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Le film Hors-la-loi crève l’abcès

22052010

*63E FESTIVAL DE CANNES
LE FILM DE RACHID BOUCHAREB A ÉTÉ PROJETÉ HIER à Cannes

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«Pourquoi remettre sur le tapis toute cette violence?», dira le réalisateur lors de la conférence de presse.

Les manifestations des partisans de l’extrême droite, venus protester sur le parvis du Palais du Festival de Cannes, n’ont pas eu finalement raison de la ferveur qui a entouré la projection-presse donnée hier en matinée du film Hors-la-loi de Rachid Bouchareb, encore moins d’altérer la superbe ambiance qui a régné au cours du point de presse.
Un pétard mouillé en fait. Même si on pouvait lire sur certaines pancartes: «Attention les égorgeurs sont là!» Pour ainsi dire, les manifs sont passées inaperçues. Il faut dire aussi qu’un fort dispositif sécuritaire était posté juste à l’entrée. Une fouille des journalistes, inhabituelle ce matin. Plus minutieuse que d’habitude.
C’est flegmatique, que Rachid Bouchareb, accompagné du producteur français de Hors-la-loi, Jean Bréat, est arrivé, non sans son trio de comédiens gagnant, à savoir Jamel Debbouze comédien et aussi producteur du film, Roshdy Zem et Samy Bouajila. Une seule femme était présente à cette cérémonie et non des moindres, la valeureuse La Aïni, Chafia Boudraâ.
La conférence de presse était rehaussée, du côté algérien, par la présence de Mustapha Orif, directeur de l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (Aarc) et producteur exécutif du film, sans oublier Zehira Yahi, porte-parole de la ministre de la Culture, Ahmed Bedjaoui et, certes, Tarek Ben Ammar, le directeur des studios de tournage Cartago Film où le long métrage a été tourné «en partie», en Tunisie.
La conférence de presse s’est déroulée dans une ambiance bon enfant et détendue malgré le sujet fort sensible traité par le film et qui pouvait fâcher. Certains du moins.
C’est un Rachid Bouchareb serein et mesuré, qui n’a cessé d’inviter les gens au dialogue à travers son film, qui s’est offert au roulement de questions de la presse. La première question posée est celle liée au renforcement du cordon sécuritaire exceptionnel qui a entouré la projection. Rachid Bouchareb s’est dit surpris de voir cette tension près de 50 ans après l’indépendance de l’Algérie. «Le passé colonial reste très tendu, la preuve, il continue à susciter une telle violence autour du film. C’est exagéré, et sans qu’il n’ait été vu. J’ai été un peu peiné de voir ça. Mon film est là pour susciter un débat, non pas pour perpétuer cette violence chez la nouvelle génération, mais pour apporter des choses positives. Au moins, l’abcès est crevé. Des voix se sont aussi élevées lors de la sortie du film Indigènes.» Evoquant l’identification des comédiens à leurs personnages respectifs, Jamel Debouzze, plaisantant, dira qu’il s’identifie un peu à son personnage dans la mesure où il est en marge dans l’histoire et s’occupe du monde des affaires. «J’ai compris combien la révolution fait mal», a-t-il dit. Rochdy Zem, pour sa part, a indiqué ne pas se reconnaître dans son personnage, c’est pourquoi il l’a joué avec beaucoup de plaisir. Pour Samy Bouajila, son jeu fort dans le rôle de l’intellectuel résistant jusqu’au bout des ongles, l’a fait penser à l’Emir Abdelkader (il s’appelle Abdelkader dans le film.) Et de confier: «Qu’on soit acteur français d’origine maghrébine, il faut que nos personnages deviennent des espaces d’expression et de fantasmes. Qu’on se serve de notre métissage comme un atout qui, pour le moment, parasite plus qu’autre chose pour ne pas dire stigmatise.»
Pour Chafia Boudraâ, son rôle, digne confie-t-elle, a été en fait celui des mamans du monde entier. «La mère à moi dans le film était ma maison et la terre. J’ai vécu des douleurs tues en moi que je ne pouvais exprimer car je ne suis pas politicienne». Pour Tarek Ben Ammar, il est faux de dire que les Français ont des problèmes avec leur passé.
La preuve: Hors-la-loi a été financé par la France (à 58% Ndlr). «On y voit la grandeur de la France et du Maghreb. On voulait montrer que la solidarité des Maghrébins existe et qu’elle passe par le coeur pour arriver à la tête.» Pour Rachid Bouchareb, le rôle confié à Samy Bouajila s’apparente à un «bulldozer», qui n’abdique devant rien. «Cette violence politique liée à tout mouvement révolutionnaire, il faut la suivre pour voir jusqu’où elle peut aller. Ce n’est pas une question de courage que de faire ce film. C’est ça le cinéma!» A propos du titre du film, Rachid Bouchareb fera remarquer, que dans les archives des années 1950 on y trouvait souvent dans la presse ce mot «hors-la-loi».
Abordant la question du financement, Jean Bréat a indiqué que le souci du réalisateur était, avant tout, d’arriver à faire un film avec «la qualité la plus artistique possible». Pour Mustapha Orif, le financement a été facile à obtenir, compte tenu de la renommée de Rachid Bouchareb.
Rappelons que Hors-la-loi a été réalisé dans le cadre des accords de coproduction algéro-français (2007). Aussi, Rachid Bouchareb a tenu à préciser qu’il n’a jamais eu de problème de la part de l’Algérie. «Même si j’ai parlé de violence politique, on ne m’a jamais censuré. C’est un film coproduit par deux ministères sur une seule idée.» Et de souligner: «Chacun a sa propre histoire dans la grande histoire. Mon film a de la place pour tout le monde, les pieds-noirs comme les Algériens. Il a été fait dans le même esprit qu’Indigènes», et Jamel Debbouze de dire cette phrase sensée parmi tant d’autres, hilarantes et farfelues: «Pour aborder l’avenir, il faut bien penser au passé.» Pour sa part, Rachid Bouchareb rectifiera l’idée selon laquelle son film sert à réparer une injustice de mémoire coloniale envers les Français ou les Algériens. Il s’agira pour lui de parler du présent en découvrant des choses sur notre passé. «Coppola n’a pas écrit l’histoire. Un film est là, l’histoire s’écrit encore. Si le film suscite un grand intérêt, c’est bien. A l’arrivée, la nouvelle génération doit être consciente de son passé pour pouvoir avancer sereinement. Je n’ai pas à prendre en charge toute l’histoire. Je fais du cinéma. Je ne discuterai pas avec les gens qui veulent en faire encore un champ de bataille. Pourquoi remettre sur le tapis toute cette violence?»
Le réalisateur de London River lancera, solennellement, en outre, un appel au gouvernement français et au secrétariat d’Etat aux Anciens combattants pour l’application de promesses non tenues envers les anciens combattants maghrébins qui ont servi dans l’armée française et que le gouvernement de l’époque Jacques Chirac, avait promis, notamment d’améliorer leurs pensions, chose faite que partiellement. Et au trublion de service, Jamel Debbouze, d’avoir le dernier mot, par cette pirouette: «Ce n’est pas les hommes politiques qui font l’histoire, mais les hommes tout court. Apprenons notre histoire commune, c’est très important.» (L’Expression-22.05.2010.)

** le film qui fait trembler la France

Hors-la-loi de Rachid Bouchareb, le film qui a fait couler beaucoup d’encre durant plus de deux semaines à la 63e édition du Festival international de Cannes a été présenté, vendredi matin, devant plus de 4 000 journalistes et télévisions du monde entier.

1Pour éviter tout incident, les organisateurs et le gouvernement français ont pris des mesures exceptionnelles pour le bon déroulement de cette projection très spéciale, menacée par l’extrême-droite. Très tôt le matin, des cars de CRS se sont installés aux abords du Palais de la Croisette.
Du jamais vu dans l’histoire du festival, nous expliquent les habitués. Un cordon de CRS a fermé également quelques rues adjacentes menant au lieu de la projection. Trois points de contrôle ont été installés pour les journalistes invités à la projection. Même les petites bouteilles d’eau étaient retirées à l’entrée. Dans l’immense salle de cinéma du Théâtre-Lumière, la polémique a enfin laissé place au débat constructif et surtout au cinéma…. le vrai.
Plus de 24 ans après la dernière image prémonitoire de Mohamed-Lakhdar Hamina, l’Algérie retrouve enfin la compétition pour la Palme d’Or. À cette occasion, une importante délégation algérienne était présente à la Croisette composée par les principaux cadres du ministère de la Culture, conduite par Mme Zahera Yahi, chef de cabinet de la ministre Khalida Toumi et Ahmed Bedjaoui, conseiller auprès de la ministre pour le cinéma. Étaient également présents l’un des principaux producteurs du film Hors-la-loi, Mustapha Orif, directeur de l’AARC (Agence algérienne du rayonnement culturel), mais aussi des réalisateurs venus d’Alger et de Paris, invités pour soutenir le seul film algérien présent au plus prestigieux festival du monde.
Car au-delà des fausses apparences, l’Algérie sera en force sur la Croisette, avec des journalistes dépêchés d’Alger, (en plus de ceux installés en France) représentant tous les médias (radio, presse écrite publique et privée et bien sûr la Télévision). Mais l’événement majeur pour la délégation algérienne, c’est surtout la présence de la comédienne principale du film, Chafia Boudraâ, qui plus de 44 ans après Keltoum qui était venue monter les marches en 1966 pour représenter Vent des Aurès de Mohamed Lakhdar Hamina, était là pour représenter, elle aussi, la douleur et le combat de la femme algérienne durant la guerre d’Algérie.
Comme son équipe nationale de football en Suisse, la délégation algérienne sera sous haute protection, et ce, pour éviter des débordements qui peuvent intervenir de la part de l’extrême-droite, le jour de la projection.
D’ailleurs, le maire de la ville de Cannes a invité les parlementaires de l’UMP et les associations de “rapatriés et de harkis” à déposer une gerbe de fleurs à trois kilomètres du lieu de la projection et à barrer toutes les routes qui mènent au Palais du Festival, et ce, pour empêcher l’arrivée de la marche silencieuse vers le lieu du festival. Au-delà du cachet politique du film, Hors-la-loi c’est aussi une production internationale dans laquelle l’Algérie a participé en force afin de rattraper probablement l’absence de l’Algérie dans la production de l’opus Indigènes du même Bouchareb. Ce film avait été entièrement financé par la France et soutenu par le Maroc, mais Bouchareb présentera sans rancune le film aux Oscars au nom de l’Algérie, ce qui a provoqué la colère des Français et des Marocains.
Résultat pour le film Hors-la-loi, l’Algérie a mis le paquet : 4 millions d’euros, soit 20% du financement global du film qui a été évalué à 19,5 millions d’euros. L’aide algérienne a transité via le Fdatic (500 000 euros), le ministère des Moudjahidine (1,5 million euros), l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (1 million d’euros), Sonatrach et Sonelgaz (750 000 euros) et l’ENTV (250 000 euros). C’est le plus grand montage financier pour un film algérien, mais aussi pour un film africain, bien plus que les Égyptiens, qui dominent la planète du cinéma arabe.
La presse française ne cesse de dire que la France est majoritaire dans la production du film de Bouchareb et pourtant en matière de financement public, l’Algérie reste majoritaire puisque les entreprises publiques françaises, le CNC (Centre national du cinéma représentant du ministère de la Culture française), n’a accordé qu’une aide sous la forme d’une avance sur recette de 650 000 euros. La commission de la diversité a apporté, quant à elle, 50 000 euros. Le reste de la production est soutenu par des opérateurs privés et semi-publics : France Télévision et Canal+, qui fournissent plus de 12 millions d’euros. Car l’objectif de ces télévisions, ce sont les reventes aux télévisions du monde. Plus de 20 pays avaient acheté l’opus de Bouchareb Indigènes.
 
