Les Gilets jaunes

12012019

**La Révolution des Gilets jaunes

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Le mouvement des «gilets jaunes» prend de l’ampleur en France

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« Changer par le don », c’est le nom d’une initiative lancée par Denis Duverne et Serge Weinberg, présidents d’Axa et de Sanofi, qui demande aux plus riche de donner 10% de leur revenus ou patrimoine à des associations, fondations ou fonds de dotation en le faisant savoir.**press here: ELAyam.5

*****Dans la même page:

*Partout, les économistes et les responsables politiques craignent de voir des «gilets jaunes» aux quatre coins du monde, à cause des inégalités sociales

******vidéos

*La révolution jaune a atteint un point de non-retour

Macron semble une fois encore plus soucieux de l’avenir professionnel de son ex-garde du corps Benalla que des revendications des gilets jaunes. Le mouvement des gilets jaunes a atteint un point de non-retour le 10 décembre, jour de l’allocution où Macron a tenté une nouvelle fois de tromper les Français. De leur côté, fidèles à leur nullité et à leur malhonnêteté, les merdias font comme si le mouvement des gilets jaunes n’existait plus. Il est urgent que policiers et gendarmes comprennent qu’ils ne sont que des jouets aux yeux de Macron. Les énarques, dont Macron, ont détruit le tissu industriel français. Déconnectés de la vraie vie et de la réalité de la France, ils sont, avec les merdias, une plaie pour le pays, depuis plus de 30 ans. Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, a d’ores et déjà annoncé, qu’après le débat national pipeau, la politique de Macron ne changera pas.

#RDLS79 - GILETS JAUNES, LYCÉENS : LA RÉVOLUTION CITOYENNE EST COMMENCÉE

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COMMENT LES MÉDIAS DIABOLISENT LES GILETS JAUNES

* CES MILLIARDAIRES QUI NOUS FONT LES POCHES 

*#2 L’oligarchie en faillite – Faut VRAIMENT que vous compreniez

*COMMENT MACRON VA NOUS POURRIR L’ANNÉE 2019

** Destitution de Macron- Les juges doivent réagir

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Michel Midi: 80% soutiennent les gilets jaunes.

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Gilets Jaunes : Le système tremble

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Gérard Filoche : «Macron voulait casser tout ce qu’il y avait de social en France»

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*Les Français ne sont pas des mendiants

**balancer une poignée de cacahuètes à des primates

**Police, gendarme, armée- vous êtes au service du peuple, et non pas au service du pouvoir

** #RDLS81 : GILETS JAUNES, POLICIERS EN COLÈRE,

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*La violence des riches 

*Voici un couple de sociologues qui cogne dur et parle clair. Entretien avec Monique et Michel Pinçon-Charlot, autour de leur livre «La violence des riches – Chronique d’une immense casse sociale» (Editions Zones – La Découverte 2013).

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Gilets Jaunes : La contagion dans toute l’Europe ! Pourquoi ?

*Petit tour d’horizon des différents mouvements de gilets jaunes dans l’Union européenne, et pourquoi c’est elle qui en est l’origine.

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Neuvième semaine de contestation sociale en France :

Les « gilets jaunes » trouvent un nouveau souffle

Le mouvement des « gilets jaunes » est rentré samedi dans sa neuvième semaine de mobilisation en France. À la veille du lancement de la concertation politique, dite « Grand débat national », décidée par le président Emmanuel Macron, la contestation socio-politique ne semble pas faiblir. Bien au contraire, elle a trouvé un nouveau souffle.

Des dizaines de milliers de manifestants, largement plus que le samedi précédent (où leur nombre a été estimé à 50 000 personnes par les autorités), se sont rassemblés et/ou défilé à Pariset dans les plus grandes villes françaises (Bordeaux,Marseille, Lille, etc.).

L’une des plus importantes manifestations (regroupant plus de 5000 personnes) a eu lieu dans la ville de Bourges (centre de la France), qui a accueilli pour la première fois une action des « gilets jaunes » à l’appel du groupe « La France en colère », créé par les trois figures de proue du mouvement social : Eric Drouet, PriscilliaLudosky et Maxime Nicolle.

