Les troubles musculo-squelettiques

*Maladies professionnelles : les TMS explosent en France

 Les troubles musculo-squelettiques concernent plus d’un travailleur sur cinq. Les troubles musculo-squelettiques coeur-

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C’est une épidémie qui prend une ampleur inquiétante en France, comme dans bien d’autres pays industrialisés. Douleurs cervicales, tendinites de l’épaule, arthrose du coude… Les troubles musculo-squelettiques (TMS), un ensemble de pathologies qui sont déjà la première cause de maladies professionnelles dans l’Hexagone, vont continuer à progresser, selon un rapport sur les maladies chroniques dans la sphère du travail (*). Favorisées par des mouvements répétitifs et un travail en position statique, ces affections affectent surtout les muscles, les tendons et les nerfs. «Une grande part des individus en âge de travailler en France sont ou seront directement affectés par des TMS au cours des prochaines années, ce qui aura des répercussions sociales et économiques conséquentes pour les individus et leur famille», prédit le rapport, qui montre que le travail peut-être à la fois «la cause et la solution». Menée également dans d’autres pays d’Europe, l’enquête s’est penchée aussi sur les liens complexes entre les maladies rhumatismales chroniques comme la polyarthrite rhumatoïde et la spondylarthrite ankylosante et la vie professionnelle.

Sur le plan médico-économique, les chiffres – qui fourmillent dans ce rapport – sont édifiants. En Europe, plus de 40 millions de travailleurs souffrent de troubles musculo-squelettiques attribuables à leur travail. Selon la Commission européenne, ces maladies représentent la moitié de tous les arrêts de travail d’au moins trois jours, et 60 % des invalidités de travail permanentes. Par ailleurs, près de 3 millions d’Européens sont atteints de polyarthrite rhumatoïde (PR), dont 40 % «s’arrêtent complètement de travailler dans les cinq ans suivant le diagnostic» .

En France, plus d’un travailleur sur cinq (22 %) se plaint de lombalgies liées à ses conditions de travail. Et la proportion est sensiblement identique pour les douleurs musculaires au niveau de la nuque, des épaules et des membres supérieurs. «Les TMS augmentent avec l’âge, et peuvent toucher tout le monde. Mais l’excès de risque concerne surtout les ouvriers et les employés peu qualifiés, précise le Pr Yves Roquelaure, du Laboratoire d’ergonomie et d’épidémiologie en santé au travail, à Angers. Ces pathologies sont un marqueur de pénibilité du travail, même si d’autres facteurs rentrent en jeu.»

En moins de quinze ans, le nombre de TMS reconnues comme maladies professionnelles a explosé en France (voir ci-dessus). Cette croissance vertigineuse est toutefois due en partie à la meilleure reconnaissance de ces maladies, tempère le Pr Roquelaure. Quant aux conséquences socio-économiques, elles sont loin d’être négligeables : en 2007, près de 7 millions de journées de travail ont été perdues à cause des TMS, générant un coût pour la société évalué à plus de 736 millions d’euros. Pour autant, comme le souligne le rapport, il ne faut pas diaboliser le travail, au contraire.

Des études démontrent que même en cas de maladie ou de mauvaise santé, il est souvent plus bénéfique de rester en activité (éventuellement adaptée) que de prendre des congés prolongés. Mais pour les spécialistes, le maintien au travail des salariés avec une pathologie chronique comme les TMS passe par un vrai changement des mentalités. «Les médecins du travail et les cliniciens envisagent les limitations dues à la maladie (invalidité, mise en retraite anticipée…, NDLR) alors qu’il faudrait se recentrer sur les capacités de la personne», plaide ainsi le Pr Bruno Fautrel, rhumatologue à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. Un nouveau mode de pensée qui selon lui devrait aussi se diffuser chez les patients. Quid des entreprises ? «Il y a eu une prise de conscience et beaucoup d’initiatives ces dernières années. Mais la crise est passée par là, et une bonne partie des actions de prévention sont passées à la trappe», regrette le Pr Roquelaure.(Le Figaro-02.12.09.)

(*) Réalisé par l’Institut d’études européen Work Foundation, financé par les laboratoires Abbott.