UN FILM ÉPOUSTOUFLANT
Sur le plan cinématographique, Rachid Bouchareb a donné une dimension internationale et artistique pour le cinéma algérien avec ce film. Comme dans Indigènes et bien plus dans Hors-la-loi, le film de Bouchareb se rapproche beaucoup plus du cinéma américain de Coppola et de Sergio Leone que du cinéma français qui a été son formateur. Comme pour son film précédent, le film débute par une date historique 1925, début du mouvement nationaliste. Un plan large d’une contrée désertique, le Caïd joué par Larbi Zekal vient annoncer l’expropriation de la terre d’une famille de paysans algériens. C’est la seule scène du film qui est tournée en Algérie. La mère, jouée par Chafia Boudraâ et le père joué, par Ahmed Benaïssa nous rappellent le début de la fresque des Corleone de Coppola.
Quand Jamel Debouze vient tuer au couteau le Caïd, sur le balcon de son jardin comme l’avait fait Robert de Niro dans le Parrain 2. Rachid Bouchareb, qui est habitué aux Oscars, ne cache pas ses références cinématographiques américaines. Puis vient la scène de toute la controverse : les massacres de Sétif en 1945. Dix minutes ont suffi pour les milliers de journalistes présents pour comprendre le début du conflit historique et la source de la polémique entre l’Algérie et la France.
Sobrement filmé mais cinématographiquement réussi, le film ne s’attarde pas sur cet événement qui fait trembler la France. C’est à travers la saga de trois frères magnifiquement joués par Roshdy Zem, Jamel Debbouze et Sami Bouajaïlia et de leur mère Chafia Boudraâ, que Bouchareb raconte à sa manière l’histoire de l’Algérie entre 1945
et 1962.
Un scénario bien ficelé où Bouchareb joue l’équilibriste montrant aussi bien la lutte sans concession du côté FLN que la violence arbitraire du côté français. Le réalisateur, qui débute par une manifestation réprimée avec la violence et un match de boxe le 8 mai 1945, finit son film également par un match de boxe et une manifestation réprimée en 1961 dans la capitale française. Le tout à travers la parcours de trois frères que tout sépare mais que tout rapproche. Ce n’est pas un film de gangsters comme le disent certains nostalgiques de la France coloniale mais une saga familiale qui a pour fil rouge l’histoire de la Révolution algérienne. À la projection, c’est l’émotion, une jeune scénariste présente à nos côtés, très émue, essuie ses larmes.
Les journalistes français sortent en silence sans commentaire, les étrangers sont sonnés par la grande qualité cinématographique du film. Comme cette journaliste allemande Barbara Shweizorhof qui ignorait que l’Allemagne avait contribué au soutien du FLN en armes et munitions. Pas d’applaudissements dans la salle, mais des cris “Vive l’Algérie” comme dans un stade, lancés par quelques Algériens invités à la projection. Comme l’avait dit un réalisateur algérien à la fin du film, on a envie de refaire le 1er Novembre. Ne pas récompenser Hors-la-loi serait une injustice pour certains critiques, mais le film, selon d’autres observateurs, se trouve sur son chemin vers la Palme d’Or. Un autre film sur l’Algérie, Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois, qui raconte l’histoire des moines trappistes assassinés par le GIA. Le film, qui ne prend aucune position politique sur l’affaire des moines de Tibhirine, a reçu un accueil favorable de la part des critiques à Cannes.
Ainsi, Hors-la-loi a été projeté malgré la paranoïa de ses détracteurs et les critiques injustes contre un film qui va être une œuvre référence en France. Pour les Français qui ignorent un pan entier de leur histoire coloniale en Algérie et surtout pour les jeunes Beurs qui risquent de comprendre parfaitement ce qu’avait nourri la Révolution algérienne, notamment dans sa lutte en France. (Liberté-22.05.2010.)

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CANNES : L’Histoire avec un grand H, comme Hache de guerre

 

Le film Hors-la-loi crève l’abcès spacer

Réveillé aux aurores, petit déjeuner expédié de travers, pull enfilé à l’envers, et me voilà à 8 heures du mat’ tapantes en bas des marches du Palais qui n’a jamais aussi bien porté son surnom de Bunker. Des centaines de zombies accrédités patientent sous un soleil précoce pour une séance de fouille minutieuse comme si on devait embarquer pour New York avec comme nom Ben Laden inscrit en rouge sur nos passeports. Quel cinéma !

 Mais bon on l’a enfin vu ! Et donc… et donc ? “Hors la loi” de Rachid Bouchareb méritait-il tout ce tintamarre ? Les vives polémiques précédant sa projection étaient-elles justifiées ? Peut-on parler objectivement de ce film en tant que critique de cinéma en omettant le fait qu’il représente l’Algérie en compétition officielle – donc il nous représente un peu quand même ?

 Pas facile de prendre du recul, d’autant plus qu’à l’heure où j’écris ce compte rendu le Palais est quadrillé par des gendarmes habillés en Rambo, gilet pare-balle et arsenal antiguérilla, et seules les personnes avec badge peuvent circuler dans un périmètre délimité par des escadrons de flics sur les nerfs – à la grande «joie» des commerçants qui trouvent «que ça commence à bien faire». Un peu plus loin, 1000 à 1500 manifestants sont rassemblés pour rendre hommage aux «victimes françaises» de la guerre d’Algérie et protester contre le film de Rachid Bouchareb taxé par un député de la majorité qui ne l’avait pas vu comme «anti-français».

 Après la projection, le député en question persiste et signe: «On ne peut pas laisser croire qu’à Sétif, et en Algérie en général, les Français étaient des salauds, les militaires français des SS, et la police la Gestapo, c’est insupportable. «Hors la loi» est une caricature derrière laquelle il va être indispensable d’organiser un débat, parce que l’Histoire ne peut pas être réécrite impunément».

 Parmi les manifestants, plusieurs élus UMP, le député-maire de Cannes, environ 70 anciens combattants portant des drapeaux français, des harkis et des pieds-noirs, des militants du Front national avec leur banderole. Qu’il y ait des arabes, pathétiques représentants des associations harkis, ce n’est guère étonnant. Le plus troublant ce sont les jeunes présents dans cette manifestation. D’où viennent-ils ? Qui sont-ils ? Par quelles filiations et pour quelles sombres raisons sont-ils là ?

 Quel cinéma ! (bis) Après tout ça comment exprimer dans «la sérénité» notre point de vue critique ? L’Histoire de la guerre d’indépendance de l’Algérie, ses vieux démons, ses non-dits de toujours, ses réminiscences et prolongements d’aujourd’hui viennent écraser toute velléité de critique strictement artistique du film. Ces mêmes raisons plombent le film d’ailleurs. Comment dire que le contexte historique porte et condamne à la fois la superproduction de Rachid Bouchareb ? L’histoire avec un grand H se transforme en grande hache de guerre qui se retourne contre le film, ne permettant jamais aux petites histoires des protagonistes de «Hors la Loi» d’exister vraiment. Voilà un film manichéen par devoir et par principe, qui nous oblige pour les mêmes raisons aussi à le défendre sinon à passer pour un néo-harki.

 Résumons : «Hors la loi» c’est l’histoire de trois frères et de leur mère courage malmenés par les brimades de la colonisation et les violences de la guerre, une saga qui se déroule des massacres de Sétif en 1945 à l’indépendance du pays en 1962, et d’un village paumé des Aurès aux bidonvilles de Nanterre. Sur grand écran le film comme effrayé par son propre défi n’avance, hélas, qu’à grands renforts de scènes de guerre spectaculaires et de moments de mélos larmoyants. C’est d’autant plus frustrant que le film aborde souvent des thèmes inédits et courageux mais sans jamais aller jusqu’au bout de leur traitement (genre : jusqu’où la légitimité d’un combat juste peut-elle excuser les violences ? La guerre fratricide MNA/FLN. Comment peut-on avoir été résistant aux nazis et exécuter les sales besognes d’un Papon ou d’un Bigeard ordonnant la torture et les massacres des Algériens ?).