Ces derniers ont voulu choisir une ville symbolique en plein centre du pays afin d’entériner leur stratégie de décentralisation, loin des violences qui entachent à chaque fois les mobilisations parisiennes, en inscrivant ainsi l’engagement des « gilets jaune » dans la durée. En effet, ils bénéficient encore du soutien d’une majorité de Français (plus de 60 % d’opinions favorables) malgré une certaine campagne de diabolisation mise en place par le gouvernement pour isoler les leaders récalcitrant à la négociation, voulue par le président Macron et son Premier ministre, Édouard Philippe.

Quant au ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, il a opté pour une gestion plus sécuritaire du mouvement en ordonnant l’évacuation de tous les ronds-points occupés et en accusant ceux qui appellent encore à manifester d’avoir « leur part de responsabilité » dans la violence émanant des confrontations entre des « gilets jaunes » radicaux et membres des forces de l’ordre.

Ceux-là étaient plus de 80 000 gendarmes et policiers à être déployés partout en France, dont au moins 5 000 dans la région parisienne. Depuis le début de la protestation en novembre dernier, sur fond de ras-le-bol fiscal généralisé, des milliers de manifestants ont été arrêtés et condamnés à de la prison ferme. Par ailleurs, selon un bilan fait par l’AFP, dix personnes sont mortes en marge des mobilisations et plus de 1600 ont été blessées.

Durant ce neuvième samedi de mobilisation nationale, les manifestations se sont déroulées plutôt dans le calme (au moment où nous mettons sous presse). Ceci dit, vers 14h30, les forces antiémeutes ont chargé des centaines de « gilets jaunes », qui voulaient se regroupaient au niveau de la Place de l’Étoile (pas loin de l’avenue des Champs-Élysées), et effectué des dizaines d’arrestations « préventives » parmi les manifestants. Suite à quoi, la tension est montée d’un cran dans plusieurs rues avoisinantes. Les CRS ont alors fait usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau. Les mêmes scènes ont été également constatées et décrites par des journalistes présents à Bordeaux et à Bourge.

En plus de deux revendications principales portées désormais par le mouvement, en l’occurrence l’instauration du Référendum d’initiative citoyenne (RIC) et la baisse des taxes sur tous les produits de première nécessité, le mot d’ordre d’hier était d’appeler à la libération immédiate de Christophe Dettinger, le boxeur « gilet jaune » rendu célèbre par une vidéo le montrant en train d’asséner des coups-de-poings à des gendarmes lors d’une manifestation qui a eu lieu samedi dernier. Il y avait aussi le slogan habituel « Macron démission ».*elwatan- DE PARIS SAMIR GHEZLAOUI.  13 JANVIER 2019

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*Le mouvement des «gilets jaunes» prend de l’ampleur en France

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La mobilisation des «gilets jaunes», hier à Paris, qui devait relancer leur mouvement contestataire entamée la semaine dernière partout en France, s’est transformée finalement en violentes émeutes au niveau des Champs-Elysées et ses alentours. *press here: ELAyam.5

**Anonymous aurait dévoilé des données personnelles de centaines de policiers français

*vidéos:« Il y a un sentiment d’insécurité : les CRS matraquent, balancent des bombes lacrymogènes, des bombes assourdissantes… Après ils disent que c’est les manifestants… mais c’est eux qui bombardent » - Toute la journée du samedi 1er décembre 2018, Le Média était sur le terrain, pour couvrir la mobilisation des gilets jaunes. Notre journaliste Virginie Cresci est allée recueillir leurs témoignages.

*PAROLES DE GILETS JAUNES : « MACRON MASSACRE SON PEUPLE »

*Macron fait de la provocation. Les Français ne sont pas des casseurs, il provoque les Français pour qu’ils deviennent des casseurs

*GILETS JAUNES : « QUOI QU’IL ADVIENNE, ON CONTINUERA »

 *Gaz lacrymogènes et canons à eau face aux manifestants

*Les images des heurts entre gilets jaunes et police sur les Champs-Elysées

**GILETS JAUNES : LA MACRONIE EST PERDUE

Les Gilets Jaunes FONT LA RÉVOLUTION sur les Champs-Elysées à Paris, 

**Je suis gilet jaune

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***Qu’est-ce qu’une révolution ?

C’est le mouvement d’un nombre de rebelles suffisant pour s’être donné une unité d’action violente.

**Par Jean Daniel -Publié le 06 décembre 2018- nouvelobs.

L’Histoire, toujours elle, la petite ou la grande. Il faut se précipiter sur les derniers manuels où les jugements seraient plus autorisés. Sur quoi donc ? On l’a déjà deviné.

