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Ils nous ont agressés et insultés, mais nous les battrons

14112009

* Ziani : Ils nous ont agressés et insultés, mais nous les battrons !

Si j’ai échappé à l’agression sauvage dont notre bus a fait l’objet, pendant que je vous parle, certains de mes camarades sont en train de saigner», indique Ziani que nous venions de joindre, juste après l’agression contre le bus qui transportait la sélection algérienne.

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«Je ne comprend toujours pas pourquoi nous avons été traités de la sorte. Nous avons certes été bien accueillis à l’aéroport, mais nous avons été surpris par le nombre réduit des agents de sécurité qui escortaient le bus qui nous conduisait vers le lieu de notre résidence».

« Un kilomètre après avoir démarré, le bus a ralenti dans un dangereux virage, et c’est là que nous avons été surpris par un nombre impressionnants de supporters sur le bord de la route, armés de pierres qu’ils lançaient dans notre direction. Les éléments de la sécurité n’ont pas bronché et se contentaient de se protéger eux-mêmes».

«Des centaines de pierres pleuvaient sur le bus et toutes les vitres se sont brisées. Nous avons continué le reste du chemin, à plat ventre».

«Khaled Lemouchia, Rafik Halliche et l’entraîneur des goals Hassan Belhadji ont été blessés à la tête, et ce dernier a été évacué à l’hôpital pour recevoir les premiers soins. Les blessures de Lemouchia et de Halliche n’étaient pas si légères que ça, et ils auraient dus être emmenés à l’hôpital. Le climat électrique qui règne au Caire ne l’a pas permis. D’autres joueurs ont été blessés. Il s’agit de Saifi, Chaouchi et Mansouri, mais leurs blessures sont légères. Abdoune a failli recevoir une énorme pierre de plusieurs kilogrammes, si je n’était intervenu à temps pour l’éloigner de la vitre d’où elle arrivait».

«Nous avons demandé au chauffeur de continuer son chemin, de ne pas s’arrêter avant d’atteindre l’hôtel. Nous nous y sommes engouffrés très rapidement car certains supporters nous jetaient encore des pierres».

Le chauffeur du bus a déclaré à une chaîne de télévision satellitaire que ce sont les joueurs qui ont brisé les vitres… Ziani en rit. «Je ne peux répondre à un chauffeur qui ment, peut-être qu’il a été obligé de raconter ça, d’autant plus qu’il est égyptien».

«Cette agression n’a fait qu’ajouter à la détermination de l’équipe à battre les Pharaons et à offrir la qualification au Mondial aux supporters de la sélection nationale qui sont au Caire et en Algérie».(Echorouk-14.11.09.)

***** Halliche: Cette agression nous motive davantage ! 

Halliche, blessé à l’arcade sourcilière gauche par un jet de pierre, lors de l’agression par des supporters égyptiens contre l’équipe nationale, rassure quant à sa participation à la rencontre de samedi soir. Il s’est même entraîné sur le terrain jouxtant l’hôtel où la sélection nationale est installée.

La séance d’entraînement était programmée, et effectuée comme prévu, en dépit des circonstances, et les Fennecs ont prouvé qu’ils ne se laisseront ni intimider, ni déconcentrer malgré la forte pression, quelques heures avant le match décisif, souligne notre interlocuteur.

Halliche en sa qualité de sportif comprend fort bien la nervosité du public et son inquiétude pour ses clubs et équipes respectives, surtout pour l’Algérie et l’Egypte, qui n’ont pas participé à un Mondial depuis longtemps. Il explique que le peuple algérien souhaite voir accomplir ses espérances et 80 millions d’égyptiens, qui espèrent un large score en leur faveur, sont libres de soutenir leur équipe, mais pas en agressant avec des pierres, les joueurs algériens qui n’imaginaient même pas l’usage de tels procédés.

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Des chaînes de télévision  égyptiennes ont prétendu que c’était un scénario monté de toutes pièces, mais heureusement qu’il y en a eu d’autres qui ont diffusé le film montrant la foule égyptienne s’acharnant sur le bus qui transportait l’équipe algérienne de l’aéroport vers l’hôtel ainsi que des images montrant les blessés. Ceci a permis, indique le joueur, de mettre un terme aux spéculations et de dissiper les doutes semés par les spécialistes de la désinformation.

Halliche raconte que les fans de la sélection égyptienne avaient par des jets de pierres attaqué le bus, lors de son ralentissement, ce qui avait provoqué un remous à l’intérieur du bus où les occupants n’ont pu que se jeter à terre. Heureusement, soupire t-il, que les blessures n’étaient pas graves. «Nos agresseurs voulaient nous perturber avant la rencontre, mais nous leur donnerons la réplique sur le terrain du Caire», dit-il, avant d’ajouter : «Le sang algérien est précieux et ne coule jamais en vain. Notre réponse sera plus forte et beaucoup plus civilisée».

Notre interlocuteur affirme que lui et ses camarades n’ont peur d’aucune sélection, et que le fâcheux épisode du Caire les motive davantage. «Au lieu de donner 100% de nos capacités, nous redoublerons d’efforts pour arracher une place au Mondial et prouver que nous méritons d’aller en Afrique du Sud, car nous avons une forte formation».(Echorouk-14.11.09.) 

*******  Rabah Saâdane à Echourouk : « Rien ne peut justifier un tel comportement »

Suite à l’incident qui a touché la délégation algérienne à son arrivée en Égypte, nous avons trouvé utile de poser trois questions au coach Rabah Saâdane pour en savoir un peu plus sur l’état psychologique des joueurs. Chose que nous avons eue dans cet entretien accordé par Le cheikh Saâdane :Que s’est-il passé exactement dans le bus, qui vous a transporté vers l’hôtel ?

Franchement ! je n’ai pas compris ce qui nous est arrivé, on s’est retrouvé face à une rafale de pierres, 5 minutes après le démarrage du bus, provoquant ainsi la blessure de Halliche, Lemouchia, Saifi, Mansouri, Chaouchi et l’entraîneur des gardiens de buts Hassan Belhadji.

Pourquoi cette agression diabolique selon vous ?

En toute franchise, rien ne peut justifier cette agression, c’est une agression diabolique menée par un groupe de personnes qui n’ont aucune personnalité et sans esprits sportif, et peut être qu’on voulait nous déstabiliser avant notre rencontre devant l’Égypte.

Comment est le moral des joueurs avant la confrontation ?

Dieu merci, on a discuté avec les joueurs et on leur a affirmé la nécessité d’oublier l’incident, et on leur a demandé de répondre aux provocations des égyptiens sur le terrain. (Echorouk)

***** « le chauffeur du bus est un informateur connu par les services de sécurité égyptiens »

Un parlementaire égyptien n’a pas hésité à faire cette déclaration par téléphone au quotidien Echourouk, parlant du scénario de l’agression des Verts et du rôle joué par le chauffeur du bus, qui a fait un faux témoignage suite aux instructions qu’il a reçue quelques jours avant l’arrivée des joueurs algériens en égypte.

Ce parlementaire a affirmé que ce chauffeur est un informateur des égyptiens, qui avait été chargé par la mission de faire un faux témoignage et d’accuser à tort non seulement les joueurs, mais aussi le ministre algérien de la jeunesse et des sports, et ce en indiquant que ce dernier lui a déchiré la chemise.

Le parlementaire a été clair dans sa déclaration, et il dit : « J’ai peur que vous publiez mon nom, et subir cent fois plus que ce que vos joueurs ont subi », et de ce fait, il s’est contenté pour le moment de révéler la vérité, et à l’avenir nous allons ouvrir une enquête sécuritaire en usant de nos moyens politiques, avant de poursuivre : « Il ne faut pas s’étonner si le chauffeur maintienne ses propos pour faire croire que c’est la vérité qu’il dit, nous les égyptiens on se connaît les uns les autres. Sa mission était et est toujours d’espionner les étrangers à travers sa soi-disant profession de chauffeur de bus, et il a été choisi pour jouer ce mauvais rôle, à savoir faire un faux témoignage »

Ce même responsable a ajouté cette déclaration : « Je sui sûr que c’est lui-même qui a déchiré sa chemise pour lui servir de preuve supplémentaire à ses faux témoignages. A savoir quelle serait sa récompense ?

Le membre du parlement égyptien a hésité à donner plus d’informations, et il avait l’impression d’être occupé pour raccrocher le téléphone nous promettant de nous re-contacter prochainement pour nous donner de plus amples informations, notamment en ce qui concerne le lieu de l’agression et du service de sécurité chargé de l’enquête parce que – selon nos renseignements- tout ce qui s’était produit a été bien étudié et concocté, car malgré la diversité des question des journalistes, ses déclarations n’ont pas changé ne serait ce que d’un mot, c’était comme une sorte de petites histoires qui se racontent mot à mot, et c’est ce qui nous a amener à un tel constat à partir des réponses de cet informateur, qui a joué son rôle comme il le ferait dans un film cinématographique égyptien.(Echorouk-14.11.09.)

*****Rafik Saifi raconte à Echourouk les détails de l’incident : « C’est un plan machiavélique minutieusement préparé »

 

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 Rafik Saifi, un des joueurs victime de l’hystérie des supporters égyptiens, suite à sa blessure au niveau du coude, est revenu sur les faits de cette agression : « On ne s’attendait pas que les choses pouvaient en arriver là, on dirait qu’on est venu pour faire la guerre et non pas pour jouer un match de football. Dommage qu’on en soit arrivé jusque là.

Sur un ton de nervosité et déception, Saifi nous raconte ce qui est arrivé réellement à la sélection nationale, et il dit : « On est monté à bord du bus à destination de l’hôtel, on a vu une foule de supporters devant la sortie de l’aéroport. Mais, avant d’arriver à l’hôtel j’ai senti que quelque chose allait se produire, j’ai allumé mon téléphone et j’ai demandé aux joueurs de faire de même, et ce qui devait arriver arriva, des jets de pierre fusaient de partout » Saifi n’a pas hésité à dire que l’agression n’était pas fortuite, et il dit : « l’agression était préméditée, c’est comme si elle était bien mise au point, parce qu’il est inconcevable de permettre à une foule de supporters de faire de émeutes sans que les services de sécurité n’en réagissent. »

Quant à la question de savoir si les problèmes auxquels les Verts avaient été confrontés au Caire pourraient influer sur les joueurs lors de la rencontre d’aujourd’hui, il répondit : « Ce que nous avons subi nous galvanise et nous motive plus pour décrocher une victoire, et maintenant on ne jouera pas pour un faire un match nul, mais pour une victoire pour que tous égyptiens assistent à notre force et notre mérite de se qualifier au mondial, on leur donne rendez-vous samedi soir. »(Echorouk-14.11.09.)