 Déçu ? A bien des égards oui, mais il faut relativiser cet «échec» : «Hors la loi» n’est pas un grand film mais c’est «le meilleur film algérien» réalisé à ce jour traitant de cette époque (oui désolé pour Lakhdar-Hamina, Ahmed Rachedi et compagnie), ne serait-ce que parce que jamais personne n’avait aussi bien filmé les massacres de Sétif. Et les comédiens ? Sami Bouajila dans le rôle du militant intello qui épouse la cause du FLN avec zèle et passion et Roschdy Zem dans celui du guerrier qui applique les consignes sans états d’âme restent prisonniers de leurs caricatures emblématiques et laissent à Jamel Debbouze le beau rôle tout en nuance du jeune frère qui préfère les affaires à la politique. Et dans le rôle de la mère de tous ces fils d’Algérie ? Oui, notre Aïni chérie depuis toujours, Chafia Boudraa, comment est-elle dans ce film ? Que répondre sinon que Chafia Boudraa est Chafia Boudraa jouant Chafia Boudraa comme seule Chafia Boudraa peut le faire. Ouf !

 Vu que le film «Hors la loi» a très peu de chance d’être récompensé demain lors du Palmarès, offrons à son équipe qui a animé une des conférences de presse les plus drôles les prix qu’elle mérite.

- Palme de la larme dorée attribuée à l’unanimité à Chafia Boudraa qui débarque en conférence de presse avec son foulard de grand-mère et qui déclare : «J’ai souvent joué le rôle de la mère des Algériens dans mon pays. Avec ce film j’espère avoir incarné la mère de tout le monde.»

- Grand Prix Abdelaziz Bouteflika du patriotisme affiché attribué à Rachid Bouchareb pour sa déclaration suivante : «En Algérie on ne m’a jamais posé de problème. Et pourtant dans mon film j’aborde le problème de la violence politique lié aux mouvements révolutionnaires. Mais je voulais souligner que contrairement à ce qu’on dit, moi en Algérie je n’ai pas eu affaire à la censure. A aucun moment».

- Grand prix de la langue de miel attribué au coproducteur tunisien Tarek Ben Ammar, pour avoir présenté ainsi Chafia Boudraa : «Cette femme est une ancienne résistante et veuve d’un martyr de la guerre d’indépendance, et aujourd’hui elle est là parmi vous»

- Grand prix de la langue de fiel, attribué au même Tarek Ben Ammar qui présente le coproducteur algérien, Mustapha Ourif, par ailleurs directeur général de l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (AARC), comme «Le représentant du gouvernement algérien».

- Prix du comique intelligent attribué à Jamel Debbouze qui voyant le débat historico-politique autour du film s’enliser un petit chouia, s’exclamera: «Au fait, moi aussi j’ai été violé par Roman Polanski quand j’avais 16 ans»

- Prix du discernement attribué à Henri Béhar qui a animé le débat en donnant la parole à la jolie Affef Belhouchet, correspondante de la télévision algérienne, mais a refusé de céder le micro à l’immonde Amira Soltane («on n’a plus le temps désolé») ; mais oui bon sang, on est à Cannes, pas dans un hammam de Hadjout !

 Reste à savoir comment la presse internationale et particulièrement française va accueillir le film de Rachid Bouchareb, comment se déroulera la montée des marches et la fête qui suivra la présentation officielle de «Hors la loi». D’ici là on peut s’attendre à des événements et débordements de toutes sortes et de tous bords… A demain donc, si tout va bien. Tiens, déjà un texto urgent: «Biyouna est très jalouse de voir Chafia Boudraa monter les marches à Cannes. C’est L’Incendie !». (Le Quotidien d’Oran-22.05.2010.)

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**un autodafé des temps modernes.

Ce qui est à retenir, c’est qu’un film  a réussi à ébranler la France et que cette levée de boucliers dans le pays des droits de l’Homme n’est rien moins qu’un appel à un autodafé des temps modernes.

Un film se veut simple quand il véhicule un message à ceux qui n’ont pas vécu une tranche d’histoire cadenassée. Un film, même quand il se veut historique, distille des séquences de fiction pour un meilleur intérêt, une meilleure pédagogie. C’est ce qu’ont réussi Bouchareb et son équipe avec ce cocktail dont ils étaient loin de penser que leur film, empreint de pragmatisme, serait molotov, en même temps, reçu par les impénitents de la France coloniale.
Jamais un film américain, et il y en a eu, sur la guerre du Viêt-nam n’a soulevé un tel tollé et, plus grave, avant même sa sortie dans les salles. Hors-la-loi est un film émouvant dont certaines images arrachent quelques larmes, fait de symboles et de lectures à degrés multiples. C’est a priori, l’histoire d’une mère et de ses trois enfants, aux destins différents, qui se retrouvent au final pour l’indépendance de leur pays. Mais cette mère (interprétée par Chafia Boudraâ de manière admirable) ne symbolise-t-elle pas l’Algérie dont elle couve une motte de sa terre en son sein ? Ses fils ne représentent-ils pas ces Algériens, aux caractères contraires, qui se solidarisent pour porter la révolution en France. Entonner  Quassaman à la prison de la Santé, en 1956, pour accompagner un militant qui se dirige dignement vers l’échafaud, renvoie à Zabana, le premier guillotiné d’une longue liste. Le générique du film, qui pose le problème de l’expropriation, fait l’économie de commentaires, les images assénées suffisent et cadrent la suite de ce que sera cette page de l’histoire. Autre secousse, le massacre de Mai 45, séquence courte mais suffisante pour que la photo livre l’ignominie et l’insoutenable comportement du colonisateur. Ce n’est qu’à ce moment que le film se déroule dans une France libérée qui maintient encore son rêve d’empire. Les exploités des usines de Courbevoie prennent conscience et les trois frères de sang deviennent des milliers de frères de la Révolution. En attendant que les historiens se penchent sur cette tranche de l’histoire dont les cicatrices ne sont pas encore refermées, il faut se contenter de voir en ce film une œuvre artistique qui dérange certains nostalgiques (moyenne d’âge 60-70 ans) et conforte d’autres, plus nombreux, qui ont une preuve supplémentaire que la colonisation n’est pas un bienfait, que la civilisation n’était ni dans les besaces de sa soldatesque ni dans l’esprit de ses colons.
En conclusion, le premier constat à tirer comme enseignement, jusqu’ici inavoué, aujourd’hui étalé en plein jour, est cette symbiose entre des élus du parti du président Sarkozy et des militants du Front national. Ce qui est à retenir c’est qu’un film a réussi à ébranler la France et que cette levée de boucliers dans le pays des droits de l’Homme n’est rien moins qu’un appel à un autodafé des temps modernes. On comprend aisément, après avoir vu ce film admirable, combien le devoir de repentance est ardu et difficile à assumer. (Liberté-22.05.2010.

************«Hors-la-loi»: au nom des Frères…

Le réalisateur Rachid Bouchareb a opté pour la synthétisation des faits que la fiction autorise.

