institutions fortes et un développement économique durable ».

Les deux délégations ont également débattu des questions nationales et régionales notamment celles inhérentes aux contexte sécuritaires, politiques, économiques et sociales avant de convenir au maintien de ces contacts et d’approfondir les discussions entre les deux parties.*Par Lila Ghali | 27/10/2014 | algerie1.com***« L’esprit de consensus durant la Lutte de libération nationale revêtait une importance « vitale » et  constitue une « réponse adaptée aux exigences de la situation actuelle pour nous mener vers des horizons plus sûrs », a déclaré, mercredi à Ifri (Béjaia), le Premier secrétaire national du Front des Forces socialistes (FFS), Mohamed Nebbou.

Dans son allocution lors d’un recueillement au mémorial du Congrès de la Soummam, organisé à l’occasion de la célébration de la Journée nationale du Moudjahid (20 août 1955-1956), il a souligné que « du 1er novembre 1954, où un consensus s’est dégagé pour se libérer du joug colonial, au congrès de la Soummam où les acteurs politiques et militaires de l’époque avaient su dépasser les clivages en s’unissant pour un objectif commun, à la naissance du GPRA visant la cristallisation des recommandations de la Soummam, le dépassement des divergences individuelles et la concentration sur l’essentiel, beaucoup de leçons peuvent en être tirées ». Pour Nebbou, « c’est cet enchaînement et cette dynamique extraordinaires, fruit du génie algérien, qui ont donné l’indépendance et poussé la France coloniale à abdiquer ». Le premier secrétaire national du FFS a estimé que cet esprit de consensus est à même de « donner naissance à une ère où l’intérêt suprême du pays va prévaloir sur toutes les autres considérations, une ère de dialogue, de négociation et de rassemblement ».*Par Lila Ghali | 20/08/2014 

*Pôle des forces pour le changement

L’instance de concertation et de suivi de l’opposition a tenu, jeudi dernier, sa deuxième réunion à la permanence de Ali Benflis, ex-candidat à l’élection présidentielle du 17 avril 2014.

C’est d’ailleurs à l’invitation du Pôle des forces pour le changement, que coordonne ce dernier, que la rencontre a eu lieu. Excepté Mouloud Hamrouche, ancien chef de gouvernement (absent pour la deuxième fois) et Si Ahmed Ghozali (qui a délégué un représentant), les autres membres de l’instance étaient présents. Tenue dans l’après-midi, la réunion de cette instance, qui a pour mission de traduire les orientations de la Coordination nationale pour les libertés et la transition démocratique (CNLTD) sur le terrain, a rendu public un communiqué final contenant plusieurs recommandations.

Il a ainsi été retenu de s’adresser prochainement au peuple algérien dans un souci d’explication de la démarche de l’opposition. Réitérant son «attachement à la revendication des libertés, de la transition démocratique et de la réanimation de la scène politique, l’instance de concertation et de suivi insiste sur son refus de la situation de vacance du poste de président de la République qui a paralysé les institutions de l’Etat, mis le pays en danger et provoqué l’absence de l’Algérie sur la scène internationale».

Chantage sur les médias par la publicité

L’opposition réunie à la permanence de Benflis dénonce et condamne «les mesures despotiques prises par le régime politique dans le secteur des médias, notamment la politisation de l’Autorité de régulation de l’audiovisuel, en plus de l’étouffement de la presse à travers la publicité». L’instance de concertation et de suivi de l’opposition qui n’a pas manqué également de condamner l’assassinat en Algérie du touriste français Hervé Gourdel et de «dénoncer les groupes terroristes et criminels, porte au pouvoir la responsabilité de l’insécurité qui règne dans le pays et l’avertit d’engager l’Algérie dans des plans et des alliances douteuses, obéissant à des agendas étrangers».

Dans un discours introduisant la réunion de l’instance de concertation et de suivi de l’opposition, Ali Benflis a demandé la mise en place d’une cellule de réflexion composée d’un nombre réduit de ses membres pour faciliter son travail. Il sera, selon lui, plus facile que le programme d’actions de l’opposition appelé à sortir sur le terrain soit élaboré par une structure plus souple.

L’ancien chef de gouvernement a aussi fait la proposition d’organiser, à partir d’octobre prochain, quatre manifestations publiques à Alger, Constantine, Oran et Ouargla, pour vulgariser et expliquer la démarche de l’opposition. En effet, l’instance de concertation et de suivi compte bien sortir sur le terrain durant le dernier trimestre de l’année en cours. Reste alors à définir clairement ses objectifs et fixer des échéances pour les réaliser.*El Watan-Samedi 27 Septembre 2014 

**Le FFS ne fait pas une fixation sur la seule personne du président Bouteflika mais travaille au changement de tout le système.

Le tout nouveau secrétaire du front des forces socialistes (FFS) Mohamed Nebbou a fait samedi son baptême de feu en animant hier sa première conférence de presse. L’occasion pour lui de présenter son équipe qui composera le secrétariat du parti. Le point fort de son intervention est le projet actuel du parti, à savoir la tenue de la conférence pour le consensus national.

C’est une conviction profonde au sein de la direction actuelle qui promet, selon son premier secrétaire « d’œuvrer sans relâche à la concrétisation de ce consensus en réunissant, en concertation avec toutes les parties prenantes de l’opposition, du pouvoir et de la société civile, les conditions les plus favorables à la tenue et au succès de la Conférence Nationale du Consensus », selon le texte de la résolution politique du Conseil national.

Quid alors des participants, de la date et du lieu ? Mohamed Nebbou explique que son parti jouera à ce propos le rôle de go-between et que ce sont les participants eux mêmes qui fixeront la date. Le FFS comme partie prenante viendra à la conférence avec son projet. Le premier secrétaire du FFS a confirmé aussi l’existence de contacts préliminaires avec les potentiels participants.

Mais cela reste, selon lui au niveau informel pour le moment. « On n’a pour le moment que des contacts préliminaires et informels. Vous allez le savoir ultérieurement. A chaque fois qu’il y aura contact, vous le saurez », répond le premier secrétaire du FFS à une question. En rapport avec le projet de conférence du consensus Mohamed Nebbou a évoqué aussi la situation politique actuelle du pays, à la lumière de l’interrogation suscitée par l’état de santé du président.

Pas question pour lui de faire une fixation sur la seule personne du président Bouteflika. « Au FFS nous travaillons au changement de tout le système. Changer une personne ou deux ne changera rien. Nous travaillons pour l’Algérie et non contre x ou y », a-t-il martelé, comme pour se démarquer de la CNLTD qui fait du départ du chef de l’Etat et de la mise en place d’une transition son cheval de bataille politique.

Et de façon plus générale, M.Nebbou tente de se situer un peu au dessus de la mêlée en renvoyant pouvoir et opposition dos à dos. « Les propos alarmistes des uns et d’autosatisfaction des autres empêchent de voir la réalité nationale dans toute sa complexité avec ses acquis, ses potentialités et les défis qu’il faudra relever à court, moyen et long terme, notamment les actions concrètes et prioritaires nécessaires au traitement de cette situation » , tranche t-il en suggérant implicitement que la ligne actuelle du FFS serait la plus pertinente. *Par Abbès Zineb | 11/10/2014 |algerie1.com

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*L’opposition en rangs serrés

Un rendez-vous historique pour le changement

islamistes, laïcs, républicains et démocrates se rencontrent à l’hôtel Safir Mazafran, à l’ouest d’Alger

**succès de la conférence de Coordination pour les libertés et la transition démocratique

        *Emotion et espoir à Mazafran 

«Maturité», «entente», «consensus» et «diagnostic de l’impasse politique nationale». L’opposition algérienne réussit son début d’union et se dit prête à dépasser ses clivages afin de concevoir «un avenir meilleur pour tous».

Réunis au niveau du chapiteau de l’hôtel Mazafran à Alger à l’initiative de la Coordination pour les libertés et la transition démocratique (CLTD), les acteurs politiques s’inscrivant dans l’opposition se réjouissent et qualifient, d’emblée, cette rencontre «d’historique». Et cela pour plusieurs facteurs. Il y a d’abord ce regroupement, pour la première fois depuis l’avènement du multipartisme en Algérie, de l’élite politique nationale. Secundo, le dépassement, comme l’affirment tous les intervenants, des considérations idéologiques et de l’égoïsme qui ont nourri, pendant longtemps, la division de la classe politique nationale.

En troisième lieu, la prise de conscience montrée par ces leaders quant à la nécessité de proposer une alternative à «un système politique défaillant». «J’ai toujours rêvé de ce moment où des partis avec des idéologies différentes se rencontrent. Ce n’est qu’aujourd’hui que nous pouvons parler de pluralisme politique en Algérie», lance l’ancien chef de gouvernement, Mouloud Hamrouche, lors de son intervention, en saluant ainsi ce premier pas vers «une entente nationale». Autour de cette idée, les avis convergent.

Les intervenants soulignent tous l’importance de cette rencontre et cette détermination à consacrer «l’union» en vue de «sauver l’Algérie». «Nous sommes réunis aujourd’hui pour partager et discuter de la peur que nous avons pour l’avenir du pays. C’est une réponse à ceux qui prédisaient un échec de notre démarche. Nous sommes aujourd’hui convaincus que la base de la transition démocratique est l’entente», affirme Mohcine Belabbas, président du RCD.

«Une crise institutionnelle»

Le président du MSP, Abderrazak Makri abonde dans le même sens : «C’est un jour historique et important de par la symbolique de la présence (…) Cette rencontre va participer à changer l’image de l’opposition construite par le système.» Dans son intervention, le président du FJD, Abdallah Djaballah, compare cette conférence à celle de Sant’Egidio en 1995 et s’interroge, par la suite, sur la nature de la réponse que lui réservera le pouvoir. «Le régime va-t-il encore minimiser ce rassemblement et faire la sourde oreille ? Le pays a besoin d’un débat large et constructif», insiste-t-il.

Les félicitations viennent aussi de tous les intervenants. Ces derniers ont saisi cette opportunité pour faire le diagnostic de la crise politique actuelle. Une crise engendrée, selon le président d’honneur de la LADDH, Ali Yahia Abdennour, «par le système qui se maintient depuis 1962». «Il doit partir !», déclare-t-il. Mouloud Hamrouche fait une analyse plus approfondie, en évoquant «une crise institutionnelle», «un échec du gouvernement et des partis», ainsi «qu’un mauvais rôle de l’armée». «L’armée a un grand rôle à jouer car elle est un pilier de l’Etat. Il ne peut pas y avoir de consensus sans une entente nationale», martèle-t-il.

Une vision que partage Mokrane Aït Larbi. «C’est l’armée qui a construit le système. C’est elle qui fait les présidents et les gouvernements depuis 1962. L’armée ne peut pas se retirer dans les circonstances actuelles. Elle doit intervenir pour opérer un changement pacifique», soutient-il. Intervenant au nom du FFS, Ahmed Betatache, premier secrétaire du parti, appelle «au dialogue comme seul moyen permettant la résolution de tous les problèmes». «Notre démarche pour la reconstruction d’un consensus national est basée sur le dialogue avec tous les acteurs politiques, y compris le pouvoir», dit-il. Les consultations autour de la révision constitutionnelle ont été également évoquées par les présents qui dénoncent «une manœuvre du régime».

C’est le cas de Ali Benflis qui s’est exprimé au nom du Pôle du changement. «L’initiative du système actuel est connue. Les objectifs derrière cette initiative : gagner du temps au moment où la problématique autour de la nature du système est posée», dénonce-t-il. Ce conclave qui se poursuivait encore, au moment où nous mettons sous presse, devra s’achever par l’adoption d’une plateforme et des recommandations.

Ils ont déclarés :

-Mouloud Hamrouche, ancien chef de gouvernement :

«Je suis très content de nous retrouver parmi nous. Je suis d’autant plus content que cela fait 25 ans que je porte ce rêve (…). Il ne sert à rien de verser dans le passé ou même de dresser des bilans. La réalité est que le gouvernement actuel est incapable de gérer (…). Ce gouvernement n’a pas de bases politique et sociale. Sa seule base est, malheureusement, l’armée. Or, cette dernière doit être au service de l’Etat et non du pouvoir (…). Nous sommes dans une impasse totale. Pour en sortir, il faut une entente nationale qui nous mènera vers un consensus global (…). Je persiste : l’armée a un rôle à jouer dans cette opération de transition.»

-Abderrezak Makri, président du MSP :

«Cette rencontre est une occasion pour l’opposition de se réunir (…). Nous avons décidé de garder nos programmes, nos convictions tant qu’il n’y a pas de condition d’un exercice politique (…). Nous devons mettre les bases d’un vrai pays de libertés et montrer que le pouvoir ne peut pas faire l’impasse sur l’opposition.»

-Mohcine Belabbas, président du RCD :

«Nous nous sommes réunis, aujourd’hui, pour un objectif simple mais déterminant : sauver l’Algérie. On aurait pu organiser cette rencontre au lendemain de l’indépendance. Mais le système, qui a squatté la volonté populaire depuis l’indépendance, n’a pas permis aux Algériens de se rencontrer (…). Notre présence ici est le premier résultat de la prise de conscience populaire de la nécessité de changement (…). Cette rencontre est la preuve que lorsque les ambitions de la classe politique convergent avec la volonté du peuple, tout est possible.»

-Ahmed Betatache, premier secrétaire national du FFS :

«Le consensus est un vrai défi. Dans ce cadre, il faut éviter les pratiques et les démarches qui ne suscitent pas de consensus et ne permettent pas de rapprochement entre nous (…). La responsabilité des politiques est de créer de nouvelles conditions de consensus (…). La responsabilité des politiques est de créer les conditions d’une renaissance et la préservation du pays de tout recours à la force.»

-Karim Tabbou, secrétaire général de l’UDS :

«Je pense que le fait de réunir autant de monde autour d’une même table est une bonne chose. Il y a beaucoup de convergences. Mais il ne faut pas oublier que le jeu est piégé et que les autorités refusent, malheureusement, d’ouvrir le jeu démocratique. Et lorsque le jeu est fermé, cela mène généralement vers la confrontation. Il y aura, j’espère, d’autres rencontres qui détermineront les mécanismes de la mise en œuvre des idées exprimées aujourd’hui.»

-Ali Benflis, au nom du Pôle des forces de changement :

«Nous partageons le constat de la CNLTD que le système doit changer (…). Nous partageons également le principe de la souveraineté populaire. Mais je dois rappeler que le dialogue ne doit pas se limiter à un duel entre le pouvoir et l’opposition, mais doit intégrer un troisième élément qui est le peuple.»

 (Ali Boukhlef)

******Madjid Makedhi-El Watan-11 juin 2014

***L’hôtel Safir Mazafran, à l’ouest d’Alger, abritera ce mardi 10 juin 2014, la plus grande conférence de l’opposition algérienne depuis l’indépendance du pays.
Des représentants de partis politiques, toutes tendances confondues, ont répondu présent pour débattre de la situation du pays post-présidentielle d’avril 2014.