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**Troubles locomoteurs et souffrance psychique en tête des maladies professionnelles…

Le constat sans surprise est le résultat de la première étude épidémiologique d’envergure réalisée en France sur cette problématique.

coeur- Travailler plus et plus longtemps, tel est l’avenir de la majorité des salariés aujourd’hui. Reste à savoir si c’est pour travailler dans de meilleures conditions… Troubles musculo-squelettiques et souffrance psychique (dépression, troubles du sommeil) arrivent en tête des maladies à caractère professionnel répertoriées selon un bilan réalisé dans neuf grandes régions françaises et publié aujourd’hui dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire. Un résultat sans surprise, diront les plus avertis. Mais il a le mérite de dresser un état des lieux précis, à l’issue d’une série d’enquêtes menées par de nombreux médecins du travail volontaires sous la houlette de l’Institut de veille sanitaire et de l’Inspection médicale du travail.L’imputabilité au travail des multiples pathologies signalées n’est pas toujours facile à attribuer. «Celle-ci est basée sur l’intime conviction des médecins du travail et peut varier de l’un à l’autre», soulignent les auteurs de l’article. «Certains praticiens n’en signalent pas, d’autres un nombre fort important (de 0 à 48).» C’est dire la variabilité des jugements et donc des éventuelles indemnisations.

Dysfonctionnement managérial

Au total, la fréquence globale de ces maladies a été estimée à 5,4 %, selon les données répertoriées en 2006 dans quatre régions (Pays de la Loire, Poitou-Charentes, Midi-Pyrénées et Provence-Côte d’Azur). Plus de la moitié d’entre elles (59 %) sont dues aux pathologies de l’appareil locomoteur (douleurs musculaires ou articulaires). Mais 21 % sont liées à la souffrance psychique, ce qui traduit bien la dégradation des conditions de travail depuis une quinzaine d’années. Tout par­­­­­­­­­­­ticulièrement, selon l’en­quête, dans le secteur des activités financières, aussi bien chez les hommes que chez les femmes, et dans le commerce chez les hommes.

Le BEH a mis le projecteur sur la région Midi-Pyrénées. Parmi les 12 000 salariés suivis durant une quinzaine de jours, il y avait une surreprésentation des jeunes et des hommes venus des secteurs de l’industrie et du commerce mais une sous-représentation des salariés de l’éducation, de la santé, de l’action sociale et de l’administration. Au total, les atteintes de l’appareil locomoteur et la souffrance psychique concernaient 3,7 % et 1,3 % des hommes, contre respectivement 4,8 % et 2,6 % (soit le double) des femmes.

Pour les premières pathologies (musculaires ou articulaires extrêmement douloureuses), ce sont les contraintes posturales (manutention de charges lourdes et vibrations des machines-outils) qui en sont à l’origine chez les hommes. Pour les femmes, ce sont les contraintes de rythme et le travail sur écran qui sont source de traumatismes. Quant à la souffrance psychique, particulièrement présente dans les secteurs des banques, des organismes de crédit et des assurances, elle est très liée aux problèmes de dysfonctionnement managérial (manque de moyens et d’encadrement, gestion par le stress) et de défaut de soutien social, par les contraintes de rythme de travail, par la durée des horaires et enfin par la violence psychologique. Un constat sans concession. Reste à trouver les remèdes.(Le Figaro-25.08.08.)

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**Maladies chroniques et travail : quelles conditions pour maintenir l’activité professionnelle ?

L’exemple des TMS et des rhumatismes inflammatoires

Compte-rendu d’une conférence de presse qui s’est tenue le 30 Novembre 2009 dans le cadre du 22ème Congrès National de Rhumatologie – CNIT Paris La Défense


conférenceL’étude conduite par la Work Foundation et présentée dans le cadre du 22ème Congrès National de Rhumatologie (Paris),  apporte un éclairage nouveau sur une question encore trop peu documentée et analysée : comment préserver le maintien dans l’emploi et le parcours professionnel des millions de personnes atteintes de maladies chroniques, quand elles sont capables et désireuses de travailler ? Près de 40% des personnes atteintes polyarthrite rhumatoïde (près de 3 M en Europe) s’arrêtent encore complètement de travailler dans les cinq années suivant le diagnostic, alors que les progrès thérapeutiques ont changé la vie de beaucoup d’entre elles. L’innovation thérapeutique ne suffit pas : elle doit s’accompagner d’une évolution des mentalités, des politiques, des pratiques. Il est donc urgent de mobiliser les acteurs parties prenantes de cette problématique autour d’une réflexion décloisonnée entre le monde du travail et celui de la santé. C’est l’ambition du séminaire de la Chaire santé-Science Po sur les maladies chroniques et le travail, qui débutera en 2010.
Regards croisés sur le travail et la santé : les experts de la santé et du travail présents à la conférence de presse du 30 novembre livrent leur analyse sur les spécificités du lien travail et santé en France.