Chronique d’une fratrie dépossédée de sa terre en 1925. Cela se passe dans les Hauts-Plateaux du Sétifien. Le père voit débarquer chez lui, le Caïd flanqué de deux représentants de la maréchaussée. Le caïd (Larbi Zekkal), signifie à un paysan (Ahmed Benaïssa) qu’en l’absence de document écrit, la terre appartenait de fait au colon du coin… Cette prolongation, dans les faits, du Senatus Consulte napoléonien va se dérouler sous les yeux de trois enfants (Messaoud, Saïd et Abdelkader)…
1945: la libération de la France du joug nazi. Sous l’air des lampions, les Européens fêtent la victoire. Les Algériens sortent à Sétif pour réclamer la liberté, un jeune scout est en première ligne, un emblème national entre les mains. Et puis tout s’emballe…
Le jeune louveteau sera abattu. S’ensuivra un massacre en règle. L’écran révèle des corps allongés sur les trottoirs. Des exécutions sommaires. Dans la réalité, c’était un mardi, jour de marché. Environ 15.000 personnes étaient parties de la mosquée de la gare, remontant la rue des Etats-Unis pour se diriger vers le centre-ville, rue Georges Clémenceau… Les mains nues, criant à gorges déployées, des slogans pacifiques: «Liberté», «Libérez Messali Hadj», etc.
Derrière les drapeaux des Alliés (de la France), les jeunes scouts étaient au premier rang suivis des porteurs de la gerbe de fleurs, et les militants suivaient juste derrière pour éviter tout débordement de la masse paysanne.
Quand soudain, et pour la première fois, le drapeau algérien faisait son apparition porté par un jeune scout. Ces couleurs nationales firent sortir de ses gonds le service d’ordre colonial. Des policiers se précipitèrent pour s’en emparer.
Le maire (socialiste) de Sétif pressentant le carnage supplie les policiers de ne pas tirer. Trop tard, un inspecteur en civil avait déjà mis en joue le jeune scout. Saâl Bouzid est abattu. Du Café de France d’autres européens tirent à leur tour et c’est le début de la plus grande tragédie à ciel ouvert perpétrée par une autorité coloniale en un laps de temps: 45.000 morts!
Mais Rachid Bouchareb optera pour une synthétisation des faits que, bien entendu la fiction autorise. Six minutes plus tard, l’action se transporte en France où la fratrie se reconstitue tant bien que mal: Saïd (Djamel Debbouze), Abdelkader (Sami Bouadjila) rejoints par le rescapé de la guerre d’Indochine, Messaoud (Roshdy Zem). Abdelkader avait été, en réalité, à l’origine de l’émigration de la famille en France, ayant été déporté, suite aux événements du 8 mai 1945, dans une prison parisienne. Et puisque la fiction autorise les raccourcis pour les besoins de l’histoire, le réalisateur fera «procéder» à la première exécution par guillotine, dans la cour de la prison de la Santé. Abdelkader en a suivi toute la procédure macabre à travers les barreaux de la fenêtre de sa cellule.
Cela l’aguerrira complètement. Il deviendra ce chef FLN qui, patiemment mais sans aucun état d’âme, tissera le réseau de ce qui deviendra par la suite la Wilaya 7 de la Fédération de France du FLN. Messaoud réussira à convaincre Abdelkader de le suivre dans cette aventure révolutionnaire. Mais aura moins de chance avec Saïd, plus intéressé de brûler les étapes pour survivre et plus tard flamber. Il s’alliera au gang corse pour se partager le bitume de Pigalle jusqu’au jour où il accomplira son rêve, ouvrir une salle de boxe…
Entre-temps la guerre est devenue fratricide, FLN et MNA se combattent sans pitié.
Les premiers porteurs de valise apparaissent. Les ellipses se succèdent, Rachid Bouchareb semble pressé de resserrer la toile qu’il a tissée pour mieux enserrer le destin des trois frères… En face, les services secrets français ne sont pas en reste.
Coup pour coup. «La Main Rouge», (ancêtre de l’OAS), fera son apparition en France, en 1957, à l’instigation du colonel Grossin. Ce sera le pendant de l’organisation terroriste créée par des colons extrémistes, en Tunisie, et dont la première victime fut, en 1952, le leader syndicaliste, Ferhat Hached.
Les deux frères sont emportés dans le tourbillon vertigineux de la guerre de Libération; en cours de route ils perdront leur mère, Chafia Boudrâa, étonnamment revêtue d’une coiffe différente, au moins de celle qu’avait Keltoum dans Le Vent des Aurès… Un détail qui brouille une certaine lisibilité de l’époque, celle des années cinquante où le foulard en turban était plus «dicible».
Orphelins de mère aussi, les frères finissent par s’unir, sous le feu de l’ennemi, refusant d’être aussi orphelins de la terre de leurs aïeux… De cette épopée, aux accointances cinématographiques avérées, surtout du côté de John Milius et son «Dillinger»… le cinéaste opta pour cette lumière particulière où l’on perçoit les particules de poussières au gré des halos.
Djamel Debbouze reste le plus naturel dans une interprétation physique qui n’est pas sans rappeler le grand Edward G. Robinson des grands jours. Dans un registre d’une sobriété, presque nippone, Roshdy Zem remplit bien son contrat.
Quant à Sami Bouadjila, il a su trouver cette froideur mécanique des justiciers solitaires comme les affectionne tant Sergio Leone… Hors-la-loi, est en somme, un film noir pour une cause qui mérite bien son droit au soleil… (L’Expresssion-22.05.2010)

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“Le film n’est pas un champ de bataille”

Quelques minutes après la projection du film Hors-la-loi, les centaines de journalistes qui ont eu juste le temps de savourer un café offert par un grand sponsor du festival, se sont rués vers la salle où a eu lieu la traditionnelle conférence de presse des réalisateurs.

Des dizaines de bodyguards en costume beige sont là pour vérifier les badges (rose pour la presse internationale, jaune pour la presse française). Là, c’est une véritable organisation qui se met en place. Les caméras sur un petit balcon, les journalistes assis et les photographes ont quelques minutes pour prendre des photos avant de disparaître.
Sur la tribune, l’équipe du film est au complet. Le réalisateur Rachid Bouchareb et les producteurs du  film : Le Français Jean Bréhat, l’Algérien Mustapha Orif et le Tunisien Tarek Benamar. Et bien sûr les comédiens principaux du film : Roshdy Zem, Samy Boujailia, Jamel Debbouze et surtout Chafia Boudraâ qui est désormais passée du statut d’artiste national à celui de vedette internationale assumant des interviews en  français. Cette conférence de presse très attendue a été ficelée par  l’équipe de communication du  film, comme un point de presse présidentiel.
Le politique pour le réalisateur, la coopération pour les producteurs, la comédie et la satire pour Debbouze, l’expérience pour Roshdy Zem et l’humain pour Chafia Boudraâ. C’est Rachid Bouchareb qui interviendra le premier en remerciant le délégué général du festival, Thierry Frémieux, qui a défendu et soutenu le film devant toute cette polémique.
Rachid Bouchareb dira à ce propos : “C’est exagéré, le film n’est pas un champ de bataille. Il y a un abcès et maintenant l’abcès a été percé… ouvrons le débat”. Le réalisateur déclare que “le passé colonial reste tendu, invitant les protagonistes à ouvrir le débat constructif vers l’avenir en regardant bien le passé”. Et d’ajouter : “Mon métier c’est de faire des films. Le film est là, alors discutons.”
Rachid Bouchareb a profité de cette première sortie médiatique pour dénoncer toutes les allégations sorties depuis la sélection du film au Festival de Cannes, indiquant qu’il n’a jamais reçu de pression de Matignon qui l’empêche de placer le film sous l’étendard algérien.
Il reconnaît toutefois qu’il a reçu des pressions de milieu d’extrême-droite, pour retirer le film du festival. Rachid Bouchareb ajoute que ce n’est pas du courage que de faire ce film, c’est plutôt faire du cinéma.
Jamel Debbouze, qui a beaucoup fait de cinéma lors de cette conférence de presse, a déclaré d’un ton sérieux que cette polémique est le fait que la république et le colonialisme ne font pas bon ménage.  Enfin Chafia Boudraâ, lala Aïni de
Dar Sbitar, a, pour la première fois de sa vie de comédienne, reçu sa  première salve internationale d’applaudissements quand elle a déclaré qu’“en Algérie, on m’a surnommée la  mère de tous les Algériens à cause de  mon interprétation dans un feuilleton, je suis en fait dans le film à travers ce rôle, la mère de toute l’humanité, car ce qui compte avant tout pour une mère, ce sont ses enfants”.
Rachid Bouchareb a enfin mis l’accent dans son intervention sur l’importance de la coproduction algéro-française, qui intervient quelques mois seulement après la signature de l’accord de coproduction entre l’Algérie et la France, précisant que le même scénario a été proposé aux deux parties sans que quelqu’un change une ligne du scénario. La conférence de presse s’est achevée sans incident et quelques journalistes qui demandaient la parole sont restés sur leur faim, puisqu’ils ont été empêchés par le modérateur Henri Béhar, de poser d’autres questions sur un film qui n’a pas encore fini de faire parler de lui. (Liberté-22.05.2010.)

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**PROJECTION DU FILM À ALGER
Rush à la salle El Mougar

 

Hors-la-loi de Rachid Bouchareb, projeté hier en Algérie, a été très bien accueilli par le public.

C’est dans un climat détendu que la projection de Hors-la-loi de Bouchareb s’est déroulée hier, à Alger. Présenté à la salle El Mougar, devant un aréopage d’éditeurs, de dramaturges, d’artistes et de journalistes, ce film avait suscité, dès les premiers instants de la projection, une vive émotion parmi les présents. C’est avec la scène de la spoliation de la terre de Messaoud, Abdelkader et Saïd, les trois frères et principaux personnages de Hors-la-loi que s’ouvre le film.
Les événements se succèdent. Et c’est avec une grande perfection que Rachid Bouchareb nous retrace une période décisive de l’histoire de la guerre de Libération, à travers le périple de trois frères chassés de leur terre. La projection a eu lieu à 9 heures passées de quelques minutes et ce en l’absence de la première responsable du département de la culture, Khalida Toumi. Celle-ci avait, d’ailleurs, insisté pour que le film soit projeté à la même heure en Algérie. C’est ainsi que l’assistance à la salle El Mougar avait découvert le film au même moment que le public cannois.
«Même s’il y avait quelques imperfections, ce qui est tout à fait normal, le film était très réussi. Il y avait une certaine qualité de l’image, j’ai apprécié particulièrement les scènes d’action vers la fin du film. La scène du métro était aussi très émouvante», lancera Salah, un jeune étudiant à l’Ecole supérieure des arts dramatiques. «Je préfère de loin ce nouveau film de Bouchareb par rapport au précédent, Indigènes, sorti en 2006. Il y avait une certaine vision colonialiste. Celui-là est plus objectif…», fera observer un autre spectateur.
Une jeune cinéaste, Nadjma Hafiane, fera remarquer que «le casting n’était pas vraiment au point. Il y avait un certain problème d’accent. Chacun des comédiens (qui ont joué les rôles principaux), parlaient avec un accent différent. Le scénario était également ´´linéaire´´». Alors qu’une manifestation a été organisée en France, en guise de protestation, lors de la projection de Hors-la-loi au Festival de Cannes, c’est dans une ambiance survoltée que ce film a été accueilli à Alger, par les critiques, les intellectuels et la presse. Sélectionné en compétition officielle sous le drapeau algérien, le dernier film de ce cinéaste franco-algérien, avait suscité, avant même sa projection, une grande polémique en France.
Evoquant les massacres perpétrés par l’armée française, le 8 mai 1945 à Sétif, des ultranationalistes, des pieds-noirs et des harkis avaient manifesté contre sa participation dans l’une des plus prestigieuses manifestations cinématographiques en France et dans le monde entier: le Festival de Cannes. «Rétablir une vérité historique confinée dans les coffres», ce sont les quelques mots prononcés par le réalisateur qui ont marqué le début de la controverse. La pétition, qui avait été lancée par les protestataires et les nombreuses demandes formulées par ces derniers pour l’annulation pure et simple de la participation de ce film, n’avaient pas reçu d’échos favorables.
Quoi qu’on puisse dire sur le dernier film de Rachid Bouchareb, il n’y a aucun doute sur le fait que les blessures provoquées par la guerre de Libération n’ont toujours pas été cicatrisées de part et d’autre de la Méditerranée. (L’Expression-22.05.2010.)