«  Mais c’est une révolte ? – Non, Sire, c’est une révolution. »

Qui parle ? C’est Louis XVI lui-même qui pose la question, après avoir été réveillé par le duc de La Rochefoucauld, le soir du 14 juillet 1789 à Versailles. Ce fut bien raconté par Victor Duruy et cela procure, encore aujourd’hui, plus qu’un frémissement. C’est le premier signe de ce que l’on appelle déjà à l’époque une révolution.

Qu’est-ce qu’une révolution ? C’est le mouvement d’un nombre de rebelles suffisant pour s’être donné une unité d’action violente, car la violence est ici indispensable. C’est un grand philosophe, Hegel, qui l’a écrit.

Il faut que les « gilets jaunes » aient un commandement plutôt rigoureux et imaginatif. Ils n’en ont pas aujourd’hui, mais ils n’ont pas peur des excès puisqu’ils formulent des rendez-vous, qu’ils lancent des défis et fixent des dates pour les affrontements à venir.

Mais revenons à l’histoire. Quand Louis XVI entend la réponse sur la révolution, il n’est pas homme à l’affronter, mais lui, il le sait. Il est même plus pessimiste que les autres parce qu’il se connaît. Masochiste ? Non, lucide.

*Que nous arrive-t-il ?

Qu’est-ce qui nous arrive ? Macron n’a pas l’air d’un faible de caractèrequi analyse avec masochisme ses faiblesses. Alors, il a insisté, complètement égaré par ce fol usage de la volonté. Dans un certain sens, il a du courage, mais lequel ? Bref, on l’a compris, nous sommes à la merci de tous les égarements. « Mais c’est une révolte ? – Non, Sire, c’est une révolution. »

Est-il temps de s’adresser aux plus révoltés ? S’il y a trop de casse, peut-être, et à la condition que quelqu’un sorte des rangs pour proclamer « C’est assez ! » et pour être écouté. C’est possible, mais comment contrôler, sauf à se faire entendre, quand ces passions sont à ce point déchaînées, quand elles prennent goût à se multiplier, et quand la majorité commence à devenir hégélienne – car il faut relire Hegel même si, osons le mot, c’est incroyablement emmerdant.

Alors que faire ? Camus, que j’ai eu tort de ne pas citer encore, avait l’habitude de dire ou de suggérer qu’on ne pouvait pas à la fois se réclamer de la gauche et s’éloigner des mouvements sociaux. Il s’abandonnait même parfois à ajouter que la peur de la démagogie ne devait pas conduire au renoncement. Le chemin était donc tout tracé pour nous qui nous flattons de ne nous être jamais éloigné des lignes politiques et morales de Camus et de Pierre Mendès France.

Pour Camus, c’était pour ainsi dire naturel. Son père était mort à la guerre et sa mère faisait des ménages. Autour de lui, le peuple était le milieu naturel. Il n’était pas besoin de lui inventer des origines ou des définitions. Cela ne l’empêchait pas d’avoir l’âme fière et d’être un homme révolté. Cela ne l’empêchera pas d’être un écrivain, actuellement le plus lu dans le monde. J’écris cela avec la joie profonde de la fidélité.

La paix civile compromise

Reste que la peur de la démagogie est venue récemment, lorsque le conflit a suscité des manifestations violentes, lorsque les injures entre citoyens sont devenues folles, et ce qu’on appelle tout de même la paix civile était compromise par ceux-là mêmes qui la réclament.

En tout cas, la grande surprise, c’est la quasi-unanimité avec laquelle la majorité populaire épouse le mouvement jeune, libre, impatient et raisonneur qui s’est manifesté. Ce n’est pas du Zola, mais pas tellement au-dessous. Il m’arrive souvent, en entendant le récit de certaines victimes de la situation actuelle, d’avoir honte de la vie qui est la mienne.

C’est une période difficile, parce que, avec les premières réussites de Macron, nous étions dans l’émerveillement d’être français. Tout semblait réussir à cet homme providentiel après que tout eut semblé devoir échouer dans une France déjà rebelle. D’autre part, il est vrai que l’histoire des mouvements populaires est celle de leurs divisions. Ils ne savent pas toujours comment « terminer une grève », selon la formule classique. Simplement, le peuple n’a pas toujours raison.

