Le pape au cœur du scandale des abus sexuels

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Sexe, complots et corruption ont eu raison de Benoît XVI

Ce n’est pas l’âge avancé mais une série de scandales baptisés «Vatileaks» qui auraient porté à la démission de Benoît XVI. Une histoire scabreuse d’argent et de sexe, sur fond de mensonges, d’omerta et de complots de meurtre. Voyage dans les couloirs secrets du palais pontifical.

Après huit ans de pontificat, Joseph Ratzinger, 85 ans, a quitté, hier soir, le Saint-Siège pour se retirer dans la résidence estivale de Castel Gandolfo. Lors de son dernier Angelus, il a affirmé, devant les milliers de fidèles venus le saluer, vouloir se retirer pour «prier pour l’église». Si les laïcs restent impassibles face à ce forfait, «c’est un clérical ultraconservateur qui a révolutionné l’église en s’en allant», affirme à El Watan Week-end un journaliste allemand. Les experts des affaires du Vatican soulignent que le souverain pontife aurait jeté l’éponge, las des jeux d’influence exercés par une partie de la Curie romaine.

Même après sa démission inédite, le cardinal Joseph Ratzinger fait trembler certains clans ennemis du Vatican. Ses proches affirment que le théologien allemand pourrait rendre public un «rapport choc» qu’une commission d’enquête a rédigé sur sa demande pour jeter la lumière sur la fuite de documents confidentiels, divulgués à la presse. Les services secrets du Vatican avaient pu identifier la taupe, grâce à des écoutes téléphoniques et à des filatures, ce qui a amené à l’arrestation du majordome du pape Paolo Gabriele. Ce dernier s’était défendu en affirmant ne pas «se sentir un voleur» et a assuré avoir agi «par amour pour l’église». Jugé et condamné à dix-huit mois de prison, il en passera deux dans le centre carcéral du Vatican, avant d’être gracié par le pape qui lui rendra visite dans sa cellule.

Nettoyage

Les documents fuités ont fait l’objet d’un livre, Votre Sainteté, les documents secrets de Benoît XVI, publié par le journaliste italien Gianluigi Nuzzi. Avant son arrestation, Gabriele, la taupe du Vatican, avait révélé dans une interview donnée sous le couvert de l’anonymat à une télévision italienne que Ratzinger voulait «opérer un nettoyage au sein de l’église, mais qu’il avait rencontré beaucoup de difficultés». Sa démission inattendue signifie qu’il n’a pas trouvé la force d’affronter les différents clans et a abdiqué face aux intrigues et aux complots au sein de l’Etat le plus petit au monde. Parmi les scandales qui agitent le Saint-Siège : celui de la banque du Vatican, l’Institut pour les œuvres de religion (IOR), ironiquement désignée comme la «banque de Dieu». Cette influente institution, dont la gestion fait l’objet de luttes intestines féroces, aurait joué un rôle-clé dans le blanchiment d’argent, de la corruption et des malversations.

Selon les documents secrets rendus publics, Benoît XVI avait tenté d’y mettre de l’ordre, sans y parvenir. La quantité énorme d’argent qui provient des biens immobiliers, des capitaux, des activités commerciales de l’Eglise à travers le monde, serait gérée par le «clan des Italiens» de la Curie romaine et attise l’appétit des autres. Corruption, malversations, gabegie, détournements, seraient à l’ordre du jour. Le Vatican, pour certains, serait devenu un paradis fiscal et une centrale pour le blanchiment d’argent. Excédé par «la gestion scandaleuse du IOR», un groupe de cardinaux a demandé que l’Institut financier soit tout simplement dissous. C’est l’actuel secrétaire d’Etat (équivalent du Premier ministre), Tarcisio Bertone, et son prédécesseur Angelo Sodano (tout deux italiens) qui sont montrés du doigt car accusés d’avoir couvert les activités illicites de la Banque de Dieu.

Certains vont jusqu’à proposer que le prochain secrétaire d’Etat soit non pas un cardinal italien mais un diplomate étranger. En plus de l’argent, un autre mal gangrène l’église : les accusations de pédophilie qui pèsent sur plusieurs prélats. Qu’ils soient eux-mêmes suspectés d’avoir abusé d’enfants lors de leur sacerdoce ou parce qu’ils auraient couverts d’autres religieux au lieu de les dénoncer. Du Cardinal belge Godfired Daneels soupçonné d’avoir couvert des centaines de cas d’abus sexuels commis sur des mineurs, à l’Irlandais Sean Brady, à qui sont reprochés les mêmes délits. L’Eglise américaine est également dans l’œil du cyclone, car elle compte des «complices de pédophiles» parmi ses rangs, comme le cardinal Roger Mahony, ex-archevêque de Los Angeles, mis en examen pour avoir occulté des cas de pédophilie.

L’église américaine a payé trois milliards de dollars d’indemnisations aux victimes d’actes de pédophilie de la part de prêtres. L’Afrique compterait aussi ses cardinaux véreux, à en croire la presse italienne. Le Cardinal Ghanéen Peter turkson, considéré comme probable futur «pape noir», serait impliqué dans cette omerta mondiale. Les médias de ces pays ont invité ces représentants à rester chez eux et à ne pas faire le voyage pour Rome, afin de ne pas ôter sa crédibilité au conclave qui devra élire le futur pape.