****Brève histoire d’un passé qui ne passe pas

«Quand trop de sécheresse brûle les coeurs, quand la faim tord trop d’entrailles, quand on rentre trop de larmes, quand on bâillonne trop de rêves. C’est comme quand on ajoute bois sur bois sur le bûcher. A la fin, il suffit du bout de bois d’un esclave, pour faire, dans le ciel de Dieu et dans le coeur des hommes, le plus énorme incendie.»
Mouloud Mammeri

Il est curieux de constater que les plus grands laudateurs du mythe de l’Algérie française, sont en fait, des émigrés de la première, de la deuxième ou de la troisième génération. De quoi s’agit-il? Cette fois c’est d’un film fiction réalisé par Rachid Bouchareb et appelé Hors-la-loi, plus justement d’après nous: «Hors la Loi coloniale». Il y décrit en six minutes sur deux heures, les prémisses de la guerre d’Algérie par les massacres de Sétif. Tollé général dans le Sud-Est de la France. Les élus de la région, sans avoir vu le film, tirent à boulets rouges sur le film d’autant qu’il a été sélectionné par le Festival pour passer le 21 mai. Même Thierry Frémaux, président du Festival, avait jugé que ce film avait toute sa place dans la «maison des cinéastes, et avait apprécié, d’après Rachid Bouchareb, les qualités esthétiques.
Que reproche-t-on à ce film? De n’avoir pas parlé – encore une fois sans voir le film- de la centaine de morts européens. Qui en est le porte-drapeau? Il y a d’abord le secrétaire d’Etat aux Anciens combattants qui se permet de donner son avis sur le scénario du film en le faisant valider par les services cinématographiques de l’Armée à la demande d’un deuxième émigré de la deuxième génération, le député Lionnel Luca, né en 1954, au début de la guerre, fils d’un émigré. Son père, qui nous vient des lointaines Carpates (Roumanie), s’engagera ensuite dans la Légion étrangère et servira en Indochine. Il sera naturalisé en 1958. Il y a enfin le beur (l’arabe chrétien), le député Elie Aboud, né le 12 octobre 1959 à Beyrouth (Liban), qui avait cinq ans au début de la guerre d’indépendance et qui en rajoute selon le fameux principe «Etre plus royaliste que le roi».

«Ce n’est qu’une fiction»
Personne à leur propos, ne parle de leurs ascendants; le corps social français les ayant absorbés. Ce ne sont pas des émigrés de la première, deuxième génération ou troisième, contrairement aux beurs, même enfants de harki, qui sont toujours et toujours des beurs numérotés première génération, deuxième, 10e génération. On peut s’interroger, à juste titre, pourquoi ils sont facilement intégrés. Sans faire dans les déductions faciles, on ne peut pas ne pas penser au ciment de la religion chrétienne qui lie d’une façon invisible, ceux qui aspirent à être Français. Pourtant, lors d’un meeting, l’arabe de service de l’UMP, présenté au ministre de l’Intérieur comme buvant du vin et mangeant du cochon, n’a pas eu les faveurs de ce dernier qui aurait dit en substance: «Quand il y en a un ça va, quand il y en a plusieurs cela pose problème.»..
«En tant que député, je n’ai pas à juger du contenu d’une oeuvre culturelle, mais dans la mesure où ce film bénéficie d’une subvention du Centre national du cinéma, le député a un droit de regard. Je n’admettrai pas qu’on utilise de l’argent public pour insulter la République.» Elie Aboud qui a allumé la polémique fin avril, a plus précisément accusé Rachid Bouchareb d’occulter les meurtres d’Européens qui ont précédé les massa-cres de Sétif. Il l’a accusé, sur la base d’un bref avis émis, à partir d’un scénario provisoire, par le service historique du ministère de la Défense, lequel relève des anachronismes. Pour sa part, la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (Sacd), qui gère les droits de 48 000 auteurs de l’audiovisuel et du spectacle vivant, a ironiquement décerné à Lionnel Luca un prix de la «Bêtise avec un grand C», selon le mot du poète Jacques Prévert. Douze intellectuels dont sept historiens, défendant la «liberté d’expression», ont dénoncé, de leur côté, un «retour en force de la bonne conscience coloniale», tandis que la Ligue des droits de l’Homme (LDH) s’insurgeait contre les «pressions» exercées sur les financeurs du film et sur le Festival.
Pour sa part et devant la polémique qui enfle, Rachid Bouchareb a appelé au calme dès l’ouverture du Festival et souhaité que les désaccords suscités par cette «fiction» s’expriment «dans la sérénité». «Devant de telles passions et dans un souci d’apaisement, il m’apparaît important de rappeler deux choses: Hors-la-loi est un film de fiction, une saga qui raconte l’histoire de trois frères algériens et de leur mère sur une période de plus de trente-cinq ans, du milieu des années trente à l’indépendance de l’Algérie en 1962. Il faut qu’il soit possible que le cinéma aborde tous les sujets». Se défendant de vouloir faire oeuvre d’historien, il a souhaité que le désaccord, s’il s’exprime, se fasse «dans un cadre pacifique et dans la sérénité du débat d’idées», après la projection.
Elie Aboud, qui a fait sa carrière en caressant les pulsions revanchardes de l’électorat nostalgique, n’en est pas à sa première provocation.
«Après avoir cautionné, écrit l’IDH de Toulon, par sa présence, une cérémonie d’hommage à l’OAS, le 26 mars dernier, au cimetière neuf de Béziers, le député Elie Aboud a participé le 12 décembre à l’inauguration d’un rond-point dédié au bachaga Boualem, à Béziers. Il est vrai que Elie Aboud est député d’un département où les extrémistes de l’Algérie française» continuent à se manifester bruyamment… Mais, cet homme politique, ambitieux semble ignorer que les pieds-noirs et leurs descendants ne sont pas tous nostalgiques de la période coloniale, que les harkis sont las d’être instrumentalisés, et que les liens qui se sont tissés entre les deux rives de la Méditerranée sont profonds. La guerre d’indépendance algérienne s’est terminée il y aura bientôt cinquante ans. Il serait temps que la France regarde son passé en face, qu’elle exprime enfin quelque «regret» pour les violences faites aux Algériens pendant la période coloniale, et qu’elle établisse avec son voisin, des relations fondées sur le respect mutuel.(1)
Lionnel Luca est de ceux ayant âprement défendu l’article 4 de la loi du 23 février 2005 (modifié par décret en 2006) énonçant que «Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, et accordent à l’histoire et aux sacrifices des combattants de l’armée française issus de ces territoires, la place éminente à laquelle ils ont droit». Lionnel Luca affirmant même: «En disant que s’il n’y avait pas eu la colonisation, ni Léon Bertrand, ni Azouz Begag ne seraient ministres de la République française, je n’ai fait que rappeler une évidence, un fait, sans aucune arrière-pensée. «On peut lui rétorquer que c’est parce que la République a une forte volonté d’intégration qu’elle l’a, en tant qu’émigré, lui aussi de la deuxième génération comme Azouz Begag, intégré et lui a donné le droit de dire le droit. Pour l’histoire, c’est dans une lettre du 7 décembre 2009 qu’il a adressée à Hubert Falco pour le saisir du cas de ce film auquel le Centre national du cinéma (CNC) apportait son soutien financier: «On peut s’interroger sur cette volonté d’encourager une repentance permanente que le président de la République a plusieurs fois condamnée. A défaut de pouvoir intervenir sur le CNC, je vous saurais gré de bien vouloir veiller à ce que la sortie du film ne puisse être cautionnée par les officiels français.»
Encore heureux que le film soit présenté sous bannière algérienne. Au vu de ce qui a précédé, le véritable problème que pose le film ne semble pas essentiellement tenir aux inexactitudes relevées par le SHD. Comme le précise fort justement l’historien Pascal Blanchard: «Mais ce n’est pas le sujet, Hors-la-Loi est une fiction. On n’a jamais reproché à Francis Ford Coppola, le réalisateur d’Apocalypse Now, de n’avoir pas filmé la guerre du Vietnam dans l’ordre où elle devait être racontée.»

