Les superstitions chez les uns et les autres

*Légendes, croyances et mythes

Les superstitions chez les uns et les autres

**Algérie-  Le 5 juin 1990, lors d’un meeting électoral du parti dissous, le Front islamique du salut (FIS), les militants ont cru lire dans le ciel les mots «Allahou Akbar». Beaucoup crurent au miracle. D’autres ont suspecté les organisateurs de la manifestation d’avoir inscrit ces mots au laser. Les islamistes, qui qualifient les superstitions d’«hérésie» (bidaâ), y auraient, eux aussi, eu recours pour parvenir à leurs fins. 

Lorsque l’expédition de Charles Quint contre Alger en 1541 tourna à l’échec, les Algérois ont cru à la protection de Sidi Abderrahmane. Alors que l’armée espagnole, forte de 22.000 hommes, se dirigeait vers Alger, une tempête est survenue, mettant la flotte dans une situation périlleuse ; elle fut contrainte de rebrousser chemin. Depuis ce jour, l’on raconte qu’Alger ne serait jamais prise …


ailleurs dans le monde 

- En Afrique

L’Afrique est généralement considérée comme la terre des superstitions les plus farfelues. Dans certains pays africains, les albinos paient de leur vie certaines croyances. En Tanzanie et au Burundi, ils sont victimes de meurtres liés à des croyances ancestrales. Une fois tués, des sorciers découpent les corps en morceaux puis préparent une potion, vendue au «payeur», bien souvent un notable de la société tanzanienne. On raconte que boire ce breuvage rendrait riche et beau pour l’éternité.

- Aux états-Unis

Dans le pays de l’oncle Sam, une psychose au nom imprononçable – la  paraskevidékatriaphobie – ralentit l’économie et oblige l’armée à prendre des mesures exceptionnelles. Il s’agit de la phobie du vendredi 13. L’US Navy ne lance pas de navire un vendredi 13 et les 13e rue ou 13e avenue n’existent pas sur les plans de certaines villes. D’après Donald Dossey, psychothérapeute et fondateur de l’Institut pour le management du stress et des phobies, le vendredi 13 cause de 800 à 90  millions de dollars de pertes pour l’économie américaine, liées notamment au comportement des Américains qui refusent de voyager, de faire des affaires ou de travailler.

-En Bolivie

Selon le calendrier maya, la fin du monde est prévue pour décembre 2012. Le ministre des Affaires étrangères bolivien, David Choquehuanca, a décidé que le mois de décembre 2012 marquerait la fin du capitalisme, à défaut de voir la fin du monde arriver. En effet, le gouvernement bolivien a pris la décision de chasser de ses terres la compagnie américaine Coca-Cola, symbole par excellence du capitalisme, selon lui.

- Pendant les Jeux olympiques

Les sportifs et la superstition font toujours bon ménage. Pendant les Jeux olympiques qui se déroulent actuellement à Londres, de nombreux compétiteurs ont adopté des pratiques bizarres. Le nageur américain Michael Phelps enlève ses écouteurs, fait trois moulinets de bras et monte sur son plot de départ. Et lorsque la joueuse de tennis Serena Williams entre sur un court, elle lace toujours ses chaussures de la même manière et fait rebondir la balle cinq fois. Selon une recherche réalisée par une équipe de psychologues de l’université allemande de Cologne publiée en 2010 dans la revue Psychological Science, les sportifs ayant des «porte-bonheur» obtiendraient de meilleurs résultats.  *Synthèse Amel Blidi (El Watan-04.08.2012.)

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**L’Algérien est-il superstitieux ?

 Dès la tombée de la nuit, certaines mères de famille se pressent de faire rentrer leurs enfants afin d’éviter que le «diable» ne s’empare d’eux. La personnalité des Algériens a été façonnée à partir d’un mélange de réel et d’imaginaire, de mythes et de légendes, d’histoires fictives et réelles. Parfois, la métaphysique cède la place à l’absurde.

