l’adolescent est devenu ingérable

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On y pense quand les tensions se multiplient, que l’adolescent est devenu ingérable ou décrocheur. Mais même pour la génération Harry Potter, l’internat n’est pas forcément une baguette magique. Mode d’emploi au cas par cas. Un mercredi après-midi au lycée privé Jeanne-d’Arc-Saint-Aspais de Fontainebleau. Le soleil inonde la cour intérieure. Les garçons échangent quelques passes de volley, les filles papotent sur les bancs de cet internat assez réputé de la région parisienne. Pour peu, on se croirait au « temps calme » d’un camp d’ados ; preuve, s’il en est, que le pensionnat s’est débarrassé de son image de ghetto tristounet – Le Cercle des poètes disparus et Harry Potter en ont certainement été les meilleurs V. R. P. – et que cette vie tente désormais de plus en plus d’enfants. Chaque année, 250 000 familles font le choix de l’internat, qu’il soit public ou privé. Dès le mois d’avril, les lignes d’Inter-Service Parents (1) ou de l’Apel (2) sont saturées. « Cela a commencé à me traverser l’esprit, confie Valérie, quand j’ai repéré une petite addiction aux jeux vidéo chez Nicolas, en classe de troisième. Entre nous, c’était devenu l’enfer : je le pistais constamment et il m’arrivait d’aller le pêcher deux fois par jour au cybercafé d’en face. En seconde, la situation a empiré, il s’est mis à sécher des journées entières. Là, j’ai pris le taureau par les cornes et je l’ai inscrit dans un bon internat, qui l’a pris en redoublement.

Des résultats qui chutent, des enfants qui décrochent… C’est la principale motivation des familles. Mais parfois, à la grande surprise de leurs parents, les ados se déclarent d’eux-mêmes tentés par la vie de pensionnaire. « À la maison, raconte Thomas, 15 ans, on ne me parlait que de boulot. Moins je travaillais, plus on me parlait du lycée et plus je faisais de la résistance. Quand ma mère m’a proposé l’internat, un jour où elle était en colère, j’ai dit O. K. tout de suite. Ici, j’ai le sentiment d’un grand calme, alors que mes parents me prenaient la tête en permanence. »

L’éloignement d’une mère « scotchante » peut sauver la mise d’un enfant, comme le rappelle la psychologue Maryse Vaillant, spécialiste de l’adolescence, qui n’hésite pas à affirmer haut et fort que « l’ado n’est pas fait pour vivre en famille ! Une trop grande proximité peut faire des ravages, a fortiori si les parents surinvestissent l’école, car la motivation de l’enfant est en quelque sorte phagocytée par celle des parents. » L’éloignement est donc idéal pour qu’il se réapproprie son désir de travailler.

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Encore faut-il être partant. Car aujourd’hui, tous les internats exigent une lettre de motivation « béton » de la part des jeunes candidats. Ladite motivation étant souvent « boostée » par celle des parents… « Personnellement, raconte Louisa, 16 ans, je n’en avais pas envie du tout ! Je suis tombée amoureuse en seconde et je n’ai plus rien fait de l’année. Du coup, mes parents m’ont proposé un deal : “Tu passes un an en internat, et si tes résultats sont bons, tu reviens l’an prochain.” » Et ils l’ont été : à l’Institution Guynemer, à Compiègne, pas de chat sur MSN jusqu’à pas d’heure. Louisa a décollé : « Je me suis retrouvée dans les trois premiers. » Est-elle prête à rempiler pour une année ? « Certainement pas ! Et puis, grâce à mes résultats, j’ai pu intégrer une bonne école privée parisienne. »

L’internat serait-il donc la panacée ? Pas forcément. Sophie en a fait l’amère expérience : « J’y ai inscrit Hugo, qui ne faisait rien du tout en classe, en quatrième. Il n’était pas spécialement partant. C’est un affectif et un gourmand qui aimait particulièrement mes petits plats. Certes, il s’est mis au travail, mais il n’adhérait pas. Je crois qu’il l’a fait de façon un peu robotisée. » A-t-il appris à travailler ? « Pas vraiment. Revenu dans le public, par la suite, il a retrouvé son poil dans la main. Maintenant, il est à nouveau en difficulté en seconde. Et il ne veut plus entendre parler d’internat. »

Ni trop tôt… ni trop tard. Il est important de repérer le bon moment pour les enfants, l’âge idéal se situant aux alentours de 14-15 ans. Et pour peu que cela soit bien préparé : une visite pendant les fameuses portes ouvertes, des discussions en famille et parfois une carotte – des sorties plus tardives le week-end, par exemple.

« Reste que l’internat n’est pas une alternative à la thérapie. Si l’ado est déprimé et angoissé au point d’être incapable de travailler, il faut y associer une prise en charge psy, recommande Maryse Vaillant. On n’a en effet jamais forcé un adolescent mal dans sa peau à travailler contre son gré, même en l’isolant de toutes les tentations. »

Le choix de l’établissement est fondamental. « J’insiste au téléphone pour que les parents ne soient pas qu’attentifs au taux de réussite au bac ou au nombre de mentions », alerte Carole Wiart, conseillère scolaire à L’École des Parents. Un internat qui déploie des solutions pédagogiques (comme les études dirigées plutôt que surveillées, le travail en petits groupes, etc.), un lycée qui propose une infrastructure sportive ou des séjours linguistiques est un vrai plus.

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Quant au profil psychologique, il est fondamental d’y prêter attention. Attention à ne pas envoyer un enfant décrocheur dans une « usine à gaz » de sept cents lits, où il passera totalement inaperçu. De la même façon, rien ne sert d’envoyer un jeune aux résultats très moyens dans un pensionnat élitiste d’où il risque de se faire exclure en cours d’année. S’il s’agit de lui inculquer le sens du partage, des valeurs communes, l’internat peut être une bonne solution. S’il s’agit de pousser l’ado vers l’excellence, pourquoi pas ? Mais dans tous les cas, il faut savoir où l’on va. Au très huppé L’Ermitage, à Maisons-Laffitte, où l’on affiche un très aguicheur 100 % de réussite au bac et une pléiade de mentions, cancres et mauvais livrets feront mieux de s’abstenir. « Pour nous, pas question de gérer des cas, des enfants en difficulté, affirme Pierre Nabet, le directeur adjoint. Ici, on vient pour décrocher une mention au bac, pour fréquenter une sphère internationale… Près de 25 % de nos bacheliers partent ensuite vers une prépa HEC ou maths sup. Mais les crises d’ado, nous, on ne sait pas gérer ! »( Le Figaro)

322 réponses à “l’adolescent est devenu ingérable”

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