Plus simplement encore, il est toujours plus facile de réprimer parce qu’on pratique l’autodéfense, que de procéder à des actions correctrices. Prenez d’ailleurs tous ces anciens révolutionnaires, chez tous les intellectuels engagés, tous ceux pour qui l’histoire, c’est la violence, tous ces anciens militants, il y a toujours des moments particulièrement exaltants. Pour finir avec Camus, il avait en horreur les dérives vers les extrêmes. Ce n’est pas pour rien qu’il aimait cette phrase qu’il attribuait à la philosophe Simone Weil :

« Chaque fois que l’on propose de défendre par les armes une bonne cause, on met le pied dans le champ de l’inconnu. »

**Par Jean Daniel -Publié le 06 décembre 2018- nouvelobs.

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**Les gilets jaunes vus de l’étranger 

De Pékin à Antananarivo, en passant par New York ou Athènes, tour d’horizon du conflit des gilets jaunes vu de l’étranger.

Réaction au capitalisme pour les uns, résistance aux «gauchistes» pour les autres, la perception du mouvement des gilets jaunes est très différente selon l’endroit où l’on se trouve dans le monde.

Des gilets jaunes place du Trocadéro le 1er décembre.

**ROYAUME-UNIUne certaine «schadenfreude»

Les Britanniques adorent le mot schadenfreude, volé à l’allemand et qu’ils utilisent sans le traduire, cette «joie malsaine» ou ce «malin plaisir» ressenti face au malheur de l’autre. Le terme est employé pour la France, souvent accompagné d’un petit sourire cynique. On l’a entendu mardi au Marquis of Westminster, un pub proche de la gare de Victoria à Londres, pendant un quiz de Noël, activité obligée de la saison préfestive. Devant notre accent français, un haut fonctionnaire britannique nous a glissé, avec un petit sourire en coin : «Chez nous, ça fait trois ans qu’on se déchire de manière parfaitement civilisée autour du Brexit, chez vous, en France, il suffit d’une hausse d’impôts et hop, le pays est à feu et à sang !» Après le choc du vote du Brexit en juin 2016, puis l’élection de Trump en novembre de la même année, certains Britanniques n’avaient pas hésité à parler de vague po­puliste globale. A la veille de l’élection présidentielle française, en mai 2017, les mêmes envisageaient la victoire de Marine Le Pen. Comme si l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir était une évidence, la suite logique de la vague entamée outre-Manche puis outre-Atlantique. Et la preuve que le Brexit n’était pas un accident de l’histoire. L’élection de Macron avait stupéfait. L’arrivée de ce jeune président, bilingue, pro-européen et se présentant en plus comme un rempart contre le populisme, avait ­séduit avant de provoquer une certaine envie voire un léger agacement. Depuis un pays rongé de ­l’intérieur par le Brexit, la France semblait soudain le lieu le plus cool du continent et sa sale réputation de réfractaire aux réformes, au peuple adepte des grèves à répétition, s’effaçait peu à peu. Jusqu’aux yellow vests, aux violences et dégradations, la volte-face et le silence de Macron. Soudain, les Britanniques se sentent moins seuls.

S.D.-S. (à Londres)

**CHINELa France, «société inégalitaire»

Pour les médias chinois, le mouvement des gilets jaunes est la plus grande révolte que la France a connue depuis Mai 68, dans un pays considéré comme «le centre historique de la révolution en Europe» par Hu Xijin, journaliste au Global ­Times, organe d’Etat connu pour son nationalisme. Dans une vidéo publiée sur Weibo, l’équivalent chinois de Twitter, l’éditorialiste assure que ce mécontentement vise à dénoncer une «société inégalitaire» et trouve son origine dans le marasme économique que connaît l’Europe. Pour le commentateur, il y a des enseignements à tirer de cette révolte populaire : de quoi inciter laChine à assurer sa propre stabilité économique et politique. Egalement éditorialiste au Global Times, Yu Jincui, prévient qu’«une colère aveugle ne permettra pas à la France de régler ses problèmes économiques»avant de décrire un pays irréformable, sans que l’on sache si c’est allusion directe à la sortie l’an dernier de Macron, qui jouit d’une bonne image en Chine. Pourtant, les réformes sont jugées «absolument nécessaires pour régler les problèmes économiques et sociaux» du pays par l’éditorialiste, qui conclut : «Alors que les Français descendent dans les rues, leurs semblables dans les pays asiatiques comme la Chine, le Vietnam et l’Inde se trouvent dans les salles de classe ou les usines et se battent pour leur futur.»

