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Tension entre Alger et Paris

10072009

**Le débat sur les moines de Tibhirine exploité par la presse marocaine.. .

Le délire des médias du makhzen

 Connue pour l’acharnement gratuit (souvent haineux) qu’elle nourrit à l’égard de l’Algérie, la presse marocaine proche du palais royal, saisit ces jours-ci, la relance du débat sur l’assassinat des moines de Tibhirine en 1996, non pas, pour faire état de la polémique, qui entoure ce dossier, mais pour verser son fiel contre l’Algérie. L’exemple a été donné cette semaine par le journal «Maroc Hebdo». Dans sa dernière édition, ce journal, dont la ligne éditoriale est synonyme d’asservissement à l’égard du palais royal et du Makhzen, relance la polémique sur l’affaire des moines de Tibhirine dans un dossier sur la décennie noire en Algérie. Mais, faute d’un travail d’investigation au sens professionnel, Maroc Hebdo se contente de ressasser des bobards, qui ont été déjà montés il y a plus de dix ans, par les adeptes du «qui tue qui». Comme il fallait s’y attendre, cette version a été remise au goût du jour, dans l’unique but de dénigrer, une fois de plus, la politique menée par l’Algérie pour la sauvegarde de la République et éradiquer la menace intégriste durant la décennie noire. Le journal royal accable, à travers son fameux dossier, accable davantage les autorités algériennes en affirmant que l’assassinat des moines de Tibhirine n’est autre que l’œuvre des l’Armée Nationale Populaire, comme cela a été affirmé il y a une semaine par l’ex-général français. Mais, faute d’un seuil minimum d’intelligence, Maroc Hebdo s’est livré à des contradictions flagrantes que le dernier des novices pourrait relever. En effet, au début de son récit, l’auteur de l’article soulignes avec conviction que:«Les moines de Tibhirine ont été tués par erreur, par des tirs d’un hélicoptère de l’ANP, qui s’est trompé de cible. Pour cacher cette bavure, les militaires algériens ont imputé cet assassinat au GIA». Un peu plus bas, dans le même écrit, il est affirmé que «personne n’est dupe, le GIA est le bras armé du DRS (Département de Renseignements et de Sécurité, ndlr)», avant de faire croire aussi, que «les moines seront décapités, le DRS ne pouvant pas présenter les corps criblés de balles mais seulement les têtes». Ce journal aboutit à cette déduction en faisant le parallèle avec le communiqué du GIA, qui revendique l’assassinat des moines quelques semaines après le drame de Tibhirine. Ne se contentant pas de ce drame, le même canard ira jusqu’à s’étaler sur les massacres des populations civiles par les groupes armés durant les années 1997 et 1998 en relançant les thèses des partisans du «qui tue qui». Pour accentuer le doute, Maroc Hebdo déduit aussi, que l’affaire des moines de Tibhirine a été étouffée avec la complicité des services français et c’est là, que le mensonge dépasse toutes les bornes. Sinon, pourquoi le débat sera-t-il relancé quinze années plus tard par les cercles parisiens, si vraiment cette affaire a été étouffée avec leur complicité. Dans la même semaine, le Maroc a été tarabusté par les Etats-Unis sur le dossier sahraoui, sachant que le président US, Barack Obama, dans son discours au Ghana a demandé au palais royal de contribuer à l’aboutissement du processus de l’autodétermination du peuple sahraoui. C’est donc pour faire cacher cet affront, que les journaux marocains proches du roi s’acharnent contre l’Algérie. (Le Carrefour d’Algérie-15.07.09.)