*****Liesse à la veille du match Algerie- Egypte : l’EN a réussi à créer la cohésion populaire

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 Tel un talisman, le football a reussi à realiser l’exploit de reunir tous les algeriens.Le sport roi réussit là où ne cessent d’échouer les politiques. Aucun des partis politiques agréés n’est parvenu là où le foot excelle et cela en dépit de tous les moyens utilisés à focaliser les esprits. Il a fallu d’une rencontre de football contre l’Égypte pour cristalliser les masses populaires algériennes et susciter un tel engouement. Le mouvement est spontané et n’a nécessité aucun catalyseur. Silencieusement et tacitement, les algériens se sont réunis autour d’une même cause, celle de leur pays, l’Algérie, mus par un même idéal : voir leur pays au firmament. C’est tout simplement gigantesque et fantastique. Tel un talisman qu’on brandit, l’EN a réussi à envoûter les esprits. Les rues sont devenues le lieu de prédilection des centaines de citoyens de tout age, devenus, en la circonstance, de chauvins supporteurs. Jusque là tu par les algériens, le nationalisme si cher au peuple est vite retrouvé. Oubliée par la population, peu enthousiaste au lendemain des années soixante dix, car dépitée et ayant perdu confiance en ses dirigeants, la notion du drapeau national accroché aux balcons et fenêtres des maisons est, à nouveau, réapparue. La diplomatie algérienne, souvent critiquée, ne s’est jamais montrée aussi présente et active que durant l’événement du match retour Égypte- Algérie. L’Algérien en Égypte ressent l’omniprésence de son pays et s’en sent fier d’appartenir à cette patrie. Chanteurs, comédiens et journalistes tout le monde a mis la main à la pâte pour traduire son amour pour le pays. Chansons sportives patriotiques faisant l’éloge de l’équipe nationale, confection de drapeau et banderoles en toutes dimensions font la Une des journaux.(Echorouk-14.11.09.)

**********«Ne touchez pas à nos héros!»

Le sang qui coulait sur leur visage n’a fait qu’embellir leur image.

Tout a commencé à partir des images diffusées sur Facebook. Les séquences sont insoutenables. Le bus de la sélection nationale est pris pour cible par de véritables monstres froids. La scène se passe la nuit. Des jets de pierres fusent de partout… Du fond des ténèbres se profile une hostilité incompréhensible. Les vitres explosent en des milliers de morceaux. Soudain, des cris se font entendre. Pas moins de sept membres de la délégation algérienne sont touchés. Il s’agit de Lemmouchia, Belhadj, Saïfi, Djebbour, Halliche, Mansouri et Belhadji, l’entraîneur des gardiens. «Où est la sécurité? Où est la sécurité?», crient les joueurs de l’Equipe nationale. Leurs cris se fondent dans l’obscurité qui enveloppe les rues du Caire.
Cependant, les joueurs ne sont pas restés seuls dans cette nuit infernale. Comme de véritables lions, les supporters sont venus protéger leurs héros nationaux. «Celui qui s’approchera d’eux, aura affaire à nous», menace l’un d’eux. «Ce sont nos héros et nous les défendrons quitte à y laisser la vie!», lance, déterminé, un autre supporter. Jeudi, du sang a coulé sous les couleurs nationales. Le lendemain, nous retrouvons ce même sang, bouillonnant de colère, dans les rues d’Alger. «C’est inhumain!», s’écrie Yacine Boucharine, peintre. Rencontré à Belouizdad, ce jeune de 30 ans ne cache pas son amertume.
Devant ses yeux défilent encore les images de la veille. Il n’arrive pas à digérer ce qu’il a vu à travers les chaînes de télévision. Du sang algérien coulant dans les rues du Caire. Cela dit, Yacine est convaincu d’une chose: ce qui s’est produit ne fera que motiver davantage les joueurs. Cette conviction est partagée par Azzeddine Touami, maître d’hôtel. «Ce match est un match d’hommes et les Verts sont de véritables hommes», lance Touami. Pour ce dernier, le coup est monté par les instances officielles du football égyptien. Pourtant, des représentants des autorités égyptiennes ont vite présenté leurs excuses Le peintre réplique: «Ce sont des paroles d’ange dans des bouches de démons». Et ce dernier de demander: «Comment les agresseurs avaient-ils connaissance de l’heure de passage et de l’itinéraire du bus de notre sélection?». Pour sa part, le jeune Nabil Merakzi, pense que l’agression a été préméditée en de hauts lieux. Et il en veut pour preuve, l’absence de la sécurité. «Qu’on ne nous prenne pas pour des imbéciles», reprend Azzeddine Touami. Ainsi, l’opinion algéroise n’est nullement convaincue par le scénario de «l’acte isolé». En ce sens, El Hachemi Iferroudjen, journaliste, estime: «Par cet acte, les Egyptiens veulent faire d’un match de football une affaire politique.» Et quand le politique se mêle de sport, la dérive est inévitable. Les photos diffusées à la une des journaux d’hier ont choqué plus d’un. Preuve en est, El Hachemi confie: «Ce que nos joueurs ont subi m’a rappelé ce que subissent les Palestiniens de la part des Israéliens.» De Belouizdad, nous prenons la direction de Hydra. En cette journée de week-end, la circulation est fluide. Alger est calme. Cela dit, sous le calme couve une colère. C’est la colère de toute une population viscéralement attachée aux Verts. Un attachement qui explique le foisonnement d’emblèmes qui couvrent les rues de la capitale.
En véritable muse des hommes et femmes libres, la capitale est «auréolée» de vert, blanc et rouge. A la résidence Le petit Hydra, nous sommes accueillie par un barrage de la police. Nous essayons de prendre la direction de l’ambassade d’Egypte. «L‘accès est interdit!», nous apprend un policier. Nous montons vers la placette. Ensuite nous bifurquons sur le Val d’Hydra. Rien à faire, tous les accès sont fermés. L’ambassade d’Egypte est mise sous haute surveillance. Nous sollicitons des informations. Là aussi, c’est le black-out. C’est dire que l’affaire à pris des proportions importantes. Et pour cause, c’est l’un des symboles de la nation qui a été atteint. Il faut dire que cette nouvelle génération du Onze national a rendu l’espoir à toute la jeunesse.
En guise de reconnaissance, celle-ci l’a érigé en héros de la nation. Des héros? les joueurs ont acquis cette distinction sur le terrain. Jeudi, les agresseurs de nuit ont voulu déstabiliser les dignes représentants du football algérien. C’est peine perdue. Le sang qui coulait sur leurs visages n’a fait qu’embellir leur image aux yeux du peuple. Ainsi, les Algériens ont eu droit à un Lemmouchia coeur de lion, un Halliche flamme de dragon, un Belhadj courage de tigre, un Djebbour puissance de léopard, un Saïfi élégance de guépard, un Mansouri fierté d’aigle et un Belhadji en véritable meneur de héros. Cette génération est digne de tous les égards. (L’Expression-14.11.09.)

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*Les Fennecs font tellement peur aux Pharaons que ces derniers ont eu recours à de basses manoeuvres pour gagner un match qu’ils savent hors de leur portée.

Aujourd’hui c’est donc l’heure de vérité pour les Verts et l’Algérie doit confirmer au Cairo Stadium son nouveau statut, plutôt son retour au-devant de la scène footballistique africaine et mondiale. Pouvait-il en être autrement pour un «Onze» national qui, au long de ces joutes qualificatives au Championnat africain des nations en Angola et au Mondial en Afrique du Sud, a redonné couleur et actualité au jeu à «l’algérienne». L’affaire est loin d’être une sinécure, et ces Verts doivent s’attendre aujourd’hui à la pression conjuguée d’un public égyptien fanatisé, de joueurs pharaoniques qui ont soif de revanche, et aussi de conditions qui peuvent être extra-sportives, auxquelles Ziani et ses camarades doivent faire face. De fait, dès leur arrivée, jeudi, à l’aéroport international du Caire, les capés algériens ont eu un avant-goût de ce qui les attendait après l’inqualifiable agression dont ont été victimes nos internationaux. Mais il est évident que le match de ce soir demeurera un match de football, certes plus important que d’autres, en raison des motivations et en dépit des soubassements qui ont surgi et qui le sous-tendent. Une certitude toutefois, Mansouri, Saïfi, Bougherra et autres Ghezzal fouleront la pelouse du stade Nasser, convaincus que la victoire ne saurait leur échapper. Et ce n’est pas l’agression de jeudi qui va les détourner de ce qu’ils auront à faire ce soir sur le terrain. De fait, plusieurs paramètres militent pour la qualification des Fennecs: ils disposent de trois points d’avance sur les Pharaons, ont une meilleure différence de buts en sus d’avoir les meilleures attaques et défenses du groupe 3 des qualifications jumelées CAN et Mondial 2010. Et, avantage suprême, ils font peur aux Pharaons jusqu’à les faire recourir aux basses manoeuvres pour gagner un match qu’ils savent hors de leur portée. En outre, forts d’un moral d’acier et d’une condition physique parfaite, les Fennecs ont suffisamment d’atouts pour dépasser sans accroc l’obstacle égyptien comme de gérer la pression. Pour tout dire, il n’y a pas lieu d’avoir peur pour une cuvée qui a montré son savoir-faire et surtout ses capacités de dépassement, comme elle l’a démontré face au Rwanda où les joueurs ont été maîtres de leur jeu et de leurs nerfs. Surtout leurs nerfs, alors que le joueur algérien est connu pour sa facilité à céder à la nervosité. Toutefois, Ziani et consorts ont surpris plus d’un en ne répondant pas aux provocations des joueurs rwandais, faisant montre d’un calme olympien qui leur permit de revenir à la marque et remporter logiquement la victoire. Selon les informations venues d’Egypte, «Captain» Shehata, le coach égyptien, semble avoir axé ses directives sur cet aspect qu’il estime être le point faible des Algériens, leurs nerfs. Aussi consigne a été donnée d’énerver les Algériens en les provoquant.
Prévenus comme ils le sont, il y a fort peu de chance que Matmour et ses amis entrent dans le jeu des Pharaons et le résultat se fera sur le terrain, balle au pied et selon les règles propres au jeu à onze. Dans ce contexte, les Egyptiens, qui restent sur une certaine victoire 5-2 contre les Verts en 1989, risquent d’être fort marris, qui restent sur des données, datant de vingt ans, tout à fait obsolètes. En effet, les Verts d’aujourd’hui ne sont plus ceux d’il y a vingt ans, et les conditions ne sont plus les mêmes qui font que les Fennecs fouleront le Cairo Stadium en conquérants et feront pleurer les 80.000 supporters venus voir le triomphe des Pharaons. Hélas pour eux, le billet pour l’Afrique du Sud est déjà retenu par les Verts qui ne sont au Caire que pour le faire valider. Ce qui est largement dans les capacités de Lemouchia, Meghni, Yebda, Bezzaz, Gaouaoui…et leurs camarades. Outre la confiance qu’ils ont dans leurs aptitudes, les Verts ont tous envie de transformer l’essai du Caire pour être présents à Johannesburg, parmi les 32 meilleures équipes de football du monde en 2010. Cela vaut tous les sacrifices tant les joueurs de l’Equipe nationale sont conscients du fait que la qualification ne dépend que d’eux et uniquement d’eux, car même un nul ou une défaite par un but d’écart les qualifie. Ce sont les Fennecs qui détiennent les clés de l’Afrique du Sud et l’Egypte doit compter sur un improbable miracle pour espérer être présente aux joutes mondiales sud-africaines. Ceci dit, les Verts ne doivent ni surestimer ni sous-estimer les Pharaons mais les mesurer à leur juste valeur.
L’actuelle équipe égyptienne, vieillissante, lente et lourde, n’a réellement pas les moyens de nous battre ce soir par un 3-0, qui restera pour eux un rêve aussi éloigné que la Lune. Par ailleurs, les Verts n’ont pas, tout au long de ces durs mois de travail, donné le meilleur d’eux-mêmes pour s’arrêter à un pas de la victoire. Impossible, impossible. Ce soir à partir de 20h 30, c’est toute l’Algérie qui célébrera le retour triomphal des Fennecs qui auront gagné de haute lutte leur droit de prendre part au Mondial 2010 en Afrique du Sud, 24 ans après Mexico. (L’Expression-14.11.09.)