Il y aura du monde sous le chapiteau de l’hôtel Safir Mazafran. La structure hôtelière, située à l’ouest d’Alger, abritera, cet après-midi, la plus grande conférence de l’opposition algérienne depuis l’indépendance du pays. La rencontre, organisée par la Coordination nationale pour les libertés et la transition démocratique (CNLTD), va regrouper plus de 200 personnes venues de différents horizons politiques. A signaler que les membres de la CNLTD ne veulent pas se présenter à cette conférence en conquérants. Ils auront le même temps de parole que leurs partenaires. Une manière de consacrer le principe d’égalité, l’essentiel étant de réussir ce premier rendez-vous historique.
Dans un premier document rendu public la semaine dernière, les membres de la CNLTD ont défini les règles du jeu que toutes les parties doivent accepter. Il s’agit notamment de l’acceptation de l’alternance au pouvoir, du rejet de la violence et de la reconnaissance de la citoyenneté et, surtout, de la consécration du caractère républicain de l’Etat. Ces principes généraux font l’unanimité. Mais les participants pourront enrichir le texte durant la conférence. De nouveaux membres ayant rejoint le groupe.Les membres de la CNLTD sont conscients que la conférence nationale des forces de l’opposition ne règlera pas tous les problèmes du pays, surtout que le pouvoir a son propre agenda qu’il mène, notamment, avec les consultations en cours à propos de la révision de la Constitution. D’autant que le pouvoir campe toujours sur ses positions.*El Watan-10.06.2014

***Une réunion inédite 

Les résultats de la réunion importante de l’opposition qui se rassemble aujourd’hui, sous toutes ses couleurs et ses tendances à l’hôtel Mazafran sont très attendus. Une opposition composée de partis boycotteurs de l’élection d’avril 2014, d’anciens candidats à la présidentielle de 1999, 2004 et 2014 et des figures de proue de la scène politique. Une réunion inédite qui rassemble pour la première fois, sous le même chapiteau et autour de la même table, islamistes, démocrates, républicains, laïcs et conservateurs. Rivaux d’hier, adversaires politiques d’aujourd’hui, ces partis et personnalités ont décidé, d’un commun accord, d’enterrer la hache de guerre et mettre de côté leurs préjugés politiques et de se réunir et de débattre pour une cause politique noble: celle de l’alternance démocratique et la consécration des libertés politiques et constitutionnelles. C’est la première fois depuis l’avènement de la démocratie que l’opposition s’affiche aussi soudée dans ses contours. Qui aurait pu imaginer un jour voir assis à la même table, le FFS et le RCD, alors que même la crise en Kabylie et le Printemps berbère n’ont pas réussi à les unir pour la même cause? Qui aurait pu penser voir un jour assis à la même table, des anciens cadres de l’ex-FIS face à l’ancien chef de gouvernement qui a appelé à dissoudre le parti islamiste vainqueur des législatives de 1991? Pour de nombreux observateurs, les résultats de cette réunion importante sont aussi bien attendus par les organisateurs que par les participants eux-même.

Il faut dire que l’opposition a toujours été incomplète dans ses actions. En 25 ans de démocratie, l’opposition ne s’est rassemblée sous la bannière:islamiste, démocrate et républicain que deux fois dans son histoire: lors du sommet de Rome à l’initiative de la communauté catholique de Sant’Egidio en janvier 1995.
A l’époque, huit partis qui se sont exprimés lors des élections législatives 1991 se sont réunis: Ahmed Ben Bella, président du MDA, Hocine Aït Ahmed, président du FFS, Abdelhamid Mehri, secrétaire général du FLN, Anouar Haddam, chef de la délégation parlementaire du FIS à l’étranger, Mahfoud Nahnah, leader du MSP, Abdallah Djaballah, président du parti Ennahda, Louisa Hanoune, porte-parole du Parti des travailleurs, Noureddine Boukrouh, président du PRA et Ali Yahia Abdennour, responsable de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (Laddh).
Même si cette réunion était très mal perçue par Alger, on reprochait notamment à cette opposition d’avoir organisé cette rencontre à l’étranger en pleine polémique sur le «qui-tue-qui» et de remettre en cause l’arrêt du processus électoral. Mais aujourd’hui le contexte politique et sécuritaire est totalement différent.
L’Algérie a dépassé largement le cap de la crise sécuritaire, l’opposition est autorisée à se réunir même si il ne lui est pas permis de faire des marches. Pour preuve, l’opposition s’est réunie une deuxième fois presque 10 ans après Sant’Egidio en mars 2014, lors d’un meeting important des partis appelant au boycotte à la salle Harcha, en pleine campagne électorale. Pour la première fois, le RCD, le MSP, Ennahda, Djaballah Benbitour et Jil Jadid, se sont donné le mot pour faire front contre la présidentielle. Ce jour-là, même Ali Belhadj l’ex-N°2 de l’ex-Fis était présent avec ses fans, volant la vedette aux têtes d’affiche de cette rencontre dans les médias.
Mais malgré l’échec de leurs actions durant la présidentielle, le front de l’opposition ne s’est pas fissuré ou disloqué, contre toute attente, il s’est élargi à d’autres courants et à d’autres personnalités. Ce qui a été considéré par certains analystes politiques comme un fait rare dans une démocratie arabe. Souvent dans les pays arabes et même africains l’opposition est laminée et divisée par des tentatives de déstabilisation externes ou internes, mais là où le pouvoir en place a laissé le champ libre à l’opposition pour se réunir et s’exprimer sous toutes ses tendances. Reste à savoir si cette opposition élargie va sortir avec un projet sérieux. Car le plus grand souci des organisateurs de cette rencontre, c’est de savoir qui récoltera les fruits de cet important rassemblement de l’opposition. Car il existe plus de divergences que de convergences entre les différents courants qui animent ce mouvement. La présence de certains éléments de l’ex-FIS, des anciens chefs de gouvernement aux ambitions tournées comme Sid Ahmed Ghozali ou Mokdad Sifi ou Taleb Ibrahimi, ne sont pas à la même hauteur de l’ambition politique d’un Ali Benflis, d’un Mouloud Hamrouche. De plus, le FFS de par son poids sur la scène politique ne compte pas laisser le terrain d’action au RCD ou même au MSP si cette réunion aboutit à une action concrète qui fera bouger les choses.
Sachant que même si cette «union sacrée» de l’opposition aboutit à une déclaration générale importante qui appelle à une véritable transition politique avec un appel à la révision radicale de la Constitution. Il est presque impossible de faire adopter le projet par le pouvoir. Ce dernier est solidement appuyé sur les partis de la majorité présidentielle qui ne comptent pas se laisser distancer sur le terrain politique. Ils seront aidés dans leur action par une opposante de taille, Louisa Hanoune.*L’Expression-10.06.2014

**Abderrazak Makri. Président du MSP

«Le temps ne travaille pas en faveur du pouvoir»

-Docteur Makri, votre formation est partie prenante de la coordination de l’opposition. Pourquoi cette coordination ? Qui participera à la conférence nationale qui se tient aujourd’hui ?

***Les motifs de cette conférence sont nettement mentionnés dans sa plateforme. Nous considérons que l’Algérie connaît une crise multidimensionnelle qui va en s’aggravant. La non-gouvernance, la corruption, l’échec de la politique de développement, la mauvaise gestion des problèmes sociaux exposent le pays à des dangers énormes qui peuvent aller jusqu’à la désintégration du tissu social et même mettre, à terme, l’unité du pays en péril. Tout cela est bien entendu dû à l’absence de démocratie, l’impossibilité de la séparation des pouvoirs, l’impossibilité du contrôle et la non-transparence dans la gestion des affaires publiques et la fermeture du champ des libertés empêchant une véritable participation citoyenne.

La fraude électorale entretenue d’une façon permanente, structurelle et systématique a saccagé les acquis de l’ouverture politique survenue après les événements du 5 Octobre et a foulé aux pieds les sacrifices des Algériennes et des Algériens lors de la crise nationale des années 1990 en donnant des institutions dénuées de toute crédibilité. Il est impératif de changer cette situation. Cette conférence propose une issue par une transition démocratique inclusive dans la paix et le dialogue avec toutes les parties et, en premier lieu, avec le système politique en place.

-L’idée d’une période de transition n’est pas perçue de la même manière que l’on soit dans l’opposition ou dans le pouvoir. Ce dernier ne veut même pas reconnaître qu’il y a une crise. Comment allez-vous faire pour pousser le système à composer avec vous ? Allez-vous, par exemple, initier des actions de rue ?

***Le pouvoir en place est fidèle à lui-même, il n’est pas de ses habitudes d’écouter la voix des autres. Il ne reconnaît jamais ses carences. Tous les experts économiques, même les siens et ses institutions spécialisées, parlent d’un échec flagrant de sa politique économique après avoir investi pendant 15 ans l’équivalent de 700 milliards de dollars ponctionnés du patrimoine énergétique limité des Algériens et des générations futures. Cela revient à une incompétence sans appel ou à un égoïsme antipatriotique flagrant. Le pouvoir politique n’est pas conscient que même si les rapports de forces actuels lui conviennent, le temps ne travaille pas en sa faveur.

La crise va fatalement s’accentuer s’il n’accepte pas le changement et c’est lui-même qui va se trouver de plus en plus en difficulté. Notre rôle en tant qu’opposition et de prévenir, d’éveiller les esprits, d’empêcher l’effondrement du pays en préparant une classe politique crédible, efficace, expérimentée, proche des citoyens, capable de mobiliser, de travailler ensemble et de prendre ses responsabilités en toute circonstance pour l’intérêt de l’Algérie et de tous les Algériens. Tous les moyens pacifiques, qui aideront à ces finalités, sont envisageables dans la concertation entre les partis et au sein des institutions de ces partis.

-La coordination compte des partis de différentes obédiences. Le votre, le MSP, est-il prêt à faire des concessions sur le plan idéologique comme l’a fait Ennahdha en Tunisie ?

***La plateforme approuvée au niveau de la coordination (par ces partis de différentes obédiences) détermine le cadre général rassembleur. Nous sommes donc en avance par rapport à l’expérience tunisienne. Nous nous sommes rassemblés avant qu’une crise globale nous y oblige et nous nous sommes mis d’accord sur les principes, les règles, les objectifs, les mécanismes et les critères de la transition démocratique que nous voulons.Tous les partis politiques sont conscients des concessions qu’ils doivent faire pour leur pays. En ce qui concerne les questions idéologiques votre interrogation demande plus de précision. De toutes les façons la nature idéologique de l’Etat que nous voulons tous est déterminée dans la plateforme, dans le volet consacré aux principes et règles.*Ali Boukhlef

*********************FFS

** Les forces du changement sont dans la société. Elles sont loin des luttes et des mœurs dans le sérail.

(…)En Algérie, la situation tient lieu « de la foire aux enchères et de marché de maquignons ». D’un coté, nombre d’acteurs politiques veulent à tout prix exploiter ce moment particulier qu’a constitué la conjonction des émeutes en Algérie avec le soulèvement populaire en Tunisie et les manifestations dans les autres pays pour des enjeux politiques internes.

Les enjeux qui les intéressent vraiment ne remettent pas en cause la nature et la pérennité du régime. Il s’agit de luttes pour la répartition de la rente et du positionnement à l’approche d’échéances électorales et successorales.

Ils savent très bien que dans l’état actuel du rapport de force interne, les actions menées n’ont aucune rentabilité immédiate et surtout, ne peuvent pas constituer des bases de départ pour la construction d’une alternative démocratique. Bien au contraire, il s’agit de luttes internes pour des alternances claniques.

Les forces du changement existent effectivement. Elles demandent encore à être identifiées à l’épreuve de leur autonomie vis-à-vis du pouvoir et à l’épreuve de la cohérence et de la constance de leur position politique dans la durée.

On ne peut pas, à la fois, participer à l’enterrement du processus démocratique, à l’extinction de la vie publique, à la sauvegarde et à la pérennité du régime et à justifier la sale guerre, pour que soudainement se prévaloir de l’opposition démocratique et du choix populaire.

On ne peut à la fois passer son temps à conférer avec le DRS et faire appel aux forces du changement. Les forces du changement sont dans la société. Elles sont loin des luttes et des mœurs dans le sérail. Elles sont étrangères à ce milieu.

Les forces du changement se sont les forces dont on ne parle jamais. Elles ne sont ni dans les journaux, ni à la Télévision ; elles ne sont ni dans les salons ni dans certains états majors politiques, économiques ou médiatiques. Elles sont dans le pays profond, pays réel.

Si vous n’allez pas vers ces forces, elles viendront vous balayer. L’exemple tunisien est à méditer.

Sous le regard de la communauté internationale, le pouvoir tombe dans une régression abyssale et affligeante. Après l’instrumentalisation de la langue et de la religion à des fins politiques, voici venue l’ère de l’utilisation de l’administration et des commis de l’Etat à des fins partisanes. Le communiqué de la wilaya d’Alger daté du 20 janvier rappelle l’époque soviétique et les pratiques staliniennes. Le ministre de l’intérieur peut être fier : Son wali va au charbon.

Le ministre de l’intérieur continue d’interdire les activités publiques. Il est vrai que ce pouvoir « légal » a été soutenu en son temps par ceux qui sont devenus aujourd’hui les victimes. Plus grave et plus dangereux, on cherche depuis un certain temps à contrer des manifestations en tentant de dresser une partie de la population contre une autre.

En tout état de cause, la communication du wali d’Alger qui aurait pu être une bonne chose dans l’absolu s’est transformée en désastre et peut s’assimiler à un appel à la violence. Il s’agit là d’un terrorisme d’Etat. La sagesse, la lucidité et la puissance véritables auraient dû dicter une autre conduite.

Le Front des Forces Socialistes, quant à lui, demeure cohérent avec ses choix politiques primordiaux : Le changement radical, pacifique et démocratique du régime politique en Algérie.

Le FFS revendique :

• La levée des mesures d’exception qui étouffent le peuple algérien depuis 18 ans, à savoir la levée de l’Etat d’urgence qui permet au régime d’imposer ses options politiques, économiques, sociales et culturelles et ne protège en rien la population

• Le rétablissement des libertés civiles

• L’ouverture du champ médiatique

• La garantie des droits d’association et de manifestation

Le Front des Forces Socialistes appelle au rassemblement des forces politiques autonomes qui militent pour la construction d’une alternative démocratique.

Vive le FFS

Vive l’Algérie

P/ Le Secrétariat national

Le Premier secrétaire

Karim TABBOU

Autopsie d’une opposition.2 karim-tabou-ffs-300x206

*jan 21st, 2011*algerie1.com/

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*Amira Bouraoui : « le combat pacifique ne fait que commencer » 

« Barakat se porte très bien et poursuit son militantisme qui se fera via l’argumentaire, la réflexion et les actions de rue afin de continuer à faire pression sur ce régime moribond », affirme Amira Bouraoui. Interview.

Barakat a entamé une série de rencontres avec les représentants de plusieurs partis politiques. Quelles sont vos conclusions ?

Les entrevues ont été très enrichissantes sur le plan politique et nous ferons bientôt une synthèse afin de regrouper les principales divergences, suggestions et solutions proposées. Un compte rendu sera fait afin d’informer nos militants ainsi que nos sympathisants et l’opinion publique sur le contenu et le déroulement de ces rencontres.

Ce sera fait en toute transparence afin que ces discussions et entrevues fassent ressortir les grands axes de convergences chez tous ces acteurs politiques et ces intellectuels algériens. Nous souhaitons que le citoyen algérien soit mis au cœur du champ politique et non pas en marge comme le fait le régime en place. Le citoyen a des droits mais aussi le devoir et la responsabilité de rester informé.

Selon des membres de Barakat, la décision d’engager des discussions avec les partis politiques n’a pas été approuvée par le mouvement…

Une Assemblée Générale a eu lieu et un débat s’est engagé sur ces discussions. Un vote de l’assemblée a approuvé cette décision de discuter avec les partis d’opposition qui ont rejeté le 4ème mandat ainsi que le projet de la révision constitutionnelle que s’apprête à imposer le pouvoir en place, celui la même qui l’a violée par le passé. Ceci a été voté et approuvé et ceux qui n’ont pas estimé utile de se déplacer pour assister à cette assemblée bien qu’ayant été informés ne peuvent contester le vote. Maintenant, si ces personnes ne se reconnaissent plus dans la décision de cette assemblée et s’ils estiment pouvoir militer autrement en s’isolant, pourquoi pas.

Je tiens à vous signaler que 9 parmi les 19 signataires contestataires nous ne les connaissons pas et qu’une partie des autres ont quitté le mouvement il y a bien longtemps.

Les contestataires vous accusent de vouloir entrainer le mouvement dans «  le dédale de vos ambitions personnelles »…

Non, mon ego n’a nul besoin de politique, j’ai un besoin de citoyenneté algérienne. Les quelques individus qui m’insultent aujourd’hui après avoir milité à nos cotés hier ont par contre un gros problème de leadership et Barakat n’appartient à personne, pas même à Amira Bouraoui, produit médiatique.

Tout le monde est utile pour l’opposition mais nul n’est indispensable. Le mouvement Barakat n’est pas Amira Bouraoui, je ne suis qu’une voix parmi d’autres. Je me limite à respecter le vote de l’assemblée du Mouvement qui représente un échantillon citoyen.

