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L’âge d’or de la dinanderie

21122010

*métiers traditionnels: les produits en cuivre

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*Les 8es Journées nationales du patrimoine culturel au palais de la culture Moufdi Zakaria de Kouba-Alger

**la dinanderie algérienne en mal de cuivre

Les 8es Journées nationales du patrimoine culturel se déroulent jusqu’au 23 avril au palais de la culture Moufdi Zakaria de Kouba, à Alger. Ainsi, c’est sous le thème «L’art de la dinanderie algérienne» qu’une vingtaine de maîtres artisans — issus de plusieurs régions — sont venus exposer leurs objets en cuivre. Parmi les wilayas participantes, citons entre autres Alger, Tipasa, Tizi Ouzou, Sétif, Constantine, Boumerdès, Ghardaïa, Mila, Tlemcen, Blida et Jijel.

Les objets d’art finement ciselés, exposés dans des stands, subjuguent  les visiteurs. Le cuivre se décline sous toutes ses formes. En témoignent ces lampes, ces grands plateaux (s’ni), ces plats à couscous, ces miroirs, ces théières, ces appliques murales, ou encore ces bijoux. L’ensemble des produits dévoilés témoigne d’une grande richesse ornementale. Pour rappel, le métier de la dinanderie s’appuie sur le travail de la feuille de cuivre et sa transformation en articles utilitaires ou simplement décoratifs. Ce salon de la dinanderie se targue de rassembler des maîtres en la matière, faisant dans la démonstration.

En effet, quelques artisans se plaisent à montrer l’art de leur métier dans une atmosphère meublée par les bruits des marteaux sur le cuivre. Benmira Hachemi est assis sur un petit tabouret. Il se concentre sur sa tâche avec beaucoup de rigueur. Armé d’un instrument de travail spécifique dit en arabe dialectal «le mekhatr» (le ciseau), il se penche sur un petit s’ni, représentant des symboles décoratifs orientaux. L’artisan nous confie qu’avant de se lancer dans un martelage étudié du cuivre, il dessine son motif.

Benmira Hachemi est un ancien routier de la dinanderie. Propriétaire d’un atelier depuis des décennies, en plein cœur de La Casbah, il exerce ce métier passionnant depuis 1955. «Etre artisan chez nous, dit-il, est une histoire de famille. Mon grand-père et mon père étaient spécialisés dans la dinanderie. J’ai formé une vingtaine de jeunes, dont deux femmes», confie-t-il derrière ses lunettes. Pour ce spécialiste, la fabrication d’un objet quelconque demande en moyenne une dizaine de jours de travail manuellement.

Comme la commercialisation locale du cuivre est inexistante en Algérie, l’artisan nous confie qu’il est obligé d’acheter des chutes de cuivre au kilo au niveau d’une société nationale à  Koléa. «C’est un genre de récupération que je fais puisque je ne peux pas me ravitailler normalement. Dans un passé récent, la matière première était disponible. Personnellement, je me ravitaillais dans les années 1980 auprès de la société Sider d’El Harrach», dit-il.

Ce faiseur de belles choses fait également la restauration de pièces pour des clients, même s’il préfère créer, c’est une bonne façon de trouver des idées de formes. Si cet orfèvre du cuivre se considère comme un artisan et non pas comme un vendeur, il préconise, toutefois, un meilleur ravitaillement de la matière première. Maghraoui El Aïd de Sétif est artisan en dinanderie depuis 44 ans. Il livre des pièces de collection nouvelles et anciennes.

Lui aussi se désole de l’indisponibilité de la matière première sur le marché national et du matériel manuel adéquat. Il est obligé de se procurer du cuivre auprès de revendeurs privés à 900, 00  DA le kilo. Si le travail est manuel, le polissage se fait à l’aide d’une machine industrielle. Mais notre source précise également  que le produit chimique du polissage dont il se sert est fabriqué sous sa gouverne. *Nacima Chabani

**saisie de 182 quintaux de cuivre

la brigade de la gendarmerie de Aïn M’Lila a procédé à la saisie de 182 quintaux de cuivre, dissimulés sous un chargement de gravier. C’est au cours d’un contrôle routinier au niveau de la cité Chakri Khelifa de Souk Naâmane que les brigadiers ont découvert dans la remorque d’un tracteur des déchets de cuivre, dissimulés sous du gravier. Le chauffeur, âgé de 61 ans et originaire de la ville de Khenchela, a été déféré devant le parquet d’Aïn M’Lila qui l’a écroué pour le chef d’inculpation de transporter de manière illégale des déchets de cuivre, provenant sans doute de vol de câbles électriques.*El Watan-30 mars 2015

***les services de la police judiciaire d’Oum El Bouaghi sont parvenus à saisir 54 quintaux de cuivre, destinés aussi à être exportés frauduleusement. Comme on le sait, ces câbles de cuivre sont la propriété de la société d’électricité et des opérateurs en télécommunication. 