****************Ce n’est qu’une rencontre sportive!

Que dire de la décision de la FIFA d’exiger un écrit à l’Etat égyptien pour ne rien changer au programme des rencontres comptant pour la qualification au Mondial-2010? Beaucoup de choses peu reluisantes sur lesquelles on ne s’attardera pas cette fois. Nous ne nous priverons cependant pas de dire que quand un Etat est pris en flagrant délit d’impuissance à assurer la protection d’un seul bus sur un tout petit trajet qui sépare l’aéroport de l’hôtel, il y a du souci à se faire quand on pense à la sécurité d’un stade plein de 80.000 personnes qu’il doit assurer peu après. Il y a du souci à se faire d’autant que cette impuissance ne peut qu’étonner s’agissant d’un pays comme l’Egypte qui fait du tourisme l’une de ses principales ressources économiques.
Nul besoin de s’étaler ici pour expliquer qu’il ne peut y avoir de tourisme sans sécurité. Dès lors, pourquoi et comment l’agression contre le bus transportant nos joueurs a-t-elle été possible? Difficile d’y répondre. Si difficile que notre attaquant Abdelkader Ghezzal n’a pas caché ses doutes en déclarant sur les ondes de Radio Monte Carlo: «Je ne sais pas si c’était préparé, mais ça en avait l’air.»
D’ailleurs, sur une vidéo prise de l’intérieur du bus et que tout le monde peut voir sur Internet, on entend clairement, au milieu du bruit des pierres et des vitres qui volaient en éclats, des voix qui s’interrogent: «Mais où est donc le service de sécurité?» D’autres vidéos montrent les joueurs blessés, au visage ensanglanté, descendant du bus aux vitres brisées et se dirigeant vers l’entrée de l’hôtel. Comment ne pas rejoindre Ghezzal dans ses doutes quand, devant autant de preuves filmées, la presse égyptienne, y compris les journaux gouvernementaux, en commentant l’événement le lendemain, fait preuve d’un rare cynisme pour accuser les joueurs algériens d’avoir «détruit les vitres du véhicule en prétendant avoir été la cible de jets de pierres» comme l’écrit Al Ahram. Al Gomhouria, cet autre journal gouvernemental, va encore plus loin en affirmant que ce sont nos joueurs qui ont «agressé le chauffeur du bus» en poussant ce dernier au mensonge par son «témoignage».
Entendre ainsi des responsables égyptiens soutenir l’insoutenable a de quoi vous rendre plus catégorique que Ghezzal, et dire qu’en effet tout était préparé. Car, enfin, à qui peut bien profiter cette agression? A l’Algérie qui a quasiment toutes ses chances aujourd’hui de gagner son «ticket» de Johannesburg ou à l’Egypte qui sera disqualifiée en cas de match nul et même si elle venait à gagner avec un but d’écart?
Ceci dit, il faut rappeler qu’un match de foot, quel que soit son enjeu, reste une rencontre sportive. C’est pourquoi il n’est pas question pour nous d’insulter l’avenir. Il serait plus raisonnable à nos amis égyptiens de faire de même. Il faut simplement qu’ils aient présent à l’esprit qu’un match ne se joue pas seulement avec les pieds.(L’Expression-14.11.09.)

************************Egypte-Algérie: sous haute tension


Au lendemain de l’agression du bus de la sélection nationale au Caire, la tension demeure à son comble au Caire, attisée par une presse égyptienne irresponsable.

La tension est à son comble au Caire. Au lendemain du caillassage du bus de l’équipe d’Algérie, la presse égyptienne nie l’évidence et jette de l’huile sur le feu, en accusant les Algériens d’avoir monté l’incident de toutes pièces. «Le bus transportant les joueurs algériens de l’aéroport à l’hôtel a été confronté à un incident étrange, lorsque certains joueurs ont commencé à détruire les vitres du véhicule en prétendant avoir été la cible de jets de pierres», osait écrire le quotidien gouvernemental Al-Ahram, qui rappelle le lourd contentieux entre les deux pays. Et notamment les incidents survenus en 1989, en marge d’une autre rencontre décisive des éliminatoires de la Coupe du monde. Heureusement que le délégué de la Fifa a fait un constat objectif. «Nous avons constaté que trois joueurs avaient été blessés: Khaled Lemmouchia au cuir chevelu, Rafik Halliche au-dessus de l’oeil, à l’arcade sourcilière, et Rafik Saïfi au bras», a affirmé Walter Gagg,représentant de l’instance mondiale sur place, désavouant ainsi les autorités égyptiennes et confirmant ainsi les déclarations de Hachemi Djiar. «On ne peut pas parler de blessés superficiels. Avec les points de suture, il faut voir si ces joueurs peuvent jouer de la tête», a révélé l’officiel. A la suite de cette agression, la Fifa a demandé à la Fédération égyptienne et, surtout, aux plus hautes autorités du pays, d’apporter des garanties écrites sur la mise en place des mesures de sécurité supplémentaires nécessaires à tout moment pour la délégation algérienne. C’est dans de telles conditions qu’aura lieu, en fin de compte, la rencontre devant opposer l’Egypte à l’Algérie au Cairo Stadium comptant pour la qualification à la Coupe du monde prévue en 2010 en Afrique du Sud. Le match promet d’être chaud, même surchauffé, tant les deux teams visent un même objectif: une qualification au Mondial. Et l’accueil réservé au Caire à la délégation algérienne n’est qu’un avant-goût de ce qui attend les Algériens. Pour le Onze national, appelé à bien négocier son match en dépit des derniers événements, l’heure de vérité approche. Les Verts comptent trois points d’avance sur leur adversaire avec un goal-average favorable de +5. Mieux encore, les coéquipiers du capitaine Yazid Mansouri n’ont besoin que d’un petit nul pour se qualifier. Au pire, ils peuvent se permettre une défaite par la plus petite des marges pour valider leur ticket au pays de Nelson Mandela. Les hommes de Rabah Saâdane ont en tête tous ces petits détails et savent comment s’y prendre pour offrir à l’Algérie sa troisième participation à une Coupe du monde après l’Espagne en 1982 et le Mexique en 1986. Pour ce faire, les camarades de Meghni affichent une détermination sans faille pour écrire leurs noms dans l’Histoire connaissant l’importance d’une participation à un Mondial pour tout footballeur. Le chemin pour Johannesburg est, cependant, encore long. Aussi, les Bougherra, Belhadj, Saïfi, Ziani et autre Meghini doivent impérativement tenir le choc ce soir au Cairo Stadium et ce, quoi qu’il arrive. Les Verts doivent, tout en faisant preuve de la même abnégation, retrouver leur agressivité sportive. Et pourquoi pas inscrire un but d’entrée pour chambouler tous les calculs des Egyptiens.
Décidés, les Egyptiens tenteront leur va-tout. C’est la dernière chance pour plusieurs joueurs égyptiens de participer à un Mondial.
Tout compte fait, l’Algérie n’est qu’à 90 minutes du Mondial sud-africain et il suffit juste d’y croire et de tenir le choc, quelle que soit la difficulté de la tâche qui attend nos joueurs. (L’Expression-14.11.09.)

***L’EQUIPE NATIONALE DE FOOTBALL AGRESSÉE AU CAIRE
RÉACTION DE LA FIFA

Un verdict scandaleux

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C’est la montagne qui a accouché d’une souris. Le verdict de la Fédération internationale du football est tombé hier, sans apporter des sanctions contre l’Egypte. La Fifa s’est contentée, seulement, de demander à la Fédération égyptienne d’apporter «des garanties écrites» pour assurer la sécurité de la délégation algérienne, après le caillassage du bus de l’Equipe nationale.
«La Commission d’organisation de la Coupe du monde a demandé à la Fédération égyptienne et aux plus hautes autorités nationales, à travers les ministères compétents, d’apporter des garanties écrites sur la mise en place des mesures de sécurité supplémentaires nécessaires à tout moment pour la délégation algérienne», a noté un communiqué publié sur le site de cette instance internationale.
Alors que les observateurs s’attendaient à des sanctions contre l’Egypte, tel le report de la rencontre ou la délocalisation du match et une amende, la Fifa a décidé de maintenir le lieu et l’heure de la rencontre.
Le match Egypte-Algérie «est prévu le samedi 14 novembre 2009 à 19h30 locales (17h30 GMT) au Stade international du Caire», conclut l’instance de Joseph Blatter.
Il y a lieu de s’interroger sur une telle décision.
A quoi servent-ils ces avertissements s’ils ne sont pas suivis, d’une application rigoureuse? Jusqu’à présent, les menaces de la Fifa sont restées au stade d’avertissement et sans plus. La semaine dernière, cette même instance avait mis en garde l’Égypte contre tout «dépassement ou incident», lors du match Egypte-Algérie.
Mais,
«les dépassements et les incidents» dont parlent la Fifa ont, malheureusement, eu lieu. Le bus de l’Equipe nationale a bel et bien été caillassé. Les Verts ont été agressés par les Egyptiens.
Le manque de sécurité a été flagrant. La délégation algérienne s’est déplacée de l’aéroport international du Caire à l’hôtel sans escorte. Résultat: trois joueurs ont été blessés.
L’entraîneur des gardiens a été commotionné. Le bus a été saccagé, les vitres ont volé en éclats.
C’est le témoignage qu’a apporté même le délégué spécial de la Fifa au Caire. Walter Gagg a reconnu, dans son rapport, avoir vu «des bris de verre et des taches de sang» sur le plancher du bus de l’équipe d’Algérie.
M.Gagg qui refuse de parler «de blessures superficielles» témoigne avoir mentionné que la délégation de la Fifa en Egypte avait constaté que «trois joueurs avaient été blessés (…) et l’entraîneur des gardiens a été commotionné». Ainsi, pourquoi la Fifa n’a-t-elle pas pris en considération ce rapport? Or ce qui s’est passé jeudi sur la route de l’aéroport du Caire a un précédent. En 1993, lors du match de qualification au Mondial américain de 1994 entre l’Egypte et le Zimbabwe, des cailloux ont été jetés sur les joueurs zimbabwéens, blessant le gardien de but Bruce Grobbelaar.
L’Egypte qui a remporté le match par 2 buts à 1, a vu son rêve s’évaporer. Suite aux réserves formulées par la Fédération zimbabwéenne, la Fifa a annulé le résultat du Caire et a fait rejouer le match sur terrain neutre à Lyon, en France.
Les deux équipes ont fait match nul (0-0) avec au bout l’élimination de l’Egypte du Mondial américain de 1994. Un scénario pire s’est produit jeudi dernier contre l’Algérie, mais la Fifa a préféré fermer les yeux. Ça sert à quoi d’envoyer des experts et ne pas prendre en considération leur rapport? à quoi bon de menacer et ne pas exécuter ces menaces? Ce verdict ne peut qu’entacher la crédibilité de cette instance internationale. Les menaces de la Fifa ressemblent à celles de l’ONU qui prend des décisions sans les appliquer.(L’Expression-14.11.09.)