Mais vous êtes la figure la plus visible du mouvement.

Vous savez, quand je suis sortie le 22 février 2014, dire NON au 4ème mandat et NON à ce Système, je ne m’attendais pas à cette médiatisation qui m’a fait plus de tort que de bien mais qui a permis de servir une cause que je défends. Je suis une militante pour la démocratie et pour l’Etat de droit. Mon ego n’a aucunement besoin d’une quelconque reconnaissance. J’aime mon métier de médecin et en aucun cas je n’ai envie d’être autre chose que médecin.

Ceci dit, je ne condamne absolument pas les opposants qui ont des ambitions politiques et qui œuvreront pour le bien de l’Algérie.

Comment se porte Barakat après cette dissidence ?

Ce que certains appellent dissidence n’est rien d’autre qu’une décantation de quelques membres qui aspirent peut être à militer autrement et nous leur souhaitons bon courage. Barakat se porte très bien et poursuit son militantisme qui se fera via l’argumentaire, la réflexion et les actions de rue afin de continuer à faire pression sur ce régime moribond, bâti sur la corruption, la médiocrité et le mensonge.

Qu’en est-il du projet de la plateforme politique de Barakat ?

La plateforme (le manifeste) de Barakat est en cours d’élaboration. Nous devons la discuter en Assemblée générale avant de l’adopter.

C’est pour quand l’AG ?

Prochainement. Je ne peux pas vous donner une date. 

Un dernier mot ?

Oui. J’aime le dernier mot (sourire). Le citoyen Algérien qui fut indigène sous l’occupation coloniale et qui s’est vu méprisé après l’indépendance par un régime patriarcal, doit reprendre le pouvoir. Plus jamais nous nous ne tairons car c’est bien parce que nous nous sommes tus trop longtemps qu’on en est arrivé là.  

Notre silence n’était pas voulu, il est le fruit de tant d’années de violence, d’injustice et de manipulation par ce régime mais aujourd’hui, le Mouvement Citoyen Barakat a décidé de ne plus jamais se taire face à l’injustice. Notre cri d’indignation sera toujours pacifique et ceci quelque soit la violence du régime contre nous, que ce soit par ses interpellations injustes ou ses matraques dans lesquels il a beaucoup investi à défaut d’investir contre le chômage, pour la santé ou pour l’éducation. Le combat pacifique ne fait que commencer.*Propos recueillis par Farouk Djouadi-El Watan-25.05.2014

**La conférence pour la transition démocratique aura lieu le 10 juin 2014 à Alger

Les membres de la Coordination pour les libertés et la transition démocratique (CLTD) se sont réunis ce dimanche 2014 au siège du MSP à Alger. Ils ont décidé, selon un communiqué diffusé cet après midi, de tenir la conférence pour la transition démocratique le 10 juin prochain à l’hôtel Hilton d’Alger, à partir de 13 heures. 

La CLTD a adopté « la plateforme définitive » de la conférence et a désigné les membres de la commission commune qui se chargera de sa direction. La même source a précisé que la liste des participants à cette conférence a été établie et les invitions seront envoyées aux concernés à compter d’aujourd’hui.

Le communiqué de la CLTD a été signé par Lakhder Benkhelaf ( FJD-Adala), Mohcine Belabbas (RCD), Abderazzak Makri (MSP), Soufiane Djilali ( Jil Djadid), Mohamed Douibi ( Ennahda) et Ahmed Benbitour.*El Watan-25.05.2014

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*Abdelmalek Bouchafa (FFS) : Le pouvoir veut diviser la société

Lors de son intervention, hier, au conseil fédéral de son parti à Tizi Ouzou, M. Bouchafa a déclaré que «le pouvoir, à travers ses clans, veut diviser la société et semer un climat de confusion dans le but d’éloigner le citoyen de la vie politique.

D’ailleurs, il est à l’origine du chômage, de l’exclusion et de la confusion qui ont créé un climat de violence dans le pays». «Les événements  de Béjaïa confirment  amplement l’échec du pouvoir dans la gestion des affaires des citoyens. Nous avions alerté les décideurs sur les éventuelles conséquences de l’adoption de la loi de finances 2017», a-t-il ajouté, soulignant toutefois que sa formation politique est contre toute forme de violence pour régler les problèmes.

«Nous sommes toujours pour le dialogue et le combat pacifique, car c’est le dialogue dans tous les domaines qui permet d’aboutir à un consensus national qui consacrera les premiers jalons d’un Etat de droit et de libertés», a-t-il insisté. Evoquant les intempéries de ces derniers jours, le premier secrétaire du vieux parti de l’opposition a déclaré que «le pouvoir a prouvé, encore une fois, qu’il n’a pas de vision d’intervention lors des catastrophes.

Il n’a fait que montrer à la télévision des images qui contredisent la réalité du terrain. Il veut cacher sa défaillance à prendre en charge les populations dans des situations difficiles». L’orateur est longuement revenu aussi, dans son discours, sur la question de la langue amazighe qui est, selon lui, l’un des fondements incontournables pour l’unité nationale.

«Tamazight, l’arabe et l’islam sont indissociables pour garantir l’unité nationale. Nous sommes contre la ghettoïsation dans un seul territoire. Le FFS est également contre la marchandisation politique de cette langue», a-t-il lancé. Par ailleurs, évoquant la participation de son parti aux prochaines élections législatives, M. Bouchafa a  exhorté les militants et les cadres de sa formation politique à opter pour un discours politique serein dans un climat de respect de l’autre, lors de la campagne électorale.

De son côté, Chafaâ Bouaiche, chef du groupe parlementaire FFS à l’APN, a, dans le même ordre d’idées, ajouté que «la campagne doit être politique pour disqualifier les partis du pouvoir». Pour sa part, Farid Bouaziz, premier secrétaire fédéral du FFS à Tizi Ouzou, a déclaré : «D’ores et déjà, nous devons entamer la précampagne. Nous avons 60 sections communales structurées et des noyaux dans les sept autres. Donc nous serons présents dans tout le territoire de la wilaya.» Et d’annoncer que la commission de choix des candidats aux prochaines élections législatives sera mise sur pied le 3 février prochain. Enfin, notons que lors du conseil fédéral du FFS tenu hier à Tizi Ouzou, le président de l’APW, Mohamed Klalèche, a procédé à la présentation du bilan de l’Assemblée de wilaya. *Hafid Azzouzi / el watan / 22 janvier 2017

****Abderrazak Makri. Président du Mouvement pour la société de la paix (MSP)

Une APN entachée par la fraude ne tiendra pas cinq ans

Union avec le Front du changement de Menasra, option de la participation aux législatives et perspective de la crise : le leader du MSP revient pour El Watan Week-end sur ces questions et prévient contre les tentations de la fraude électorale. 

- L’«union incorporative», que vous venez de concrétiser avec le Front du changement de Abdelmadjid Menasra, serait-elle vraiment un projet politique de longue haleine ou un recentrage en vue des prochaines législatives ?

Il s’agit, en fait, d’un processus entamé il y a de cela trois ans, trois ans de discussions avec le Front du changement. Ce qui démontre qu’il ne s’agit pas d’une union circonstancielle. On retrouve d’ailleurs ce parcours dans les clauses même de l’accord avec le Front du changement et ses résultats. Ce n’est pas une opération à la va-vite ! Il y a eu des hauts et des bas, des fois on se sentait près de l’accord, parfois on s’éloignait. Mais je dois dire aussi que l’approche des législatives a favorisé l’accélération de ce processus.

- Le système se méfie des unions des forces politiques, préférant la dislocation, ou, souvent, la création de clones. N’avez-vous pas peur qu’on vous trouve des biais juridiques pour empêcher cette union ?

Sur ce plan-là, nous avons pris toutes nos précautions. Nous avons tenu à mentionner dans les clauses de l’accord avec le Front du changement que toutes les procédures doivent être légales. Au MSP, nous avons également créé une commission juridique, et qui se réunit fréquemment pour étudier toutes les précautions légales. D’autant plus que nous allons vers un congrès extraordinaire, nous devons être sûrs de respecter à la lettre la loi.

Cette union sera complètement parachevée lors du congrès démocratique, le congrès ordinaire du premier trimestre 2018. Car nous avons planifié cette union en trois étapes : l’étape électorale, l’étape consensuelle (de dix mois, juste après les législatives) couronnée par un congrès extraordinaire, puis, enfin, l’étape du congrès démocratique qui coïncidera avec la date du congrès ordinaire donc.

- Comment allez-vous organiser, ensemble, l’élaboration des listes électorales ?

Les listes seront discutées localement entre les candidats des deux formations, sur les critères de la compétitivité, de l’équité et de l’équilibre, mais avec une supervision, ensuite au plan central au cas où il faudra trancher sur des cas que les instances locales n’ont pas pu régler.

- Chez les partis islamistes, on est passés de la phase des «redressements», des clones et des dissidences, à celle du recentrage. Pourquoi maintenant ? Parce que les partis islamistes ont perdu trop d’électorat ? Pour faire face à la barre des 4% imposés par la loi électorale ?

D’abord, cet effritement n’est pas propre au courant islamiste.

On voit par exemple quelque quinze partis de ce qu’on appelle le courant nationaliste, autant dans le courant dit «démocrate» : c’est un phénomène algérien provoqué par la situation politique anormale et essentiellement par la fraude électorale. A défaut de l’émergence de grands partis représentatifs de courants politiques distincts comme dans tous les pays démocratiques. Ensuite, le MSP n’a aucun souci avec le quota des 4%, nous sommes un parti structuré, présent à l’échelle nationale, avec des élus locaux dans toutes les wilayas.

- Comment concilier entre votre opposition à un système que vous qualifiez de source de la crise et votre participation à des élections organisées par ce même système ?

Premièrement, je dois dire qu’on a été surpris par l’accueil positif de notre électorat à cette décision. C’est ce qui a été constaté lors de nos sondages et nos actions de proximité. Deuxièmement, ce que nous avons fait jusqu’à présent, c’est-à-dire participer dans le jeu politique au sein d’un système non démocratique, est exactement ce qu’ont fait les partis à travers le monde, en Afrique, en Amérique du Sud et en Europe de l’Est avant d’accéder à la démocratie, après des années de militantisme et de résistance.

C’est l’option qu’avait aussi choisie le mouvement national durant la colonisation : il a participé aux élections jusqu’à la Révolution du 1er Novembre. Donc, sur le plan pragmatique et historique, notre démarche n’est pas incongrue. Troisièmement, si nous considérons qu’on ne peut participer à des élections entachées par la fraude, cela veut dire que nous devons sortir dans la rue !

Parce que nous devons rester dans la logique du changement et dans la logique de la résistance politique. Mais aujourd’hui, ni les Algériens veulent sortir dans la rue ni nous permettrons de nous aventurer dans cette voie. Donc, nous n’avons pas d’autre alternative. Si je ne vais pas aux élections, eh bien, il ne me reste qu’à rentrer chez moi, car on ne peut activer autrement : médias et société civile sont, en majorité, sous contrôle, les marches sont interdites, etc.

Si un parti boycotte, cela voudra dire qu’il se positionne en rupture totale avec le système politique. S’il participe, alors nous avons deux possibilités. Ou le système politique comprend que la fraude va causer une très grave crise qui va ruiner le pays, et à ce moment-là, nous serons présents pour participer à la transition politique, ou bien le système se décide toujours à employer la fraude.

Dans ce dernier cas, il faudra toujours rester dans les Assemblées afin de faire prendre conscience aux Algériens, même à travers quelques députés seulement, sur les enjeux des lois. Ils reste que nous pouvons parler avec des responsables directement et avec le peuple en connaissance des faits à l’intérieur des instances législatives. Par ailleurs, on était présent dans les Assemblées grâce à nos élus locaux et au plan national, et grâce à nos militants, nous allons d’abord nous mobiliser pour éviter que la colère de la société ne se transforme en casse, surtout que la violence arrange le système.

Ensuite, nous canaliserons la colère du peuple pour faire pression et exiger le changement et entamer la transition démocratique, car toutes les études confirment que la contestation sociale est en hausse constante. Si le peuple algérien sort dans la rue sans leaders politiques et sociaux, alors ce sera le chaos. Et nous sommes contre une telle catastrophe. Il faut que cette colère serve plutôt à aller vers une transition négociée avec tous les partis.

- Quel serait, selon vous, le minimum de garanties pour des élections sans fraude ?

Il n’y a que deux garanties. D’abord, une participation massive des électeurs. Si le peuple algérien vote en force et s’impose pour surveiller les urnes, la fraude sera jugulée, car le pouvoir n’a pas peur des partis, il n’a peur que de deux facteurs : le peuple… et l’étranger ! La seconde garantie est la volonté même du pouvoir en place, s’il a compris, de manière très pragmatique, que frauder cette fois-ci va nous mener à la catastrophe, car si les Assemblées élues, au niveau national ou local, sont truquées, les élus ne pourront pas avoir la capacité de répondre à la colère des Algériens.

En fait, cette crise qu’on a entamée peut être une chance : si le pouvoir comprend que des assemblées représentatives peuvent répondre à la contestation. Peut-être qu’au sein du système il y a des personnes qui réfléchissent à cela. Et je pense même qu’une APN entachée par la fraude ne tiendra pas jusqu’au terme de son mandat.

Abderrezak Makri

A 56 ans, Abderrezak Makri est président du MSP depuis le 5e congrès du parti, en mai 2013. Ancien étudiant en médecine, diplômé en droit islamique et en management, il est membre du bureau national du MSP depuis 1991. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur la géopolitique, l’islam politique et l’histoire politique algérienne.

*Adlène Meddi /  el watan / 20 janvier 2017

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**Selon le FFS

tableau peu reluisant de la situation politique et économique de l’Algérie.

Au lendemain de la réunion de son Conseil national qui a vu l’arrivée d’un nouveau premier secrétaire en la personne de Abdelmalek Bouchafa, de la fédération de Constantine, le FFS s’est fendu d’une longue résolution politique dans laquelle il dresse un tableau peu reluisant de la situation politique et économique de l’Algérie.

« La situation politique est caractérisée d’un côté, par l’aggravation de la crise nationale, à la fois systémique, structurelle et multidimensionnelles ; de l’autre côté par des campagnes de diversion qui se succèdent à un rythme effréné pour nous empêcher de réfléchir, de comprendre, de nous organiser et donc d’agir. Ces campagnes détournent l’attention de l’opinion publique des défis et des enjeux qui engagent l’avenir de notre pays ».

En parlant de campagne, le FFS fait allusion à l’affaire d’El Khabar, affaire Chakib Khelil et le fameux tweet de Manuel Valls.« Incapable de trouver une cohérence et une cohésion interne autour d’un programme politique et économique consensuel, le pouvoir continue de gérer d’une façon autoritaire et unilatérale les affaires de l’Etat et tente de gagner du temps pour imposer ses choix et son agenda politique et économique », poursuit le FFS dans son analyse considérant qu’une telle façon de faire de la part du pouvoir « menace la stabilité nationale et la cohésion sociale tout en exposant notre pays aux menaces extérieures. »

Pour le FFS, la fragilité qui caractérise actuellement les institutions du pays « est incompatible avec la gravité des défis à relever ». Une fragilité, ajoute le communiqué du FFS, qui « paralyse l’Etat et favorise les comportements délinquants au sein des institutions et de la société ». Le FFS souligne aussi un « phénomène de déliquescence morale » responsable de la dépolitisation de la société algérienne, du recul de la conscience et de l’apparition de la violence.

A ce tableau peu reluisant, vient se greffer la situation économique qualifiée d’ « alarmante » , aggravée avec la chute des prix du pétrole. « Le pouvoir croyait compenser sa faiblesse politique, démocratique et institutionnelle par la redistribution de la rente pétrolière. Rente qu’il répartit entre ses clans et clientèles. C’est une thérapeutique qui soulage mais qui ne guérit pas ».