Habemus Papam

L’association américaine pour la défense des droits des victimes de prêtres pédophiles, Survivors Network of those Abused by Priests, a annoncé, elle, qu’elle tiendrait un rassemblement à Rome, en concomitance avec la rencontre des porteurs de robes pourpres, avec pour slogan : «Le futur pape doit protéger les enfants». Là aussi, le pape allemand a échoué dans sa tentative d’isoler les brebis galeuses de l’Eglise. Pire, il s’est attiré l’animosité d’une grande partie de l’église américaine et du lobby des homosexuels, selon la presse italienne. Des prélats gays qui entretiennent des «liens mondains» avec des laïcs seraient tombés dans une opération de chantage qui nuit à l’Eglise. Enfin, parmi les documents de Benoît XVI classés «top secret» et rendus publics, une lettre évoque un plan criminel fomenté par un clan hostile au souverain pontife pour attenter à sa vie, afin de permettre à un cardinal italien, Angelo Scola (archevêque de Milan) de prendre sa place.

A ce propos, le journaliste Nuzzi raconte que le maire de Milan, Giuliano Pisapia, lui aurait confié avoir constaté que le pape «avait peur» lors de sa dernière visite dans la capitale économique de l’Italie. En attendant de voir qui succédera au pape démissionnaire, la centaine de cardinaux entrera en conclave probablement dès le 10 mars. Les participants se réuniront dans la résidence Sainte-Marthe, située au sein du Vatican, et seront isolés du reste du monde et tenus au secret total durant la période des congrégations générales. Une fois le nouveau pape élu, par un suffrage des deux tiers des votes au moins, une fumée blanche s’échappera à travers une cheminée et les cloches de la basilique Saint-Pierre sonneront. Le doyen des cardinaux se penchera du balcon de la basilique et prononcera la célèbre formule : «Habemus Papam».

Un blogueur laïc emporte le vote :

Même si l’époque où le pape était également roi est bel et bien révolue, les Italiens aiment à rappeler que pour cinq siècles, ils ont régné sur l’église catholique. L’Italie qui abrite l’Etat le plus petit au monde subit fortement les changements qui surviennent au Vatican. Toutefois, quelle que soit la nationalité du pape, les relations entre les deux Etats ont toujours été marquées par une complicité et la loi tacite de «non-ingérence en public».

Et si la péninsule n’échappe pas à la tendance européenne qui voit les églises désertées par les fidèles, les hommes politiques italiens, y compris ceux de gauche, se gardent bien de critiquer l’Eglise ou les grands avantages dont elle jouit en Italie. L’électorat, lui, n’est pas tenu à ce «servilisme pro-clérical». En effet, le seul parti qui se revendique chrétien, l’Union des démocrates chrétiens et de centre, a essuyé un cuisant échec (moins de 4%) lors des élections législatives du 24 février dernier, alors que le Mouvement cinq étoiles (M5S) de l’humoriste laïc Beppe Grillo a brassé le maximum de votes parmi les électeurs, se classant le premier parti au Parlement avec 25,5% des sièges.

Le comique a fait de la laïcité son cheval de bataille lors de sa campagne électorale, allant jusqu’à demander que la croix soit retirée des écoles. «L’Italie est un Etat laïc. Alors il faut afficher tous les symboles religieux ou les retirer tous», écrit-il dans ses forums sur les réseaux sociaux. En grand provocateur, Grillo a été jusqu’à revendiquer la sanctification de laïcs. «Dans un pays comme l’Italie, l’honnêteté suffit pour devenir martyr. Les investigateurs qui enquêtent sur la criminalité organisée en savent quelque chose», écrit-il dans son célèbre blog très visité.*Nacéra Benali -El Watan-01.03.2013.

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*Le scandale des abus sexuels éclabousse toujours davantage le sommet de l’Eglise. Le New York Times a révélé, preuves à l’appui, que Joseph Ratzinger, alors qu’il était en charge de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF), n’a pas relevé de ses fonctions un prêtre américain qui avait commis des abus sexuels sur au moins 200 enfants malentendants. Et cela bien qu’un évêque ait personnellement adressé au futur pape un courrier en 1996 présentant la gravité des faits. Courrier auquel Joseph Ratzinger n’aurait jamais répondu. En revanche, il a été sensible à une lettre du prêtre abuseur, qui l’implorait de le laisser en paix. Le New York Times a eu accès à des documents confidentiels grâce à deux avocats, Jeff Anderson et Mike Finnegan, représentant cinq hommes qui ont intenté quatre actions en justice contre l’archidiocèse de Milwaukee, où se sont déroulés les abus. Ces documents comprennent la correspondance entre différents évêques et le Vatican, les déclarations sous serment des victimes, les notes écrites d’un expert des troubles sexuels ayant examiné le prêtre abuseur, ainsi que les notes d’une rencontre finale au Vatican concernant ce cas.Les abus ont été commis par le Père Lawrence Murphy, qui a travaillé de 1950 à 1974 dans une célèbre école pour les malentendants, la St. John’s School for the Deaf à St.Francis. En 1963, il est promu directeur de cette école. Pourtant, dans les années 1950 déjà, les autorités diocésaines ont été informées par des étudiants des abus du Père Murphy. Une des victimes, Gary Smith, a confié au New York Times qu’il avait été abusé par ce prêtre à 50 ou 60 reprises depuis l’âge de 12 ans. Une autre victime, Arthur Budzinski, explique que les abus ont commencé alors qu’il était âgé de 12 ans, notamment pendant la confession. Selon le quotidien américain, un groupe d’anciens étudiants de la St. John School for the Deaf a tenté d’alerter les autorités du diocèse de Milwaukee pendant trente ans. Les victimes ont aussi essayé d’avertir la police et la justice civile, qui auraient ignoré leurs appels à l’aide.Trois évêques ont été successivement mis au courant des abus du prêtre, mais ils n’ont jamais alerté les autorités civiles ou criminelles, ni porté le cas devant la justice vaticane. Le Père Murphy a simplement été déplacé en 1974 dans un autre diocèse du nord du Wisconsin par l’archevêque William Cousins. Pendant les vingt-quatre années suivantes, jusqu’à sa mort en 1998, il a pu avoir des contacts avec des enfants sans entraves, d’après le quotidien.Pourtant, en 1993, l’archevêque de Milwaukee, Rembert Weakland, demande à un assistant social spécialisé dans les troubles sexuels d’étudier le cas du Père Murphy. Après quatre jours d’entretiens, l’assistant explique à l’évêque que le prêtre a avoué environ 200 abus, sans éprouver le moindre remords. Cependant, l’évêque attend encore trois ans avant d’alerter le Vatican. En 1996, Mgr Weakland écrit en effet au cardinal Joseph Ratzinger, responsable de la Congrégation qui traite ce type d’affaires. Il faut désamorcer la colère des victimes et restaurer leur confiance dans l’Eglise, écrit-il dans sa lettre au futur Benoît XVI. Il met l’accent sur le fait que ce cas relève du crime de « sollicitation » (abus sexuels commis avant, pendant ou après la confession), pour lequel le droit canon prévoit des sanctions qui vont de la privation de la célébration de la messe à la réduction à l’état laïc.