*****************Les joueurs algériens étaient terrorisés

Ce qui s’est passé au Caire n’a aucune commune mesure avec les feux d’artifice qu’il y a eu à Blida.

Un membre de la délégation de la Fédération internationale de football a confirmé que l’agression dont ont été victimes les joueurs algériens est grave.
«On ne peut pas parler de blessés superficiels», a dit Walter Gagg. Il confirme avoir vu des bris de verre et des taches de sang sur le plancher du bus de l’Equipe nationale attaquée par des jets de pierre entre l’aéroport et son hôtel.
L’officiel n’a pas assisté au caillassage du bus qui s’est déroulé deux jours avant le match contre l’Egypte. Il a néanmoins immédiatement recueilli les éléments factuels pour rédiger le rapport de la FIFA sur l’incident.
«Nous étions à l’aéroport, et nous l’avons quitté quand l’Equipe d’Algérie est montée dans son bus», témoigne M.Gagg. L’hôtel se trouve à 400-500 mètres à vol d’oiseau. «Nous n’avons pas pu voir ce qui s’est passé derrière nous», a-t-il assuré. Il poursuit son récit en disant que le président de la Fédération algérienne a appelé les membres de la délégation de la FIFA «pour nous dire qu’il se passait quelque chose et qu’il y avait des joueurs blessés». La FIFA a pu constater que «le bus, devant l’hôtel, était dans un très mauvais état, avec toutes les vitres cassées et sur le plancher des bris de verre et des taches de sang».«Nous sommes montés au 4e étage pour voir la délégation algérienne, continue le représentant de la FIFA. Nous avons constaté que trois joueurs avaient été blessés: Khaled Lemmouchia, au cuir chevelu, Rafik Halliche, au-dessus de l’oeil, à l’arcade sourcilière, et Rafik Saïfi, au bras. L’entraîneur des gardiens a été commotionné.» Des soins ont alors été prodigués aux blessés. «Ils ont été soignés par le médecin de l’Equipe nationale. On ne peut pas parler de blessés superficiels. Avec les points de suture, il faut voir si ces joueurs peuvent jouer de la tête. Le médecin doit encore se prononcer», précise-t-il. Walter Gagg a assisté à la visite de Hassan Sakr, le président du Conseil national du sport égyptien. Ce dernier est arrivé à l’hôtel et la discussion a duré jusqu’à minuit avec les représentants de la FIFA, qui retournent ensuite auprès des joueurs algériens. «On voulait que la délégation algérienne ne quitte pas Le Caire pour que le match puisse se tenir», explique Walter Gagg. Il a quitté les membres de l’équipe, deux heures plus tard. Ce n’est qu’à cet instant que «nous avons envoyé notre rapport» à la FIFA, poursuit-il. «La Fédération algérienne nous a demandé qu’à chaque déplacement de son équipe, il y ait une délégation de la FIFA, ce que nous lui avons accordé», a ajouté M.Gagg. «Les joueurs ont eu peur, ils étaient terrorisés», selon ce représentant de la FIFA. Il déplore que deux pays frères, partageant une culture, une langue, une religion, connaissent ce genre d’incidents. Ce qu’il a vu au Caire n’a aucune commune mesure avec ce qui s’est passé lors du match aller à Blida, le 7 juin. Il se souvient qu’il y avait eu des feux d’artifice avant, pendant et après le match, mais pas de problèmes. «Ça s’était bien passé», a-t-il conclu.(L’Expression-14.11.09.)

**********************visa pour l’afrique du sud, Et après?

La fièvre du samedi soir! C’est ainsi que l’on qualifie l’évènement concernant le match de l’Algérie avec l’Egypte. Ce qui arrive est très symptomatique des sociétés du Sud qui fonctionnent à l’émotion. Avons-nous analysé les dynamiques souterraines qui mobilisent les foules et principalement les jeunes qui trouvent dans cet exutoire le droit ou la permission de se défouler sans craindre le courroux du pouvoir? Pourtant, cela est préjudiciable. Des commerces ont fleuri et tout se vend à des prix qui défient l’imagination. Quand des jeunes acceptent d’aller à pied, en voiture jusqu’en Egypte ou en car, c‘est qu’ils y croient. Quels sont les symboles qui reviennent le plus souvent: d’abord, le drapeau décliné sous tous les formats même accrochés aux voitures. Il est vrai que nos médias tombent en partie dans le travers de l’excès des médias égyptiens qui font dans la surenchère. Quand on ouvre la boîte de Pandore, il est difficile de la refermer.
Mustapha Hammouche s’interroge dans le journal Liberté de l’effet hallucinogène de la drogue Equipe nationale. Ecoutons-le: «Le 14 au soir, nous serons des millions à défiler dans le désordre indescriptible habituel. Une police discrète et bon enfant nous accompagnera, sans matraques, contrairement aux escadrons envoyés mater les profs. Dernièrement, après un soulèvement de quartier, l’État a débloqué cent cinquante logements. Quelques jours plus tard, le Premier ministre déclarait que ce ne sont pas les manifestations qui règlent les problèmes. Vain paradoxe: les Algériens ont constaté qu’en matière de revendications, ce n’est pas le civisme des moyens qui en garantit l’efficacité, sinon les employés de l’éducation auraient été mieux écoutés que les insurgés de Diar Echems! (…) L’EN fait désormais office de programme national et de cause populaire! Si après cela, on douterait des effets hallucinogènes du football… Cette drogue, parce qu’elle est politiquement tolérée, voire encouragée, ne manque pas de soulever des vocations de sponsors et de tifosi. (…) Le problème, c’est que les drogues sont toujours toxiques et leurs effets ultérieurs n’ont rien à voir avec l’ivresse du moment(…)»(1)

Est-ce que les Egyptiens se souviennent?
Le match risque d’être terni par des hooligans égyptiens – sans doute délibérément laissés libres de leurs actions – par une police pourtant réputée savoir réprimer des manifestations. En tout cas, pour ce qui s’est passé les autorités ne peuvent pas invoquer le «dépassement» ou les cas isolés. Cette campagne d’hystérie a été orchestrée afin de tout faire pour déstabiliser moralement et, on le voit, physiquement les joueurs. Le président de la Fédération égyptienne n’a-t-il pas appelé ses concitoyens à ne pas laisser dormir les joueurs en faisant un tintamarre autour de l’hôtel sous l’oeil indulgent, voire complice, des autorités policières car comment comprendre avec cette atmosphère de veillée d’armes que le bus ne soit pas accompagné, qu’il soit caillassé en toute quiétude par des hooligans et que même les officiels n’y ont pas échappé.
On le voit encore une fois, l’Egypte veut être la première en tout si les roitelets du désert acceptent à tort ou à raison cet état de fait, nous ne sommes pas obligés d’accepter cette chape qui veut qu’en toute chose, c’est l’Egypte qui représente le monde arabe. Nous l’avons vu avec la demande de l’Algérie de solliciter une présidence tournante à la Ligue arabe. En vain! L’Egypte n’a pas le magistère moral pour «guider» le monde arabe, pas plus d’ailleurs que l’Algérie. Il vient qu’en toute chose, l’Egypte se veut être première et ce n’est pas la première fois qu’elle se heurte frontalement à l’Algérie. Cette fois, l’Egypte veut être en Afrique du Sud et l’Algérie doit s’exécuter, ce qu’elle ne veut pas faire.
Il faut remonter dans l’histoire pour comprendre l’inanité des apparences actuelles. Nous sommes deux peuples sous-développés qui avons en commun une langue, une religion et un blocage qui fait que nos sociétés peinent à se redéployer. Pour l’histoire. Le peuple Gétules, descendant direct de la branche de la civilisation capsienne ayant émigré au Sahara vers 3000 av. J.-C. est certainement le peuple qui a dominé de la façon la plus certaine l’Algérie durant les 1500 ans de son antiquité. Ils étaient, selon l’historien grec Strabon, le peuple le plus nombreux d’Afrique du Nord, mais également le moins connu. Parmi les plus anciennes références aux Gétules, sont vraisemblablement celles des Carthaginois qui indiquent que le prince des Gétules proposa d’épouser Élyssa (ou Didon pour les Romains), la reine fondatrice de Carthage (actuelle Tunisie), vers l’an 815 avant J.-C. Toutefois, des références en Égypte ancienne, de certaines tribus gétules remontent jusqu’à 1350 av. J.-C. environ sous le règne d’Akhénaton de la XVIIIe dynastie, qui parlent de commerce de bétail avec ce peuple. Les Gétules sont probablement à l’origine également du calendrier berbère qui commence vers 943-949 avant J.-C. Le début de ce calendrier ferait suite à la victoire d’une coalition de Gétules sur les Égyptiens. Cette coalition, formée par les tribus Gétules du Maghreb, est partie du Sud-ouest algérien, renforçant ses effectifs en cours de route partout où elle passait au Maghreb. La coalition dirigée par Sheshonq (nom berbère: Sheshnaq) a vaincu le pharaon Psousennès II. Suite à cette victoire Sheshnaq épouse la fille du pharaon, s’installe sur le trône d’Égypte sous le nom de Sheshonq en 952 avant J.-C., et fonde ainsi la XXIIe dynastie. Il installe sa résidence à Busbatis, et détache tout de suite des régiments à Fayoum, une ville où plusieurs unités guerrières égyptiennes sont basées. Ces dernières se rallient finalement à lui, le confirmant ainsi sur le trône.
Sheshnaq aurait poursuivi ensuite sa percée vers le Moyen-Orient après avoir renforcé de cette façon sa coalition en Égypte, il se mit à conquérir plusieurs territoires en Syrie, Palestine, Phénicie (actuel Liban) et dans le Royaume d’Israël où il s’empare de Ghaza et pillera Jérusalem. Cet événement biblique est mentionné dans l’Ancien Testament qui parle du pillage de ce chef Gétule de la tribu des Machaouach.(2)