Devant une telle situation, le FFS revient aux fondamentaux du parti, à savoir la politique du dialogue et la réconciliation, des vertus prônées par feu Hocine Ait Ahmed, « la réconciliation entre algériens plutôt que les clivages meurtriers, le contrat politique national plutôt que l’alternance clanique, le consensus national plutôt que les polarisations violentes ; l’Etat de droit plutôt que la dictature d’où qu’elle vienne et quels qu’en soient les alibis » lit-on encore dans le texte de la résolution politique du FFS qui considère que « L’Histoire nous a donné raison ».

Plus que jamais attaché à sa conférence du consensus national, le plus vieux parti de l’opposition estime que la concrétisation d’un consensus, le plus large possible est la voie « pour la concrétisation d’une deuxième république fondée sur l’Etat de droit, la souveraineté nationale et populaire, la démocratie et la justice sociale. »–Par Djamil Mesrer | 21/05/2016 | algerie1.com/

**Le premier secrétaire du FFS Mohamed Nebbou à Sidi Bel Abbès

«Le pays court un grand danger du fait, essentiellement, de la gestion unilatérale et autoritaire des affaires de l’Etat

En marge des travaux du 3e congrès fédéral, qui se sont tenus au centre culturel Benghazi Cheikh, dans le cadre de la restructuration organique du parti, Mohamed Nebbou, premier secrétaire du FFS,

 a affirmé que cette dynamique de changement doit impérativement s’appuyer sur les principes fondateurs de la déclaration du 1er Novembre et de la plateforme de la Soummam. «Au-delà des options claniques qui se dessinent dans une lutte ouverte pour la succession du président Bouteflika, il est aujourd’hui encore possible de reconstruire un projet national avec tous les partisans du projet patriotique et démocratique que défend le FFS», a indiqué le secrétaire général du FFS, soulignant toutefois que «le temps ne joue pas en faveur des forces du changement et des volontés sincères qui militent pour faire sortir le pays de la crise».

«Le pays court un grand danger du fait, essentiellement, de la gestion unilatérale et autoritaire des affaires de l’Etat. En l’état actuel des choses, tout peut basculer à n’importe quel moment. Ce que personne ne souhaite», a-t-il affirmé lors d’un point de presse animé à l’issue de ce congrès. Pour le premier secrétaire du FFS, le pouvoir politique en place ainsi que les partis de la Coordination nationale pour les libertés et la transition démocratique (CNLTD) n’affichent, en réalité,  aucune volonté pour le changement.

«Tous les acteurs politiques avec lesquels nous avons discuté, dans le cadre du projet de reconstruction  d’un consensus national, expriment leur peur quant à l’absence de perspectives politiques sérieuses. Pouvoir politique et ‘‘opposition’’ ne veulent pas sortir de leur cocon et s’entêtent à vouloir imposer leurs propres logiques», a-t-il déclaré. La chute des prix du pétrole et les politiques d’austérité budgétaire prônées par le gouvernement ne font que compliquer une situation économique et sociale déjà précaire.

«Même avec un baril à 130 dollars, le pouvoir s’est montré incapable d’asseoir une stratégie de développement cohérente et à long terme», a-t-il expliqué. Et d’ajouter : «Avec le rétrécissement des ressources financières, nous assistons à  la mise à nu d’un pouvoir  autiste et aucune perspective d’avenir pour le pays.»

Commentant l’actualité nationale, M. Nebbou a estimé les tentatives de bloquer le rachat des actions du groupe El Khabar par Cevital n’est que «la partie apparente d’une politique de déni et de non-respect des principes démocratiques devant garantir la liberté d’expression et de la presse». Il a rappelé que le FFS a toujours milité pour la liberté de la presse en Algérie : «Le combat du FFS n’est pas conjoncturel. Il s’inscrit dans un long processus de construction démocratique et de défense des libertés.» *Abdelkrim Mammeri / el watan/  dimanche 15/05/2016 | 

**Abderrezak Mokri à Relizane

Les vrais patriotes doivent agir pour sauver le pays avant son effondrement.

Lors de son passage à Relizane où il a animé un meeting dans l’enceinte de la salle des fêtes, le président du MSP n’y est pas allé avec le dos de la cuillère pour s’attaquer à Grine qui, selon lui, mène une guerre par procuration contre la presse qui refuse de se soumettre.

«Nous disposons de preuves tangibles et avons des témoignages sur les manœuvres orchestrées par les hommes de pouvoir pour s’acheter certains titres refusant de tourner dans leur sphère», a tonné Abderrezak Mokri,  ajoutant : «Grine n’est qu’une marionnette, et cette fois-ci il est tombé sur un gros morceau, le groupe El Khabar. Il finira par essuyer une cuisante humiliation.» Saisissant l’opportunité des événements du 8 Mai 1945, l’hôte de Relizane n’a pas fait dans la dentelle pour dénoncer l’attitude des responsables algériens suite aux dernières déclarations des Français refusant de reconnaître les crimes qu’ils ont perpétrés.

En affirmant la présence d’un lobby au sommet de l’Etat qui pèse de tout son poids pour garder et avantager la mainmise de la France, l’orateur a aussi reconnu l’existence de nationalistes qu’il appelle d’ailleurs à se révolter pour sauver le pays avant son effondrement. «Les pro-Français ont dénaturé l’Algérie, ils ont rompu avec ses valeurs identitaires (l’école, la famille et même la mosquée), ils ont ruiné son économie pour faciliter sa dépendance à leur mère-patrie, mais je suis persuadé que les enfants de chouhada et des moudjahidine, les vrais, ne vont pas tarder à se manifester pour que cesse ce bradage», a lancé Mokri. «Nous n’oublierons jamais les carnages, les massacres, les terres brûlées et les essais nucléaires, enfin les crimes de guerre qu’a commis la France en Algérie, même si certains parmi nous n’ont pas trouvé le courage de demander la repentance ou du moins répondre à François Hollande qui n’a pas hésité à humilier encore une fois l’Algérie, lorsqu’il a appelé les Français d’être fiers de leur histoire», a-t-il asséné. Et de conclure : «La France, les Etats-Unis et tous les Occidentaux sont convaincus de la fragilité de nos responsables et des clans du sérail qui s’entredéchirent pour préparer l’après-Bouteflika.»*Issac B/ el watan/  dimanche 15/05/2016 | 

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     **Vérouillage du champ politique

L’ICSO appelle à l’unification des forces de l’opposition

Dernier rassemblement de l'opposition en mars à la salle Harcha

L’Instance de concertation et de suivi de l’opposition (ICSO) s’est réunie hier après-midi -mercredi 27 juillet 2016-au siège national du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD). La majorité de ses acteurs  étaient au rendez-vous.

Le président du RCD, Mohcine Belabbas, celui de Talaie El Houriat Ali Benflis, Ali-Yahia Abdennour, Soufiane Djilali de Jil Jadid, Nourredine Bahbouh de l’Union des forces démocratiques et sociales, Ahmed Benbitour, ancien chef de gouvernement, Abderrezak Makri, président du Mouvement de la société pour la paix (MSP) et Tahar Benbaïbèche, secrétaire général du parti Fadjr El Moustakbel ont participé à cette rencontre.

Comme attendu, la situation de politique générale du pays, les lois adoptées par le Parlement, la répression qui s’abat sur les libertés étaient au menu. La réunion a été conclue par l’élaboration d’un communiqué final rendu public à la fin des débats.

Selon le document parvenu à notre rédaction, les membres de l’ICSO ont pris d’importantes décisions. Il s’agit notamment de  la mise en place d’«un groupe de travail en vue de l’élaboration d’un mémorandum politique de l’opposition sériant tous les manquements, les reculs et les dépassements contre le pluralisme politique» et de prendre «ce mémorandum comme base de l’action politique commune future». «Un groupe de contact avec les autres partis politiques pour adopter une position commune vis-à-vis de la loi électorale à travers l’organisation d’une conférence politique» sera également créé.

Quelle réponse du FFS et du PT ?

L’ICSO veut visiblement élargir sa base aux autres partis de l’opposition qui ne sont pas membres. Le Front des forces socialistes (FFS) et le Parti des travailleurs (PT), entre autres, s’inscrivent en porte-à-faux des choix faits par l’équipe qui dirige le pays.  

Selon le communiqué rendu public, l’ICSO affirme par ailleurs son «attachement à l’action politique commune qui a pour objectif la protection du pays des dangers qui le guettent». Se disant engagé à «combattre les différents plans et méthodes qui visent à verrouiller le champ politique par un pouvoir — par des voies non constitutionnelles — qui est intéressé uniquement par sa propre survie et non comment sortir le pays de la crise de légitimité qui le pénalise et le bloque».

L’ICSO considère, en effet,  que «les lois qui organisent la vie politique, notamment la loi relative à l’organisation des élections, précisément ce qui est appelé la haute commission, est un net recul des acquis arrachés et une provocation programmée envers la classe politique et le peuple algérien qui aspire à la mise en place d’institutions légitimes qu’il choisira en toute liberté et dans la transparence».

«Cette situation est susceptible de mettre l’opposition devant plusieurs choix», soutient le document sans autre précision. Aussi l’ICSO dénonce l’étouffement et la pression qui s’exercent sur les libertés et les droits individuels et collectifs des citoyens, notamment dans les secteurs de la presse et de «la justice instrumentalisée pour réprimer la société civile, la classe politique, les syndicats et les militants des droits de l’homme». 

«L’annulation des projets de développement et des projets structurants programmés en supprimant le budget d’équipement, notamment au niveau des collectivités locales, indique l’échec de la gestion de la crise par des solutions de replâtrage préconisées», estime encore l’opposition, qui «met en garde contre la situation de marasme social induite par l’effondrement du pouvoir d’achat des franges les plus fragiles de la société et la dévaluation du dinar qui aura aussi des incidences sur la classe moyenne».

Renouvelant «son soutien au droit d’obtention de l’agrément par les partis politiques dans les délais légaux», l’opposition réunie hier au siège du RCD appelle ses propres acteurs «à l’action de proximité et à la communication avec le peuple algérien souverain» et demande la «libération de tous les citoyens emprisonnés à cause de leurs opinions politiques».  *Said Rabia / el watan / jeudi 28 juillet 2016

*******Du côté des cercles d’allégeance

*Personne ne bougera dans le sérail sinon», avertit un conseiller à Zéralda.

Tranquillement, le patron du FLN, Amar Saadani, rentre à Alger de vacances passées à Barcelone mercredi soir. Le parti semble bien tenu : l’aura de la protection présidentielle tient encore, mais pas pour longtemps. Saadani, pourtant malin et à l’écoute des moindres murmures du pouvoir présidentiel, s’est attiré des foudres ciblées en se rapprochant (trop) de l’homme du moment, Ahmed Gaïd Salah, patron de l’armée et vice-ministre de la Défense. Saadani a eu d’ailleurs la mauvaise surprise de voir son «rival», Abdelaziz Belkhadem, reprendre du poil de la bête pour agréger les opposants et se positionner en cas de purges éventuelles. Côté RND, parti appareil du chef de cabinet de la Présidence, le leadership ne se pose pas en question : Ouyahia est là pour se positionner vis-à-vis de sa famille politique, le deep state algérien, qui voit en lui une alternative intéressante, rassurante en fait. Mais Ouyahia devra aussi compter sur la concurrence de grands pontes des quatre mandats de Bouteflika. Les jeux sont presque faits mais «seul Bouteflika décidera en dépit de son état, personne ne bougera dans le sérail sinon», avertit un conseiller à Zéralda.*el watan / vendredi 29 juillet 2016

**La rentrée politique s’annonce tumultueuse.

Le choc à peine dépassé du 4e mandat, les partis et le régime se préparent à entamer des négociations ou à s’imposer des lignes de fractures. La rentrée politique s’annonce tumultueuse. Analyse.

La trêve estivale tarde à se concrétiser. Partis politiques et pouvoir s’activent dans le cadre dans la recomposition de la scène nationale qui se profile et qui est déjà discrètement opérante au sein du système et de ses appareils sécuritaires.

Recomposition qui devra préparer les conditions de succession du chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, selon un agenda décidé unilatéralement par les tenants du pouvoir. Un des aspects les plus frappants de cette dynamique est le fait que le pouvoir a imposé une loi électorale taillée sur mesure.

Et pour reprendre l’ancien chef de gouvernement, Ali Benflis, lors de la réunion de l’Instance de concertation et de suivi de l’opposition (Icso) mercredi à Alger : «Ce nouveau régime électoral fait opérer au pluralisme politique un grand bond en arrière.»

Le président du parti Talaie El Houriat va plus loin en affirmant que cette loi «participe de ce même objectif de reconduction et de reproduction du régime politique en place. Pour se reproduire et se reconduire, ce régime a un besoin vital de ses clientèles politiques traditionnelles». La reconfiguration est donc annoncée pour les prochaines élections (au moins), avec la redistribution des cartes selon les visées du système dans sa logique de reconduction.

«Le quatrième mandat, vécu comme un cataclysme par l’opposition, est passé à l’étape du fait accompli avec lequel il faut faire avec depuis un moment, analyse un militant de l’opposition. La résilience s’impose, mais pas la compromission avec ce pouvoir. Donc il faudra continuer à chercher des voies politiques à la crise actuelle.» Comprendre, cesser de se focaliser sur la vacance du pouvoir, mais cela semble impossible. «Le cœur du problème reste ce quatrième mandat, comment peut-on faire semblant de l’ignorer ?

Une partie de la société a été choquée par la reconduction d’un Président affaibli physiquement», rétorque un activiste politique. Mais tout le monde n’a apparemment pas la même distance avec le concept de compromis-compromission.

Garanties

Il y a quelques semaines, Soufiane Djilali, président de Jil Jadid, qui a annoncé son retrait de la Coordination pour les libertés et la transition démocratique (CLTD), déclarait à El Watan Week-end : «L’opposition doit rester sur des positions très strictes. Il faut réclamer des règles du jeu politique aux normes modernes et refuser toute tentation pour participer à la gestion gouvernementale sans un appui populaire authentique. J’aurais aimé que toute l’opposition tienne à ses revendications au prix d’un boycott général de toute élection si celle-ci n’est pas encadrée de garanties politiques et légales.

Céder maintenant est pour moi une erreur stratégique que nous paierons cher à l’avenir. Le peuple ne nous le pardonnera pas.» «Le MSP sait très bien que s’il n’y va pas, le pouvoir va lui substituer un autre parti islamiste qui raflera les sièges qui lui revenaient habituellement», confie un cadre de l’opposition.

D’ailleurs, hier, lors de la réunion de l’Icso, Makri a bien évité le sujet des élections législatives. «Or, toute démarche en solo est fatale pour le groupe», renchérit un militant de l’opposition qui dit avoir cru jusqu’au dernier moment à l’unité a minima du «groupe» inédit que représente la CLTD. Côté MSP, on préfère dans les réunions organiques du parti parler de l’identité sunnite exclusive de l’Algérie plutôt que d’expliciter la position du parti islamiste par rapport à l’éventualité de plus en plus criante de participer aux législatives et d’entamer un virage politique important assez fatale pour l’idée même de l’opposition en Algérie.

«DEAl»

«Le pouvoir a besoin qu’un minimum de crédibilité soit assuré. Les partis peuvent la lui offrir en échange de leur survie», nous avait déclaré Soufiane Djilali dans ces colonnes, tout en regrettant : «La corruption généralisée et la désagrégation du régime font que ce ‘‘deal’’ va être difficile à reconduire très longtemps. La solution aurait pu venir d’une solidarité sans faille de l’opposition. Imaginez que d’une seule voix, nous aurions tous dénoncé cette situation.» Mais si «deal» il y a, que pourrait-il apporter au régime bouteflikien ? D’ailleurs, dans le communiqué qui a sanctionné la réunion de l’ICSO, mercredi au siège du RCD à El Biar sur les hauteurs d’Alger, les participants à la rencontre n’ont pas traiter de manière frontale la question des législatives et de la participation à ces élections.

«On nous explique que les différents partis et personnalités de l’ICSO se prononceront clairement dans la prochain réunion, dans trois mois, explique le cadre d’un des partis participants à cette initiative. Mais bien avant, tout le monde aura adopté des positions en interne et nous avons des indications que pas mal de partis membres de l’ICSO veulent participer – contre des gages bien probants – mais cela signera l’arrêt de décès de cette instance.»