Selon les informations du New York Times, Ratzinger n’aurait pas répondu. L’évêque tente alors d’alerter d’autres bureaux du Vatican en mars 1997, expliquant que l’affaire est urgente. Le cardinal Tarcisio Bertone, qui travaille alors à la CDF, demande aux évêques du Wisconsin de commencer un procès canonique en vue du renvoi du Père Murphy. Mais la procédure prend soudainement fin après que celui-ci a imploré directement Joseph Ratzinger de le laisser en paix. Il s’est déjà repenti, lui écrit-il, et il est en mauvaise santé. De plus, son cas est prescrit, même du point de vue de l’Eglise. En mai 1998, lors d’une rencontre finale au Vatican avec des responsables de la CDF, Mgr Weakland échoue à convaincre ces derniers, y compris le cardinal Tarcisio Bertone, aujourd’hui secrétaire d’Etat du Vatican. Le Père Murphy décède quatre mois plus tard.
« Mgr Weakland a fait son devoir, dit le vaticaniste Giancarlo Zizola, un des meilleurs connaisseurs des rouages du Vatican. La question, c’est de savoir ce qui s’est passé à Rome. Ratzinger a-t-il parlé de ce cas avec le pape Jean Paul II, comme le prévoit la procédure ? S’il l’a fait, cela signifie que Jean Paul II lui a peut-être demandé de dissimuler l’affaire. Dans ce cas, il ne peut pas être béatifié. En revanche, si Joseph Ratzinger n’a pas averti Jean Paul II, il doit déclarer sa responsabilité avec la même ouverture et la même transparence qu’il exige aujourd’hui de toute l’Eglise. Mais l’hypothèse la plus probable est que Jean Paul II a voulu cacher l’affaire. »L’hypothèse que le pape polonais aurait cherché à dissimuler la vérité concernant au moins un abuseur est apparue il y a quatre ans, lors de révélations sur les abus du Père Marcial Maciel, fondateur de la congrégation des Légionnaires du Christ. En 1998, d’anciennes victimes avaient dénoncé Maciel à la CDF. Mais il n’a été démis de ses fonctions qu’après la mort de Jean Paul II, une fois Joseph Ratzinger installé sur le trône de Saint-Pierre. (Le Monde-26.03.2010.)

***Le pape menacé de prison

L’information peut surprendre, paraître saugrenue, elle n’en demeure pas moins très sérieuse. L’idée de faire arrêter le pape Benoît XVI pour «crimes contre l’humanité» vient d’être lancée le plus sérieusement du monde, annoncent l’AFP, Radio Canada et de nombreux journaux comme The Gardian, Le Parisien, le JDD. Deux militants de l’athéisme, un scientifique anglais, Richard Dawkins, éthologiste (science des moeurs) de son état et un journaliste américano-britannique, Christopher Hitchens, envisagent de saisir la justice en Grande-Bretagne ainsi que la Cour pénale internationale (CPI) contre le pape. Ils ont chargé un avocat pour s’occuper du dossier. La démarche consiste à déposer plainte contre Benoît XVI coupable, à leurs yeux, «d’avoir couvert les agissements de prêtres pédophiles» pour le faire arrêter «dès qu’il foule le sol de Grande-Bretagne» à l’occasion de sa visite au Royaume-Uni prévue du 16 au 19 septembre prochain. L’action est prise très au sérieux en Angleterre où des antécédents sont présents dans les esprits. C’est en Angleterre, en 1998, que l’ancien président chilien, Augusto Pinochet, a été arrêté suite à un mandat d’arrêt international lancé sur plainte déposée contre lui en Espagne. C’est toujours en Angleterre, en décembre 2009, que Tzipi Livni, ministre israélienne des Affaires étrangères à l’époque, était attendue pour se faire arrêter en vertu d’un mandat d’arrêt délivré contre elle après une plainte déposée par des associations pro-palestiniennes. Pour y échapper, Livni a dû annuler, in extremis, son voyage dans la capitale britannique. La nouvelle étonne tellement de monde que des voix s’élèvent ici et là pour commenter l’initiative qui est dans l’air. Les uns évoquent «l’immunité réservée aux chefs d’Etat» (en oubliant que cela n’a en rien empêché le mandat d’arrêt lancé contre le chef de l’Etat soudanais Omar El Béchir). D’autres dissertent sur la qualité du Vatican et se demandent si réellement il peut être assimilé à un Etat sachant qu’à «l’ONU il n’a qu’un siège d’observateur permanent et non un Etat membre à part entière». Il s’en trouve même pour en rajouter et dire que «le Vatican ne peut être un Etat pour la bonne raison qu’il ne possède pas de population mais seulement un gouvernement». Certains s’interrogent et affirment qu’«il est difficile d’imaginer que la CPI considère les abus sexuels des prêtres catholiques comme étant un crime contre l’humanité». «La dissimulation institutionnalisée de viols d’enfants est un crime dans toutes les législations», répondent avec vigueur les «plaignants». Ils ajoutent que le pape devra s’expliquer (lors de sa comparution en justice) sur «la manière avec laquelle il semble avoir fait passer la réputation de l’Eglise catholique avant le bien-être des enfants».
Certes, la menace est lancée cinq mois avant le voyage du pape. D’ici là, soit le gouvernement britannique réforme sa législation comme il l’avait promis après l’épisode Livni, soit Dawkins et Hitchens iront au bout de leur démarche pour réussir leur «coup». Auquel cas nous serons en présence, alors, d’une nouvelle «crucifixion» version des temps modernes. Ceci dit, la montée en cadence des attaques contre l’Eglise chrétienne est bien réelle. Reste plus qu’à savoir où elle s’arrêtera. Et qui l’arrêtera. (L’Expression-14.04.2010.)