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* témoignages de ministres français…

Aucune trace de la fameuse note qu’aurait rédigée l’ancien attaché militaire français à Alger, François Buchwalter, à l’adresse de ses supérieurs, relative au sort tragique des moines de Tibéhirine. C’est ce qu’a révélé hier le ministre français de la Défense, Hervé Morin, sur les ondes de la chaîne de radio RTL : « J’ai eu une note hier (lundi) disant qu’on n’a toujours pas retrouvé cette note, puisqu’elle date d’une bonne douzaine d’années. C’est une note qui n’a pas été transmise au Quai d’Orsay (le ministère français des Affaires étrangères) qui a été transmise à la Direction du renseignement militaire (…). J’ai demandé aux services d’essayer de retrouver cette note. » Pour rappel, après les allégations du général Buchwalter devant le juge antiterroriste, Marc Tredivic, chargé de l’enquête sur l’affaire des moines, le président français, Nicolas Sarkozy, a ordonné la levée du secret-défense afin de mettre tous les dossiers classés « confidentiel » entre les mains de la justice. Aussi, les assertions du général Buchwalter que ce dernier affirme avoir transmises par écrit à sa hiérarchie sont censées être archivées. Elles faisaient notamment état de témoignages recueillis auprès d’un militaire algérien dont le frère était pilote dans l’armée algérienne et qui parlaient d’une « bavure » des forces de l’ANP qui auraient mitraillé un bivouac où étaient détenus les moines enlevés au monastère de Tibéhirine. Jusqu’à présent, la thèse qui avait toujours prévalu, d’un côté comme de l’autre de la Méditerranée, était celle qui imputait leur assassinat au GIA. Voilà donc que le ministre français de la Défense annonce que cette note vieille de treize ans est pour le moment introuvable, ce qui pourrait compliquer davantage la tâche de la justice française dans cette affaire. « Il n’y a aucune raison qu’on aille cacher une analyse faite par un attaché de défense qui était en poste en Algérie », a souligné M. Morin comme pour anticiper sur les soupçons de ceux qui penchent pour l’hypothèse de la « raison d’Etat » dans cette tragédie.

En filigrane, cette déclaration d’Hervé Morin nous apprend que la levée du secret-défense, telle qu’exigée par Sarkozy, est d’ores et déjà en acte. Pour autant, faut-il s’attendre à quelque découverte décisive ou quelque autre révélation fracassante dans ce dossier ? Le fait qu’un rapport aussi crucial que celui du général Buchwalter, alors personnage fort de l’organigramme de l’ambassade de France à Alger, soit « égaré » avec une telle désinvolture ou, à tout le moins, rangé négligemment dans les archives du Renseignement militaire français, pourrait être symptomatique du peu de crédit accordé à une note fondée sur du « ouï-dire ». Auquel cas cela pourrait être le signe de quelque « infructuosité annoncée » de ce complément d’enquête. Sauf à éplucher l’ensemble des pièces relatives à cette affaire et cumulées par les autorités françaises. Il est principalement attendu, en l’occurrence, le passage au crible de tout le « matériau » relatif aux échanges entre l’organisation de Djamel Zitouni, chef du GIA au moment des faits, et les services français. Un matériau – comportant des missives, des enregistrements sonores et autres – qui gagnerait à être minutieusement expertisé. L’opinion publique pourrait ainsi être édifiée sur la teneur des tractations entre le Renseignement français et l’émissaire du GIA qui aurait été dépêché par Zitouni.

Cela afin que les pistes évoquées jusqu’à présent dans l’affaire des moines, et qui semblent se contredire – à savoir celle d’une opération 100% GIA et celle d’un coup tordu des services secrets des deux côtés – soient traitées avec la même rigueur, sous la seule autorité de la justice et indépendamment de toute interférence politicienne, idéologique ou diplomatique. De son côté, l’ancien ministre de la Défense, Charles Million, est sorti de sa réserve pour déclarer qu’il n’a « jamais été informé » de l’existence de cette note, rapporte le site lexpress.fr repris par l’AFP. « Je n’ai jamais été informé de l’existence d’une note de l’attaché militaire de l’ambassade de France à Alger concernant le sort des moines », a-t-il notamment assuré, avant d’ajouter : « Je ne connais pas le général Buchwalter, dont le nom même m’est inconnu. S’il a fait un rapport, il n’est jamais remonté jusqu’à moi. (…) On ne m’a jamais parlé d’une « bavure » de l’armée algérienne et je ne comprends pas bien pourquoi cette affaire ressort maintenant… » (El Wtan-15.07.09.)

 

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*Grand déballage en France……

Les preuves irréfutables que c’est bel et bien le GIA qui a assassiné, en 1996, les 7 moines de Tibhirine, tombent en rafale.