«Le plus important est que la façade, ou la fiction multipartisane a fait long feu, même s’il y a de vrais partis qui se battent, des syndicats, des médias, des acteurs sociaux qui ne se contentent pas des espaces que concèdent les autorités, souligne un ancien haut cadre de l’Etat passé à l’opposition. Mais pour se reproduire, le régime a besoin d’installer un minimum de décor, d’écrire une sorte de fiction, parfois avec de nouveaux acteurs pour faire oublier le passé récent et donner ainsi des gages de crédibilité pour l’opinion publique ici et surtout pour les partenaires étrangers qui sont trop hypocrites pour y faire semblant d’y croire.»*Adlène Meddi / el watan / vendredi 29 juillet 2016

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*Interview de Louisa Hanoune / tsa :  mardi 22 décembre 2015 | 

**le Président n’est pas au courant par rapport à ce qui est en train de se tramer dans le pays.

* les institutions sont envahies par l’argent sale et les prédateurs.

* il y a un pouvoir parallèle qui interfère dans la décision de l’État, de sinistres individus s’expriment au nom du Président et s’approprient ses prérogatives. 

* le problème réside dans le fait que nous n’avons pas d’institutions démocratiques et transparentes

*il faut demander aux oligarques, les cinq milles multimilliardaires qui se sont enrichis en pillant l’argent public, de rembourser leurs crédits.

*s’il y a réelle volonté de préserver le pays du chaos, l’État doit avoir l’audace d’ouvrir des enquêtes sur les fortunes gigantesques mal acquises

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Louisa Hanoune dit tout ou presque. Dans cet entretien, elle explique les raisons qui l’ont poussée à défendre le général Hassan et le général Toufik, elle répond au vice-président de l’APN Baha Eddine Tliba qu’elle qualifie de « monstruosité » et qu’elle accuse d’avoir acheté sa place à l’APN. Dans ses réponses, la Secrétaire générale du PT n’épargne pas le ministre de l’Industrie Abdesselam Bouchouareb sans oublier le chef du FCE Ali Haddad en parlant d’un « oligarque qui veut s’approprier le pays ».

**Pourquoi avez-vous défendu le général Hassan et le général Toufik ?

D’abord, lorsque nous parlons du général Hassan et du major Toufik, nous défendons des institutions et des corps constitués de la République qui ont des missions fondamentales. Parce que je défends l’unité et l’honneur de l’armée qui est la colonne vertébrale de l’État algérien. Parce que je défends l’immunité sécuritaire de notre pays. Car il s’agit de hauts gradés qui ont occupé des charges très délicates.

Ensuite, j’ai défendu le général Hassan car je suis scandalisée qu’on s’attaque à une personne qui ne peut pas se défendre puisqu’elle est en prison alors qu’il s’agit de l’ex-responsable de la lutte contre le terrorisme. En ce qui concerne le général Toufik, j’avais interpellé le Président pour qu’il mette fin à une dérive après l’attaque violente du Secrétaire général du FLN contre le chef du DRS fin 2013 début 2014. Le Président a demandé à me voir le lendemain et m’a interrogé sur ce que pensait le peuple de cette cabale. Je lui ai notamment parlé de la colère citoyenne suscitée par cette attaque violente car elle vise l’armée en général et une structure dont les acteurs n’ont même pas le droit de se défendre.

J’ai posé au président de la République des questions sur le général Toufik. Je lui ai demandé s’il avait trahi le pays et s’il avait volé de l’argent. Il m’a dit : « Jamais ! C’est un patriote et c’est la probité même ». Il m’a également parlé de la finesse de ses analyses, de ses capacités d’anticipation sur les événements, de ses capacités de prospective et son attachement viscéral à la souveraineté nationale. Quelques jours plus tard, le Président rendait public un communiqué où il avait rappelé à l’ordre sévèrement ceux qui s’attaquaient à l’unité de l’ANP.

Par rapport au général Hassan qui avait déjà été convoqué au moment où je me suis entretenue avec le Président, je lui ai dit qu’on est en train de livrer, y compris à l’opinion internationale, des secrets militaires d’opérations menées par les services de renseignements. En vérité, je considère que l’avalanche de décisions touchant le DRS rend notre pays vulnérable, car elle jette l’opprobre sur ce département qui était redouté à l’étranger. Le plus grave c’est que cela intervient à un moment où les dangers contre les nations se sont démultipliés. Je ne parle pas de l’exercice par le Président de ses prérogatives de nommer ou de démettre mais de la forme que cela prend, des conséquences et du choix du moment.

**Sur quelle base défendez-vous le général Hassan ? Avez-vous des éléments sur ce qu’on lui reproche ?

Tout est dans la presse aujourd’hui. J’ai lu des détails publiés sur l’opération menée par le général Hassan à la frontière algéro-libyenne par exemple. J’avais demandé au Président si le général Hassan avait trahi. Il m’a dit non et il m’avait affirmé que l’affaire était classée. Aujourd’hui, on sait que le général Toufik avait envoyé un rapport au Président à ce sujet. Cela a été affirmé par les avocats et le général Nezzar. C’est pour ça que je pense que le Président n’est pas au courant par rapport à ce qui est en train de se tramer dans le pays.

Début 2014, j’avais également rencontré le général major Gaïd Salah avec l’accord du Président. J’avais fait un communiqué à l’issue de notre entretien sans rentrer dans les détails de notre discussion qui a duré plus de trois heures. C’est une rencontre entre un responsable politique et un membre du gouvernement, le vice-ministre de la Défense. Nous avons discuté de nombreux sujets dont la situation nationale, la région, terrorisme, l’affaire de Tiguentourine, d’Africom, de la nature de l’armée algérienne qui ne sera jamais comme l’armée égyptienne parce que celle-ci est financée par le trésor américain, alors que notre armée est républicaine, restera populaire et héritière de l’ALN.

J’ai abordé l’attaque violente contre le premier responsable du DRS, un département très sensible et partie intégrante de l’ANP. Il a rappelé que le Président était intervenu pour y mettre un terme. Je lui ai demandé si le général Hassan qui comparaissait devant le juge avait constitué un groupe terroriste et s’il avait gardé par-devers lui des armes, il a répondu par la négative.

**Est-ce normal que le général Toufik reste durant 25 ans à la tête d’une institution aussi sensible ?

Je suppose que s’il est resté aussi longtemps à la tête de cette institution, c’est que les présidents qui se sont succédés dont Abdelaziz Bouteflika qui l’a maintenu pendant 16 ans, ont considéré qu’il assumait bien sa tâche. Je n’ai pas à douter des capacités de discernement de ces présidents, ni de leur patriotisme. En plus de la préservation du pays à laquelle il a contribué pendant la tragédie nationale, il est de notoriété publique que le général Toufik a renforcé notre système de défense immunitaire. Jusqu’à maintenant, parmi tous ceux qui l’ont attaqué, aucun n’a porté une accusation de prédation ou d’enrichissement illicite. C’est peut-être la raison fondamentale de cette cabale. Je veux dire qu’il sait peut-être tout sur les uns et les autres et que ces derniers savent très bien qu’il est irréprochable.

**Vous voulez dire que c’est une victime de la lutte contre la corruption ?

Les faits ont été largement rapportés dans la presse sur notamment l’affaire Chakib Khelil. Pourtant, c’est le Président qui l’a révoqué en 2010 et il avait certainement donné le feu vert pour l’enrôlement de ladite affaire d’autant qu’il s’agissait pour la justice algérienne de sauver la face après l’ouverture du procès de la corruption en Italie et ailleurs.

**Le vice-président de l’APN Baha Eddine Tliba vous a qualifiée de marionnette entre les mains du général Toufik…

En vérité, dès que le nom de ce grossier personnage est associé au mien, je me sens souillée et salie. Cette monstruosité incarne la pollution politique dans ce pays et la décomposition terrible qui frappe les institutions envahies par l’argent sale et les prédateurs. C’est quelqu’un qui a acheté sa place à l’APN.

Le jour des élections (législatives) qui étaient un hold-up en faveur du FLN, vers 23 heures, à la fin du dépouillement, il n’avait pas été élu malgré les milliards dépensés pendant la campagne électorale. Par un « miracle » qui s’est produit vers 4 heures du matin, il est devenu élu. Toute la ville de Annaba a une haine incommensurable à son égard. Il a constitué un réseau maffieux dont ceux qui tirent les ficelles sont identifiés. Cette personne fait partie de ceux qui ont vandalisé et pillé la ville de Annaba et qui étaient indirectement responsables de la mort de l’ancien wali, M. Sendid.

Dans l’émission télévisée inclassable d’un point de vue médiatique car, consacrée à labaltaga, tout le monde avait constaté qu’il s’agissait d’une parodie. D’ailleurs, je suis triste pour cette chaîne et pour le journaliste en question pour qui j’avais énormément d’affection. Nous l’avons vu venir à la rescousse de cette monstruosité qui avait du mal à lire ce que lui avaient écrit ses deux parrains qui se reconnaîtront !

Cette personne (Tliba) prétend que le parti est une organisation familiale. Il se trouve que nous avons une section à Seraïdi. Des témoins oculaires nous ont immédiatement appelés (après sa rencontre avec un de ses parrains, pour préparer l’émission en question, NDLR).

**Baha Eddine Tliba et avant lui Amar Saâdani ont déclaré que Toufik était votre parrain…

D’abord, le parrain et la marraine sont étrangers à notre culture musulmane, c’est une pratique chrétienne. Quant au parrain de la mafia, tout le monde sait à qui cela s’applique. Quant aux deux individus que vous avez cités, on ne peut pas acheter un passé politique ou l’honneur avec de l’argent et la baltaga. Pour ma part, j’ai commencé à militer quand j’avais à peine vingt ans et bien avant pour convaincre mon père de me laisser poursuivre mes études. J’ai milité ensuite pour les droits des femmes, pour l’indépendance de l’UGTA, pour les droits des étudiants. Ces trois combats m’ont amenée à militer dans la clandestinité pour le multipartisme, pour la démocratie.

Comment le général Toufik aurait pu être mon parrain quand je combattais dans la clandestinité contre le système du parti unique ? Le Secrétaire général du FLN a dit que c’était le général Toufik qui m’a envoyée comme un sous-marin à la conférence de Rome. Quelle affabulation ! Comment le général Toufik aurait pu parrainer quelqu’un qui était pour la paix et la réconciliation nationale au moment où il était considéré, à tort ou à raison, comme un éradicateur ? Et puis, a-t-il envoyé aussi Ait Ahmed et feu Abdelhamid Mehri ? Mais les citoyens ont répondu au Secrétaire général du FLN et à cette monstruosité (Tliba). Ceci étant dit, cet individu a flatté le frère du Président et le nouveau chef du DRS. Si cet individu se permettait de parler de moi positivement, je m’en démarquerai car cela me porterait préjudice.

**Le Secrétaire général du FLN et le vice-président de l’APN affirmaient également que votre siège vous a été donné par le DRS…

Tous les sièges du parti appartiennent aux domaines et à l’OPGI. Avec l’avènement du multipartisme, tous les partis avaient obtenu un siège sauf le PT. On nous a d’abord proposé le siège du journal sportif El Heddaf, mais nous avons refusé que ce journal se retrouve dans la rue.

Un directeur central du ministère de l’Intérieur m’avait alors appelée et m’avait proposé de prendre le siège de l’administration des fraudes du ministère du Commerce qui était en train de se vider. Nous gardons d’ailleurs jusqu’à maintenant certains meubles qu’ils avaient laissés. Cet individu (Tliba) avait également parlé de la voiture. Je vous invite à descendre et regarder ce véhicule. Je peux même vous emmener chez notre financier qui vous montrera la facture de l’achat de notre voiture. Moi, je n’ai jamais eu de voiture blindée ! Jamais nous n’avons demandé à l’armée quoi que ce soit. D’ailleurs, les services de sécurité connaissent la voiture du Parti qui me transporte. Ils savent où j’habite et ils ont même fait des rondes la nuit quand il y a eu des provocations.

**Avez-vous des investissements à Annaba comme l’a affirmé Baha Eddine Tliba ?

Cette monstruosité qui s’appelle Tliba avait formulé en 2013 sur la même chaîne de télévision les mêmes attaques et d’autres plus graves et il avait lâché ses baltagui qui racontaient que je possédais des bateaux de pêche, des châteaux, des villas et des terres agricoles. Sauf qu’à ce moment-là, il a dû être sommé de cesser ses attaques puisqu’il a présenté des excuses publiques.

Pour la prétendue coopérative immobilière, je dis : inch’Allah. J’ai beaucoup de parents à Annaba notamment des jeunes qui n’arrivent pas se marier parce qu’ils n’ont pas de logements et d’autres qui ont attendu 30 ans pour avoir un logement social ! Certains membres de ma famille ont été sanctionnés à cause de leurs noms. Il n’y a pas eu d’instruction centrale allant dans ce sens mais de l’excès de zèle de petits mafieux locaux.

L’actuel ministre du Travail, qui était alors wali à Annaba, peut en témoigner. Ma famille est modeste. Mon père a commencé à travailler à l’âge de 11 ans comme apprenti boulanger. Quand il est mort à l’âge de 61 ans, il n’a pas laissé grand-chose : le tiers d’une boulangerie dans le quartier populaire, la place d’Armes, et le tiers d’une maison au-dessus de cette même boulangerie en association avec mon oncle.

Une chose est sûre, dans ma famille il n’y a pas de prédateurs et de mafieux. Une information a été distillée par Ennahar TV sur l’ouverture d’une enquête par le procureur concernant mes biens. Bien sûr, c’est de l’intox. Mais je dis : inch’Allah, Je l’espère de tout mon cœur parce que je me dis que ça serait un moyen d’ouvrir la boîte de pandore.

Personnellement, je fais mes déclarations de patrimoine et elles ne sont pas fausses contrairement à beaucoup d’autres, et je les rends publiques à chaque élection. Mon patrimoine est vérifiable. En revanche, cette monstruosité qui s’appelle Tliba doit expliquer d’où vient sa fortune et comment est-il devenu archi-milliardaire. Sachez que ce n’est pas un hasard si les citoyens lui ont demandé de dégager lors du rassemblement contre la Loi de finances 2016 organisé samedi dernier à Annaba. Ils n’en peuvent plus de lui et de sa bande mafieuse.

Avant l’arrivée de Sendid (l’ancien wali), il donnait des coups de pied dans les portes pour rentrer dans les bureaux de la wilaya. Il n’a de respect pour aucune institution et le clamait partout. Si j’avais une quelconque propriété à Annaba, vous pensez que j’accepterai d’être la voisine de ce monstre ? Jamais ! J’aurais peur d’être salie et contaminée par toutes les maladies des prédateurs.

Il a eu une première mise en garde samedi dernier dans le rassemblement populaire. En réalité, les citoyens voulaient marcher jusque chez lui. Mais les services de sécurité avaient peur d’un dérapage et avaient négocié avec les dirigeants du parti à Annaba. Lui a envoyé des baltagui pour tenter d’intimider les participants au rassemblement mais ils n’ont pas osé faire quoi que ce soit parce qu’ils sont connus de tous. Toutefois, quand je parle de la monstruosité Tliba, je réponds à ses deux parrains dont le Secrétaire général du FLN.

**N’est-il pas dangereux de parler de résistance au sein de l’armée ?

Non, au contraire. Cela veut dire que l’armée est décidée à protéger le pays, sa souveraineté. Depuis une année, il y a un pouvoir parallèle qui interfère dans la décision de l’État, de sinistres individus s’expriment au nom du Président et s’approprient ses prérogatives. Cela ouvre la voie à l’ingérence étrangère sans compter les dangers sécuritaires extérieurs qui s’amplifient.

**Le groupe des 19 a publié sa lettre cela fait presque deux mois. Quelle suite comptez-vous donner à cette initiative ?

Nous avons tenu une réunion informelle lundi entre les membres algérois présents en attendant une plénière dans quelques jours pour discuter de la suite à donner à notre démarche. Nous avons fait le point sur la campagne populaire de soutien à notre démarche et discuté des développements saillants dans la conjoncture politique et qui confirment le bien-fondé de notre démarche. La semaine prochaine, nous nous exprimerons là-dessus.