***Des milliers d’enfants violentés et abusés dans des internats catholiques

  Les enfants et adolescents subissaient aussi des violences sexuelles.

Des milliers d’enfants ont été violentés et abusés dans des internats catholiques du canton de Lucerne, jusque dans les années 1970, selon une récente étude suisse, les auteurs pointant du doigt «des pratiques sadiques» assimilables à la «torture», comme des simulations de noyade.

«Il y avait toujours cette incroyable peur, de la peur, de la peur et de la peur», raconte, sous le couvert de l’anonymat, un ancien élève d’un internat catholique du canton de Lucerne, dans le centre de la Suisse. Son témoignage, dans le cadre d’une étude commandée par le canton de Lucerne et qui analyse la situation dans 15 internats catholiques de 1930 à 1970, et celui d’une cinquantaine d’autres anciens élèves, jettent une lumière crue sur des pratiques exercées pendant 40 ans derrière les murs de ces institutions. «Ces entretiens ont été très importants pour les personnes concernées, car enfin leurs témoignages ont été pris au sérieux», explique le responsable de cette étude, Markus Furrer.

«De nombreux enfants des internats se sont longtemps sentis coupables pour ce qu’ils ont vécu. Certains ont réussi à s’en sortir, d’autres ont échoué et certains se sont suicidés», poursuit le professeur de la Haute école pédagogique de Lucerne (PHZ), qui a fouillé avec deux autres collègues pendant   un an et demi dans le sombre passé de ces établissements. Des cas de violence, notamment sexuelle, étaient connus, mais «on ne s’attendait pas à une telle envergure» des faits, poursuit M. Furrer.

Parmi les pratiques employées par les sœurs, une punition consistait «à appuyer la tête des petits enfants sous l’eau» pour les punir d’avoir été bruyants ou pour avoir uriné dans leur lit, raconte M. Furrer, une méthode qui rappelle le «waterboarding», un temps employé par les Américains sur des prisonniers soupçonnés de liens terroristes. Le rapport d’une centaine de pages résume les privations et les humiliations auxquelles étaient livrés les jeunes élèves des internats suisses, souvent des enfants issus d’un milieu modeste, placés dans ces institutions sans motif valable.  La privation de nourriture était l’une de ces pratiques. «Je ne me souviens pas de quelqu’un qui n’avait pas faim. Pratiquement tout le monde avait faim», relate un ancien élève.

Les punitions étaient également exercées à l’encontre d’élèves qui voulaient se désaltérer entre les repas. «Si quelqu’un se penchait vers un robinet pour boire, il recevait un coup sur l’arrière de la tête de manière à ce que son visage tape contre le robinet», raconte un autre témoin. Les enfants et adolescents subissaient aussi des violences sexuelles. Pour les faire taire, les sœurs avertissaient ceux qui voulaient dénoncer ces attouchements qu’ils allaient subir la «colère de Dieu». «Le degré de punition et de maltraitance a clairement dépassé ce qui était admis à l’époque», certains éducateurs montrant des tendances «sadiques» et usant de pratiques «proches de la torture» avec des coups de poing et des chaussures en plein visage, selon les auteurs de l’étude.*El Watan-07.10.2012.

***Les Portugais sous le choc d’un scandale pédophile

Un député et des notables portugais accusés de pédophilie

Des policiers surveillent l'entrée du tribunal de première instance de Lisbonne pendant l'énoncé du verdict.
Des policiers surveillent l’entrée du tribunal de première instance de Lisbonne pendant l’énoncé du verdict.

Au terme du procès le plus long de l’histoire judiciaire du pays, six personnes ont été reconnues coupables de crimes de pédophilie et d’incitation à la prostitution. Des dizaines d’élèves mineurs de cette institution publique avaient été victimes d’abus sexuels.