La véracité des assertions du général François Buchwalter, attaché de Défense de l’ambassade de France à Alger, actuellement en retraite, devant le juge français antiterroriste chargé de l’enquête sur cette affaire, n’en finissent pas d’êtres mises à mal. L’ancien ministre français des Affaires étrangères, M. Hervé de Charrette, revient à la charge, persiste et signe : l’ancien chef de la diplomatie française a affirmé que les revendications du GIA d’enlèvement et d’assassinat des 7 moines de Tibhirine (Médéa) avaient été «authentifiées par les services spécialisés français». «Les services spécialisés français ont authentifié les revendications du GIA. C’est-à-dire qu’ils ont affirmé, après étude et examen, que c’est bien le GIA qui a signé ces revendications», a déclaré dans une émission de la chaîne de télévision Canal Algérie M. de Charrette, qui était ministre des Affaires étrangères lors des faits, il y a 13 ans.

M. de Charrette, actuellement député, a indiqué que ces enlèvements et assassinats «avaient été revendiqués par un commando du GIA dirigé par un dénommé Zitouni», relevant que «personne» au sein du GIA n’avait prétendu le contraire. «Je n’impute à aucune autorité algérienne d’avoir trempé dans tout cela et je crois personnellement que c’est bien le GIA qui en est le responsable», a encore affirmé M. de Charrette. L’ancien ministre français, qui a exprimé, par ailleurs, «son attachement à la qualité et à la densité des rapports avec l’Algérie», s’est demandé pourquoi ressortir aujourd’hui «des affaires qui sont de nature à troubler» les rapports algéro-français. «En fait, j’ai du mal à comprendre le sens de l’enquête judiciaire qui vient d’être déclenchée en France sur le sujet, dans la mesure où tous les événements se sont passés en Algérie», s’est-t-il interrogé. «Pourquoi cette affaire revient à la surface, aujourd’hui, 13 ans après, alors qu’en réalité, on ne voit aucune raison particulière de le faire», a-t-il ajouté. Hervé de Charrette a déjà déclaré au journal français L’Express : «Cette affaire me fait penser au suicide de Pierre Bérégovoy. Dans ce genre d’histoires, il y a sans cesse des remontées d’huile pour remettre en question la version officielle. Je n’ai jamais entendu parler, de manière officielle, d’une possible bavure des militaires algériens. La version du général Buchwalter n’est que l’opinion d’un fonctionnaire parmi tant d’autres. Il y a toujours des gens qui ont intérêt à manipuler des informations contradictoires dans ce genre d’affaires d’Etat à Etat.» Autre fait lié à cette affaire : le ministre français de la Défense, Hervé Morin, a indiqué hier mardi, sur radio RTL, qu’« aucune note de l’ex-attaché militaire français en Algérie sur le massacre des moines de Tibéhirine n’a encore été retrouvée par le ministère de la Défense. «J’ai eu une note hier (lundi) disant on n’a toujours pas retrouvé cette note, puisqu’elle date d’une bonne douzaine d’années», a déclaré le ministre de la Défense. «C’est une note qui n’a pas été transmise au ministère français des Affaires étrangères, qui a été transmise à la Direction du renseignement militaire. (…) J’ai demandé aux services d’essayer de retrouver cette note», a-t-il dit. «Il n’y a aucune raison qu’on aille cacher une analyse faite par un attaché de Défense qui était en poste en Algérie», a assuré M. Morin tout en soulignant que cette éventuelle note «fait référence à des gens qui auraient dit que, qui auraient dit eux-mêmes que…».

De son côté, Yves Bonnet, ancien patron de la DST française à l’époque des faits, a déclaré : «on nous ressort régulièrement cette affaire sans l’ombre d’une preuve sans un aveu, uniquement sur la dénonciation d’un certain nombre d’officiers qui sont des traîtres à leur armée et à leur pays». «J’ai la certitude que les choses se sont passées telles qu’on les a décrites au moment de la tragédie et les Algériens ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour libérer les moines». L’ex-patron de la DST a souligné aussi «l’impossibilité de tirer depuis un hélicoptère sans toucher les cranes». «Vous n’avez aucune précision de tir en hélicoptère, que ce soit en coup par coup ou en rafale», a-t-il dit, ajoutant qu’il n’avait jamais entendu dire que l’armée algérienne ait réalisé une opération à partir d’hélicoptère, et en plus, dans un djebel touffu sans une véritable visibilité».