L’hécatombe de juin 1967
Plus près de nous, les Fatimides formaient une dynastie musulmane installée à Ikdjane dans l’actuelle wilaya de Sétif (Algérie). Elle régna sur l’Ifriqiya (909-1048), en Égypte (969-1171). Issus de la secte chiite des ismaéliens – pour laquelle le calife doit être choisi parmi les descendants de Ali, cousin et gendre du Prophète de l’Islam Mohammed (Qsssl), les Fatimides considèrent les Abbassides sunnites comme des usurpateurs de ce titre. Le dâ`i ismaélien Ubayd Allah al-Mahdi fonda la dynastie fatimide en Basse Kabylie où il trouva un écho favorable à ses prêches millénaristes et parvint à se rallier de nombreux partisans chez les Berbères et à étendre son autorité sur une grande partie du Maghreb, de l’extrémité est du Maroc à la Libye. C’est cette dynastie qui alla régner sur l’Egypte. On rapporte qu’en 969, menés par le général Jawhar, sur ordre du calife al-Mu‘izz, des troupes des Kutamas alliées aux Fatimides, conquirent l’Égypte et établirent une nouvelle cité fortifiée au nord-est de Fostat.. Pendant ce temps, Jawhar fit également construire la Mosquée al-Azhar, qui devint la deuxième plus vieille université au monde. À la différence des autres autorités musulmanes, les Fatimides acceptèrent dans leur administration, non sur des critères d’appartenance tribale, ethnique ou même religieuse, mais principalement sur le mérite et la compétence. Quand l’Egypte actuelle s’octroie le monopole du zaïmisme, c’est une étape de l’histoire qui n’a plus cours. Il est vrai que Nasser voulait donner une dimension au monde arabe. On salue le courage de l’homme qui a tenu tête à l’Occident en l’occurrence, les compagnies pétrolières anglaises, américaines et françaises quelques années après la chute de Mossadegh qui voulait lui aussi faire rendre gorge à l’Occident par un partage équitable des richesses de l’Iran. Il faut lire Mohamed Hassanen Heykel dans son livre Les documents du Caire, où il raconte comment Nasser jouait une partie d’échecs serrée avec les grands de l’époque. Le président américain Dwight Eisenhower, le responsable du Parti communiste soviétique Kroutchev, les personnages ternes des coalisés qui attaquèrent l’Egypte en 1956 sans gloire que furent Anthony Eden qui avait une haine ma-ladive de Nasser et Guy Mollet qui pensait à tort que la Révolution algérienne était téléguidée par l’Egypte. Je ne parle naturellement pas d’Israël pour qui l’attaque de l’Egypte fut du pain béni.
Onze ans plus tard, ce fut l’hécatombe de juin 1967. A ce propos, les médias occidentaux forgèrent le mythe de David (Israël) luttant con-tre Goliath (toutes les armées arabes et les terrassant, honte suprême, en seulement six petits jours!). L’Egypte a trouvé à l’époque en Boumediene, un chef d’Etat déterminé qui envoya ses troupes sur le canal; nous étions étudiants et étudiantes mobilisés pendant quarante-cinq jours pour «aller nous battre» pour la cause arabe. Six ans plus tard, la fine fleur de l’armée algérienne envoyée en Egypte fut de tous les combats A telle enseigne qu’Anouar Sadate qui avait une façon singulière de faire la guerre, arrêta sous les conseils avisés de Kissinger et de sa «politique des petits pas», de se battre. Résultat des courses: l’Armée algérienne fut priée de rentrer chez elle. Sadate accusant Boumediene- artisan du Front du refus- de vouloir faire la guerre à distance. Résultat des courses: le général Chazli, qui a réussi à démolir la ligne Bar Lev, fut remercié. Sadate fit le voyage de Canossa en faisant le discours de la Knesset – une reddition en rase campagne – il signa la paix avec Israël. Il partagea le prix Nobel – récompense de l’Occident pour ceux qui acceptent la doxa occidentale – avec Begin. Il en mourut. Son second, Mohamed Hosni Moubarak, est toujours aux commandes de «Oum Eddounia» depuis bientôt trente ans et tente d’adouber son fils comme successeur, malgré les protestations des partis politiques dont le fameux parti «Kifaya!» (ça suffit!) L’Egypte comme tous les pays arabes est un pays en panne. Plus grand pays par le nombre, l’Egypte s’est installée elle aussi dans les temps morts. Si elle fait illusion auprès des potentats arabes, les peuples arabes ne croient plus en elle et sont catastrophés par son alignement calamiteux comme pays dit «modéré» qui n’a plus le ressort, voire ne représente plus l’arabité du Nassérisme. «Que devons-nous retenir, écrit Mohamed Beghdad? Ce match doit servir de leçon. Des relations bâties à la sueur du front et de l’histoire par des hommes et des femmes qui se sont tant sacrifiés pour souder les deux peuples et raffermir des liens forts. Ce sont les années 1956, 1967 et 1973 qui sont à retenir le plus dans l’histoire contemporaine commune des deux peuples et non cette malheureuse date du 14 Novembre. Un simple jeu d’un maudit ballon, inventé par les Anglais, est en train de dégénérer, faisant beaucoup de mal à nos rapports. Ceci prouve que le sous-développement a encore de beaux jours devant lui. Et puis, est-ce qu’une qualification va changer l’avenir de nos jours? Certes, elle va procurer aux amateurs un plaisir le temps d’un match ou d’une journée en cas de victoire. Le ventre sera toujours creux. Les vraies batailles sont celles de l’éducation, du progrès, d’une économie saine et forte, d’une université performante et d’une industrie concurrente, créatrice d’emplois et de prospérité. Voilà les vrais défis qui nous attendent.» (3)
Toute l’intelligence de nos dirigeants c’est de transformer cet essai qui prouve encore une fois l’attachement viscéral de ces jeunes capables de risquer leur vie pour le meilleur comme pour le pire. Comment faire de cet évènement une rupture et une mobilisation durable qui ne font pas dans l’éphémère. Comme en Egypte, le football reste le seul exutoire. Nous devons donner des motifs de fierté à cette jeunesse arabe qui veut et qui peut donner la pleine mesure de son talent autrement qu’en rêvant d’une façon éphémère avec un brusque dégrisement porteur de tous les dangers.

1.Mustapha Hammouche: Manifestez votre joie, pas vos soucis! Liberté 11 11 2009
2.Les Gétules: Encyclopédie Libre Wikipédia
3.Mohammed Beghdad: Offrir une fleur à chaque joueur algérien! Le Quotidien d’Oran. Jeudi 12 novembre 2009

Pr Chems Eddine CHITOUR

***********************Les médias égyptiens excellent dans le mensonge!!

La version de la presse égyptienne

Le quotidien égyptien indépendant Al-Chourouq soutient que le scénario est monté de toutes pièces.

La presse égyptienne ne fait pas dans la dentelle quand elle s’en prend à l’Algérie. Cette fois-ci, on tente de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Et pour cause, cette dernière n’a pas trouvé mieux pour justifier l’agression gratuite des supporters égyptiens contre les joueurs algériens que d’accuser l’Algérie d’avoir mis en scène l’attaque contre son bus au Caire. Elle a alors qualifié l’affaire d’«incident étrange» et «monté de toutes pièces». Le très officiel quotidien El Ahram soutient dans son édition d’hier que «le bus transportant les joueurs de l’équipe (d’Algérie) de l’aéroport à l’hôtel a été confronté à un incident étrange, lorsque certains joueurs ont commencé à détruire les vitres du véhicule en prétendant avoir été la cible de jets de pierres», citant des sources policières égyptiennes qui avaient indiqué que le bus des joueurs algériens avait été attaqué à coups de pierres peu après leur arrivée dans la capitale égyptienne. Le quotidien indépendant Al-Chourouq, de son côté, parle d’une «crise montée de toutes pièces». Citant «une source de sécurité de haut niveau», le journal affirme que les vitres ont été brisées «de l’intérieur et non de l’extérieur du bus comme l’ont prétendu les membres de l’équipe d’Algérie»
Et de qualifier l’affaire de «tentative des joueurs algériens de monter un problème de toutes pièces afin de justifier leur éventuelle défaite». Le quotidien indépendant Al-Masri Al-Yom a, lui aussi, dénoncé une «comédie» algérienne sans pour autant démentir que des «gamins» aient jeté des pierres sur le bus. Il affirme que les Fennecs «ont rapidement profité de l’occasion, certains prétendent être terrifiés et blessés, et ont détruit les vitres de l’autobus et les sièges dans une ambiance d’extrême agitation». Le quotidien progouvernemental Al-Gomhouriya est allé encore plus loin et affirme même que les joueurs ont agressé leur chauffeur, citant le conducteur du véhicule. Le bus qui transportait la sélection nationale a été caillassé, avant son arrivée à l’hôtel, et des joueurs Algériens blessés.
Lemouchia, Saïfi, Halliche et l’entraîneur des gardiens de but ont été blessés lors de ce grave incident, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères, qui a tenu à souligner la «consternation» des autorités algériennes devant «ce grave incident».
A leur arrivée à l’hôtel, Lemmouchia et Halliche présentaient des blessures à la tête et avaient du sang sur le visage, alors que l’entraîneur des gardiens de but a été évacué à l’hôpital, selon le ministre de la Jeunesse et des Sports, Hachemi Djiar, présent au Caire.(L’Expression-14.11.09.)

*********Les journaux égyptiens et l’art du cinéma

On le savait déjà, les Égyptiens sont maîtres dans le septième art. Le cinéma, c’est leur point fort, et ça tout le monde le reconnaît. Seulement, on ne s’attendait nullement à ce que nos frères d’Oum Eddounia, parviennent à monter aussi rapidement un scénario d’un film qui, cette fois ci, n’a pas l’audience voulue. Pis, il a suscité le rire de tous ceux qui ont eu à le suivre dans le monde arabe. On fait allusion à cette version somme toute médiocre que la presse cairote s’est précipitée à propager dès que la minable agression dont a été victime la sélection algérienne de football quelques instants après son arrivée dans la Capitale égyptienne en début de soirée de jeudi. Eh oui, d’un seul coup, nos frères tentent de transformer la victime, que sont nos joueurs, en un accusé. La presse égyptienne fait croire ainsi au monde et aux responsables de la Fifa en particulier qu’il n y avait point d’agression sur les joueurs algériens et que ces derniers ont eux même saccagé le bus qui les transportait de l’aéroport vers leur lieu d’hébergement non loin de l’aéroport du Caire. Et comme l’audace des journalistes égyptiens n’a pas de limites, l’on est allé tout simplement jusqu’à accuser les joueurs ayant été atteints par les gros cailloux de jeunes ultras égyptiens, ont tout simplement prémédité les blessures. Comme si Lemouchia, Saïfi, Halliche et l’entraîneur des gardiens, ont volontairement provoqué l’incident. Il est clair que si les Égyptiens se sont empressés à  »exporter » leur nouveau  »film » réalisé dans un temps record, c’est pour éviter d’éventuelles sanctions de la part de la Fifa , dont les représentants étaient déjà sur place au Caire et se sont rendu au lieu de résidence des Verts pour s’enquérir de la situation. C’est dire que les mises en garde de l’instance fédérale en direction des Égyptiens, dont la dernière, une correspondance adressée au courant de la semaine dernière à la fédération des Pharaons, par laquelle elle l’a mise devant ses responsabilités pour que le match prévu pour demain se déroule dans le calme, n’ont pas pour autant suffi pour faire revenir certains à de meilleurs sentiments. On pense en particulier à certains médiats égyptiens qui ne cessaient depuis déjà un mois, de faire dans la provocation, et le résultat tout le monde le connaît maintenant. Un simple match de football est en passe de remettre en cause les rapports de deux peuples censés être des  »frères » comme tiennent à le rappeler les Égyptiens eux-mêmes. (Le Courrier d’Algérie-14.11.09.)