En Tunisie, quarante personnalités ont demandé à voir le président Beji Qaid Essebsi. Il en a reçu sept. Cela n’a pas provoqué de réactions violentes dans ce pays voisin. Pourtant, il existe des institutions en Tunisie dont une assemblée vraiment élue, et des passerelles de dialogue. Nous sommes quinze personnalités. Il peut choisir de recevoir plusieurs ou même l’un de nous. Nous continuerons à avoir des doutes tant qu’il n’aura pas répondu par un oui ou un non. Nous ne voulons pas d’intermédiaires ! Le Président reçoit des étrangers, préside le Conseil des ministres. Dernièrement, ils lui ont ramené un jeune prince saoudien qui défend les oiseaux rares alors que les émirs du Qatar et d’Arabie Saoudite viennent chez nous pour chasser nos outardes. Sur les images, l’Émir était tétanisé. Quelle tristesse !

**Pensez-vous qu’il soit dans l’incapacité de gérer le pays ?

Non ! Même par le passé quand il était en bonne santé, il a eu à comprendre qu’il a été parfois induit en erreur. Aujourd’hui, il n’a pas un accès direct à l’information. Il n’est pas dans son bureau et il ne va plus vers les foules. Il m’avait déjà dit un jour : « Ils me mentent et ils m’envoient de faux rapports ».

À vrai dire, le problème réside dans le fait que nous n’avons pas d’institutions démocratiques et transparentes. L’oligarchie s’immisce ouvertement dans les décisions. L’action du gouvernement n’est pas contrôlée. Car les prérogatives de la chambre basse sont confisquées. La Cour des comptes par exemple attire l’attention sur des choses anormales mais ses rapports restent sans suite. Et le Président ne s’est pas doté d’un appareil politique à même de veiller au grain. En fait, les institutions, les pratiques et le fonctionnement hérités du système obsolète du parti unique deviennent un véritable danger pour le pays, au même moment les prédations et les intérêts étrangers font tout pour que cette situation perdure pour piller le pays.

**Vous parlez d’un président qui n’a pas accès à l’information etqui est isolé. Pensez-vous qu’il puisse encore continuer à gérer ce pays ?

Vous voulez parler de l’article 88 ? D’abord, il est inapplicable. Il faudrait que la totalité des membres du Conseil constitutionnel signe. Ensuite, la procédure est très complexe. De plus, cela ouvre la voie à des situations incontrôlables. Sauf si c’est lui-même qui décide de se retirer et d’organiser des élections anticipées. Dans ce cas, ce n’est plus l’article 88. Puis, du point de vue de la démocratie, il y a lieu de rappeler que ce sont des Algériennes et des Algériens qui l’ont élu pour la quatrième fois. Le dernier mot doit donc revenir au peuple. Au Venezuela, il y a le référendum révocatoire à mi-mandat.

**Est-ce que l’Algérie doit institutionnaliser ce référendum ?

Nous militons pour la révocabilité pour tous les mandats de l’APC au président de la République. C’est l’essence de la démocratie et de la souveraineté du peuple. Nous avons proposé cela dans la réforme constitutionnelle.

**Pensez-vous que nous nous orientons vers l’État civil ?

Hélas non ! C’est tout le contraire. Nos craintes quant à l’avènement du totalitarisme, comme produit de la mainmise de l’oligarchie sur les centres de décision se vérifient chaque jour davantage. Non seulement les restrictions sur les libertés ne sont pas levées, mais nous enregistrons des reculs très inquiétants, le coup d’État à l’APN, des pressions sont exercées sur les médias privés, des entraves sont dressées devant l’exercice de la politique… Nous savons que la régression socio-économique engendre la régression des libertés. La criminalisation de l’action politique indépendante tend à devenir la règle, même le patriotisme est criminalisé. En fait, ces dérives multiples détruisent le système immunitaire du pays qui avait empêché, en 2011, que le chaos du printemps arabe s’installe chez nous.

Aucun pays ne peut résister face à autant de violences. Cependant, nous avons pleinement confiance dans la capacité de discernement des travailleurs au sens large et de la jeunesse qui sauront empêcher la destruction des bases matérielles de la Nation de défendre leurs acquis et leur dignité, tout en dressant un rempart devant l’avènement de l’irrémédiable. Aujourd’hui, le patriotisme est la ligne de démarcation et nous, nous avons choisi le camp ultra-majoritaire de la résistance à la décadence et aux reniements mortels, le camp de la défense des conquêtes socio-économiques et de la souveraineté nationale pleine et entière. Sur ces questions fondamentales et vitales notre engagement est total.

**Vous vous êtes opposées à la Loi de finances 2016. Peut-on continuer à subventionner de nombreux produits et à injecter de l’argent dans les entreprises publiques qui n’arrivent pas à se redresser ?

Personne ne peut nier que la chute du prix du baril est une véritable guerre contre tous les pays exportateurs. Mais tout le monde se souvient de la privatisation dans notre pays et comment le secteur public a été livré au pillage et à la dévastation. Au cours du premier mois de sa nomination, l’actuel ministre de l’Industrie avait demandé à me voir. Nous avons eu un échange fraternel. Au cours de l’entretien, il m’a assurée qu’il préserverait le secteur public. Je lui avais demandé le bilan des privatisations qu’il a qualifié de désastre qui dépasse de loin ce que nous disons. Nous avons discuté de plusieurs sujets dont la renationalisation d’El Hadjar. Après, il a changé d’avis sur une série de questions. Ce n’est pas mon cas.

Dans la Loi de finances 2016, il y a une augmentation de taxes tous azimuts qui va entraîner des augmentations en chaîne dans plusieurs domaines. Le pouvoir d’achat a déjà chuté de près de 40%. Des grands projets ont été gelés, des centaines d’entreprises privées de BTP vont fermer. Pendant ce temps-là, la dépréciation du dinar va se poursuivre. On nous parle de la protection de la production nationale. Mais qui va consommer finalement ce produit national lorsqu’en janvier prochain, le pouvoir d’achat s’effondrera complètement ? Il faudrait qu’ils en assument la responsabilité. L’appauvrissement généralisé de la population prépare la rupture. Personne ne peut faire de prévisions sur les processus révolutionnaires. Personne ne sait à quel moment il y aura l’étincelle.

**Quelle solution préconisez-vous finalement devant la crise ?

D’abord, il faut limiter d’une façon drastique les importations avec la généralisation des licences d’importation sauf pour celles qui concernent l’outil de production. Mais pourquoi faut-il attendre jusqu’en juin pour le faire comme l’a déclaré M. Bouchouareb ? Pour permettre à ces importateurs de faire le maximum de profits au détriment du pays ? En vérité, il y a anguille sous roche et cela s’est vérifié pour l’importation des véhicules. Nous constatons des pratiques malsaines. C’est le moins qu’on puisse dire ! D’ailleurs, pourquoi c’est M. Bouchouareb qui l’annonce ? Il n’est pas le Premier ministre. Il n’a pas à s’immiscer dans les affaires des autres secteurs.

Ensuite, il faut demander aux oligarques, les cinq milles multimilliardaires qui se sont enrichis en pillant l’argent public, de rembourser leurs crédits. Ce sont des centaines de milliards empruntés. Il y a aussi l’opération de l’amnistie fiscale qui a échoué. L’État doit sévir. Il est temps de faire le bilan des exonérations de taxes et d’impôts pour le privé. Seuls ceux qui produisent doivent en bénéficier. Le ministre de l’Industrie et des Mines était scandalisé quand on a dit qu’il faut sortir de la Zale (Zone arabe de libre-échange). Chaque année, le département du commerce dresse un bilan négatif en ce qui concerne ce sujet. En fait, l’adhésion était idéologique.

En ce qui concerne l’accord d’association avec l’Union européenne, Ramtane Lamamra avait raison en disant que c’est à sens unique. Mais qu’est-ce qu’on attend pour utiliser les articles qui nous permettent de nous retirer d’un tel partenariat ? On ne peut pas défendre la production nationale avec l’accord d’association et le retrait nous permettra de récupérer 1,4 milliard d’euros que perd chaque année le trésor public en raison de la levée des tarifs douaniers.

Nous sommes en situation de guerre avec cette chute du prix du baril, les réserves de change doivent servir à une vraie relance de l’industrie, sans gabegie ni copinage ni prédation. Idem pour l’agriculture et la pêche. Et pourquoi ne récupère-t-on pas les 5 milliards de dollars prêtés au FMI. Il y a aussi l’impôt sur la fortune qu’il faut instituer. Et s’il y a réelle volonté de préserver le pays du chaos, alors l’État doit avoir l’audace d’ouvrir des enquêtes sur les fortunes gigantesques mal acquises pour les exproprier au profit de l’économie nationale.

En fait, les solutions et l’argent existent. Pour peu que l’État décide de se mettre au service de la collectivité nationale au lieu d’une minorité. Le Premier ministre avait dit que nous ne voulons pas du communisme, ni de l’ultralibéralisme. Aucun pays n’a une économie communiste. D’ailleurs, ça n’a même pas existé en Union soviétique après la révolution bolchevique de 1917 (même s’il y a eu un véritable essor via la collectivisation des grands moyens de production et un progrès social indiscutable, aujourd’hui anéantis au nom de l’économie de marché). Quant à ceux qui parlent de la Corée du Nord, franchement, ça prête à rire. Il en est de même lorsque j’entends des responsables déclarer que l’Algérie deviendra un pays émergent dans deux ans ! De qui se moque-t-on ? Avec une industrie qui représente – de 5% du PIB ? Avec la récession qui pointe à l’horizon ? Les BRICS – Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud – présentés comme l’alternative sont un leurre; en témoigne le fait qu’ils soient secoués violemment par la crise économique mondiale.

**Vous avez dénoncé la prédation à tous les niveaux. Pouvez-vous nous donner quelques exemples ?

D’abord, je souhaite revenir sur l’article 66 de la Loi de finances 2016. À une question qui lui a été posée par une journaliste de la Radio nationale sur la Sonatrach et la Sonelgaz, le ministre des Finances avait louvoyé avant de préciser que c’est le gouvernement qui devrait trancher. Et ces derniers jours, lui aussi invente la fable des entreprises stratégiques qui seraient épargnées qui ne figurent nulle part pour tromper le peuple.

De plus, non seulement les violations des lois et même de la Constitution sont légion mais, depuis l’été 2014, on tue à petit feu des entreprises publiques. Comment ? Par exemple par le détournement des marchés et missions des EPE (Entreprise publique économique) au profit de l’oligarchie prédatrice. On peut citer à titre d’exemple la compagnie nationale des hydrocarbures Sonatrach qui vient d’annuler des commandes de tubes sans soudure chez Alfapipe et deux de ses directeurs se retrouvent en prison pour avoir osé renforcer la production de leur entreprise alors que les marchés sont détournés vers les entreprises des oligarques qui poussent comme des champignons.

En 2014, l’État algérien avait acheté du matériel de radiothérapie auprès de deux entreprises : une Américaine et une Suédoise. En principe, nous avons une agence créée en 2012 pour l’acquisition de matériels hospitaliers. Sauf que c’est Haddad qui représente l’État dans cette transaction et c’est lui que les entreprises étrangères choisissent finalement comme partenaire, comme par enchantement d’ailleurs, alors qu’il n’a rien à avoir avec les médicaments.

Ali Haddad a même parlé de l’industrie militaire. Cela est d’une extrême gravité. Il ne sait pas que même l’habillement militaire est stratégique vu qu’il y a des normes particulières. L’armée a ses propres usines. On va les fermer pour lui permettre d’ouvrir les siennes ? L’oligarque veut s’approprier le pays ! Et c’est pour faire passer cette orientation anti-sociale et anti-nationale, qu’a été réalisé un coup d’État à l’APN pour imposer les articles 71, 66, 59 etc. que tout le monde connaît parfaitement à présent.* mardi 22 décembre 2015 | Par Hadjer Guenanfa | tsa

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*Le FFS ( Front des forces socialistes ) fête ses 50 ans

Le parti du Front des forces socialistes (FFS) organisera, à partir d’aujourd’hui jusqu’à dimanche, une série d’activités marquant le cinquantième anniversaire de sa création, le 29 septembre 1963.

Pour aujourd’hui, une conférence économique et sociale sera animée par une pléiade de personnalités, dont l’expert auprès des Nations unies et membre de l’instance présidentielle du FFS, Mohand Amokrane Cherifi, et l’écrivain universitaire Amine Zaoui. Cette conférence s’inscrit dans le cadre des orientations du 5e congrès du parti qui a fait des objectifs onusiens du développement durable «la base de son programme, et de la reconstruction d’un consensus national, la voie et le moyen de les réaliser effectivement», selon le site officiel du parti. C’est dans cette perspective que la conférence «offrira aux acteurs de la société civile, un cadre de débats et d’échange sur les questions économiques, sociales, environnementales et culturelles», a ajouté la même source.

Une cérémonie de recueillement à la mémoire des martyrs du FFS sera organisée demain, en présence des anciens militants de 1963, durant la matinée au siège national du parti. Dans l’après-midi, un meeting populaire est prévu à la salle Sierra Maestra à Alger. Pour la journée de dimanche, des activités sont programmées au niveau des fédérations et des sections du parti dans les différentes wilayas du pays. Le plus vieux parti d’opposition a, depuis sa création dans la clandestinité, été présidé par le leader historique Hocine Aït Ahmed, qui avait décidé de ne pas briguer un nouveau mandat lors du dernier congrès du parti tenu en mai 2013. Une instance présidentielle composée de cinq membres avait été élue pour remplacer Aït Ahmed qui avait été proclamé à l’unanimité président d’honneur du FFS.*APS-27.09.2013

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**Cinquième congrès du FFS les 23, 24 et 25 mai 2013

«Comment faire un changement pacifique et construire un consensus national pour une alternative démocratique».

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L’instance présidentielle du FFS a désigné Ahmed Batatache comme premier secrétaire national du parti.

 Autopsie d’une opposition-1

La nouvelle direction du parti de Hocine Aït Ahmed, a désigné Ahmed Betatache à ce poste parmi les 159 membres du Conseil national. Président du groupe parlementaire du FFS, il devra présenter le programme de son secrétariat à la première session du Conseil national. Il est également membre du secrétariat national sortant. Ahmed Betatache, enseignant du droit constitutionnel à l’université de Bouira a conduit la liste du FFS de cette wilaya  lors des législatives de 10 mais 2012. Il fut également secrétaire national du parti aux Affaires maghrébines sous l’ex-premier secrétaire, Ali Laskri. Il sera chargé de de coordonner l’activité du secrétariat national et d’assurer le fonctionnement du parti. C’est lui également qui représentera le FFS devant toutes les institutions. En concertation avec le groupe des cinq, il doit choisir dans les prochains jours, son secrétariat parmi les militants. Il présentera pour adoption son programme d’action au Conseil national. Toutefois, le premier secrétaire est responsable devant l’instance présidentielle, qui pourra mettre fin à ses fonctions comme elle peut effectuer un remaniement partiel dans la composition de son secrétariat. Ainsi Ahmed Betatache a eu les faveurs du quintet du conseil présidentiel, en l’occurrence, Ali Laskri, Mohand Amokrane Cherifi, Rachid Halet, Aziz Baloul et Saïda Ichallamene.*L’Expression-02.06.2013.