Comme cette anecdote rapportée par le journal sportif Le Buteur selon laquelle un attaquant de l’équipe nationale de football espoirs, Mohamed Chalali, aurait accusé l’équipe marocaine de sorcellerie.
«Le joueur était, selon le journal, convaincu qu’un grigri marocain avait été mis dans son sac, car il a été victime d’un claquage aux adducteurs dès les premières minutes du match.»

Vieilles Kabyles vs islamistes

Les superstitions et les croyances populaires, qui ne suscitent souvent qu’un haussement d’épaules des intellectuels et modernistes, sont pourchassées par les islamistes.
Dans la région de Melbou, ville balnéaire de petite Kabylie, les légendes se heurtent à la religion. A l’entrée de la grotte Yemma Melbou, des odeurs d’encens, des cendres et des offrandes de sel rappellent que les villageois viennent prier Melbou pour qu’elle exauce leurs vœux. Le fait est que le village porte le nom d’une belle d’Andalousie ayant échoué sur les rives d’Aït Segoual, qui disposait d’un savoir que les villageois ne connaissaient pas. Ils se sont alors mis à croire à ses pouvoirs surnaturels.

Des femmes restaient des heures dans la grotte de Melbou à attendre que l’une des stalagmites délivre une goutte d’eau qui leur assurerait, selon la croyance populaire, la fertilité. Maintenant que l’illettrisme a pratiquement disparu, les visites à la grotte de Melbou se font plus rares. Seules quelques rares vieilles du village font encore des waâdas en son honneur. Des manifestations auxquelles s’opposent fermement les religieux du village assimilant ces pratiques au shirk. Il se raconte aussi qu’en mai 1945, les villageois rassemblés sur la plage de Melbou par les troupes françaises auraient été sauvés par l’apparition d’une vieille femme sur les rochers. Depuis ce jour, l’histoire de Takhalouit El Marsa (la vieille femme du port) se transmet de génération en génération. Des femmes y allument des cierges pour implorer sa protection. Mais la pratique se perd, car plusieurs voix se sont élevées contre des pratiques irrationnelles et n’ayant aucune valeur.

La version la plus probable, dit-on, mais beaucoup moins romantique, est que les soldats français ont reçu des appels radio pour relâcher les personnes interpellées.Les croyances les plus persistantes sont généralement liées à la culture soufie. Le fait est que chaque village possède son saint marabout : Sidi Abderrahmane protège La Casbah d’Alger, Sidi Boumediene préserve Tlemcen, Sidi El Houari est le saint patron d’Oran, Mokhtar Sidi Kada garde Mascara, tandis que Sidi Hmeïda protège Annaba et que Sidi Maâmmar, Djedi Menguelat ou Yemma Gouraya veillent sur la Kabylie. Leur pierre tombale est mythifiée. On y revient pour faire des vœux, pour marier une jeune fille, demander secours en cas de détresse ou de maladie. «L’on raconte qu’un cheikh avait dit une prière pour ma famille. Les filles de ma lignée ne devaient jamais manger la langue de mouton ni porter de chaussures rouges. Il avait aussi prédit qu’elles seraient très intelligentes et instruites et de ce point de vue, il avait raison», nous confie Anissa, médecin originaire de Tazmalt. En Kabylie, il est encore des familles qui prénomment leur fils Akli (l’esclave) ou Larbi (l’arabe) pour leur éviter le mauvais œil.

Au rythme du bendir…

Dans certaines régions du Sud, on se laisse porter par les parfums de l’encens et les rythmes du bendir. A Beni Abbès, près de Béchar, l’on danse encore, jusqu’à atteindre la transe, pour expier la douleur.
A l’occasion du Mawlid Ennabaoui, les hommes habillés de blanc donnent des coups de baroud pour chasser les mauvaises pensées et les esprits malins. «Le peuple n’invente rien, tout est lié à la culture soufie. Bien sûr, l’imaginaire populaire tend quelquefois à exagérer les choses ou à enjoliver les événements ou les personnages des Awilya. Mais elles tiennent généralement leurs racines de la religion populaire», explique Said Djabelkhir, chercheur, spécialiste en soufisme.