Z.L. (à Pékin)

**ISRAËL ET PALESTINE«Le capitalisme pousse à la violence»

Une poignée de secondes dans les JT, des dépêches d’agences sur les dégâts à Paris samedi dernier moulinées sans recul par les grands quotidiens : en Israël, la couverture des gilets jaunes reste modeste. Distante si ce n’est inexistante. Etonnant, alors qu’ici, d’ordinaire, tout ou presque est matière aux envolées intello-idéologiques. Il est vrai qu’au pays des breaking news perpétuelles, l’espace médiatique est déjà ­saturé par les affaires de corruption de Nétanyahou et les tunnels du Hezbollah à la frontière libanaise. «Les deux premières semaines ont été totalement ignorées, note Asaf Ronel, reporter au grand quotidien de gauche Haaretz, en route vers l’aéroport pour couvrir «l’acte IV» des gilets jaunes dans la capitale. Cette indifférence est difficile à expliquer. Peut-être est-ce parce que, à l’inverse des autres mouvements populistes des dernières années, on a du mal à savoir si ça vient de la droite ou de la gauche…» En Cisjordanie, on ironise sur Facebook : «A ce degré de violence, ici on aurait déjà eu 100 morts ! Et c’est nous les terroristes quand on jette des pierres ?» ­raconte le journaliste palestinien Qassam Muaddi. A la télé, Al-Jezira et sa concurrente libanaise Al-Mayadeen ont consacré des éditions spéciales. Les experts en plateau flirtent avec le complotisme : pour eux, la France paye son immixtion dans les affaires syriennes, qui auraient grêlé les comptes publics et créé une crise migratoire source de révolte. Mais pour Ali, quadra marxiste croisé dans un café de ­Ramallah, tout s’explique par trente ans de néolibéralisme : «Avec la disparition de la vraie gauche, le capitalisme pousse à la violence, dernier moyen de résister… Chez nous, ça donne les islamistes. Chez vous, les gilets jaunes…»

G.G. (à Tel-Aviv et Ramallah)

**SYRIE«Le régime de Macron réprime sauvagement»

«Le peuple veut la chute du régime», le célèbre slogan du printemps arabe tagué (en arabe) sur un immeuble du XVI e arrondissement a été pris en photo et repris massivement sur les comptes des internautes arabes. Le hashtag Asatarat Safra («gilets jaunes») figure depuis quelques jours parmi les plus utilisés sur l’Internet arabe. En Egypte, tandis que certains opposants égyptiens comparent les rues françaises à la place Tahrir en 2011 du fait des profils disparates des gilets jaunes et de leurs revendications, les relais progouvernementaux du régime Al-Sissi dénoncent le «chaos» et la «sédition» qui frappe la France. Le journal Al-Masri al-Youm, proche du gouvernement, assure même que derrière les «pillages et destructions» lors des manifestations des gilets jaunes, se trouve une «organisation secrète des Frères musulmans en Europe». Et interroge : «Où les gilets jaunes veulent-ils en venir ?» dénonçant «la responsabilité de Daech» derrière les «émeutes». Et la Syrie ? «Le régime de Macron réprime sauvagement les manifestants pacifiques», titre en une le quotidien progouvernemental Techrine. Au grand dam des opposants qui dénoncent «le cynisme sans limite» du régime de Bachar al-Assad. Depuis Damas, Mayssa multiplie les posts ironiques sur Facebook ; elle prodigue ses «conseils au peuple français révolté», le mettant en garde contre la formation d’une «katiba [«bataillon»] des martyrs de Paris». Un jeune militant syrien réfugié récemment en France est épaté de voir «les rôles inversés : les manifestants agressent les forces de l’ordre et celles-ci se défendent ! Quand nous allions manifester avec des fleurs à la main, on nous tirait dessus à balles réelles».

H.K.