M.Bonnet s’est, par ailleurs, interrogé sur l’absence de l’enregistrement de l’entretien au siège de l’ambassade avec l’émissaire de Zitouni, et le fait qu’il soit sorti de l’ambassade, dissimulé dans un véhicule diplomatique afin d’échapper à une probable filature des services de sécurité algériens». «Ils ont fait en sorte qu’il ne puisse pas y avoir de filature pour que l’émissaire reparte dans le maquis sans avoir aux trousses la DRS algérienne », a-t-il dit, qualifiant cette manière de procéder de «crime». Il s’est demandé aussi pourquoi, lors de la venue de l’émissaire de Zitouni, le commissaire de la DST à l’ambassade de France n’a pas été informé. Autre personne interrogée lors de cette émission de Canal Algérie, Mme Rina Sherman, la campagne du journaliste Didier Contant, mort le 15 février 2004 d’une chute «inexpliquée» du 7ème étage d’un immeuble à Paris alors qu’il enquêtait pour le Figaro Magazine sur l’assassinat des moines. Selon Mme Sherman, le journaliste «menait encore son enquête sur cette affaire par téléphone quelques heures avant sa disparition». «Contant revenait de Médéa en sa possession plusieurs enregistrements de témoins sur l’affaire ainsi que le témoignage du jardinier du monastère qui a affirmé que l’enlèvement des moines avait été perpétré par un groupe du GIA», a-t-elle encore dit. Par ailleurs, selon le journal français L’Express, lors de l’assassinat des sept moines français à Tibhirine, le ministre de la Défense, Charles Millon, a affirmé n’avoir pas été informé de la piste d’une bavure de l’armée algérienne. Charles Millon, ministre de la Défense de 1995 à 1997, à l’époque de l’assassinat des moines, affirme n’avoir pas eu connaissance de la nouvelle piste suivie par la justice ». Le général Buchwalter a déclaré au juge avoir transmis des notes écrites au ministère de la Défense sur une éventuelle implication de l’armée algérienne dans la mort des sept religieux. «Je n’ai jamais été informé de l’existence d’une note de l’attaché militaire de l’ambassade de France à Alger concernant le sort des moines, affirme à L’Express, Millon. Je ne connais pas le général Buchwalter, dont le nom même m’est inconnu. S’il a fait un rapport, il n’est jamais remonté jusqu’à moi. Pour la France, à cette époque-là, la clef de la tragédie des moines se trouvait en Algérie. Si mes souvenirs sont exacts, elle n’a d’ailleurs pas été examinée en conseil de Défense. On ne m’a jamais parlé d’une ‘bavure’ de l’armée algérienne et je ne comprends pas bien pourquoi cette affaire ressort maintenant».(Le Quotidien d’Oran-15.07.09.)
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La sortie de Nicolas Sarkozy accusant l’Algérie de « mensonges » dans l’affaire des moines de Tibhirine provoque de vives réactions. « Sarkozy sème le doute » titrait hier El Watan, pour qui le chef de l’État français demande « aux autorités algériennes de dire la vérité ». « Sarkozy accuse l’Algérie de mensonges » renchérissait Liberté. Quant aux autorités algériennes, on note une réaction du Rassemblement national démocratique (RND) du premier ministre Ahmed Ouyahia, qui dénonce « ces campagnes tendancieuses ».  Le fait est qu’en plein festival panafricain et le jour même de la fête nationale de l’indépendance algérienne, les déclarations du général François Buchwalter imputant la mort des moines de Tibhirine (région de Médéa) à une « bavure » de l’armée algérienne et l’implication de Sarkozy dans ce dossier ont été très mal ressenties. De plus, nombreux sont les Algériens qui n’ont pas oublié ses déclarations sur les « bienfaits de la colonisation », son refus d’admettre la responsabilité de l’État français dans les crimes commis pendant la guerre d’Algérie et le fait de vouloir réhabiliter les fascistes de l’OAS ! La thèse de la « bavure » militaire algérienne, évoquée par le général Buchwalter, commise par des hélicoptères provoque l’ire de certains journaux. Pour le Soir d’Algérie, le général français « prétend que, pour dissimuler les preuves du mitraillage, les militaires algériens ont fait disparaître les corps criblés de balles des moines, ne conservant que les têtes ! » Mais « se peut-il qu’un mitraillage depuis un hélicoptère atteigne les victimes partout sur le corps sauf au niveau de la tête et du visage », écrit le journal ? « Jamais dans une lutte antiterroriste, que ce soit en Algérie, en Afghanistan ou en Irak, un hélicoptère se pose pour identifier les corps » comme le prétend le général français, assure le quotidien Liberté. D’autant, dit-on à Alger, qu’en 1996 dans cette région montagneuse de Médéa, le GIA régnait en maître. Enfin, plusieurs journaux ont relevé que