Près de 1.000 témoins et experts entendus, de nombreux rebondissements et six années d’enquête… Ce fut l’affaire judiciaire la plus longue de l’histoire du Portugal. Le verdict est tombé vendredi dans le procès du scandale de la Casa Pia, une affaire de pédophilie impliquant cette institution publique pour jeunes et enfants en difficulté . Le tribunal de première instance de Lisbonne a reconnu vendredi six des sept accusés coupables et les a condamnés à des peines de prison allant de cinq ans et neuf mois à 18 ans. Les juges avaient déjà laissé entrevoir l’issue du procès dans la matinée en annonçant qu’ils considéraient comme «prouvés» plusieurs crimes sexuels imputés aux accusés dans les années 90.

L’ancien chauffeur et jardinier de la Casa Pia, Carlos Silvino, qui répond à lui seul de plus de 600 crimes d’abus sexuels et d’incitation à la prostitution sur des jeunes pensionnaires de la Casa Pia, a écopé de la plus lourde peine avec 18 ans de prison. Les autres prévenus – parmi lesquels un ancien présentateur vedette de la télévision portugaise, un ancien responsable de la Casa Pia, un ex-ambassadeur, un avocat et un médecin – ont été condamnés à des peines de prison allant de 5 ans et 9 mois à 7 ans. Seul acquittement : celui de la propriétaire d’une maison du sud-est du Portugal, où se tenaient des «orgies» selon les victimes. Par ailleurs, les six condamnés devront verser des indemnités à certaines des victimes, dont les montants sont compris entre 15.000 et 25.000 euros.

«Ils ont détruit ma vie»

Dans son exposition de «faits», le tribunal a décrit dans le détail des dizaines de situations d’abus sexuels et d’incitation à la prostitution commis sur 32 mineurs de la Casa Pia. A l’instar des abus subis par Ricardo, une des victimes présentes dans la salle d’audience. «Ils ont détruit ma vie. Il fallait que je sois là aujourd’hui», a expliqué cet homme de 27 ans, qui a fait le déplacement depuis la France, où il vit depuis quatre ans. Les six victimes présentes vendredi ont exulté lorsque les peines ont été prononcées, se serrant la main en guise de victoire. «Nous sommes tous heureux, a déclaré l’un d’entre eux, Bernardo Teixeira, à la sortie du tribunal. Nous pouvons enfin dire que les pédophiles ont été condamnés».

«C’est une ignominie. Nous ferons entendre notre voix pour combattre l’énorme erreur judiciaire qui a été commise aujourd’hui», s’est pour sa part insurgé l’avocat de l’ancien présentateur vedette de la télévision portugaise, Carlos Cruz, condamné à sept ans de prison pour trois abus sexuels.

Le scandale de la Casa Pia avait éclaté fin 2002 lorsqu’un interne de cette institution publique avait affirmé à la presse avoir été violé par un employé. La loi du silence brisée, des dizaines d’autres pensionnaires et anciens élèves de l’établissement avaient dénoncé l’existence d’un réseau pédophile. Dans leurs témoignages, ils avaient également impliqué plusieurs personnalités médiatiques et politiques, dont certaines ont été blanchies depuis. Mais c’est l’ancien chauffeur de la Casa Pia, Carlos Silvino, qui s’est retrouvé au centre de ce procès hors normes. Il est à ce jour le seul à avoir reconnu les faits, expliquant ses agissements par le fait qu’il avait lui-même été violé lorsqu’il vivait enfant à la Casa Pia. (Le Figaro-03.09.2010.)

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 **des victimes de prêtres pédophiles sous les fenêtres du pape

Vêtues de tee-shirts blanc, une soixantaine de victimes de prêtres pédophiles se sont rassemblées dimanche soir aux portes du Vatican, pour exprimer leur colère contre l’Eglise catholique. «Honte à vous !» ont-elles scandé, conspuant le porte-parole du pape, le père Federico Lombardi, venu à leur rencontre. Qui est reparti sans parler ni aux journalistes ni aux victimes.

 Cette manifestation était organisée par l’association italienne des victimes de l’institut Antonio Provolo pour enfants sourds-muets et un groupe de victimes aux Etats-Unis, Survivor’s Voice (www.survivorsvoice.org). Originaires de 13 pays, dont les Etats-Unis, l’Australie, la Belgique, les Pays-Bas et la Grande-Bretagne, les victimes s’étaient réunies devant le Vatican pour réclamer justice, mais aussi pour partager leurs expériences et les épreuves qu’elles ont dû traverser.

«Au plus profond de moi, il y a une mémoire physique de ce qui s’est passé. Cela me rend malade et me tourmente, je ne peux pas le contrôler», a raconté Ton Leerschool, un entrepreneur néerlandais de 57 ans victime d’abus quand il était enfant. «Mais si nous pouvons amener l’Eglise à reconnaître que les abus ont eu lieu et à nous rendre justice, cela nous aidera à guérir», a ajouté cet homme, qui s’occupe aujourd’hui d’une fondation pour victimes.

Depuis la publication en novembre 2009 d’un rapport révélant des centaines d’abus sexuels sur des enfants en Irlande et couverts par la hiérarchie, le pape Benoît XVI est aux prises avec la plus grave crise de l’Eglise catholique de ces dernières années, amplifiée par des scandales similaires en Allemagne et en Belgique. (Le Parisien-01.11.2010.)

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*Un prêtre reconnaît sa responsabilité dans plusieurs cas de pédophilie et viols sur mineurs de moins de quinze ans

Dans le courant de la semaine du 9 au 15 juillet 2012, les gendarmes de la brigade des recherches de Dunkerque ont arrêté et placé en garde à vue le curé de la paroisse de Bollezeele dans le Nord, a indiqué ce mercredi le procureur de Lille.