**GRÈCE«La révolution est en cours»

«Nous sommes ici pour exprimer notre solidarité aux manifestants français, aux gilets jaunes et pour dénoncer, nous aussi, les politiques menées par Macron en France.» Le sexagénaire qui s’exprime ainsi porte le fameux gilet comme une trentaine d’autres personnes rassemblées devant l’Ambassade de France à Athènes, en plein milieu de l’après-midi. Il s’appelle Yannis Tolios et est économiste, membre du parti politique Unité populaire – un ancien courant de Syriza qui a quitté le parti de la gauche grecque en 2015. Pour lui, «ce mouvement est l’expression par les travailleurs français d’une contestation profonde des politiques menées dans l’eurozone et par l’oligarchie. Elle a un écho en Grèce». Un point de vue partagé. Dans les cafés, les images des violences sont diffusées en boucle… mais elles ne semblent pas heurter la population d’un pays dont le cœur a battu au rythme des défilés contestant l’austérité entre 2010 et 2014. Quant à la presse, elle estime à l’unisson que le mouvement exprime un «mécontentement général qui dépasse la hausse des carburants». Pour elle, Macron a «fait marche arrière» en annonçant le retrait des hausses de taxes sur les carburants. Beaucoup de Grecs s’interrogent : «Que se passera-t-il samedi ? La révolution est en cours…»

F.P. (à Athènes)

**ETATS-UNIS«Une taxe imposée par des gauchistes radicaux»

«Dites donc, c’est la révolution en France ! lance en rigolant un garde-frontière américain en nous rendant notre passeport, dans un check-point au sud de la Californie, tout près du Mexique. Mais contre quoi ils manifestent, au juste ?» Le mouvement de colère des gilets jaunes a réussi la prouesse d’intéresser les chaînes d’info américaines, d’habitude peu enclines à couvrir des événements à l’international quand ils n’ont aucun lien avec les Etats-Unis. Les images des violences lors des manifestations des yellow vests se sont même imposées sur les écrans. «Il n’y a pas eu de symbole de révolte vestimentaire aussi efficace depuis que les sans-culottes se sont saisis de leur pantalon pour se démarquer de l’aristocratie pendant la Révolution française», a même noté le New York Times après le recul de Macron.

L’intérêt pour cette actualité française a redoublé après des tweets de Donald Trump, qui n’a pas hésité à lier directement la décision du président français aux accords de Paris sur le climat, alors que la COP 24 se tient ces jours-ci en Pologne : «Je suis heureux que mon ami Emmanuel Macron et les manifestants à Paris soient tombés d’accord sur la conclusion à laquelle j’avais abouti il y a deux ans, a tweeté le président américain mardi. L’accord de Paris est fondamentalement mauvais car il provoque une hausse des prix de l’énergie pour les pays responsables, tout en donnant un blanc-seing à certains des pires pollueurs au monde.» Juste avant, il avait même relayé sur son compte Twitter les fake news de Charlie Kirk, un commentateur de l’alt-right, selon qui les «émeutes dans la France socialiste» ont été causées par «une taxe sur le carburant imposée par des gauchistes radicaux». Kirk va jusqu’à affirmer que les gilets jaunes «scandaient «nous voulons Trump» dans les rues de Paris».

L’extrême droite, les médias conservateurs, complotistes et de l’alt-right se sont largement fait l’écho des manifestations, ­décrites comme une humiliation envers Macron,qu’ils qualifient de «globaliste». Ils n’ont visiblement pas digéré les attaques du président français contre le «nationalisme» de Trump. «Regardez dans le dictionnaire monsieur le président Macron, le nationalisme signifie la dévotion à son pays, a lancé l’ultraconservateur consultant de Fox News, Sebastian Gorka. Les travailleurs français veulent que Macron les représente de la même manière que Trump représente les travailleurs américains. Mais Macron vient de démontrer qu’il n’est qu’un politicien comme les autres.»