D’autres considèrent que même si la religion a pu nourrir ou inspirer certains comportements, il ne faudrait pas les confondre. «La superstition est, le plus souvent, forgée par les croyances populaires avec quelquefois un rituel au contraire de la religion qui parle de foi et de dogme», souligne l’ethnologue malien Alfred Kalamby.  La superstition reste un témoin des épreuves qu’a traversées le pays, de ses traditions séculaires et de l’imaginaire populaire.  Les coutumes antéislamiques et les rituels anciens avaient jusque-là parfaitement cohabité avec l’islam, dans un entrelacement du sacré et du profane.

Elles se font plus tenaces lorsque des espoirs ou des craintes se manifestent.  Qu’en reste-t-il dans l’Algérie du XXIe siècle ? Dans les mariages, les proches de la mariée dissimulent son henné, de peur qu’on lui jette un sort et l’on veille à ce qu’elle porte un petit garçon sur ses genoux ou à ce qu’un enfant de sexe masculin lui ferme sa ceinture pour qu’elle donne un héritier à la famille.
Certains égorgent encore des coqs pour fêter l’achat d’une voiture ou l’acquisition d’une maison. Et l’on attribue toujours le célibat à des causes métaphysiques (mauvais sort, manque de chance…). S’il est un fait accompli qu’un bon nombre d’Algériens préfèrent consulter un «taleb» ou un imam plutôt que d’aller vers un psychothérapeute, il est plus surprenant de constater que les psys eux-mêmes ont recours à ces pratiques. «Certains psychothérapeutes ne savent plus à quel saint se vouer et sont complètement démunis, impuissants et se replient sur des positions de moralistes, prêchant la bonne parole en se référant au religieux et à la morale dominante ou en pratiquant carrément la rokia», écrit Chérifa Bouatta, professeur, dans la revue Psychologie, en soulignant que «ces difficultés et les dérives qu’elles peuvent entraîner (et elles peuvent être nombreuses) sont dues au fait qu’une licence en psychologie ne donne pas les compétences pour s’ériger en psychothérapeute».

500 000 superstitions recensées

Du reste, ces comportements sont universels : pas moins de 500 000 superstitions différentes dans le monde auraient été recensées.
Par le biais de la langue de Molière, certaines superstitions d’essence chrétienne nous sont parvenues. Le fait de toucher du bois est lié à la croix de Jésus tout comme le fait de croiser les doigts ou le nombre treize en référence au nombre de convives de la Cène et aux conséquences néfastes de ce repas.  D’autres superstitions ont des origines assez étonnantes. Comme celle préconisant de ne pas ouvrir un parapluie à l’intérieur d’une maison (auquel cas les filles ne se marieront jamais, diront nos grands-mères). Elle remonterait à l’invention des premiers parapluies mécaniques à Londres. Le mécanisme d’ouverture étant sec et rapide, il était recommandé de ne pas en ouvrir dans une petite pièce.
Les boutefeux de la charia crieront au kofr, les intellectuels en riront, mais les superstitions sont en nous, faisant partie intégrante de notre patrimoine culturel. *Amel Blidi (El Watan-04.08.2012.)

***Cherifa Bouatta. Psychothérapeute:

    «Il y a des dérives dans certaines pratiques»

- Y a-t-il encore des personnes qui préfèrent consulter un taleb plutôt qu’un psychothérapeute ?

Il y a plutôt des personnes qui voient des rakis, pour des tas de choses, certaines personnes disent qu’il y a des «troubles psychologiques», des difficultés qui ne sont pas du ressort du médecin ou du psychologue et qui se tournent vers la rokia. D’autres consultent le médecin ou le psychologue et le raki en même temps, en pensant qu’on multiplie ainsi ses chances de guérison.