****************«Une honte pour l’égypte»
 

Dès les première heures de la matinée d’hier, les Constantinois, comme partout ailleurs en Almgérie, se sont précipités chez les marchands de journaux pour acheter les trois titres parus ce vendredi afin de mieux comprendre ce qui s’est passé au Caire. Nul n’est resté insensible à l’agression égyptienne qui a ciblé l’Equipe nationale. Tous étaient d’accord pour dire: «C’est honteux!»
La rue bouillonnait. Dans les cafés, les quartiers et les cybercafés, la discussion ne tournait qu’autour de cet incident. De l’avis d’un journaliste et supporteur de l’Equipe nationale: «Ce qui vient de se passer au Caire exprime tout simplement le laisser-aller des autorités égyptiennes, on sent comme une complaisance des ser-vices de sécurité de ce pays. Leur objectif était d’abattre les Verts sur le plan psychologique. Hélas, pour eux, c’est l’effet contraire qui s’est produit, notre équipe est plus que jamais décidée à remporter la victoire.»
Sofiane, résidant en France, à Belfort a déclaré à L’Expression: «C’est inacceptable et honteux pour un Etat qui se dit civilisé, je souhaite une réaction plus sévère du gouvernement algérien.» Plus excité, ce jeune Algérien ajoute que «l’équipe égyptienne a été bien reçue en Algérie et aucun problème n’a été signalé» avant de s’interroger: «Je ne comprends vraiment pas! C’est la guerre qu’ils veulent?» La réaction d’un magistrat a été plus réfléchie: «C’est un acte condamnable. Il faut dire que le peuple algérien a fait preuve de plus de civisme lors du match joué en Algérie, jamais une chose pareille ne se serait produite sur notre territoire. Nous n’avons aucune haine envers le peuple égyptien, mais plutôt du mépris envers cette poignée d’individus que je qualifierai de voyous.» Un jeune étudiant de 23 ans, désagréablement surpris par les scènes impressionnantes qu’il a vues sur le site Youtube, déclare: «Tout le monde savait qu’il y avait une grande tension sur ce match et les autorités égyptiennes n’ont pas pris les mesures qui s’imposent pour préserver la sécurité de notre équipe.» Ce jeune affirme que «c’est un acte attendu et prévisible et à mon avis, il faut appliquer des sanctions pour que cela ne se reproduise plus.»
«Heureusement qu’on n’a compté que des blessés et dire qu’il s’agit d’un match, franchement, c’est honteux. Ce qui vient de se passer au Caire ne traduit que la peur sans précédent des Egyptiens.»
A Constantine, les citoyens expriment leur solidarité avec l’Equipe nationale.
Aussi, le temps est plutôt à la fête avec des klaxons qui retentissent à longueur de journée, des drapeaux qui flottent sur les balcons des immeubles et des chansons gratifiant les Verts. L’ambiance est à la joie malgré la grande déception et l’attente de ce qu’allait décider la FIFA.
Un jeune au moral d’acier, adossé à un café, s’exprime avec un sourire: «On va jouer ce match et on va gagner en donnant une bonne leçon de tolérance, de respect et de civisme aux petits malfrats égyptiens, j’en suis sûr.»(L’Expression-14.11.09.)

************************Un autre coup bas qui n’honore point les Égyptiens

Il était 19h, jeudi, lorsqu’un jeune s’est adressé à des amis attablés à un café situé à Hennaya, 10 km de Tlemcen, pour leur dire d’une voix tremblante : «Des informations circulent sur Internet faisant état d’une agression subie par les joueurs de l’équipe nationale dont plusieurs ont été blessés». On lui répliqua que cela ne pouvait être vrai car toutes les précautions étaient prises pour assurer une bonne protection à la délégation algérienne. Parmi les présents quelqu’un lancera à haute voix : « Ce ne peut être qu’un canular de mauvais goût lancé par des internautes égyptiens désireux de transmettre leur angoisse à des Algériens confiants et optimistes ». Tous les présents ont acquiescé à l’idée que c’était l’oeuvre d’un fieffé menteur tant ils étaient persuadés que les Égyptiens de «Oum Eddounia» ne pouvaient pas se rabaisser à un niveau aussi bas. Ils ont dû, pourtant, se rendre à l’évidence car, une demi-heure plus tard, la nouvelle a été confirmée par un autre jeune qui avait suivi les informations sur la chaîne qatariote Al Jazeera Sport. Tous étaient atterrés par cette nouvelle surprenante à laquelle personne ne s’attendait. Un silence de cathédrale s’en est suivi comme si chacun était frappé de sidération, de stupeur avant que quelqu’un ne lance cette boutade : « Au lieu de recevoir une fleur chacun, nos compatriotes ont été accueillis par des pierres ». « Quelle honte pour ceux qui prétendent donner des leçons de civilisation aux autres », renchérit un autre. «Cette lâche agression sera une source de motivation supplémentaire pour nos joueurs qui redoubleront d’efforts et, j’en suis sûr, se qualifieront au nez et à la barbe de ces prétentieux », dira un troisième. L’attaque condamnable commise par des voyous malavisés à l’encontre de la délégation algérienne au moment où le car qui la transportait se dirigeait vers l’hôtel est la conséquence d’un lynchage médiatique en règle orchestré contre les Algériens par des pseudos journalistes sans scrupules. Ces mêmes journalistes godiches, avides de sensations fortes, tombent dans le grotesque en donnant une version des faits pour le moins extravagante. C’est ce qu’a fait, par exemple, le sieur Abou El Maati Zaki, rédacteur en chef de l’hebdomadaire «Nejm Al Jamahir», interrogé par la chaîne Abu Dhabi Sport, qui a dit effrontément que ce sont les joueurs eux-mêmes qui ont brisé les vitres du bus pour faire croire qu’ils ont été victimes d’un jet de pierres. Selon ce « monument de la presse » raté, il ne s’agit ni plus ni moins que d’une mise en scène algérienne pour discréditer leurs hôtes. Inouï ! Inconcevable ! Les joueurs algériens qui possèdent trois points d’avance sur leurs rivaux et un goal-average favorable brisent les vitres et se blessent volontairement à coup de pavés ramenés de l’Italie, un pays sous-développé où les cailloux jonchent le sol et ce dans le but de saper le moral de leurs adversaires et de les déstabiliser. Un film digne des plus grands chefsd’oeuvre du fantastique dont certains balourds ont le secret. Ce qui est arrivé est, peut-être, l’oeuvre de jeunes inconscients « drogués » par certaines chaînes satellitaires aux discours incendiaires ; mais l’incident permet de se faire une idée de l’état d’esprit dans lequel se trouvent de nombreux supporteurs égyptiens gavés de fausses informations sur les Algériens. Cela montre aussi qu’il y a eu, quelque part, des négligences graves de la part des services de sécurité chargés de la protection de la délégation en terre égyptienne. Les choses risquent de déraper si l’on n’y prend garde car les Égyptiens, qui n’ont pas changé depuis 1989, sont capables d’user de tous les subterfuges pour arriver à leur fin. Aussi est-il du devoir de la Fifa de prendre ses entières responsabilités afin de mettre un terme à toute autre tentative de déstabilisation aux conséquences désastreuses. « En tout cas, malgré cette énième provocation qui nous a fait très mal, nos joueurs sauront puiser dans leurs ressources afin de sortir victorieux d’un traquenard honteux qui n’honore point ses auteurs exagérément chauvins », conclue, avec un brin de sagesse, un jeune sidéré par les images qu’il a vues. (Le Courrier d’Algérie-14.11.09.)

*********************Colère à Tipaza et partout ailleurs…

Àpeine connue, la nouvelle de la lâche agression contre le bus transportant les joueurs de notre équipe nationale de football qui venaient d’arriver dans la Capitale égyptienne, a eu pour conséquence, presque immédiate, l’arrêt de toutes les manifestations d’appui aux Verts qui se déroulaient à travers quasiment toutes les agglomérations, grandes et petites, de la wilaya de Tipaza. Fortes nombreuses et des plus variées, il faut le dire. Celles-ci allaient, en effet, du simple rassemblement, dansant, faut-il le préciser, autour d’un poste-cassette déversant, en continu et à un volume qui dérangerait même un sourd, les chansons en vogue à la gloire de notre équipe nationale, aux rondes incessantes de cortèges, généralement précédés d’une camionnette transportant un groupe de musiciens, de véhicules arborant des emblèmes nationaux de différentes formes et tailles, en passant par les inévitables défilés, au rythme des non moins inévitables derbouka et zorna, de groupes de jeunes portant tout l’attirail de circonstance : drapeaux, casquettes ou hauts de forme et écharpes aux couleurs nationales. Des manifestations, commencées, timidement, il y a quelques jours, qui étaient en train de monter en cadence et ce, au fur et à mesure que la journée d’avant-hier, jeudi 12 novembre, s’écoulait. Et qui, de ce fait, auguraient d’une suite, bruyante, à coup sûr, mais des plus animées, sans aucun doute : la conviction que l’attente d’une autre participation aux phases finales d’une coupe du monde, qui dure depuis 23 ans maintenant, allait enfin connaître une issue heureuse, étant fortement ancrée chez tous ceux qui prennent part à ces manifestations. Ce qui ne veut pas dire que les autres, ceux qui s’en tiennent à l’écart, ne l’ont pas. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un coup d’oeil sur les devantures des magasins, les balcons des cités d’habitation, les portes d’entrée des maisons individuelles et les véhicules en circulation : partout, en effet, l’emblème national est présent. Tous, toutefois, ont été fortement secoués par la nouvelle de l’agression précitée. L’ampleur de la secousse ressentie et de la colère qui s’en est suivie est révélée par le brusque coup d’arrêt de toutes les manifestations d’appui et de joie qui étaient alors en cours : D’un coup les artères se sont vidées.Tout le monde s’est retrouvé rivé à son poste de télévision ou accroché à son ordinateur pour tenter d’avoir des informations sur ce qui venait de se passer au Caire. Si beaucoup de gens, lesdites informations obtenues, sont ressortis par la suite, ce n’était pas pour reprendre leurs manifestations de joie mais pour commenter ce qu’ils venaient d’apprendre. Et là, il faut dire que les commentaires étaient à la hauteur de la colère ressentie après ce qu’ils ont vu et entendu sur les chaînes satellitaires, et glané sur la toile. En clair, des plus acides. Contre les Égyptiens, pour reprendre les propos les plus récurrents, « la bassesse et la lâcheté de leurs procédés ». Mais également contre les chaînes satellitaires arabes qui, comme elles ne pouvaient pas taire un évènement qui avait déjà fait le tour du monde, se sont évertuées, soit, à en minimiser l’ampleur, soit, pour certaines connues pour leur traditionnelle hostilité contre notre pays, à carrément tendre la perche aux égyptiens et ce, en semant le doute sur l’origine des faits qui leurs sont imputés. Pour en revenir aux conséquences de cette condamnable agression, la rue tipasienne est, depuis qu’elle a été connue, totalement aphone, du moins à l’heure où nous mettions sous presse: plus aucun cortège ni défilé ne l’arpente, en effet. C’est l’attente de ce que va décider l’instance internationale du football qui prédomine ; une attente qui, toutefois, n’a nullement ébranlée la conviction des habitants de la wilaya d’une qualification certaine, parce que obtenue à la loyale et, de ce fait, amplement méritée, des Verts au Mondial d’Afrique du Sud… (Le Courrier d’Algérie-14.11.09.)