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L’âge d’or de la dinanderie

*L’âge d’or de la dinanderie

Une baisse constante de la demande sur les produits en cuivre et une multitude d’entraves à l’exercice de la profession, en particulier la cherté de la matière première (feuilles de cuivre rouge et jaune) à 900 DA par kg en moyenne, ont fini par pousser artisans et formateurs chevronnés vers la porte de sortie. Pourtant, «la qualité de nos produits artisanaux et le savoir-faire de nos artisans dans la tapisserie, l’orfèvrerie, la poterie et surtout la dinanderie n’ont rien à envier à ce qui se fait dans les pays voisins mais la différence réside dans l’accompagnement de l’État, ce qui reste insuffisant chez nous, en Algérie», pense Driss Zolo maîtreartisan dinandier, héritier d’une lignée de dinandiers qui ont transmis cet art ancestral depuis quatre siècles à Alger. Si les décennies 1960-1980 représentaient «l’âge d’or de la dinanderie», un art commun à plusieurs pays, de l’Iran au Maroc, les choses ont complètement changé depuis, déplore ce maître qui travaille seul depuis quelques années à la Maison de l’artisanat située à Oued Koriche non loin de Bab El Oued à Alger. C’est ainsi qu’une métropole comme Constantine «ne produit plus les objets d’art comme par le passé, tandis qu’à Alger on ne compte plus que quelques véritables maîtres-artisans dinandiers». Aujourd’hui, il ne reste plus à Alger que 2 ou 3 véritables maîtresartisans dinandiers qui se trouvent être aussi des formateurs. Ils sont en activité dans des ateliers exigus à la Casbah, et se contentent de fabriquer de petits ustensiles et objets de décorations comme les petits vases, les «m’rechet», les assiettes ou les khamssates, pour les écouler auprès de touristes visitant la vieille médina ottomane (XVIè siècle) ou aux nationaux demeurés attachés à tout ce qui est traditionnel. Pis encore, s’alarme Zolo, les ciseleurs sur les pièces de cuivre brut ont disparu, ce qui rend plus que nécessaire la réhabilitation des techniques de fabrication manuelle par l’encouragement des véritables maitresartisans à ouvrir des écoles de formation dédiées spécialement à cet art. Loin d’être de simples objets de décoration d’intérieur, les ustensiles en cuivre finement ciselés et ornés de motifs géométriques inspirés de l’art arabo-andalou, servaient à des besoins de tous les jours et plus particulièrement pendant les fêtes familiales et religieuses. Il en est ainsi pour le «sneî», grand plateau circulaire, ou «sniwa», ce petit plateau de forme circulaire ou rectangulaire, dans lesquels on servait volontiers les mets traditionnels dédiés aux petites et grandes occasions. Il y a aussi les autres produits de la dinanderie traditionnelle comme le mortier («mehrass»), la théière, ou encore «ettassa» (récipient à eau) auxquels on a substitué, hélas, des objets douteux et bon marché importés surtout d’Asie. Un petit tour dans les rares magasins algérois qui proposent toujours des produits de la dinanderie algérienne permet de constater que ces objets d’art, quoiqu’un peu chers, ont toujours la cote auprès d’une certaine clientèle. Ainsi, un sneî de dimension moyenne (70 cm) est vendu à près de 7.000 DA, mais il peut atteindre les 20.000 DA s’il s’agit d’une pièce en cuivre rouge et richement ciselée d’arabesques et de motifs divers. Pour les autres ustensiles, comme le mortier ou le «tabsi lâchawat» (grand plat à couvercle qui sert à présenter le couscous), ou «sniwa», leurs prix oscillent entre 2 400 à 4 500 DA.

Conséquence d’une situation jugée difficile pour le développement du métier, de «nombreux artisans ont décidé de changer d’activité», affirme notre quinquagénaire qui en veut pour preuve le triste fait qu’aucun de ses enfants n’est aujourd’hui artisan dinandier, signe que la dinanderie «peut disparaître ». Mais que fait l’État pour redonner aux métiers d’art leur lustre perdu? Aux yeux de bon nombre d’artisans, malgré la stratégie nationale de développement de l’artisanat 2003-2010, les initiatives publiques restent «insuffisantes» tant en matière de création de Maisons des artisans que de baisses des charges fiscales ou encore d’octroi de crédits bancaires. Pour Zolo, «il faut procéder d’abord à une décantation dans la corporation », qui compte dans ses rangs des gens n’ayant d’artisans que le nom. «Détenir une carte d’artisan ne signifie pas qu’on l’est vraiment», dit-il pour résumer. Ensuite, il faudra assurer à tous les (vrais) artisans une sorte d’égalité devant le crédit bancaire: «Malheureusement, explique ce professionnel, le peu d’artisans ayant bénéficié de crédits bancaires sont des jeunes, alors que les maîtres-artisans censés former des générations de jeunes en sont écartés”. Lui-même, à 56 ans, s’est vu refuser pour limite d’âge, affirme-t-il, un prêt bancaire qu’il destinait au montage d’une école de formation en dinanderie. (le Courrier d’Algérie-21.12.2010.)

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