le général Buchwalter a évacué de sa mémoire « l’épisode de la négociation menée avec le GIA » par deux équipes françaises (DGSE et DST) et les contacts entre l’émissaire du GIA, du nom d’Abdellah, et l’ambassade de France à Alger, à qui il avait remis une cassette dans laquelle étaient enregistrées les voix des sept moines ! « Si Sarkozy a décidé de lever le secret-défense sur cette affaire, pourquoi ne le fait-il pas aussi pour l’accès à certains documents dits « Très secret » sur la guerre d’Algérie », s’étonne Ali, avocat au barreau d’Alger ! Une chose est sûre : cette affaire intervient dans un contexte tendu entre les deux pays. Bouteflika a reporté la visite qu’il devait effectuer en France. (source: Echorouk-10.07.09.) ***********************A quoi joue Sarkosy?Déroutantes ! C’est le moins que l’on puisse dire des déclarations du président français Nicolas Sarkozy concernant l’affaire Tibehirine.En moins de 48 heures, le chef de l’Etat français a tenu deux déclarations contradictoires ! Après avoir implicitement jeté la suspicion deux jours auparavant, le président français fait marche arrière et modère ses propos: «Pourquoi voulez-vous qu’avec le président algérien nos relations s’en trouvent bouleversées ? La justice est saisie, que la justice dise la vérité. Moi, je m’en tiens quand même au communiqué numéro 44 du GIA en 1996 revendiquant l’assassinat des moines. Je n’ai accusé personne, je veux que la vérité soit faite », a déclaré à la presse Sarkozy le jeudi 9 juillet, en marge du sommet du G8, en Italie.Voilà donc un chef d’Etat qui dit s’en tenir aux faits (la revendication par le GIA, le 26 avril 1996, de l’enlèvement des sept religieux), deux jours après avoir tenu sans retenue aucune des propos incendiaires. « Les relations entre les grands pays, elles s’établissent sur la vérité et non pas sur le mensonge ». Une déclaration unanimement perçue en Algérie comme une accusation de mensonge formulée à l’encontre des autorités algériennes.A quoi rime ce jeu de Sarkozy ? Question complexe et ouverte. Une seule certitude : en employant le terme « mensonge », le président français -et il le savait très bien – s’est bel et bien mêlé d’une affaire censée être du seul ressort d’une justice française qu’on présente comme étant « indépendante » !Deux jours après, le ton est aussi à la modération chez la ministre française de la Justice, Michèle Alliot-Marie, qui a déclaré jeudi dernier : « Ce n’est pas une question de défiance ou de provocation à l’égard d’un pays ami. C’est un devoir de transparence et de vérité que nous devons à ces victimes, à leurs familles, à l’ensemble du peuple français ». Michèle Alliot-Marie, qui s’exprimait au Sénat français, a dans le même temps annoncé que le juge d’instruction parisien en charge du dossier des moines de Tibehirine a adressé des commissions rogatoires en Algérie. Des commissions qui demanderont une aide algérienne dans l’enquête sur l’assassinat en 1996 des sept moines. Le débat fait rage sur les deux rives de la Méditerranée après la déposition du général français à la retraite François Buchwalter, ancien attaché de Défense à Alger, attribuant, devant le juge antiterroriste chargé de l’enquête en France, le massacre des moines à une «bavure» de l’armée algérienne. Selon l’officier, qui dit tenir ses informations d’un militaire algérien, les moines cisterciens ont été tués par des tirs d’hélicoptères militaires algériens qui avaient ouvert le feu sur ce qui semblait être un bivouac des terroristes islamistes. Le président français a affirmé qu’il n’y aurait pas de secret défense concernant l’assassinat en 1996 des moines de Tibehirine.Sarkozy s’exprimait après les déclarations de Abdelhak Layada, un ancien chef des Groupes islamiques armés (GIA), affirmant que le GIA est responsable de l’assassinat en 1996 des sept moines. Layada a déclaré au quotidien arabophone El Khabar que c’est le GIA qui était à l’origine de leur mort. L’homme attribue leur décès aux tergiversations des Français dans leurs négociations pour libérer les moines. « Les assassinats ont été commis par Djamel Zitouni (alors chef du GIA), à la suite des tergiversations du renseignement français», a-t-il déclaré. «Les négociations qu’il menait avec les Français concernaient ma libération contre la libération des moines. Les Français ont tardé à répondre s’ils acceptaient de négocier ou non avec le GIA. C’était la cause de l’échec», a-t-il ajouté.Layada, condamné à mort en 1993 par la justice algérienne après avoir été extradé du Maroc, a été libéré en 2006 dans le cadre de la politique de réconciliation nationale initiée par le président Bouteflika.