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**La prochaine élection présidentielle n’est pas à l’ordre du jour du Front des forces socialistes (FFS). C’est ce qu’a indiqué, hier, l’ex-premier secrétaire national du parti, Ali Laskri, membre du conseil présidentiel du parti, élu samedi 25 mai 2013 au cours du 5e congrès qui s’est déroulé à Alger.
Lors d’une conférence de presse animée au siège du parti, M.Laskri qui s’exprimait au nom des cinq membres de l’instance présidentielle, a expliqué que le FFS ne se projette pas encore dans cette échéance. La priorité du FFS, a-t-il ajouté, «c’est comment faire un changement pacifique et construire un consensus national pour une alternative démocratique». Sans donner plus de détails, le conférencier a annoncé que le FFS lancera une initiative dans ce sens.
Interrogé sur l’hospitalisation du chef de l’Etat et la position du FFS sur ce qui se dit à ce propos, le conférencier a répondu «il faut que les Algériens sachent» la vérité. Le membre du conseil présidentiel du FFS, créé pour remplacer l’ex-président du parti, Hocine Aït Ahmed, est revenu sur le déroulement des travaux du 5e congrès qui ont été clôturés hier à 2 heures du matin. Il a indiqué que cet événement s’est déroulé dans de bonnes conditions et le FFS s’en est sorti «plus fort et plus stable». «La réussite du congrès contribuera à reconstruire un consensus national pour une alternative démocratique», a-t-il souligné, ajoutant que le FFS poursuivra la voie tracée par Hocine Aït Ahmed.
Pour lui, le FFS doit rester actif et vigilant pour poursuivre sa lutte pour les libertés, le développement durable et la justice sociale sans perdre de vue les objectifs tracés par la Proclamation du 1er Novembre 1954 et le Congrès de la Soummam du 20 Août 1956. Sur le plan organique, le conférencier a indiqué que la date de la désignation du nouveau premier secrétaire national n’est pas encore arrêtée. Ce dernier sera désigné dans les prochaines jours par les cinq membres du conseil présidentiel, en l’occurrence, Ali Laskri, Mohand Amokrane Cherifi, Rachid Halet, Aziz Baloul et Saïda Ichallamene.
La seule condition posée pour le moment est que le prochain premier secrétaire national soit membre du conseil national qui en contient 159. Ce qui empêchera le retour aux affaires de l’ancien premier secrétaire national, Ahmed Djeddaï. «M.Djeddaï n’est pas membre du conseil national», selon un membre de la direction du FFS. Les membres de l’instance présidentielle désigneront aussi les membres du secrétariat national du FFS.*L’Expression-27.05.2013.

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**La non-candidature du chef historique du FFS à sa propre succession ouvre la voie à une nouvelle forme de direction du parti qui consiste en l’élection d’une présidence collégiale de cinq membres à l’occasion du prochain congrès.

Les 23, 24 et 25 mai 2013 placeront les bases de l’avenir du Front des forces socialistes (FFS) sans Hocine Aït Ahmed. C’est au cours du 5e congrès du FFS qui aura lieu en ces dates que le leader charismatique, Hocine Aït Ahmed, viendra passer le témoin et quittera la présidence d’un parti qu’il a fondé un certain 29 septembre 1963. Le cinquantième anniversaire du FFS coïncidant avec les festivités de la célébration du cinquantenaire de l’indépendance verra donc se faire le passage de témoin de Hocine Aït Ahmed à la nouvelle direction du parti. «Ce congrès sera sans nul doute un moment historique particulier pour notre parti, la décision de notre président de ne pas se représenter à la présidence du FFS lors de ce 5e congrès est une décision lourde pour les militantes et les militants, mais aussi bien au-delà. L’annonce de cette décision a été profondément ressentie et l’émotion des militantes et des militants a été forte.

Ce congrès sera le congrès du sentiment et de l’émotion», nous confie le Dr Rachid Halet, député et membre du comité d’éthique du FFS, à l’issue des travaux hier du conseil national.  Les préparatifs de ce rendez-vous hautement important dans la vie du plus vieux parti de l’opposition se déroulent dans «la sérénité», nous dit-on. Hier, les membres du conseil national ont tenu une réunion extraordinaire autour du plan global de préparation du congrès. «On s’en tient au respect des règles, c’est ce qui fait d’ailleurs la force du FFS et sa différence avec les autres partis et même avec le fonctionnement des institutions du pays. Je peux dire que le respect des statuts et des règles est le plus grand legs d’Aït Ahmed aux militants», souligne Karim Baloul, député, secrétaire national chargé des relations internationales et chef de cabinet du président du FFS. Notre interlocuteur estime que même lors des quelques remous qui ont émaillé la campagne des législatives passées, certains reprochaient le choix de candidats, mais à aucun moment le processus ou la démarche n’ont été contestés.

Un «présidium» à la place d’un président

«Au FFS, nous avons le souci du respect des statuts et ceci rassure les militants. Ils savent qu’il n’y aura jamais de passe-droits et donc pas de remise en cause du processus», note encore Karim Baloul. Rachid Halet indique, pour sa part, qu’il y a eu «une crédibilisation progressive du processus de décision qui arrive à plus d’intelligibilité. Le processus est transparent et le choix des délégués s’est fait dans le respect strict des règles, et c’est là même notre façon de rassembler». La non-candidature d’Aït Ahmed à sa propre succession ouvre la voie à une nouvelle forme de direction du parti. Il n’y aura pas un président du FFS, mais un «présidium». «On ne veut pas se précipiter à trouver un successeur à Aït Ahmed. On se donne le temps de voir émerger une personnalité qui lui succède. C’est pour cela que nous optons pour l’idée du présidium qui donne toute sa mesure à ce congrès qui est, sans nul doute, celui de la transition», explique Karim Baloul. Et à Rachid Halet d’enchaîner : «C’est là un gage de démocratie dans la prise de décision, mais aussi une garantie contre les pressions.»
Le présidium se déclinera par le choix, lors du congrès, de cinq personnalités du parti et n’annulera pas le rôle du premier secrétaire.

L’autorité politique reviendra au présidium qui remplacera le président, mais le parti aura toujours un secrétariat national et un premier secrétaire pour le représenter, nous dit-on. Le choix des membres de la direction collégiale se fera lors du congrès, sur la base de la présentation de listes fermées comportant chacune les noms de cinq candidats. «L’idée de collégialité, de cohésion et de cohérence interne est le maître-mot de cette démarche qui se veut la meilleure garante de la poursuite du chemin tracé par Aït Ahmed depuis la création du parti», affirment nos interlocuteurs. Et à R. Halet d’ajouter : «Personne ne peut remplacer Aït Ahmed ; le défi pour nous, c’est que la citadelle de la démocratie qu’est devenu notre parti ne soit pas ébranlée… Et c’est aussi de continuer le combat pacifique tous ensemble pour le changement radical d’un système politique que nous avons contesté depuis l’origine, que nous avons rejeté hier, que nous rejetons aujourd’hui et demain.» A noter qu’une résolution a sanctionné les travaux du conseil national et sera soumise à l’appréciation et au débat des 1010 délégués congressistes élus par la base.*El Watan-11.05.2013.

**Le FFS pour l’instauration d’une 2ème république consacrant la souveraineté populaire

Le Front des forces socialistes (FFS) est « le leader du changement politique pacifique en Algérie », a estimé samedi à Bordj Bou Arreridj, le premier secrétaire national de cette formation politique, Ali Laskri, au cours d’un meeting populaire dans le cadre de la campagne électorale des élections locales du 29 novembre prochain.
La lutte du FFS pour provoquer le changement pacifique, qui doit, selon M. Laskri « aboutir à l’instauration d’une 2ème république consacrant la souveraineté populaire », est « enracinée dans l’histoire du mouvement national et de la Révolution et remonte même au combat héroïque du héros de la région des Bibans, Mohamed El Mokrani ».
Le premier secrétaire national du FFS, qui s’exprimait devant une foule nombreuse, a plaidé pour une « réhabilitation du rôle de l’élu » et pour la « dotation des collectivités locales de budgets suffisants qui doivent être dépensés en toute transparence et en toute indépendance dans le cadre d’une décentralisation des pouvoirs ».
Considérant que l’Etat « n’a pas donné à ces élections locales l’importance qu’elles méritent », il a ajouté que les collectivités locales « n’ont pas bénéficié d’allocations budgétaires suffisantes leur permettant de faire face aux nombreux défis du développement local ».
Revenant sur le caractère « tactique » de la participation du FFS à ces élections locales, M. Laskri a expliqué que son parti allait « faire le maximum possible avec les moyens dont (il) dispose » et que « (ses) militants persévéreront et ne se décourageront pas pour servir le pays et pour faire pression afin de faire aboutir les aspirations des citoyens et obtenir la prise en charge de leurs préoccupations (…) ».
Le FFS qui se présente « pour la première fois de son histoire » dans 19 communes sur les 34 que compte la wilaya de Bordj Bbou Arrerridj, en plus de présenter une liste pour l’APW, « milite pour la réconciliation du pays avec son histoire », a encore souligné M. Laskri. *APS-10.11.2012.

**Le peuple Algérien ne fait plus confiance à ses dirigeants 

Le premier secrétaire national du FFS a indiqué lors d’un meeting animé vendredi 23.11.2012. à Boumerdès que « les Algériens ne font plus  confiance à leurs dirigeants ».

« Le pouvoir a perdu sa crédibilité. Malgré les  richesses dont elle dispose, l’Algérie demeure toujours un pays pauvre. Certaines organisations internationales l’ont classée parmi les derniers pays du monde où il ne fait pas bon vivre », a-t-il déclaré avant de revenir sur les « conséquences de la  mauvaise gouvernance et le manque de transparence  qui caractérise la gestion des affaires du pays ». « Il est anormal de disposer de 186 milliards de dollars de réserves de change, et de prêter au FMI tout en continuant à importer du blé et du lait à partir des pays européennes qui, il y a quelques décennies, ce sont nous qui les approvisionnions en ces produits », a-t-il enchaîné devant une salle arche-comble.
L’orateur a affirmé que « le FFS  est resté fidèle aux principes du 1er Novembre et du Congrès de la Soummam », estimant que « le pouvoir doit s’exercer par les civils et non par les militaires afin d’instaurer un Etat de droit ». Il a souligné que « le pays connaît une stagnation totale sur tous les plans ». Selon lui, « les dernières réformes, censées créer un peu de dynamique dans la société, ont instauré le statut quo », rappelant que son parti exige un  changement radical et pacifique du système en place. De son coté, le candidat tête de la liste APW, M.Khaled Mokrani, a précisé que s’il est élu, il fera tout pour changer le mode de gestion des affaires de leur wilaya. *El Watan-24.11.2012.

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« Un système qui ne sert pas la société est appelé fatalement à disparaître »

Quatorze partis, des personnalités politiques et de la société civile, réunis dans une nouvelle initiative, ont appelé mardi au rejet de la révision de la Constitution et à la mise en place d’une commission électorale indépendante. Ahmed Benbitour, une des figures de ce groupe d’opposition, s’explique dans El Watan Week-end.

- C’est la première fois, dans le cadre d’une élection présidentielle, que se forme une telle alliance entre partis de bords radicalement différents et en connexion avec la société civile. Comment allez-vous réussir ce qu’aucune opposition n’est parvenue à faire jusqu’à maintenant, en clair résister à vos clivages, aux tentatives de récupération, aux scénarios d’implosion ?

J’ai eu à dire qu’une alliance n’est ni une fusion ni une union ; il s’agit seulement de réunir les moyens des partenaires vers l’atteinte d’un objectif commun. Dans ce cas, il s’agit de l’assurance d’une gestion transparente de l’élection présidentielle prochaine. Cette élection doit être un moyen et un outil pour préparer l’Algérie à répondre aux grands défis de demain. D’où notre appel au changement de tout le système de gouvernance, non pas limité au changement des dirigeants. L’initiative proposée le 25 novembre annonce une nouvelle ère pour l’avenir de l’Algérie. Des militants issus de partis politiques divers, de la société civile et des personnalités nationales se sont élevés, ensemble, pour dire non à l’autoritarisme, oui à la démocratie. Nous devons nous en féliciter et les encourager par tous les moyens. Un objectif clair, concis, facilite le rassemblement contre les clivages et les tentatives de récupération, comme vous le dites.

- Les discussions pour désigner un candidat commun pour la présidentielle n’ont pas abouti. Avec des personnalités aussi fortes, dont certaines entendent bien partir en campagne, comment allez-vous gérer les luttes de leadership ?

Personnellement je n’ai pas assisté à des discussions pour désigner un candidat commun. D’ailleurs, j’ai annoncé ma candidature dès décembre 2012.Aujourd’hui, il s’agit de mobiliser tous nos moyens pour amener le pouvoir en place à répondre à nos deux conditions : non à la révision de la Constitution, oui pour la mise en place d’une commission, indépendante du pouvoir, pour gérer le processus électoral dans son ensemble. En travaillant ensemble, en analysant nos différents programmes, il serait possible d’aller plus loin vers la convergence des programmes. Mais la question du candidat commun n’est pas à l’ordre du jour de nos travaux.

- Pensez-vous qu’il existe, dans la société, un potentiel capable d’être interpellé et sensibilisé à ce que vous dénoncez : la mainmise de l’administration, le manque de transparence, de légitimité,  etc. ?

Il est vrai que la situation du débat politique est anormale et regrettable ! Mais le pouvoir n’a-t-il pas fermé tous les canaux de support à ce débat ? On profite de l’état d’urgence, faussement levé, pour fermer tous les moyens de communication entre les hommes politiques et les citoyens : interdiction d’organiser une marche, autorisation préalable pour réunir des citoyens dans une salle, fermeture à l’opposition des médias lourds, plus particulièrement la Télévision nationale qui doit pourtant rester un service public à la disposition de tous. Il est vrai, également, que la majorité de la population est fataliste ; elle a développé, dans une résignation étrangère à ses traditions, des capacités d’adaptation à la détérioration de sa situation, des capacités de débrouille. Donc le véritable problème est l’état moral et psychologique de la société ; en l’état actuel, il y a peu de possibilités de libérer les initiatives. Cependant, un système qui n’est pas disposé à apprendre, qui n’est pas juste, qui ne sert pas les intérêts de l’ensemble de la société, qui est construit sur la rente et la prédation est appelé fatalement à disparaître. Le régime totalitaire court à son effondrement et à son autodestruction. Donc le contrôle autoritaire ne sera pas capable de tenir longtemps. Et c’est en prévision de cette chute annoncée et inéluctable que se pose, en toute logique, la question suivante : quelles sont les conditions pour créer une société plus agile, capable d’initiatives vers le changement ? Loin de se résumer en une forme de solution miracle capable de transformer la société en une période utopique, ou bien celle de l’homme providentiel, la réponse est la démocratisation par la jeune génération instruite et mieux éduquée. C’est le degré de formation des jeunes, plus que l’espoir d’une forte croissance économique, qui mobilise. Ce sont l’ensemble des forces favorables au changement, les jeunes, les femmes et les médias, qui peuvent créer la mobilisation face à l’autoritarisme du régime.

- Si oui, comment militez-vous dans ce sens ? Par exemple, avez-vous des relais parmi les jeunes ? Un travail de proximité est-il mené dans les régions ?

Dès décembre 2012, j’ai proposé un programme politique pour une Algérie de paix, de justice et de prospérité et j’ai commencé à me déplacer à travers le pays pour une mobilisation de proximité.J’ai partout rencontré des gens très conscients des dangers qui menacent le pays et très intéressés de comprendre les voies pacifiques pour le changement. Effectivement, la nation est en danger. Chaque institution, chaque citoyen sont placés devant leurs responsabilités. C’est le moment de travailler à la préparation, la conception et la mise en œuvre d’une stratégie de sortie de crise.

- Rejet d’une révision de la Constitution avant la présidentielle et mise en place d’une commission nationale indépendante qui supervisera les opérations électorales lors de ce scrutin, est-ce qu’il n’est pas trop tard pour demander cela et mobiliser des gens autour de ces idées ?

Il n’est jamais trop tard pour bien faire ! La non-révision de la Constitution ne prend pas de temps. Pour la mise en place de la commission indépendante, nous sommes prêts à mettre notre expertise à la disposition des autorités pour la réussite de cette opération.

- Les révoltes arabes ont montré que le vrai moteur du changement est le peuple, à condition qu’il soit porté par une élite qui ne l’a pas trahi. Pourquoi l’initiative s’adresse-t-elle alors au régime ?