Des milliers de morts
En mai 1945, dans cette atmosphère délétère où la chape de plomb paraissait durer mille ans, des Algériens ont cru que l’heure de l’indépendance avait sonné. Ce fut une répression innommable. Il est vrai que les Européens d’en bas avaient un statut de race supérieure. Un fil rouge séparait d’une façon invisible les deux communautés, ce sont les interdits de la société coloniale dont parle si bien Pierre Bourdieu dans son ouvrage Sociologie de l’Algérie. Le 8 mai 1945, jour de la signature de la capitulation allemande, dans la plupart des villes d’Algérie, des cortèges d’Algériens musulmans défilent avec des banderoles portant comme mot d’ordre: «A bas le fascisme et le colonialisme». À Sétif, la police tire sur les manifestants algériens. Ces derniers ripostent en s’attaquant aux policiers et aux Européens. C’est le début d’un soulèvement spontané à La Fayette, Chevreuil, Kherrata, Oued Marsa… On relève 103 tués, assassinés dans des conditions atroces, et 110 blessés parmi les Européens. Les autorités organisent une véritable guerre des représailles qui tourne au massacre. Fusillades, ratissages, exécutions sommaires parmi les populations civiles se poursuivent durant plusieurs semaines. Les nationalistes algériens avanceront le chiffre de 45.000 morts, d’autres sources françaises, récentes, avancent le chiffre de 15.000 à 20.000 morts. [...]» Guy Pervillé citant Claude Liuzu, parle de plusieurs milliers de morts.
Il y eut plusieurs milliers de morts dont des centaines sans sépulture, nous avons même eu droit à des fours crématoires à Héliopolis (Guelma). Il faut lire le livre: Les massacres de Guelma un Journal personnel écrit par Marcel Reggui (professeur de lettres, français d’origine algérienne, converti au catholicisme) qui débarque à Guelma pour mener une enquête sur le meurtre de trois membres de sa famille (sa soeur et ses deux frères) en ce mai 1945 et qui y note tout ce qu’il découvre. Il ne révélera jamais son journal, Pierre Amrouche découvre ce journal de Marcel Reggui ami de Jean Amrouche.
L’historien Gilles Manceron, écrit Nadia Bouzegrane, a vu une mouture du film. S’il a relevé quelques inexactitudes historiques de la part du réalisateur, il s’élève contre les pressions politiques qui se sont manifestées pour interdire cette première fiction cinématographique sur les massacres du 8 mai 1945. Pour lui: «Cette polémique témoigne d’un phénomène qu’on connaît déjà, c’est-à-dire l’existence de milieux nostalgiques de la colonisation qui sont portés par l’extrême droite, mais qui sont aussi représentés au sein même de la majorité politique actuelle en France (…) Ce qui n’est pas normal, parce que l’Etat n’a pas à s’ériger en critique de cinéma et en décideur de ce qui est bien ou mal dans la production cinématographique. Cette agitation préalable de la part de l’Etat et du milieu politique ne me semble pas une bonne chose. Il y a une liberté de création dans une société démocratique. (…) Ils se fondent toujours sur les mêmes idées, c’est-à-dire qu’il ne faut pas montrer les exactions de l’armée française, la violence des colons, que ce n’est pas vrai ou bien ce n’était qu’une réponse légitime à une violence préexistante, alors que c’est le contraire qui s’est produit. C’est la même idéologie de justification et de dénégation de la part de gens qui ne veulent pas voir les réalités de l’histoire, qui dénient le droit à la résistance qui s’était exercée contre la colonisation française. A la question: «Cela ne montre-t-il pas, une fois encore, que la dénégation est encore vivace, même si deux ambassadeurs français ont qualifié les événements du 8 mai 1945 d’«épouvantables massacres» et de «tragédie inexcusable»? Il répond: «C’est ce que j’appelle la croisée des chemins, parce qu’il y a deux discours contradictoires qui se tiennent dans la société française: il y a un discours selon lequel il faut que la France regarde son passé, y compris les pages sombres de ce passé, et les reconnaisse, notamment tout ce qui renvoie à l’histoire coloniale et à l’histoire franco-algérienne; et puis il y a l’idée selon laquelle il n’y a rien à regretter du point de vue de ce passé colonial qui serait une oeuvre positive. A mon avis, la reconnaissance est inévitable, la France ne pourra que le faire parce que c’est intenable d’être dans la dénégation.»(2)
L’offensive est lancée: le maire de Cannes, Bernard Brochand (UMP), qui a vu le film, a choisi vendredi, jour de sa présentation officielle, pour rendre hommage, à 10 heures 30 (heure de projection du film), devant le monument aux morts de l’Hôtel de ville, aux «victimes françaises» de la guerre d’Algérie et des événements de Sétif, le 8 mai 1945. «Une cérémonie du souvenir organisée en hommage aux victimes françaises de la guerre d’Algérie a été voulue par la municipalité de Cannes afin de marquer (…) son attachement à la mémoire de nos compatriotes civils et militaires, et des hommes des forces supplétives tombés au cours des événements de Sétif.» De même, le même jour à 10 h, Elie Aboud a annoncé l’organisation d’une marche silencieuse, du monument aux morts de Cannes au palais du Festival. Trois gerbes seront déposées, l’une par le sous-préfet, l’autre par les élus, la dernière par les organisations de rapatriés, a précisé à la presse le député de l’Hérault. La France officielle est donc représentée.
Cela ne nous étonne pas. Albert Camus disait qu’ «il est bon qu’une Nation soit assez forte de tradition et d’honneur pour trouver le courage de dénoncer ses propres erreurs. Mais il est dangereux en tout cas de lui demander de s’avouer seule coupable et de la vouer à une pénitence perpétuelle». C’est à non point douter l’abécédaire fondateur de la non-repentance et de «la tyrannie de la repentance» théorisée par les Pascal Bruckner et consorts et qui ont amené le président de la République française à Toulon, quelques jours avant son intronisation comme président en mai 2007, à parler de la non-repentance et de la haine de soi. En clair, la colonisation a du bon et nous en voyons les conséquences par les bravades des nostalgériques à vouloir dicter un récit à leur image. Quelles que soient les rodomontades, la vérité éclatera un jour ou l’autre. Dans cette histoire, c’est un peuple qui a commencé à se battre non pas à partir de 1945 mais depuis que les hordes sauvages de l’armée d’Afrique ont débarqué sur les plages de Sidi Ferruch. Il y eut une dizaine de révoltes officielles pendant près de 80 ans jusqu’aux dernières révoltes de Marguerite. Ensuite, fort de son pouvoir génocidaire, la France coloniale pensait avoir définitivement annihilé le sentiment national algérien qui n’a pu alors s’exprimer qu’à travers la lutte politique jusqu’en 1945, point d’orgue de la conviction que l’émancipation des Algériens ne se fera pas dans le cadre colonial condamné par l’histoire. Ce n’est pas, apparemment, demain que nous verrons une histoire apaisée qui fait la part réelle des choses.
Un peuple a risqué de disparaître en 132 ans de dénégation de dignité humaine. Ce film passera, on peut parier que pour la «raison d’Etat», une entente s’est faite pour qu’il ne soit pas récompensé à sa juste mesure. (L’Expression-22.05.2010.)
1.Elie Aboud, ou le déni du passé colonial de la France. www. IDH Toulon: Les deux rives de la Méditerranée- 15 décembre 2009
2 Nadjia Bouzeghrane Gilles Manceron.: «Le film est dénigré pour de mauvaises raisons» El Watan 5 mai 2010

Pr Chems Eddine CHITOUR

****Lire par ailleurs…

Le film qui remue la guerre des mémoires

cliquer ici    FESTIVAL DE CANNES 2010

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**APRÈS LE DERNIER VERDICT PRONONCÉ PAR LA FIFA

Samir Zaher dos au mur
 

Les médias égyptiens qui, hier, s’attaquaient à l’Algérie, ont fini par se retourner contre le président de la FEF et lui déclarer la guerre.

La machination montée de manière diabolique le 12 novembre 2009 au Caire contre la délégation algérienne de football, par l’Egyptien Samir Zaher, s’est finalement retournée contre ce dirigeant, aujourd’hui bel et bien discrédité par la majorité de ses compatriotes. Pour preuve, l’élimination subie par les Pharaons de la prochaine Coupe du Monde, n’a pas fini de faire parler d’elle du côté du Nil. Maintenant, c’est au tour de l’actuel président de la Fédération, Samir Zaher, d’en prendre sérieusement pour son grade, via les médias égyptiens. En effet, celui qui a longtemps fait croire à tout un pays que le dossier qu’il avait présenté à la FIFA, notamment après l’historique qualification au Mondial 2010 des Verts, obtenue à Oum Dourmane, était en béton, n’était en fin de compte qu’un coup de bluff. Un dossier qui avait pour but de faire condamner les Algériens, et surtout de ternir, à n’importe quel prix, l’image de l’Algérie auprès de la plus haute instance mondiale du football. Samir Zaher qui était déjà en butte à de très graves problèmes d’ordre interne, et cela bien avant la mise en place de son lugubre scénario fomenté au mois de novembre 2009 contre notre Equipe natinale, est tout simplement aujourd’hui rattrapé par le temps, et ses sales affaires, depuis qu’il est à la tête de la FEF. Un homme de premier rang au sein du football égyptien qui a consacré ces derniers mois toute l’énergie du désespoir, à mentir et mentir sans cesse à l’ensemble de ses proches et opposants, juste pour sauver la face, après l’affront subi par les Pharaons en terre soudanaise, une nuit du 18 novembre 2009. Résultat des courses: aujourd’hui, le premier responsable du foot égyptien fait face à une campagne médiatique sans précédent en Egypte, et de surcroît par cette même presse qui tirait à boulets rouges, il y a quelques mois encore, sur tout ce qui est Algérien. Samir Zaher qui a longtemps joué au pyromane, même lorsqu’il a eu affaire dans son propre pays à son compatriote Shoubeir, notamment via les médias, est maintenant considéré comme la principale cause de l’élimination des Pharaons du prochain Mondial sud- africain. Les Egyptiens qui ont longtemps cru aux arguments présentés par Samir Zaher auprès de la FIFA, ont finalement déchanté lorsque Zurich a définitivement clos le dossier algéro-égyptien. Le contentieux est plutôt devenu maintenant égypto-égyptien, étalé au grand jour sur la place publique du Caire, par des médias, et un certain nombre d’opposants comme l’ex-portier international Shoubeir, et qui considèrent tous aujourd’hui avoir été floués par un président de la FEF dont les jours sont visiblement comptés. Il est vrai qu’aux pays des Pyramides, l’ancestral peuple d’Egypte n’a jamais supporté les trahisons fomentées contre lui par les siens. Et celle que vient de commettre Samir Zaher, et qui a eu pour grave conséquence de ternir le football égyptien, en est une. La FIFA a tranché dans l’affaire Algérie-Egypte, mais elle a aussi, dans le même temps, scellé le sort de l’Egyptien Samir Zaher.
Conclusion: les médias égyptiens qui ont longtemps pris pour cible, sans répit, les Algériens, ne vont plus lâcher Samir Zaher pour lui faire payer sans état d’âme le nouveau discrédit subi par l’Egypte, via l’auguste FIFA. (L’Expression-22.05.2010.)