I. H. (à New York)

**BUENOS AIRES«La violence libérale, on connaît ça…»

«Bloquer les rues, les routes, brûler des voitures et casser des vitrines… Sûr qu’ils se sont inspirés des Argentins, vos gilets jaunes !» Dans ce petit café français du quartier historique de San Telmo, à Buenos Aires, le ton est rigolard mais surtout las et désabusé. En secouant son journal pour faire tomber des miettes de croissant, Pedro, retraité habitué du lieu poursuit : «Ici en décembre, c’est toujours très tendu socialement et cette année, avec la crise économique, l’inflation, on s’attend tous à ce que ce marasme finisse par exploser. Les questions de pouvoir d’achat en berne, la violence d’un gouvernement libéral pour les riches, on connaît bien ça, malheureusement. Et la répression des forces de l’ordre aussi. Macron et Macri [le président argentin, ndlr], ils se ressemblent beaucoup. Alors ils nous sont plutôt très sympathiques, ces gilets jaunes.» Le sujet est très suivi par la presse argentine, d’abord à cause de son tropisme francophile et aussi parce que Macron était à Buenos Aires pour le sommet du G20 lors des manifestations de samedi dernier. Ironie du sort : à sa sortie de l’avion et à cause d’un retard du président argentin et de sa délégation, il avait été accueilli sur le tarmac par un employé de l’aéroport vêtu… d’un gilet jaune.

M.GE (à Buenos Aires)

*IRAN«Exhorter Macron à… la modération»

Un petit groupe s’est rassemblé pour protester contre les violences policières. La scènese déroule mercredi dans la capitale iranienne devant l’ambassade de France. Les manifestants dénoncent la répression du mouvement des gilets jaunes. Rebelote vendredi : une poignée d’hommes, gilets jaunes sur le dos,brandissent des pancartes évoquant les «victimes» faites par Macron à Paris et au Yémen… Ces étudiants reprennent le mantra des conservateurs, prompts à épingler les atteintes aux droits humains dès lors qu’elles ont lieu dans les pays occidentaux. «Monsieur Rohani, c’est le bon moment pour téléphoner à votre homologue français et l’exhorter à… la modération», s’amuse sur Twitter une supportrice du régime, dans une allusion à l’appel de Macron au président iranien, en janvier, alors que des manifestations violentes éclataient un peu partout en Iran.

Pour l’heure, la classe politique s’est faite plutôt discrète sur les gilets jaunes. Mais le sujet n’est pas absent des médias. La presse en assure une large couverture, surtout les titres liés aux ultras. Javan, un quotidien proche des Gardiens de la révolution y consacrait une grosse moitié de sa une cette semaine, avec ce titre : «Le poing de fer de Macron frappe les Français à la tête dans un Paris transformé en zone de guerre.» La une était tapissée de photos, des gros plans sur les visages ensanglantés de manifestants blessés (au moins l’une de ces photos date en fait de septembre 2016). Kayhan, le journal de référence du camp le plus dur, a chroniqué le mouvement en une toute la semaine, illustrant l’ensemble avec des voitures qui flambent. «La crise est à son apogée», écrit le journal. Des médias du camp modéré voient quant à eux le mouvement des gilets jaunes comme un «défi au système libéral occidental».

P.Al.

*MADAGASCAR«Pourquoi s’attaquer AUX STATUES ?»

Dans les rues de la capitale malgache Antananarivo, la fronde des gilets jaunes suscite un mélange de perplexité et de curiosité, surtout dans le public des médias francophones. «J’ai vu les images des gens sur les Champs-Elysées à la télé», raconte Christian, chauffeur de taxi, dès qu’il apprend qu’il conduit une Française. «Ça ressemble aux manifestations de 2009 ici [lors de la crise politique entre le président de l’époque Marc Ravalomanana et son opposant Andry Rajoelina, qui avait tourné à l’émeute urbaine, faisant plusieurs morts, ndlr]. Est-ce que les gens pillent les magasins à Paris aussi ?» Les images impressionnent mais ce sont surtout les motivations du mouvement qui suscitent les questions. Avec un litre d’essence à 4 100 ariarys (1 euro) quand trois personnes sur quatre vivent avec moins de 2 euros par jour, les ­problèmes de prix du carburant trouvent facilement une résonance. «On a moins l’habitude de manifester ici, pourtant les problèmes de manque d’argent à la fin du mois, on connaît. Peut-être qu’il faudrait essayer», lâche-t-il, l’air songeur. Un sujet continue quand même à le préoccuper : «Et les casseurs ? Ils veulent la même chose que les autres manifestants ? Et pourquoi s’attaquer aux statues ?» – Libération- 07 décembre 2018 

Pierre Alonso Sonia Delesalle-Stolper à Londres , Mathilde Guillaume à Buenos Aires , Hala Kodmani Guillaume Gendron à Tel-Aviv , Fabien Perrier à Athènes ,Zhifan Liu à Pékin , Nelly Didelot

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