Il y a un éveil politique mondial grâce au village global. Pour la première fois dans l’histoire, toute l’humanité est politiquement consciente, politiquement active, politiquement interactive. D’où l’appel à plus de dignité personnelle, de respect culturel et d’opportunités économiques (emploi, école, santé…). C’est un mouvement mondial. Aucun pays ne peut y échapper. Des expériences tunisienne et égyptienne de 2011, nous pouvons retenir deux leçons. La première est que lorsque la population s’installe, avec persévérance, dans un endroit stratégique de la capitale, elle est capable de faire partir le chef de l’Etat, même si cette population ne dispose pas de programme politique et pas de leadership unifié. Et c’est là le problème, en l’absence de programme et de leadership, le chef de l’Etat part, mais le changement ne se réalise pas. La deuxième est que tous les dirigeants de ces régimes, leurs familles et leurs proches collaborateurs disposent d’avoirsà l’étranger, qu’ils gardent à disposition pour s’en servir en cas d’explosion sociale dans le pays. Les deux expériences ont montré que cela n’est plus possible.Nous pouvons retenir que le rapport de force s’est déplacé en faveur des populations et qu’il est dans l’intérêt des tenants du pouvoir, leurs familles et leurs proches collaborateurs de partir de façon pacifique. Et quelle meilleure façon de quitter pacifiquement le pouvoir que de le faire à l’occasion de l’élection présidentielle ? Bien entendu, dans l’intérêt du peuple, il faut que le changement se fasse autour d’un programme et d’un leader jouissant d’une majorité confortable pour le soutenir dans la réalisation de ce changement. La réussite d’un programme passe nécessairement par la réunion de trois conditions : d’abord, la promotion d’une large mobilisation collective pour assurer le succès aux décisions fondamentales initiées ; ensuite, la mise en place des outils et mécanismes indispensables à la réalisation de l’objectif défini ; enfin, la sécurisation du processus de changement contre toute pratique de régression ou de statu quo.

- Les personnalités de l’initiative, de manière individuelle, réclament dans leur majorité un «changement»en soulignant que celui-ci est «impossible à concevoir avec le système tel qu’il est aujourd’hui».Pourtant, de manière collective, vos revendications montrent que vous reconnaissez ce système comme interlocuteur. N’est-ce pas paradoxal ?

Si vous appelez à un changement pacifique, lors d’élections présidentielles vous devez fatalement travailler avec le pouvoir en place. J’ai toujours dit que  l’opportunité reste ouverte aux fractions saines et patriotes au sein du pouvoir et de l’appareil administratif qui, faisant le constat de la gabegie dans laquelle nous sommes plongés, voudront se joindre à leurs concitoyens pour participer à la réalisation de cet objectif d’une Algérie de paix, de justice et de prospérité.

- Vous avez annoncé que vous continuerez à militer même après l’élection. Sous quelle forme ? Est-il possible de militer par les biais traditionnels ou réfléchissez-vous à de nouvelles formes de mobilisation ?  

Si le scrutin aboutit à l’élection d’un Président qui assurera le changement vers un système démocratique, nous créerons un parti politique. Sinon, nous innoverons. Mais nous n’abdiquerons pas parce que notre pays ne peut plus  continuer à vivre d’espoirs sans cesse reportés. La reprise en mains de notre destin ne peut être différée plus longtemps. Ayons simplement le courage de nos rêves et ayons foi en nous-mêmes.*Mélanie Matarese-El Watan-29.11.2013

BIO EXPRESS :

Premier ministre de décembre 1999 à août 2000, ministre chargé du Trésor en 1992, de l’Énergie en 1993 et des Finances des 1994 à 1996, Ahmed Benbitour, 68 ans, s’est déclaré candidat à la prochaine élection présidentielle de 2014. Cet économiste, originaire de Ghardaïa, qui a suivi ses études en Algérie et au Canada, a écrit un ouvrage en 2006 Radioscopie de la gouvernance algérienne.

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*A la tête du parti depuis 1963, Aït Ahmed quitte la présidence du FFS

50 ans après la création du FFS dont il a été l’inspirateur et un des membres fondateurs, Hocine Aït Ahmed quittera la présidence du parti à la faveur du 5e congrès qu’il a convoqué pour le printemps 2013. Le leader charismatique du plus vieux parti d’opposition a décidé de constituer la «fondation Hocine Aït Ahmed».

Cinquante ans après la création du FFS, Hocine Aït Ahmed quittera la présidence du parti et décide de créer une fondation. L’annonce avait, hier, l’effet d’un tremblement de terre au siège du FFS. Le leader, le grand militant politique, passe ainsi le témoin et choisit de sortir de 70 années de militantisme politique par la grande porte. «Rappelons-nous nos ‘‘devoirs de vérité et de lucidité’’ : mes convictions et ma ferveur sont toujours aussi vivaces qu’aux premières heures de mes soixante-dix ans de militantisme. Mais les cycles de la vie s’imposent à tous. Je dois ainsi vous dire que le moment est venu pour moi de passer le témoin et que je ne me présenterai pas à la présidence du parti pour le prochain exercice», a-t-il annoncé hier aux membres du conseil national réunis en session extraordinaire. Dans un message empreint de solennité, Aït Ahmed invite les cadres et militants du parti à conduire le FFS sur le chemin qu’il s’était tracé il y a 50 années, celui du combat politique pour une alternative démocratique.

Maintenez le cap, dit-il aux membres du CN en mettant l’accent sur deux principes fondateurs du parti «la collégialité et l’éthique». «Je vous confie dès à présent le soin de maintenir le cap, de préserver et de développer le FFS, dans la collégialité, conformément à l’éthique qui a toujours guidé nos actions», souligne le leader charismatique qui gardera tout de même un lien de filiation avec le FFS, à qui il a donné naissance et nourri de son riche parcours militant et qui est arrivé à un âge de maturation lui permettant de suivre son chemin. «Je reste encore, bien entendu, à l’écoute des militantes et des militants, et en relation de confiance avec le comité éthique et le secrétariat national à qui je demande d’engager, dès maintenant, le processus de préparation du 5e Congrès du FFS par la mise en place, conformément à nos statuts et notre règlement intérieur, de la commission de préparation du congrès national (CPCN) et de tout mettre en œuvre pour sa réussite», promet Da L’Hocine qui ne coupe pas le cordon même s’il décide de prendre du recul et d’ouvrir un nouveau chapitre de sa vie. «Je resterai, dans l’avenir, toujours proche de vous dans la réflexion et l’action, en particulier avec la collaboration de mes enfants, dans le cadre de la ‘‘Fondation Hocine Aït Ahmed’’ que j’ai décidé de constituer.»

Du jeune de militant de 16 ans qui a rejoint le PPA à celui de 19 ans qui a rédigé le rapport stratégique sur la lutte armée pour l’indépendance, en passant par ses positions et actions d’une importance capitale durant la guerre de Libération, notamment sur le plan diplomatique, et arriver à son engagement dans l’opposition sans concession contre la dictature qui s’est installée après l’indépendance jusqu’à nos jours, sont autant de jalons qui ont marqué non seulement sa vie d’homme de conviction et d’engagement mais aussi et surtout la vie du pays. Il quittera donc organiquement dans six mois le FFS pour une autre œuvre qui appartiendra aussi à tous les Algériens, et où il contribuera encore une fois à léguer une mémoire, des valeurs et l’espoir en un avenir meilleur qu’il a toujours semé. Aït Ahmed n’omet pas dans son message d’orienter le parti sur la voie à suivre afin de faire face aux épreuves. «Mais le FFS ne serait pas ce qu’il est, c’est-à-dire le plus vieux et le plus solide parti d’opposition démocratique, s’il n’avait su, tout au long de ces années, serrer les dents durant les épreuves, renforcer les liens entre les militants les plus sincères, faire corps avec sa base et remonter, victorieux, à contre-courant de tous les traquenards», dit-il en faisant allusion aux embûches rencontrées par le FFS depuis sa décision de prendre part aux dernières législatives.

Aït Ahmed assène aux voix discordantes ceci : «En dépit de toutes les crises, fomentées dans les officines ou générées par un climat ambiant peu soucieux de sincérité et de dialogue franc, le FFS a élargi sa base militante, conquis de nouveaux citoyens et convaincus de valeureux militants de joindre leurs forces aux siennes à travers diverses régions du pays.» Mais lancera aussi à l’adresse des militants du FFS en guise de mise en garde : «Cet acquis inestimable doit être mesuré à sa juste valeur. Pour les partis comme pour les femmes et les hommes, il faut savoir grandir, si on ne veut pas finir dans les dérives infantiles.» Le message de Hocine Aït Ahmed aux membres du conseil national (CN) est aussi et comme de tradition, une analyse lucide sur la situation politique du pays. Une situation qui n’est pas sans lier à celle qui prévaut dans la région, estime-t-il. «La menace d’une guerre de déstabilisation majeure pèse lourdement sur la région du Sahel. Elle peut entraîner l’ensemble du Maghreb dans des turbulences dévastatrices. Les peuples de la région risquent de se retrouver de nouveau ballottés par des forces hostiles à leur développement, à leur cohésion et à leur liberté. Tous trois insuffisamment promus et renforcés par des régimes trop occupés à réprimer leurs peuples et à se quereller pour anticiper les mutations et les bouleversements», a-t-il averti en plaidant pour l’urgence de la «mobilisation des consciences vives de la région».

Et d’ajouter : «Plus que jamais, le Maghreb devra apprendre à sortir de la politique des slogans creux pour investir la voie du dialogue et des choix stratégiques mutuellement bénéfiques.» Et de qualifier les régimes dans la région de «trop peu sincères». Hocine Aït Ahmed prévient que «le parti, le pays et l’ensemble de la région seront des sujets de réflexion et de débat constant pour les mois qui viennent» et invite le CN à inscrire ces préoccupations pour les travaux du 5e congrès du parti qu’il a convoqué pour le deuxième trimestre 2013. «Nous sommes dans le sens de l’histoire et notre peuple ne renonce jamais. Cet événement doit donner tout son sens à un véritable changement démocratique dans notre pays», conclut-il. *El Watan-22.12.2012.Nadjia Bouaricha

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**Message de Hocine Aït Ahmed au Conseil national du FFS réuni en session extraordinaire le 21 décembre 2012 à Alger :

Chers camarades,
Depuis la préparation de la convention nationale du parti sur les élections législatives et jusqu’à ces élections communales, beaucoup de chemin a été parcouru. Sur ce chemin il y a eu beaucoup d’obstacles. Mais le FFS ne serait pas ce qu’il est, c’est-à-dire le plus vieux et le plus solide parti d’opposition démocratique, s’il n’avait su, tout au long de ces années, serrer les dents durant les épreuves, renforcer les liens entre les militants les plus sincères, faire corps avec sa base et remonter, victorieux, à contre-courant de tous les traquenards.

En dépit de toutes les crises, fomentées dans les officines ou générées par un climat ambiant peu soucieux de sincérité et de dialogue franc, le FFS a élargi sa base militante, conquis de nouveaux citoyens et convaincus de valeureux militants de joindre leurs forces aux siennes à travers diverses régions du pays. Cet acquis inestimable doit être mesuré à sa juste valeur.
Pour les partis comme pour les femmes et les hommes, il faut savoir grandir, si on ne veut pas finir dans les dérives infantiles.

Il ne s’agit donc pas de se satisfaire d’avoir résisté, et survécu, aux terribles épreuves que le parti a traversées en même temps que le pays. Les défis qui attendent d’être relevés sont au moins aussi importants et sérieux que ceux que le parti a relevés au cours des décennies passées.
D’autant que les conjonctures nationale et régionale, déjà fort troublées par les crises qui secouent chacun des pays de la région, s’alourdissent en raison des contrecoups de la crise internationale.

La menace d’une guerre de déstabilisation majeure pèse lourdement sur la région du Sahel. Elle peut entraîner l’ensemble du Maghreb dans des turbulences dévastatrices.
Les peuples de la région risquent de se retrouver de nouveau ballottés par des forces hostiles à leur développement, à leur cohésion et à leur liberté. Tous trois insuffisamment promus et renforcés par des régimes trop occupés à réprimer leurs peuples et à se quereller pour anticiper les mutations et les bouleversements.

Chers camarades,
Plus que jamais, la mobilisation des consciences vives de la région est impérative. Plus que jamais, le Maghreb devra apprendre à sortir de la politique des slogans creux pour investir la voie du dialogue et des choix stratégiques mutuellement bénéfiques.

Pour l’heure, l’ensemble des régimes, anciens ou nouveaux, restent scandaleusement dépendants de leurs «amis» d’Orient ou d’Occident, et trop peu sincères et engagés dans le développement politique démocratique, le développement économique régional et le rapprochement effectif entre les Etats, les peuples et les régions de l’ensemble maghrébin.

Chers camarades,
Le parti, le pays et l’ensemble de la région seront des sujets de réflexion et de débat constant pour les mois qui viennent.
Aussi je vous invite d’ores et déjà à inscrire ces préoccupations pour la préparation des travaux du 5e congrès du FFS, nouvelle étape de notre feuille de route, que je convoque officiellement pour le second trimestre de l’année 2013. Nous sommes dans le sens de l’histoire et notre peuple ne renonce jamais. Cet événement doit donner tout son sens à un véritable changement démocratique dans notre pays.

Chers camarades,
Rappelons-nous nos «devoirs de vérité et de lucidité» : mes convictions et ma ferveur sont toujours aussi vivaces qu’aux premières heures de mes soixante-dix ans de militantisme. Mais les cycles de la vie s’imposent à tous. Je dois ainsi vous dire que le moment est venu pour moi de passer le témoin et que je ne me présenterai pas à la présidence du parti pour le prochain exercice.

Dans cette perspective, je vous confie dès à présent le soin de maintenir le cap, de préserver et de développer le FFS, dans la collégialité, conformément à l’éthique qui a toujours guidé nos actions.
Je reste encore, bien entendu, à l’écoute des militantes et des militants et en relation de confiance avec le comité éthique et le secrétariat national à qui je demande d’engager dès maintenant le processus de préparation du 5e congrès du FFS par la mise en place, conformément à nos statuts et notre règlement intérieur, de la commission de préparation du congrès national (CPCN) et de tout mettre en œuvre pour sa réussite.

Je resterai, dans l’avenir, toujours proche de vous dans la réflexion et l’action, en particulier, avec la collaboration de mes enfants, dans le cadre de la «Fondation Hocine Ait-Ahmed» que j’ai décidé de constituer.
Avec mes salutations militantes et mes vœux de réussite pour les prochaines étapes de lutte et de construction du parti et de l’alternative démocratique dans notre pays, ainsi que pour l’édification d’un Maghreb démocratique.
Hocine Aït Ahmed

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*Abdelmadjid Menasra:

« La Réconciliation nationale, c’est le fruit d’un effort national« 

Le président du Front du changement, M.Abdelmadjid Menasra a souligné, hier à Saïda, que la Réconciliation nationale dont jouit actuellement l’Algérie, «fruit d’un grand effort national», est à préserver. Animant un meeting à la Maison de jeunes les Frères Abedlli de Saïda, M.Menasra a affirmé que «tous les pouvoirs politiques, l’Armée nationale populaire et les partis politiques ont contribué à cet effort qui a engendré la Réconciliation nationale et l’arrêt de l’effusion du sang dont a souffert l’Algérie durant les années 1990. Cet effort a été couronné par un retour de la paix au pays et il faut le préserver contre des menaces». Il a ajouté que son parti «oeuvre à instaurer la paix et la stabilité dans le pays pour un avenir basé sur les composantes de la nation et l’unité nationale. Le même intervenant a exhorté à s’inspirer des sacrifices consentis par les Algériens lors de la guerre de Libération nationale contre l’occupant français dont les manifestations du 11 Décembre 1960 que l’Algérie vient de commémorer et dont il faut tirer comme leçon, l’union et l’abnégation pour l’indépendance du pays, deux éléments qui peuvent «servir aujourd’hui pour mettre l’Algérie à l’abri des dangers qui la menacent». A propos de la réconciliation entre le Front du changement et le Mouvement de la société de la paix (MSP), M.Menasra a indiqué qu’elle s’opère lentement, mais se dirige vers la bonne voie qui réalisera l’unité des deux partis appartenant à la même école politique et au même courant idéologique.l’Expression-15.12.2013

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