 **Les sanctions sont une humiliation et ternissent l’image de l’Égypte à l’étranger….

L’Égypte entière parle en ce moment des sanctions infligées à la FEF par la FIFA, suite au caillassage du bus transportant la sélection quelques instants après leur arrivée au Caire. Plusieurs parties ont indiqué que sanctions sont une humiliation et ternissent l’image de l’Égypte à l’étranger.

De différents milieux égyptiens accusent le bureau fédéral et le président Samir Zaher d’être responsables de ce qui s’est passé, et surtout de la gestion de cette crise. Plusieurs personnalités sportives et politiques ont été unanimes à dire que le premier responsable, à la tête de la FEF, et ceux qui travaillent avec lui, doivent faire preuve de courage et présenter la démission de leurs postes pour quitter la fédération sans retour. Dans ce sillage, l’ex président de la FEF, Issam. A, a demandé à Zaher, ainsi que ceux qui travaillent avec lui, de démissionner parce qu’ils ont échoué dans leur mission. L’ex président de la FEF a condamné l’euphorie affichée par ces derniers juste après l’annonce des sanctions par la FIFA.

Selon Issam. A, Samir Zaher aurait dés le début échoué dans le dossier concernant la rencontre entre l’Algérie et l’Égypte, et que Zaher devait reconnaître le caillassage du bus transportant la délégation algérienne, et non pas le renier. Il a ajouté que Zaher devait présenter des excuses aux Algériens, et non pas les accuser d’avoir concocter l’acte et d’avoir briser les vitres du bus par eux-mêmes. D’autre part, Harb Edahchouri, ancien président de la FEF, a exprimé son mécontentement quant à la manière avec laquelle Samir Zaher et co avaient trahi le public égyptien en refusant de reconnaître l’agression, ce qui provoqué cette discorde qui demeure à ce jour, et qui a provoque une grande crise diplomatique entre les deux pays frères.

Harb Edahchouri a critiqué aussi la grande passivité dans le traitement de cette affaire, surtout dans la présentation d’un dossier détaillé dont ils ont parlé à la FIFA. Saïd Dhaouhar, président de la commission de la jeunesse et des sports auprès du conseil de la nation, a déclaré que les responsables du football au sein de la fédération avaient menti au peuple en lui promettant de gagner l’affaire, mais en réalité c’est l’inverse qui s’est produit.

Zaher este Shoubeir en justice et adresse une correspondance au ministre de l’information

Différents organes médiatiques égyptiens ont révélé que Zaher et ses membres au sein de la fédération ont décidé de tenir aujourd’hui une réunion d’urgence pour étudier les nouveautés concernant l’affaire de Ahmed Shoubeir. En effet, ce dernier a révélé que l’agression de la délégation algérienne était un plan concocté par Zaher et Co. La fédération égyptienne avait levé cette affaire au procureur général. Zaher a aussi adressé une correspondance au ministre de l’information, où il dit que ce qu’a fait Shoubeir est une atteinte à la réputation de la nation.(Echorouk-23.05.2010.)

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**AG élective du Comité Olympique Algérien

Les protagonistes au TAS de Lausanne

On apprend de sources généralement bien informées que dans le cadre du recours introduit auprès du Tribunal arbitral du sport de Lausanne, suite à l’assemblée générale élective du Comité olympique algérien, le président de cette instance et deux de ses collaborateurs ont quitté Alger, jeudi, à bord d’un vol d’Air France, en direction de Genève via Paris, pour répondre à une convocation du TAS. Le même jour, les plaignants, Hassiba Boulmerka et Nacereddine Naïdji, ainsi que les deux témoins que sont l’ancien président du COA, Si Mohamed Baghdadi, et Fériel Salhi, la présidente sortante de la Fédération algérienne d’escrime, ont embarqué à bord d’un vol Air Algérie à destination de Genève pour défendre leur cause auprès du TAS.
Selon certaines sources, cette affaire de l’AG élective du COA pourrait connaître encore des rebondissements. (Liberté-22.05.2010.)

****PSG, MONACO, SAINT-ÉTIENNE ET LILLE LE VEULENT
Les Français se disputent Ziani
 

En France, on court derrière Ziani. Chaque jour, un club français de la Ligue 1 manifeste son souhait de recruter le milieu offensif des Verts. Après une saison difficile dans la Bundesliga, championnat d’Allemagne, le sociétaire de Wolsburg, est très sollicité par les clubs français. En effet, après le Paris Saint-Germain, l’AS Monaco et l’AS Saint-Étienne, un autre prétendant se penche sur son cas, à savoir Lille. En une semaine, Karim Ziani séduit au moins quatre clubs français. Ces clubs, évoluent tous en Ligue 1. Ces derniers jours, selon la presse sportive de l’Hexagone, L’Equipe qui a relevé le souhait affiché par Lille de recruter Ziani, Lille apprécie très fortement le profil du joueur et les dirigeants du club estiment qu’il répond à tous les critères recherchées.
Le voeu exprimé par LOSC de s’attacher le joueur algérien a été motivé, entre autre, par le départ de Ludovic Obraniak, qui bénéficie d’un bon de sortie pour quitter le club.
A cela s’ajoutent les trois clubs turcs qui font les yeux doux pour Ziani. Il s’agit de Galatasaray, Fenerbahçe et Besiktas. Selon l’entourage du joueur, Ziani ne serait pas trop chaud pour la piste turque. Ces derniers clubs auraient fait une offre alléchante au joueur. Mais, ce la ne séduit pas le milieu du terrain algérien, qui est beaucoup plus intéressé par le challenge sportif. Justement, l’aspect financier pèsera lourd dans le transfert de Ziani. Wolsburg a dépensé près de huit millions d’euros pour faire venir le joueur de Marseille.
A cela s’ajoute le salaire mensuel que touche le joueur dans son club actuel soit 350.000 euros. Qui, des clubs intéressés pourrait supporter de telles sommes?
Dans ce cas, le club de la capitale française, le PSG en l’occurrence, a été donné comme le seul club qui peut racheter son contrat. En ce qui concerne l’AS Saint-Étienne, les dirigeants du club, à leur tête le président, avaient confirmé, dans des déclarations à la presse, qu’ils s’intéressaient réellement à Ziani. mais, l’offre de Lille peut tout bousculer.
Les Dogues jouent l’Europa League. Une compétition à laquelle ne participera pas Wolfsburg, ni un des clubs français suscités. Un argument de poids qui fera peut-être pencher la balance du côté du LOSC. Pour l’instant, Karim Ziani se dit intéressé seulement par les Verts et concentré sur le Mondial. Il se prononcera sur sa décision après la Coupe du monde. (L’Expression-22.05.2010.)

****NADIR BELHADJ
Un arrière-gauche en or

Souffrant d’une blessure depuis le mois de mars dernier et suspendu pour deux matchs par la Confédération africaine de football, le défenseur international algérien, Nadir Belhadj, a passé des moments difficiles avant de connaître une triple joie.

En effet, l’insaisissable l’arrière-gauche des Verts a effectué samedi dernier son retour à la compétition au stade mythique de Wembley à l’occasion de la finale de la Coupe d’Angleterre, perdue par son équipe face à Chelsea sur le score de 1-0. C’est là qu’il conforte sa seconde joie puisqu’il ne ressentait plus rien concernant sa blessure. Et enfin, il fut comblé de bonheur lorsqu’il a su qu’il pourrait disputer le premier match du Mondial 2010 contre la Slovénie, après l’amnistie générale prononcée par la CAF, à l’issue de la réunion du Comité exécutif au Caire, le 14 mai dernier. De plus, cette joie est largement partagée par ses coéquipiers en Equipe nationale ainsi que par tous les supporters des Verts. Car Nadir Belhadj a ébloui tout le monde par ses chevauchées extraordinaires et surtout son caractère d’infatigable sur le terrain. Nadir Belhadj souffrait d’une blessure au niveau des ischio-jambiers. Ce qui l’a obligé à s’éloigner des terrains depuis mars dernier avant d’être transféré à l’établissement hospitalier d’Aspetar à Doha au Qatar pour y subir des soins.
Et c’est alors qu’il revient sur les terrains en se voyant incorporé par son entraîneur de Portsmouth, Avram Grant, à dix minutes de la fin de la finale de la Coupe d’Angleterre face à Chelsea.
Le retour de Nadir à la compétition a été bien concluant. Et c’est lui-même qui confirme sa bonne santé en déclarant à l’issue de cette finale: «Dieu merci, je n’ai ressenti aucune douleur. Mais, je dois, tout de même, faire des contrôles dès mon retour à la sélection algérienne à Crans Montana pour avoir le coeur net et ce, afin de poursuivre ma préparation pour le Mondial en toute tranquillité.» Et à une question relative à la grâce dont il a bénéficié de la part de la CAF, l’arrière-gauche des Verts déclare tout heureux: «J’étais fou de joie lorsque j’ai appris la nouvelle. Cela me permettra de me concentrer uniquement sur mon travail, de bien préparer le Mondial. Je me sens donc bien débarrassé d’un vrai souci. Surtout que j’étais dans le doute depuis plusieurs mois par rapport à cette histoire…»
Né le 18 juin 1982 à Saint-Claude dans le Jura, Nadir Belhadj évolue au sein du club anglais de première division, Portsmouth Football Club depuis septembre 2008. Il est donc né, deux jours après la retentissante victoire des Madjer-Belloumi et autres, face à la RFA (2-1) au Mondial 1982 en Espagne, de parents originaires d’Oran. Un signe, peut-être… Nadir Belhadj a débuté au club Haut-Jurassien Jura Sud Foot avant de rejoindre successivement, Besançon Racing Club, le RC Lens, Sedan, Lyon puis retour à Lens avant d’être prêté à Porstmouth le 1er septembre 2008.
De par sa fougue et surtout son talent et sa technique, aussi bien en défense, qu’en attaque, Nadir Belhadj attire la convoitise de plusieurs clubs émanant des quatre coins d’Europe. On notera, notamment l’AS Rome, le FC Barcelone, le Sporting Lisbonne, le Celtic Glasgow et bien d’autres…
En Sélection nationale, Nadir Belhadj compte 5 buts en 42 sélections. Il a disputé son premier match le 28 avril 2004 face à la Chine (0-1). Il marque son premier but face à l’Argentine (3-4) le 5 juin 2007, jour où il réalisa d’ailleurs un doublé. Et puis, c’est surtout grâce à lui et à son centre millimétré à Madjid Bougherra en quarts de finale de la dernière CAN que ce dernier a réussi à égaliser pour les Verts face à la Côte d’Ivoire avant de remporter le match. Mais, en demi-finales, face aux Egyptiens, Nadir perd son sang-froid devant les provocations incessantes de l’Egyptien Al Mohammady, il effectue un tacle en retard, ce qui oblige l’arbitre à l’expulser, ce qui lui valut deux matchs de suspension infligés par la CAF avant qu’il ne soit gracié.
Cette décision de la CAF permettra ainsi à Nadir Belhadj de jouer le Mondial sud-africain. Mais, pour le moment, il est en regroupement avec les Verts à Crans Montana (Suisse) pour justement préparer cet important rendez-vous planétaire. (L’Expression-22.05.2010.)