 Maladies chroniques et travail : une nouvelle donne ?

TMS et rhumatismes inflammatoires

ConférenceLe nombre de personnes vivant avec une maladie chronique évolue fortement dans la population française, comme dans tous les pays économiquement développés. Aujourd’hui, une personne sur 5 est touchée en France. Le taux d’activité professionnelle au sein de cette population (de l’ordre de 35 %) est encore bien inférieur à celui des personnes handicapées (44 %) et à celui de la population générale (71 %). Pourtant les progrès de la médecine ont changé significativement la qualité et l’espérance de vie de nombreux malades, qui peuvent et veulent aujourd’hui avoir une vie professionnelle. Reste à faire évoluer les idées reçues sur les potentialités de ces travailleurs et à faire preuve de souplesse et d’imagination pour installer les conditions d’une activité professionnelle bénéfique et profitable pour le salarié comme pour l’employeur.

Pour le Pr Bruno Fautrel, rhumatologue à la Pitié-Salpétrière et membre de la Société Française de Rhumatologie  : « Il y a 10 ans maintenant, la révolution des biothérapies a permis le maintien ou le retour au travail des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde et de spondylarthrite ankylosante. Encore faut-il que le diagnostic de ces pathologies soit précoce et que l’on puisse anticiper des solutions en concertation avec l’employeur : réhabilitation fonctionnelle, formations pour préparer les reconversions éventuelles, adaptation des horaires…».

Pour le Professeur Jean-Yves Roquelaure, du Laboratoire d’ergonomie et d’épidémiologie en santé au travail d’Angers, les entreprises doivent faire leur révolution culturelle : « Il faut accepter que les salariés ne soient pas tout le temps à 100 %. Cela suppose de remettre du collectif et de la solidarité dans le travail. L’individualisation des rapports sociaux au travail, c’est-à-dire le chacun pour soi, est délétère car elle réduit les marges de manœuvre pour faire face aux situations de fragilité ou de handicap. Il faut aussi de la souplesse dans les procédures et ne pas tout verrouiller pour laisser la solidarité jouer».

•    Une personne souffrant d’affection chronique en France a quatre fois plus de risque d’être exclue du marché du travail.
•    Plus de 2,9 millions de personnes en Europe souffrent d’une polyarthrite rhumatoïde. 40 % d’entre elles s’arrêtent complètement de travailler dans les cinq ans suivants le diagnostic.
•    Pour les personnes atteintes de spondylarthrite ankylosante, les probabilités de se trouver sans emploi sont trois fois plus élevées comparé à la population générale alors que cette pathologie touche une population jeune.

Le travail, c’est la santé ? Oui, mais … Les recommandations de l’étude de la Work Foundation

•    Intervenir précocement est essentiel. Plus un individu reste longtemps sans travail, plus son retour à l’emploi est difficile. Investir dans la prévention et dans l’intervention précoce contribue à réduire les coûts économiques et sociétaux des affections chroniques.
•    Se concentrer sur la capacité à travailler et non sur l’invalidité. Les employeurs et les employés tendent à juger certaines affections incompatibles avec une activité ou à attendre que le malade soit remis à 100 % pour reprendre son travail.
•    Mieux intégrer le rôle du travail dans la prise en charge médicale des patients en appliquant le modèle bio-psycho-social. Les professionnels de santé doivent aller au-delà des symptômes cliniques et prendre en compte les interactions entre le biologique (maladie, lésions articulaires), le psychologique (prédisposition, anxiété) et le social (les exigences professionnelles et le soutien familial). L’ensemble de ces facteurs a un impact sur l’évolution de la pathologie et la capacité de récupération du patient. Ils permettent notamment de mieux cerner le rôle du travail et les conseils/actions à mettre en place pour que le patient puisse rester actif et ne soit pas isolé.
•    Modifier l’organisation du travail pour les personnes atteintes de maladies chroniques. L’étude montre que les améliorations ergonomiques dans l’environnement du travail sont importantes mais ne sauraient constituer l’unique pilier du maintien dans l’emploi si d’autres aspects ne sont pas pris en compte comme un réaménageant des horaires de travail, l’adaptation des tâches pour valoriser l’autonomie et l’implication de l’employé.