******************** Les quartiers d’Alger en effervescence

Le foot est à l’honneur une fois de plus. L’Algérie retient son souffle. Seulement quelques heures nous séparent du coup de sifflet du début du match tant attendu Égypte – Algérie pour un billet qualificatif au Mondial sud-africian. De ce fait, et comme en des circonstances pareilles, Alger est parée des trois couleurs de l’emblème national. Dans une ambiance « patriotisme footballistique » souvent vue ces derniers temps, les Algériens ont apparemment renoué avec le goût du foot national. En effet, hier, dans les quartiers populaires de la Capitale, comme ceux de Bab El Oued et Bouzaréah, boutiques et étals sont ornés des couleurs nationales. Les drapeaux en petit en grand format flottent également au-dessus des toits et même sur des arbres. Il est (le drapeau) accroché partout. En allant vers le stade de Omar Hamadi de Bologhine, la plupart des jeunes rencontrés sur place n’ont de préférence que pour les maillots en vert, blanc et rouge. Certains ont même ressorti ceux d’ex-joueurs de la sélection nationale ayant fait le bonheur des milliers de supporters passionnés de la balle ronde pendant de longues années. Ceux de Moussa Saïb est de Hocine Achiou, semblent en être les préférés. Un peu plus loin de là, en cet après-midi ensoleillé, la rue Mohamed-Belouizdad grouille de monde. Rien ne semble freiner ces « enfants de quartiers» à vivre cette joie, de revoir enfin notre sélection nationale en haut du podium. «On attend ce match impatiemment, l’équipe nationale nous a permis de renouer avec la joie et la fête, Quoi qu’il en soit, nous irons en Afrique du Sud, nous arracherons la qualification au Caire et prouver aux Égyptiens que nous sommes les meilleurs et que nous méritons de participer à la Coupe du monde », affirme Karim, un étudiant de 25 ans. Djamel un autre « mordu » du Onze algérien, assure de son côté qu’ « on est de tout coeur avec les Verts, et on vous promet une grande « soirée » juste après». Ceci dit, les supporters des Verts ne croient qu’à la victoire, comme nous l’a signifié la majorité de ceux interrogés à ce sujet. « On est premier du groupe avec 3 points d’avance sur l’Égypte. Les Verts sont donc avantagés et les Égyptiens sont obligés de faire le jeu, de marquer des buts et d’éviter d’en encaisser. Leur mission ne sera pas facile, certes mais les Algériens ont été toujours à la hauteur des défis», estime de son côté, Salim. Seulement ces derniers, étaient trop déçus par ce que la sélection nationale vient de vivre à son arrivée en terre égyptienne. « Ont-ils (égyptiens) vraiment peur au point d’agresser nos joueurs en chemin vers l’hôtel ? C’est indigne de leur part, où sont donc passées les promesses des responsables égyptiens quant à assurer une bonne sécurité à notre équipe ? Est-ce de cette manière qu’on récompense un peuple qui en 1973 a sauvé les égyptiens des griffes des israéliens ? À moins que ce peuple et ses « gouverneurs » ont la mémoire trop courte. Ont dénoncé tous ceux rencontrés hier lors de notre passage dans les quartiers d’Alger. Dans les marchés, magasins et cafés cette rencontre importante dans le parcours déjà honorable des Verts, précédée de cette agression, focalise les discussions, on ne parle que de ça. Autrement dit, la fièvre du match face à l’Égypte a gagné tous les quartiers d’Alger y compris les résidences universitaires. Que ça soit à Ben Aknoun ou même à Hydra Centre. Les étudiants ont commencé à fêter la qualification des Fennecs avant leur match face aux Pharaons. Seulement, les étudiants algériens ne sont pas les seuls à vouloir voir l’équipe algérienne en haut du podium. Les différents instituts et facultés de l’Université d’Alger compte des milliers d’étudiants étrangers venus de beaucoup de pays, africains notamment. Mohamed Houssein Saâd, un étudiant en troisième année statistiques à l’ENSSEAP (Ben Aknoun) nous dira à ce sujet que je suis en Algérie depuis presque trois ans, c’est un pays qui nous a bien reçus et ça serait tout a fait normal de supporter les Matmour et compagnie jusqu à la fin. Assis à ses côtés, Hacéne Ali Athmane, étudiant dans la même école que son compatriote tchadien, n’a pas caché lui aussi son estime pour le Onze national. La mission sera difficile au Caire certes, mais quoi qu’il en soit je suis confiant quant à la victoire des Verts et espérons que ça soit d’un bon score», dira t-il. Les yéménites quant à eux se disent favorables à l’équipe algérienne qu’à celle de l’Égypte. Le match est prévu à 18 heures trente, heure algérienne en transmission directe du Cairo-Stadium. La rencontre sera diffusée sur les quatre chaînes de télévision algérienne. Ainsi, bon nombre d’inconditionnels des Verts pourront suivre la rencontre devant leurs postes de téléviseurs. Un match prometteur et surtout d’une importance capitale. Ainsi, le voeu de tout un chacun est de voir la victoire des Ziani et compagnie. Les Fennecs pourront peut être relever le défi une fois de plus, qui sait…(le Courrier d’Algérie-14.11.09.)

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LES SUPPORTERS ALGÉRIENS À QUELQUES HEURES DU MATCH

  Entre consternation et espoir

Considérés comme étant des occasions de rapprochement entre les peules, les grands rendez-vous sportifs pouvant tisser des liens d’amitié entre ces derniers, deviennent de nos jours des moments terribles, difficiles à supporter de par les conséquences fâcheuses qu’ils peuvent entraîner. Le désenchantement et la consternation se lisent sur les visages de ces Algériens qui ont attendu cette rencontre Égypte-Algérie avec impatience. Le fossé de la haine semble creusé entre les deux peuples. «On ne peut pas rester indifférents», tel est la réaction des nombreux citoyens rencontrés hier, dans les rues de la Capitale. « Je ne veux pas de frères qui soient de nationalité égyptienne », a accentué un jeune de la cité Diar El Djemaâ à Bach Djerrah. Dans ce quartier où règne une ambiance festive, les citoyens rencontrés sont désenchantés quant au geste commis par les supporteurs égyptiens. Certains se sont montrés fermes. «C’est des pratiques inqualifiables. L’agression est complotée à l’avance », a déclaré un jeune de ce quartier. Condamnant les actes de violence, un autre jeune de ce quartier a contesté l’attitude des citoyens qui rejettent les égyptiens pour un simple match de football. « Il resteront nos frères malgré tout » a-t-il affirmé. L’attitude de ce supporteur algérien n’est pas partagée par les autres jeunes rencontrés à Hussen-Dey. Déçus mais sûrs des aptitudes de l’équipe nationale, les habitants de Houmet Tchoualek ont qualifié l’incident d’embuscade. « On est déçus par cette embuscade. Pourtant, lors du dernier match joué en Algérie, en dépit du dispositif sécuritaire, les supporteurs de l’équipe algérienne ont veillé sur leur sécurité. Nous leur avions réservé un accueil exceptionnel », a regretté un père de famille qui est revenu sur l’arrière- plan de ces perturbations. « Les Égyptiens craignent la défaite dans leur stade, c’est pour cela qu’ils ont procédé à ces manoeuvres. Ils savent très bien que la décision de la Fifa ne sera pas en leur faveur mais leur intention était de justifier leur défaite par une éventuelle sanction de la fédération internationale du Football », a jugé ce citoyen précisant « qu’en 1956 lorsqu’il avait été question d’un match entre l’équipe du FLN et l’équipe égyptienne, par crainte d’être battue, cette dernière n’a pas voulu jouer contre l’Algérie.» Autrefois, les rencontres à caractère sportif étaient une occasion aux peuples qui sont en conflit de mettre leur orgueil de côté et de participer à la réussite des événements sportifs. Actuellement, les rencontres sportives semblent produire l’effet contraire. Elles sont à l’origine des brouilles entre les États. Des actes xénophobes manifestés de la part des sportifs sont fréquents. L’incident lors de la finale de la Coupe du monde 2008 en est témoin. Contrairement à ces peuples antiques qui cessent la guerre à chaque fois que les jeux Olympiques reviennent, les supporteurs de l’équipe égyptienne voient en ce rendez-vous un moyen pour exprimer leur colère, et leur haine à l’égard du peuple algérien via l’équipe nationale en dépit des brouilles politique que cela peut entraîner. Le football ou les autres disciplines sportives ne reflètent que les efforts consentis ainsi que la meilleure préparation physique et psychologique d’une équipe par rapport à une autre. Mais les réactions des Égyptiens à l’égard de l’équipe nationale algérienne ont commencé bien avant que cette dernière n’atterrisse sur le sol égyptien et dépassé largement les considérations sportives à savoir la qualification à la Coupe d’Afrique et la Coupe du monde. (Le Courrier d’Algérie-14.11.09.)

*********************Grands écrans dans les grandes villes de France pour suivre le match

Le match de qualification à la phase finale de la Coupe du monde de football entre l’Égypte et l’Algérie sera retransmis samedi soir en direct sur des écrans géants dans de nombreuses villes de France et en divers lieux notamment au centre culturel algérien à Paris. La compagnie «Aigle-Azur» a ainsi sponsorisé l’installation de ces écrans comme elle offrira des réceptions- dinatoires dans tous les endroits sélectionnés pour créer une ambiance de fête entre les membres de la communauté algérienne établie en France, leurs familles et mêmes leurs amis. On signale d’ailleurs un engouement sans pareil pour ce match pour lequel des centaines d’algériens vivant en Europe ont décidé de faire le déplacement au Caire.

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*FOOTBALL QUAND TU NOUS TIENS ! 

Le compte à rebours de la rencontre Égypte – Algérie, pour un billet qualificatif au Mondial sudafricain, commence et la pression ne cesse d’augmenter des deux camps. Un intérêt majeur peut être remarqué de la part des Algériens, petits et grands, hommes et femmes, branchés ou non… Bref, toute une population attend avec impatience que l’heure soit fixée sur 18h30 du samedi 14 novembre 2009.