Dans une lettre anonyme adressée à l’archevêque de Lille début 2011, l’homme d’église était accusé de «faits graves concernant des mineurs». Dans le même temps, une plainte a été déposée dans une gendarmerie du Sud de la France pour des faits similaires.

Aveux du prêtre

L’enquête, ordonnée par le procureur de Lille, a permis d’établir que le prêtre aurait commis des agressions sexuelles et des viols sur au moins 13 jeunes garçons âgés de 10 à 17 ans entre 1976 et 2007. Les victimes étaient toutes originaires des paroisses dont le prêtre était responsable. Les faits auraient eu lieu lorsque les jeunes venaient dormir au presbytère ou lors de vacances. Le prêtre a reconnu sa responsabilité lors de la garde à vue et aurait même livré les noms de quelques unes de ses victimes. Placé en détention provisoire, il a été mis en examen, notamment pour viols sur mineurs de moins de quinze ans. Il encourt une peine de 20 années de réclusion criminelle. Il a été «suspendu de toute fonction liée à son ministère», a annoncé dans un  communiqué l’archevêque de Lille, Mgr Laurent Ulrich. (20Minutes-18.07.2012.)

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Le pape Benoît XVI  démissionne!

Une Eglise en questionnement

«Tuum hortum coquitur» «Le coeur de ton jardin est cuit» «Tab djnanek»

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Cette citation lapidaire de Maz du Journal El Watan résume plus que mille discours l’abandon de sa charge par Benoît XVI. Dans le message surprise en latin où il a annoncé sa décision de démissionner le 28 février, le pape a expliqué n’avoir «plus les forces» nécessaires pour exercer ses fonctions en raison de son «âge avancé».

Par un texte précis écrit Frédéric Mounier, fruit de longues méditations, Benoît XVI a fait éclater, lundi 11 février à 11 h 35, un coup de tonnerre dans l’Église. Ce geste, qui ouvre un conclave, pose des questions inédites, notamment le statut de l’ex-pape, en attendant que soit connu le successeur de Benoît XVI, courant mars. «Après avoir examiné ma conscience devant Dieu, à diverses reprises, a-t-il dit, je suis parvenu à la certitude que mes forces, en raison de l’avancement de mon âge, ne sont plus aptes à exercer adéquatement le ministère pétrinien.» (…) Certes, amaigri depuis la crise des «Vatileaks» et la condamnation de son valet, Paolo Gabriele. Il s’agit donc d’une démission préméditée Plusieurs signaux, pour certains infimes, avaient, depuis plusieurs mois, éveillé l’intérêt des observateurs de la scène vaticane. Tout d’abord, dans son livre Lumière du Monde, répondant aux questions du journaliste allemand Peter Seewald, le pape avait clairement envisagé cette possibilité (…) Autre indice: lorsqu’il s’est rendu dans les Abruzzes, le 3 mai 2009, après le tremblement de terre de L’Aquila, Benoît XVI s’était longuement incliné devant la dépouille de son prédécesseur Célestin V»

L’invention de la papauté

Comment est venue la papauté? Est-ce que les Evangiles en parlent? Est-ce que la parole du Christ: «Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise» (Mathieu 16-18) explique l’existence de l’Eglise On sait qu’après la mort du Christ, il n’y avait pas encore d’Eglise. Le mot Église vient du grec eklesia, l’assemblée du peuple. Le titre de pape n’est réellement apparu qu’à partir du concile de Nicée en 325, mais le terme n’a désigné exclusivement l’évêque de Rome qu’à partir de Grégoire VII, au XIe siècle. Dans le Catéchisme de l’Église catholique, l’autorité du pape est ainsi définie: Art. n° 936: «Le Seigneur a fait de Saint Pierre le fondement visible de son Église.. L’évêque de l’Église de Rome, successeur de Saint Pierre, est le chef du Collège des évêques, Vicaire du Christ et Pasteur de l’Église tout entière sur cette terre». Art. n° 937: «Le Pape jouit, par institution divine, du pouvoir suprême, plénier, immédiat, universel pour la charge des âmes.»

L’histoire chaotique de la papauté elle-même qui a vu de nombreux antipapes, des dépositions, des assassinats et quelques renonciations. De plus, les modalités d’élection (ou de nomination) et d’intronisation ont plusieurs fois changé. (…) Aussi surprenant, la période confuse de 1045 à 1048 où se disputaient la tiare Benoît IX, Sylvestre III, Grégoire VI, Clément II et Damase II a été résolue en reconnaissant tous ces papes comme légitimes et en comptant trois règnes valables et non consécutifs pour Benoît IX. (…) l’Annuario pontificio se garde prudemment de compter les papes: Benoît XVI y apparaît comme le 265e pape, mais la liste elle-même ne numérote pas les pontificats. C’est au lecteur de compter les noms pour arriver à ce résultat.

«L’histoire de la papauté lit-on dans l’Encyclopédie Wikipédia est inséparable de l’évolution doctrinale de la christologie et de la baisse de puissance des empereurs romains d’Orient. Le pape cherche à affermir son pouvoir spirituel et temporel et à passer du statut de simple évêque de Rome à celui de souverain. Pendant le Moyen Âge, le pape dut affirmer son pouvoir face à l’empereur et à la croissance des royautés. L’autre problématique concerne la définition de la souveraineté du pontife: doit-elle se limiter aux affaires spirituelles (nomination des évêques et des abbés, définition du dogme) ou bien doit-elle déborder sur la sphère temporelle? Dans la seconde option, le pape ne peut éviter l’affrontement avec les souverains qui règnent alors en Occident.