Selon Stevan Bevan, directeur de la  Work Foundation : « Le rapport a pour objectif d’aider à comprendre que si les actifs doivent rester productifs et compétitifs au sein d’une économie mondiale et que si la durée de leur travail doit s’allonger alors il faut que la grande majorité de ces actifs puissent être autant que possible apte au travail ».

Poursuivre la réflexion sur les maladies chroniques et le travail en France : le Séminaire Chaire Santé – Sciences Po

Pour Abbott, le partage des analyses et des expériences est le moyen le plus sûr de construire en synergie des stratégies médico-économiques et sociales efficaces, adaptées tant aux besoins de notre société qu’aux aspirations des patients.

Dans cette perspective, une seconde phase de recherche s’ouvrira dès janvier 2010 un séminaire de recherche sur la problématique « Maladies chroniques et travail » conduit par la Chaire Santé – Science Po sous la houlette de Didier Tabuteau et de Olivier Obrecht. Ce séminaire est ouvert à des contributions pluridisciplinaires, sur les différentes facettes de la problématique (santé publique, financement, rôle de l’entreprise, regard sur la maladie, etc). (Maladies chroniques et Travail-30.11.09.)

*****Le stress s’invite au travail

 66 % des Français se disent de plus en plus stressés au travail, selon l’observatoire de l’Apave, réalisé avec TNS Sofres.

coeur- Vingt-quatre suicides en dix-huit mois chez France Télécom et un PDG convoqué par le gouvernement pour s’expliquer sur les mesures qu’il entend mettre en place… Un nouveau suicide survenu le 7 octobre au technocentre Renault de Guyancourt. Dans ce contexte brûlant, politiques, patrons et observateurs s’emparent du sujet du stress au travail. Jusqu’ici implicitement appelées à réagir, les entreprises le sont aujourd’hui formellement. Vendredi dernier, le ministre du Travail, Xavier Darcos, a d’ailleurs lancé un plan d’urgence sur les risques psychosociaux. Il a exigé que toutes les entreprises de plus de 1 000 salariés engagent immédiatement des négociations avec les partenaires sociaux sur la prévention du stress au travail. Les résultats seront rendus publics le 1er février : la liste des entreprises vertueuses sera publiée sur le Web.

Premier organisme privé en France dans l’accompagnement des entreprises et collectivités à la maîtrise des risques professionnels, l’Apave vient de publier pour la 3e année consécutive avec TNS Sofres son Observatoire des perceptions et attentes des Français quant à ces risques (1). Réalisée en mai dernier, mais dévoilée seulement la semaine dernière, l’enquête prend en compte pour la première fois l’élément «stress».

Le constat est sans appel : 66 % des personnes interrogées se sentent de plus en plus stressées au travail, dont 73 % parmi les 35-49 ans, le cœur de la population active. 27 % considèrent qu’il y a de plus en plus de « maladies professionnelles » – terme recouvrant à la fois les troubles musculo-squelettiques mais aussi les burn-out (syndrome d’épuisement professionnel) ou encore la consommation de médicaments ou de toxiques.

Mais le constat le plus inquiétant est ailleurs : 69 % des personnes interrogées estiment que leur entreprise agit « peu ou pas » pour limiter le stress des collaborateurs. Ce sont clairement les politiques mises en œuvre au sein de certaines entreprises, sans préparation suffisante du personnel, qui sont pointées du doigt : mobilités mal accompagnées comme chez France Télécom, fusions mal préparées ainsi que l’ont dénoncé les organisations syndicales dans le cadre de la création de Pôle emploi, plans de réorganisation à répétition comme chez Renault ou PSA. Bref, tout reste à faire dans la prévention du stress.

Face à cette situation, des parades se mettent en place. En janvier dernier, les experts européens du groupe Hires (Health in Restructuring) ont remis à la Direction générale emploi de la Commission européenne un rapport intitulé «La santé dans les restructurations », apportant un éclairage sur les effets néfastes des restructurations et sur l’état physique et mental des «rescapés» des plans sociaux, guettés par le « syndrome du survivant».