Quelques années auparavant , même les mordus de la balle ronde ne croyaient pas à un tel retournement de situation : une équipe qui ne pouvait même pas tenir avec les nations minimes du continent africain devient, certainement pas par hasard, une équipe qui enchante tous les Algériens et le sujet principal de discussion, tout en laissant de côté toutes les peines quotidiennes. Une équipe qui n’a cessé de grimper les échelons dans le classement mondial de la Fifa en se plaçant à la 29e position, la meilleure de son histoire, ce qui lui a valu d’être désignée comme étant la meilleure sélection africaine de l’année. En faisant un tour dans n’importe quelle ville en Algérie, on constate la fierté avec laquelle on parle de l’équipe d’Algérie version Saâdane arrivant même à la comparer avec celle des années 80, considérée comme la meilleure épopée de la balle ronde algérienne, qui a surpris le monde entier en s’imposant un certain 16 juin 1982 face à l’Allemagne de Harald Schumacher et Karl Heinz Ruminigue. Nul n’est indifférent qu’un homme est à la base de ce nouvel élan : Rabah Saâdane. À Bir Mourad Raïs, nous avons rencontré Aâmmi Messaoud, qui n’est autre que le père de l’arrière latéral droit du RCK, Farès Boudemagh. Ce vieux en retraite, dont la passion du football coule dans ses veines et qui voie un amour sans limites pour les Fennecs, estime que cette équipe, avec l’amour qu’éprouvent les joueurs pour les couleurs nationales, peut faire des miracles et pourra, en outre ramener la qualification du Caire, revenir avec le gain complet de ce voyage. «Quand je vois l’envie qu’ont les joueurs de se battre pour les couleurs nationales en se donnant à fond, je vous jure que j’ai les larmes aux yeux», dira-t-il avant d’ajouter : «cela fait des années qu’on espérait un tel scénario, soit depuis 1990 date de notre sacre en CAN qu’on a organisée. J’ai eu l’occasion de côtoyer plusieurs générations mais cellelà, elle a un cachet spécial que je n’arrive pas à déterminer surtout que son ossature est composée de joueurs nés et vivant à l’étranger», et de conclure : «c’est un travail héroïque que Saâdane est en train de faire. Que Dieu soit avec lui et avec nous.» Pas loin à Kouba, nous avons rencontré un groupe de lycéens, au nombre de quatre, dont le sujet de discussion était… l’équipe d’Algérie. L’un d’eux, Nassim, nous dira qu’il a fait son possible avec ses parents afin qu’ils l’autorisent à faire le déplacement au Caire avec une agence de voyage. Hélas pour ce petit de 16 ans, qui, cela va sans dire, a eu droit à un refus catégorique de ses parents malgré ses maintes tentatives. Son ami Rabah, 18 ans, dira qu’il fera tout son possible pour être collé à la télé le jour du match. «Le jour J, c’est la concentration totale pour moi. On dirait que c’est moi qui va jouer ce match», dira ce fervent supporter des Fennecs et du MCA, avant d’ajouter : «ni études, ni école, ni cours de soutien ce jour-là. Uniquement l’équipe nationale!» Ceux-ci ne sont que de simples exemples de l’importance qu’accordent les millions d’Algériens, mais ce qui nous a le plus surpris, c’est cette petite fille, laquelle, à peine âgée de 4 ans, fredonne incessamment des chansons en gloire aux Verts.

MÊME LES FEMMES S’IMPLIQENT DANS LES DÉBATS
Ce n’est un secret pour personne que la majorité absolue des mordus de la balle ronde sont des hommes, mais cette rencontre fait, sans aucun doute, l’exception à la règle du fait qu’on constate que les sujets de discussion des femmes se sont transformés des recettes de cuisine, de maquillage et des habits, aux noms de Ziani, Saïfi et autres Belhadj, et le cas de Sana, une fonctionnaire à Sonatrach en témoigne. «Le football était, dans un passé proche, la dernière chose qui pouvait me préoccuper et je ne pensais nullement m’attacher comme c’est le cas actuellement», dira-t-elle à cet effet. Elle avoue, par ailleurs, que ce n’est pas l’aspect sportif de cette rencontre qui l’intéresse, mais plutôt l’image du pays que les joueurs se doivent de conserver. Quant à Narimène, secrétaire dans une agence publicitaire, le football n’a jamais été un centre d’intérêt pour elle mais sa vision a changé depuis la victoire du match aller de notre EN contre cette même équipe d’Égypte (3- 1). «Depuis le match aller contre l’Égypte, je connais tous les joueurs de l’EN et je cherche toujours à avoir le maximum d’informations les concernant», dira-telle. Celles-ci, ne sont qu’un exemple d’une grande partie de femmes, qui augmente de jour en jour, qui s’intéresse à la balle ronde avec la belle remontée des capés de Saâdane.

FACEBOOK, OU L’AUTRE GUERRE
De part la guerre médiatique qui a été lancée, disons-le en toute objectivité, par certains médias égyptiens en premier lieu, les supporters des deux nations déploient toutes leur imagination et énergie pour répliquer et tenter de «ridiculiser», chacun de son côté, son adversaire. Du côté algérien, on trouve ceux débordant d’imagination à travers des montages photo et vidéo hors du commun, donnant à cette guerre psychologique, unique en son genre, un sens d’une «cyberguerre». Pour avoir un aperçu de ce qui se passe sur ce «monde virtuel», il suffit seulement de jeter un coup d’oeil et voir des passages de films cultes traduits en argot algérien, comme par exemple le film « Braveheart » où Williams Wallace, dans la peau d’un nationaliste algérien appelle les troupes à se déplacer en masse au Caire pour le fameux derby africain. Ou bien, le légendaire Achille du film « Troie », qui se transforme en un Karim Ziani plus fort que jamais dans une scène de combat face au joueur égyptien Amrou Zaki. Les films «Prison Break» et autre «Hitler» n’ont pas échappé à cet engouement. Cette passion, qui anime les «Fennecs internautes», se manifeste, en outre, par des montages d’images à couper le souffle comme celles mettant les deux sélectionneurs, Shehata et Saâdane, dans des déguisements en tout genre. Des centaines de pages, qui ont été mises en ligne à travers cet espace, ont permis à chaque galerie de retransmettre ses messages pour répliquer aux propos de l’adversaire. D’autre part, une partie des Facebookers (utilisateurs de Facebook) tente d’apaiser les esprits en réalisant des montages qui rappellent les liens fraternels et de solidarité entre les deux nations et, par la suite, les envoyer à de nombreux médias des deux pays pour les inviter, eux aussi, à calmer le jeu. Une petite visite virtuelle sur les différents sites Internet algériens vous en dira plus. Une «guerre» qui a pris de plus en plus d’ampleur du fait que des millions utilisent le net quotidiennement.

L’ÉQUIPE DE 1982  et L’ÉQUIPE DE 2009… «MAÂK YA EL KHADRA»
D’un côté les vieilles gloires du football algérien. De l’autre, la jeune relève. L’opérateur mobile Nedjma, sponsor officiel de l’équipe nationale, a réuni deux générations dans un nouveau spot TV, intitulé «Mâak ya El Khadra», lequel accompagnera les Verts jusqu’au match contre l’Égypte. Une génération qui a fait la fierté de tout un peuple en s’imposant notamment face à la RFA en 1982 et en se qualifiant à Mexico en 1986, représentée par Fergani, Belloumi, Kouici, Korichi, Merzekane, Bencheikh, et autre Cerbah, d’un côté, et une autre qui porte aujourd’hui les espoirs de tous les Algériens de voir, enfin, leur équipe se qualifier au Mondial, après 24 ans d’absence de cette prestigieuse compétition, et qui a été représentée par Saïfi, Ziani, Gaouaoui, Belhadj, Antar Yahia et autre Mansouri. Ce spot met en scène le passage du témoin entre ces deux générations. Impressionnés par la qualité de jeu des capés de Saâdane, les anciens Fennecs témoignent de la confiance et de l’espoir portés par leurs dignes successeurs. La mise en scène se termine sur une note vibrant d’émotion lorsque Ali Fergani, l’ancien capitaine des Verts, confie solennellement l’emblème national à Rafik Saïfi. Ce passage de témoin symbolise à la fois la confiance et les espoirs de tout un peuple uni derrière son équipe nationale. Joint par nos soins, l’ancien latéral gauche des Verts, Mustapha Kouici dira : «ce spot a été réalisé dans l’espoir de voir l’histoire se répéter le 14 novembre et de voir cette nouvelle génération, pétrie de qualité et de talent, porter encore plus haut les couleurs de l’Algérie», avant d’ajouter que «la sélection actuelle sera le digne successeur de celle des années 1980 et qu’elle parviendra, sans nul doute, à remettre la balle ronde nationale sur de bons rails.» Quant à Ali Fergani, l’ancien capitaine des Verts, cette initiative de Nedjma vient au moment opportun surtout qu’elle donnera plus de motivation aux joueurs avant l’important rendez-vous du Caire et les pousseront à se donner à fond afin d’être à la hauteur de la confiance placée en eux. «Nous savons bien l’influence d’un public pharaonien sur le résultat du match surtout quand ce dernier est chauffé par les idées reçues par la presse locale à propos de l’agressivité de l’adversaire, mais tout le monde a confiance en cette équipe qui est en mesure de faire des exploits et redonner le sourire au peuple algérien», dira-t-il avant d’ajouter: «en toute objectivité, cette équipe pourra faire beaucoup plus que celle que nous avions à notre époque». Pour Joseph Djed, le DG de Nedjma, il a expliqué juste après l’enregistrement de ce sport que «ce message d’encouragement s’inscrit dans la continuité du soutien apporté par Nedjma à l’Équipe d’Algérie. Les Verts ont accompli, jusque-là, un parcours sans faute allant de succès en succès. Ce spot, diffusé à la veille du match décisif contre l’Égypte, symbolise le passage du flambeau entre les joueurs de l’EN de 1982 et ceux de l’équipe actuelle, lesquels, je n’en doute pas, marcheront sur les traces de leurs aînés en décrochant une qualification au Mondial, Inchallah». L’ex-sélectionneur des Verts, qui était à la tête de la sélection lors du sacre de la CAN 1990, Abdelhamid Kermali, dira que l’équipe nationale actuelle pourra, techniquement parlant, ramener sans embarras la qualification du Caire. «Personnellement je n’ose même pas imaginer que les Égyptiens puissent remonter les trois buts, compte tenu de la solidité de notre défense. La seule chose que je crains, c’est bien évidement l’arbitrage», dira-t-il avant d’ajouter « Nos joueurs doivent s’attendre à toutes les mesures extra-sportives de la part des Égyptiens, que j’ai côtoyés en quatre reprises, deux fois avec l’EN et deux autres avec le MCA.» Tous les regards seront, donc, braqués sur cette empoignade où tous les Algériens croient dur comme fer, que les capés de Saâdane sauront relever le défis et aller, l’été prochain, au pays de Nelson Mandela. Croisons les doigts ! (Le courrier d’Algérie-14.11.09.)

*****Lire aussi——Egypte-Algérie.(5)  Le film  d’une agression caractérisée

  

  







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