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Football féminin CAN-2010 –

Aujourd’hui Algérie-Tunisie à Koléa

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L’équipe nationale de football féminin affrontera son homologue de Tunisie cet après-midi (17h00) au stade de Koléa pour le compte du match aller des éliminatoires de la CAN, prévue en Afrique du Sud le mois d’octobre 2010. Il s’agit d’un match de «réhabilitation» pour le football féminin algérien qui a enregistré un certain recul au niveau africain depuis le départ de l’entraîneur national Azzedine Chih en 2007. Le retour de ce dernier suscite de l’espoir puisque la FAF ambitionne de booster de nouveau cette discipline qui avait donné beaucoup de satisfaction au football national, notamment avec le titre de champion arabe remporté en 2006. Pour rappel, l’Algérie a été éliminée de la dernière CAN par cette équipe tunisienne en 2008. C’est la raison pour laquelle cette rencontre est perçue comme celle de la «réhabilitation». A cet effet, Chih a sélectionné 24 joueuses dont 9 évoluent dans des championnats étrangers. Il reconnaît que l’équipe tunisienne est en nette progression dans la mesure où elle vient de remporter un tournoi organisé en France. Toutefois, il a estimé que ses protégées sont prêtes à relever le défi et gagner cette première manche avant le match retour en Tunisie. Pour Chih, l’Algérie doit revenir sur la scène africaine et participer à la prochaine phase finale en Afrique du Sud.(Quotidien d’Oran-22.05.2010.) 

*****BOUGHERRA, BOUDEBOUZ, MEDJANI ET MEGHNI FORFAITS
Les Verts amoindris face à l’Irlande

Le sélectionneur national ne pourra pas disposer de l’ensemble des joueurs lors de cette rencontre.

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Les Verts évolueront amoindris face à l’Irlande. Plusieurs cadres de l’équipe déclarent forfait en prévision de ce match amical, prévu le 28 mai prochain à Dublin. L’annonce a été faite par le sélectionneur national, Rabah Saâdane. En fait, le coach a bien confirmé, lors de son intervention sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale, qu’il n’aura pas l’ensemble de ses joueurs sous la main lors de cette rencontre, en raison de blessures.
«Malheureusement, je ne vais pas bénéficier de l’ensemble des joueurs lors de cette rencontre amicale. Certains, à l’image de Medjani, Bougherra, et Boudebouz ont besoin de se mettre au repos pendant une période d’une semaine à dix jours pour récupérer complètement de leurs blessures», a affirmé le coach. Il justifie sa décision par le fait qu’il ne veut absolument pas prendre de risque en incorporant des joueurs blessés qui peuvent compromettre toutes leurs chances d’aller au Mondial, dans le cas où ils participent à ce match. Cela d’autant plus que la rencontre est amicale. Le sélectionneur national explique que ce match aura deux objectifs distincts. Il s’agit d’évaluer le niveau des joueurs à la fin du stage de Crans Montana et se faire une idée précise du rendement des trois compartiments. Ce match, «nous permettra d’abord d’évaluer le niveau des joueurs à la fin du stage de Crans Montana et connaître leur réaction physique après le travail accompli en altitude. Cette rencontre va aussi nous permettre de voir le rendement des trois compartiments…». Le coach explique également que les appréciations qu’il tirera de ce match, lui permettront de mieux aborder le deuxième stage de cette préparation, programmé en Allemagne. «A partir du match face à l’Eire, je ferai une analyse que je répercuterai avec les joueurs lors de la première séance d’entraînement du stage en Allemagne», a-t-il ajouté. Les joueurs qui ne vont pas prendre part à ce match, sont Bougherra, Meghni, Medjani et Boudebouz. Il n’est pas à écarter, également, de voir Lacen et Yebda out pour cette rencontre. Interrogé sur son évaluation à la première semaine de ce stage de Crans Montana, achevée jeudi dernier, le coach a fait comprendre que l’équipe a réussi à réaliser à 100% le programme établi. M.Saâdane s’est montré satisfait du travail accompli jusque-là. «Mis à part les aléas des blessures de certains éléments, la première semaine du stage s’est déroulée dans d’excellentes conditions où tous les joueurs ont adhéré au programme qui leur a été tracé. La deuxième partie commencera vendredi avec au menu un travail technico-tactique, et la préparation effective du match amical face à l’Eire», a-t-il expliqué. S’agissant des deux joueurs qui seront éliminés de la liste à transmettre à la Fifa, Rabah Saâdane n’a pas caché qu’il s’agit d’une décision difficile à prendre. Sur ce point, il annonce que la liste définitive sera arrêtée à l’issue du match face à l’Irlande et les joueurs qui seront écartés seront informés le lendemain du match. «Les deux joueurs qui vont nous quitter seront informés au lendemain du match face à l’Irlande. C’est vrai que cela sera pénible pour eux, mais on n’a pas le choix, on devra transmettre la liste des 23 joueurs retenus pour le Mondial, le 31 mai», a-t-il affirmé. A propos des adversaires de l’Algérie en Coupe du Monde (Angleterre, Etats-Unis, Slovénie), Rabah Saâdane affirme qu’il va charger des membres du staff technique pour les superviser lors de leurs matchs amicaux. «Rien ne sera laissé au hasard, puisque des membres du staff vont superviser nos adversaires lors de leurs prochains matchs amicaux, avec l’objectif de recueillir le maximum d’informations.» Voulant éviter à ses joueurs toutes sortes de pressions, le coach déclare que l’objectif de son équipe en Afrique du Sud est de produire des matchs honorables. «On ne va pas se mettre de la pression. Nous allons travailler avec l’objectif de donner le maximum et jouer des matchs qui honorent le football algérien. Nous devons rester réalistes, notre objectif est de jouer match par match, après, on verra», a-t-il conclu. (L’Expression-22.05.2010.)

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**Un avion s’écrase dans le sud de l’Inde, 158 morts

par Harish Nayak

MANGALORE, Inde (Reuters) – Seules huit personnes ont survécu à l’accident d’un avion de la compagnie Air India Express qui s’est écrasé samedi dans le sud de l’Inde avec 166 passagers et membres d’équipage à son bord.

L’appareil, un Boeing 737/800 en provenance de Dubai, a manqué son atterrissage à l’aéroport de Mangalore, ville de l’Etat du Karnataka, et a fini sa course dans une forêt, a précisé Anup Srivastava, directeur de la compagnie Air India dont Air India Express est une filiale à bas coûts.

Tous les passagers étaient de nationalité indienne, a précisé un représentant de la compagnie à Dubai.

L’avion s’est écrasé vers 06h30 (01h00 GMT), ont rapporté les chaînes de télévision qui ont diffusé des images des décombres dans une zone boisée. Des flammes s’échappaient du lieu de l’accident tandis que des pompiers tentaient d’éteindre l’incendie.

« L’appareil s’est brisé en deux. J’ai sauté de l’avion après l’accident. J’ai vu deux autres personnes qui sortaient elles aussi », a raconté Abdullah, l’un des survivants, interrogé à l’hôpital par la chaîne de télévision TV9.

« Il y a eu un bruit comme l’éclatement d’un pneu. J’ai essayé de sortir par l’avant mais j’ai vu un gros incendie. Je suis revenu vers l’arrière et j’ai sauté de là », a-t-il ajouté.

La catastrophe aérienne est la plus grave qu’ait vécue l’Inde depuis plus de dix ans. En juillet 2000, un Boeing 737-200 de la compagnie Alliance Air s’était écrasé sur une zone résidentielle de Patna, dans l’est. Le bilan avait atteint les 50 morts.

Selon des témoignages, le Boeing a glissé sur la piste d’atterrissage mouillée par la pluie. « L’avion avait déjà atterri. Il pleuvait légèrement. L’avion a dérapé », a raconté un témoin à la chaîne CNN-IBN. « Après il a pris feu. Les villageois et d’autres gens sont venus apporter du secours. »

Air India, compagnie publique dont les finances sont dans le rouge, a bénéficié à plusieurs reprises de soutiens financiers du gouvernement indien pour faire face à la concurrence des compagnies privées.

Avec Alistair Scrutton à New Delhi et Erika Solomon à Dubai, Pierre Sérisier et Henri-Pierre André pour le service français. (Le Monde)







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