Les grandes écoles, qui forment les futurs managers, s’emparent également du sujet : la Commission des titres d’ingénieur (CTI) s’apprête ainsi à diffuser à ses écoles un référentiel de compétences sur la santé au travail. L’enquête Apave-TNS Sofres montre par ailleurs que les inquiétudes des salariés concernant les accidents du travail sont moindres, comparées au stress. 16 % du panel estiment en effet qu’il y a de plus en plus d’accidents du travail. 59 % des interrogés considèrent être sensibilisés et formés à la sécurité et la prévention des risques. Quant aux attentes des Français sur ce thème, elles s’orientent davantage vers le respect des normes et règles en place (63 %) plutôt que vers leur renforcement.(Le Figaro-12.10.09.)

***Les troubles musculo-squelettiques explosent

*Les troubles musculo-squelettiques (TMS) – qui représentent une très forte majorité des maladies professionnelles – augmentent depuis dix ans du fait du rythme toujours plus soutenu de l’organisation du travail, selon l’Institut de veille sanitaire (InVS). Les TMS se traduisent en général par des douleurs – cervicales, souffrances aux articulations des membres, tendinites – et une gêne fonctionnelle. Les plus courants sont le syndrome du canal carpien, qui touche le poignet, les tendinopathies de la coiffe des rotateurs, qui concernent l’épaule, l’épicondylite du coude, les lombalgies, les cervicalgies…Selon plusieurs études publiées mardi dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire de l’InVS, près de 40 000 personnes souffrant de TMS ont été indemnisées en 2008 par le régime général de la Sécurité sociale, pour un coût de près de 800 millions d’euros.

 Les TMS les plus courants sont le syndrome du canal carpien, qui touche le poignet, les tendinopathies de la coiffe des rotateurs, qui concernent l'épaule, l'épicondylite du coude, les lombalgies, les cervicalgies... En 2006, les TMS des membres et lombalgies représentaient près de 80 % des maladies professionnelles, bien qu’elles soient très sous-déclarées, les salariés craignant notamment les conséquences négatives pour leur emploi. Selon un programme de suivi mis en place en 2002 dans les Pays de la Loire, 15 % des femmes et 11 % des hommes travaillant en entreprise, de 20 à 59 ans, souffraient alors d’un TMS du membre supérieur, le plus souvent pour raisons professionnelles.
Les facteurs biomécaniques (mouvements en force, postures extrêmes, répétitivité élevée) ainsi que les contraintes psychosociales (forte demande, faible latitude décisionnelle…) jouent un rôle important dans la survenue des TMS. Certaines catégories de travailleurs sont particulièrement concernées, par exemple, pour le syndrome du canal carpien, les agricultrices, vendeuses, ouvrières de l’électronique, et, chez les hommes, les jardiniers, maçons, cuisiniers… Les travailleurs intérimaires, soumis à des rythmes de travail souvent plus durs, sont particulièrement à risque mais, en général plus jeunes, n’en souffrent pas plus que les autres.

A peu près stable sur dix ans, la manutention manuelle concerne 40 % des salariés (construction, commerce de détail, santé…). Un peu plus du quart des travailleurs restent debout vingt heures ou plus par semaine. De 1994 à 2003, selon une enquête nationale, le travail sur écran, et les contraintes physiques qu’il implique, est monté en puissance, puisque 22 % des salariés y consacrent au moins vingt heures par semaine. Mais, souligne Catherine Ha, “remédier à ces contraintes est relativement simple, avec des progrès en ergonomie du poste de travail”. (Le Monde-09.02.2010.)

*Ces troubles musculo-squelettiques qui font souffrir les salariés

Les sociétés de 250 à 5 000 salariés sont plus taxées que les PME et les grands groupes.

Pour Sophie Fantoni, qui exerce au service des pathologies professionnelles du CHRU de Lille, les troubles musculo-squelettiques concernent de plus en plus de salariés.

L’Assurance-maladie a lancé, lundi 11 mai, une grande campagne d’information et de prévention contre les troubles musculo-squelettiques (TMS). De quoi s’agit-il ?