Mgr Vingt-Trois: le chef de l’Eglise française a eu cette phrase révélatrice, même si elle a été prononcée d’une façon légère, elle est lourde de signification. Il signifie que l’ivresse du pouvoir conduit les papes à se prendre pour Dieu -souvenons-nous de l’infaillibilité du pape. De plus, on peut comprendre que pour le cardinal, Dieu c’est autre chose! Il met donc à sa place le pape «Le prochain pape ne doit pas se prendre pour le Bon Dieu!» «Un pape, ça ne démissionne pas» entend-t-on. Il est vrai que le pape est élu à vie (il a gardé toujours la prérogative de résigner la charge apostolique, comme même de très rares cas, tel le pape Célestin V pour vivre dans un monastère), ou Grégoire XII en 1415, mais au sein du Concile de Constance, dans le but de mettre fin au grand schisme. Il l’a fait non pas en personne, mais par la voix d’un procurateur, le 4 juillet 1415, ce qui permit l’élection de son successeur Martin V, élu plus tard, le 11 novembre 1417.

Les causes possibles de sa démission

La décision surprise, annoncée lundi, vient clore huit années d’un pontificat rythmé par les scandales… Il devait être un «pape de transition» après Jean-Paul II. «Elu au Vatican en 2005, Benoît XVI avait été choisi pour son âge déjà avancé -78 ans à l’époque- et son côté conservateur. Justement, la cause annoncée est le grand âge et l’impossibilité de remplir correctement sa charge.

La deuxième cause importante ce sont les affaires de pédophilie des prêtres et l’affaire du majordome qui a éventé les arcanes du fonctionnement du Vatican. «Son pontificat, lit-on dans une contribution du journal 20 minutes, a été plus mouvementé que prévu. En huit ans, Benoît XVI a été confronté à plusieurs scandales qui ont ébranlé l’Eglise. L’affaire des prêtres accusés d’abus sexuels sur des mineurs au cours des dernières décennies a été la plus grave. «Il avait participé à l’étouffement de ces affaires», relève Frédéric Lenoir, sociologue et historien des religions. Benoît XVI a toutefois fait preuve d’une grande fermeté une fois pape. Dans un climat de honte et d’humiliation, il a condamné durement ces «péchés», accepté des démissions d’évêques, demandé pardon aux victimes et reconnu qu’une «purification» s’imposait au sein de l’Eglise».

Dans le même ordre, en 2012, le pape est cette fois confronté au scandale de fuites de documents confidentiels au sein du Vatican. Surnommée «Vatileaks», cette affaire, qui révèle les profondes rivalités au sein de la Curie romaine (le gouvernement du Saint-Siège), conduit à l’arrestation de son propre majordome, Paolo Gabriele. Selon Mgr Michel Dubost, évêque d’Évry-Corbeil-Essonnes, Benoît XVI a été très affecté par cette affaire. «Cela l’a éprouvé et fatigué. Il a été ´´trahi´´ par un proche. (…)Frédéric Lenoir est encore plus direct. Pour lui, «le scandale Vatileaks est la cause principale de la démission de Benoît XVI. Il n’est plus en état de gérer ces querelles violentes, même si l’affaire est juridiquement terminée».

La troisième raison – de notre point de vue de loin la plus importante et la plus grave- pour l’Eglise, est d’abord, le constat de la crise des vocations, malgré l’Opus Dei que l’on appelle les «légionnaires du Christ» les Eglises se vident. L’Eglise perd pied et les sociétés occidentales remettent en cause le fait religieux dans son ensemble. Nous le voyons avec l’éclatement de la famille traditionnelle remplacée entre autres par «le mariage pour tous» et dont les conséquences seront imprévisibles car toutes les religions sont confrontées à cette «modernité». Au lieu d’inventer une nouvelle façon de s’adapter ensemble chacune dans sa spiritualité, les religions chrétienne et juive pensent que le mal est l’Islam et qu’il faut à tout prix réduire en se taisant quand les pays occidentaux encouragent justement les extrémismes dans les pays musulmans.

Le silence de Benoît XVI concernant l’islamophobie est assurément une tâche noire de son pontificat. Nous sommes loin de l’aggiornamento de Paul VI. Mieux encore, la première chose faite par Benoît XVI après son élection est de supprimer le secrétariat pour le dialogue avec les religions, une des retombées de Vatican II gardée par Jean-Paul II. Il a fallu  attendre ces dernières années pour que Benoît XVI se fasse violence et renoue un dialogue auquel il ne croit pas.

Une Eglise en questionnement  en face d’une science conquérante

Une autre raison, qui aurait contribué à sa décision, concernerait de notre point de vue son désarroi devant les conquêtes de la science; les miracles sortent à la chaîne des laboratoires et sont à la portée du premier mécréant venu pourvu qu’il soit un savant. Souvenons-nous comment le clonage de Dolly a été mal vécu par les religions. Le biologiste, Craig Venter a synthétisé la première cellule vivante.

Des biologistes américains proposent de «marier» le patrimoine génétique de l’homme du Neandertal qui a vécu il y a 35.000 ans- et dont, ils ont pu reconstituer le génome à partir de son ADN avec, celui d’une femme du XXIe siècle! Par ailleurs, l’homme réparé est une réalité, on peut changer tous les organes ou presque de l’homme et lui prolonger la vie. On peut lire dans les pensées d’un individu. Dans le domaine de l’univers, le boson de Higgs nous explique le fondement de la matière primordiale et les premiers balbutiements de l’univers. Enfin, le robot Curiosity nous parle de l’histoire de Mars en forant pour rechercher la vie.