Cet ex-chef islamiste a également dénoncé une «deuxième trahison», évoquant le «non-respect par les Français de l’accord conclu avec le GIA pour la libération des moines». «L’attaché militaire à l’ambassade de France à Alger (…), qui a donné son accord préliminaire pour ma libération, n’a été en fait engagé que pour espionner le GIA», a encore accusé Abdelhak Layada. «C’est pour cette raison que le GIA a décidé d’achever les sept moines».

A signaler que le RND a qualifié de «provocation» la campagne en France sur le massacre des sept moines de Tibehirine en 1996. Par ailleurs, le président de la Commission nationale consultative de protection et de promotion des droits de l’Homme (CNCPPDH), Farouk Ksentini, a déclaré qu’»il y a une volonté politique de nuire à la réputation de l’Algérie» dans l’affaire des moines de Tibehirine.(Le Quotidien d’Oran-11.07.09.)

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*Sarkozy fait diversion

Tous les indicateurs tendent à prévoir un été chaud dans l’Hexagone du fait du scandale qui éclabousse politiciens et militaires en vue, à leur tête Nicolas Sarkozy. L’émergence de détails dans l’enquête judiciaire menée au mois de juin, indique que la mort des 11 ingénieurs français en 2002 dans une explosion à Karachi, n’avait aucun rapport avec Al Qaida mais était plutôt liée à un litige franco-pakistanais au sujet d’un contrat d’armement entre les deux pays. Les pronostics sont catastrophiques pour Sarkozy et ses partisans. Il fallait trouver un autre pôle d’attention. Le choix s’est porté sur la réouverture du dossier des moines de Tibhirine et l’implication de l’armée algérienne pour couvrir un grave scandale qui menace le règne de Sarkozy, et une opportunité de revanche contre Chirac, l’ancien président qui avait mis de l’ordre dans les contrats d’armement entre la France et le Pakistan. C’est également sous la présidence de Chirac que les moines de Tibhirine avaient été assassinés… L’occasion pour une vengeance était tentante… Le plus étonnant aussi c’est que le précédent chef de l’Etat français jouit encore d’une grande popularité auprès des français, suivant un sondage réalisé en avril, beaucoup plus que son ennemi intime Nicolas Sarkozy. Le journal britannique The Independent avait abordé le mois dernier le scandale de la mort des français au Pakistan et avait prévu de lourdes conséquences particulièrement sur le président Sarkozy.(Echorouk-14.07.09.)

 

  


 







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