Les TMS recouvrent des pathologies très différentes mais qui se manifestent toujours de la même façon. Elles touchent essentiellement les membres supérieurs du corps. Syndromes du canal carpien, tendinites des doigts, du poignet, du coude, des épaules et mal au dos… Ce sont toujours des douleurs insidieuses et ponctuelles qui tendent à augmenter jusqu’à devenir de vrais handicaps. Le syndrome du canal carpien est exemplaire à cet égard. Au départ, les gens se plaignent de fourmis dans les mains, puis de picotements qui entravent leurs mouvements et, enfin, de perdre complètement leur force.

Qu’est-ce qui provoque ces troubles musculo-squelettiques sur le lieu de travail ?

On distingue les facteurs bio-mécaniques des facteurs organisationnels. Pour les premiers, il s’agit de travaux répétitifs avec des cadences importantes, ou qui réclament des efforts excessifs. Les postures et les vibrations jouent également. Les autres facteurs viennent de l’organisation du travail, de la place de chacun dans l’entreprise.

Combien de personnes sont touchées ?

Il est difficile de connaître l’ampleur exacte du phénomène, parce que la seule évaluation dont nous disposons recense le nombre de personnes prises en charge chaque année par l’Assurance-maladie. On observe une recrudescence de ces troubles depuis une dizaine d’années, avec 35 000 nouveaux cas par an. Mais ce chiffre est bien en-deçà de la réalité parce qu’il y a une énorme sous-déclaration. C’est d’autant plus grave que ces maladies ont des conséquences énormes : elles sont à l’origine de la perte de 7,4 millions de journées de travail par an et de 736 millions d’euros de frais couverts par les cotisations des entreprises.

Certaines professions sont-elles davantage concernées ?

Un salarié sur quatre se plaint de douleurs au niveau des articulations. Cette proportion est deux fois plus importante pour les ouvriers. Mais quel que soit le secteur d’activité, télé-travail ou bâtiment, toutes les professions sont touchées. Les contraintes organisationnelles et le stress au travail jouent énormément.

Comment prévenir ce phénomène ?

Je ne crois pas qu’il existe de réponses ponctuelles. Il faut revoir la situation et l’organisation du travail dans son ensemble et mettre en place un traitement systémique de ces problèmes. Il y a encore de gros efforts d’information à faire. Les caisses régionales d’assurance-maladie font un gros travail de sensibilisation, mais on intervient trop souvent pour soigner et pas assez pour prévenir. Certaines entreprises ont pris des mesures correctives mais les effets ne se verront que sur le long terme. (Le Monde-14.05.2009.)

 


 

43 réponses à “Les troubles musculo-squelettiques”

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  1. 18 04 2016
    Baume du tigre utilisation (19:44:16) :

    Hello, super pour ce concis écrit, il est séduisant. Notre thème correspond, et je me permet de vous faire un lien seulement si tu n’y percois pas d’inconvénient. Amicalement.

    http://www.baumedutigre.org/active.html

  2. 19 01 2016
    Hack clash of clans (11:00:22) :

    http://yort.fr/ Vielen Dank für Ihre Blog-Post. Aktivitäten i möchten herbei ist, dass Laptop Speicher sein sollte gekauft wenn die Computer immer noch nicht mit was auch immer Sie mit do indem Sie es . Man kann einrichten zwei RAM-Speicher Platten haltige 1GB jeweils, als Beispiel , aber nicht sicherlich einer 1GB und einem mit mit 2 GB. Man sollte immer prüfen der Auto-Maschine Dokumentation für die PC sicher zu sein, welche Art von Speicher erforderlich .

    http://www.stragulp.com/articoli/news_e_attualita/4457/clash_of_clans_hack_2016.html

  3. 19 01 2016
    clash of clans hack 2016 (10:24:06) :

    http://yort.fr/ Aktivitäten i in gesehen Bezug auf Laptop oder Computer Speicher ist, dass gibt es Spezifikationen wie SDRAM, DDR etc , dass Muss passen der Merkmale der Motherboard . Wenn das Motherboard Computer recht aktuellen während es nicht Betriebssystem Fragen, Modernisierung die Speicher buchstäblich dauern unter ein paar Stunden . Es ist eine der einfachste Laptop oder Computer aktualisieren Arten von Verfahren eine prüfen. Vielen Dank für enthüllt Ihre Ideen.

    https://239c48d734b3b6dbf872da7817c52eb29586ab29.googledrive.com/host/0B1fUnmi2xAcNcEtKSGVOX1dqXzQ/index.html

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