Devant toutes ses avancées, que fait l’Eglise? Après avoir longtemps été dogmatique et promis le bûcher lors de l’Inquisition, elle «suit le mouvement» et recule en s’installant dans le concordisme Pour Jean Paul II, le big bang, c’est le «fiat lux». Le pape a essayé de s’accrocher à la modernité en conversant avec les astronautes ou en ouvrant un compte Twitter pour échanger avec les internautes. Rien n’y fit, le pape ne comprend pas le siècle. Enfin, quand le pape Benoît XVI annule le purgatoire qui a fait partie des espérances de millions de chrétiens pendant plus d’un millénaire, il y a de quoi douter de faits que l’on nous présente comme des vérités intangibles. Et l’on s’étonne ensuite qu’il n’y ait pas de fidèles qui ne croient plus, qui doutent, qui veulent savoir. Mutatis mutandis, c’est la même angoisse que l’on trouve dans les autres spiritualités.

Que pouvons nous retenir de Benoît XVI ancien pape redevenu cardinal?

Benoît XVI laisse, dit-on, l’image d’un pape «humble, spirituel mais identitaire». Peut-être, car personne ne remet en cause sa science, mais qu’a-t-il fait pour l’ouverture? Que reste-t-il de Vatican II qui avait donné l’illusion de l’apaisement inter-religieux? Pour Fiammetta Venner. «Des courants au sein de l’Église catholique tentent depuis la fin de Vatican II de le vider de son sens. (…) Alors qu’il n’était que le cardinal Ratzinger, le pape Benoît XVI estimait déjà que Vatican II n’était qu’une parenthèse. (…) Il a ainsi ouvert la porte de l’Église à des intégristes membres de la Légion du Christ, de l’Opus Dei et à des traditionalistes. (…) Benoît XVI s’entête à affirmer que l’Église est supérieure. Il interdit même l’emploi du terme Église-soeur, ce qui est la base de Vatican II. Le pape s’appuie sur des réseaux qui, pour certains, étaient déjà présents sous Jean-Paul II, tels que l’Opus Dei et les Légionnaires du Christ. Il confie ainsi aux Légionnaires du Christ la lutte contre l’oecuménisme.»

Une autre «faillibilité» du pape est son sacerdoce à présenter l’Europe comme la matrice du christianisme, le berceau unique de la chrétienté. Pour lui, l’Europe n’aurait d’existence que par une évolution siamoise interdépendante du christianisme. Il faut quand même rétablir l’histoire du christianisme en Europe. Le christianisme s’est bâti à Constantinople, est né en Palestine et s’est répandu au Proche-Orient. Le fait que certains «Romains» veulent se l’approprier est quelque chose qui se doit d’être mis au clair. Une citation de C. Lepelley dit même que le christianisme occidental latin est né en fait en Afrique du Nord. Qui ne connaît les Berbères, Augustin d’Hippone – l’un des Pères de l’Eglise -, Tertullien Lactance, Donat qui ont contribué à «asseoir le christianisme». Il n’y a rien d’européen dans le martyre de Salsa de Tipaza ou de Roba la Berbère qui lutta pour un christianisme des déshérités. Qui peut oublier que la Vierge Marie aurait passé les dernières heures de sa vie aux côtés de l’apôtre Jean, dans un sanctuaire près de la cité antique d’Éphèse dans l’actuelle Turquie? C’est dire si l’infaillibilité du pape est un mythe.»

Par ailleurs, comme rapporté par le journal L’Orient le Jour, «(…) le pape a défendu la famille traditionnelle, et est resté sur la ligne constante de l’Église hostile à l’avortement et l’euthanasie. La première polémique en 2006 l’a opposé au monde musulman quand il avait dénoncé la violence au nom de la religion, dans une allusion indirecte à l’Islam. Dans son discours de Ratisbonne il a dénié aussi à l’Islam toute rationalité. Le tollé soulevé a été en partie amoindri lors de la visite du pape en Turquie, il a prié dans la Mosquée bleue. La seconde a été déclenchée fin janvier 2009 par sa décision de lever l’excommunication de quatre évêques intégristes dont un négationniste, Richard Williamson.»

Les chantiers du futur pape

En mars lit-on sur le journal L’Orient le Jour, «l’Eglise aura deux papes: un régnant et un émérite. Du jamais-vu. Selon Andrea Tornielli, expert de La Stampa, plusieurs éditorialistes comme le directeur du journal Repubblica Ezio Mauro ont salué «l’irruption de la modernité» dans une Eglise vieille de 2000 ans. «On va vers des pontificats à terme et non plus à vie».(…) selon le Vatican.» «Des noms circulent déjà avec insistance: l’archevêque de Milan, Angelo Scola, celui de Manille, Luis Antonio Tagle, ses collègues de San Paolo, Claudio Hummes, de New York, Timothy Dolan ou le Canadien, Mgr Marc Ouellet. (…) Selon le prêtre Andrea Gallo, en démissionnant, Benoît XVI a lancé un autre message: «Vu les scandales, le schisme caché, la chute verticale des vocations, les couvents pour femmes et hommes vides, beaucoup de catholiques en Europe et dans le monde qui abandonnent l’Eglise, il a compris qu’il faut affronter ces problèmes avec un mini-concile, un Concile Vatican III». Il a cité parmi les «thèmes fondamentaux» à aborder: la collégialité, la bioéthique, la sexualité, le célibat, l’ordination des femmes».**Professeur Chems Eddine Chitour-Ecole Polytechnique enp-edu.dz–Mondialisation.ca, 14 février 2013

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4 réponses à “Le pape au cœur du scandale des abus sexuels”

  1. 2 11 2011
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