- Est-ce que le fait de s’appuyer sur des «moralistes» ou sur des imams pratiquant la rokia peut s’avérer dangereux ?

Je pense qu’une grande partie des Algériens et des Algériennes vont voir le raki pour toute une série de raisons, maladie, malchance, difficultés de la vie…, cela a un effet rassurant. Généralement, le raki lit des versets coraniques. Mais il est vrai que lorsqu’il croit que la personne est possédée et qu’il se donne pour mission de s’attaquer au djinn, de le faire «sortir», cela peut être très dangereux, car il y va de l’intégrité physique de la personne, et parfois de sa vie.

- Les superstitions et les croyances populaires ont toujours fait partie du quotidien des Algériens. Ont-il une influence sur le comportement ?

Les croyances et les superstitions concernent tous les êtres humains, c’est même le propre de l’homme que d’avoir des croyances et d’élaborer des représentations et bien sûr que celles-ci influencent nos comportements. On peut rappeler, à cet effet, l’idée d’el âin, le mauvais œil, qui est fortement ancrée en Algérie. Les Algériens y croient fermement et développent des comportements pour l’éviter.
Il est aussi amusant d’observer les maisons qui affichent des cactus, des pneus ainsi que les khamsas portés par de nombreuses personnes pour se préserver de l’envie des autres qui peuvent vous jeter un sort. *Amel Blidi (El Watan-04.08.2012.)   

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les Français et leurs grigris

Dis-moi quelle est ta tribu je te dirai qui tu es dans culture 20090207PHOWWW00122 

Ils sont 41 % à s’avouer superstitieux. Presque un sur deux évite de poser le pain à l’envers sur la table. La rumeur veut que Nicolas Sarkozy garde dans un presse-papiers un grand trèfle à quatre feuilles, que Laurent Fabius refuse de passer sous une échelle, que Pavarotti se produisait sur scène avec un clou tordu dans sa poche ou encore qu’Andre Agassi conserve la même serviette en cas de victoire. Encore cette semaine sous les feux de l’actualité, Xavière Tiberi avait l’habitude, à la veille des municipales de 2001, de jetter du gros sel sous les portes cochères de ses adversaires. C’est ce que révèlent Guillaume Tabard (journaliste au Figaro) et Bruno Dive dans leur livre Les amis de l’Hôtel de Ville (Plon). De petites ou grandes superstitions que plus de deux Français sur cinq déclarent partager, selon un sondage TNS Sofres publié cette semaine. «Cela augmente à chaque sondage», relève Éloïse Mozzani, auteur du Livre des superstitions : Mythes, croyances et légendes. «Pendant longtemps, la superstition a été mal vue en France. Critiquées par les philosophes du siècle des Lumières et pendant tout le XIXe siècle, ces croyances étaient considérées comme une faiblesse d’esprit», rappelle-t-elle. «L’athéisme est le vice de quelques gens d’esprit, et la superstition le vice des sots», se moquait alors Voltaire. Les Français ont néanmoins conservé leurs superstitions, «tout en s’en cachant», explique Éloïse Mozzani. Et depuis quelques années, le tabou s’effrite. Preuve en est, la folie du mariage qui a gagné l’Hexagone pour la date symbolique du 7 juillet 2007.  Bon gré mal gré, sans y croire vraiment mais sans vouloir prendre de risque, nombre de Français fabriquent leurs croyances dans leur petit chaudron personnel. Optant pour des grigris branchés comme le bracelet brésilien, ou des objets traditionnels comme la patte de lapin. Parmi les grands classiques, le trèfle à quatre feuilles fait figure de favori puisque 37 % des Français estiment que cette trouvaille porte chance. Voir une étoile filante et toucher du bois représentent aussi un bon présage pour environ un tiers d’entre eux. Quand on en vient aux signes de malchance, les habitudes se font plus puissantes. Presqu’un Français sur deux évite en effet de poser le pain à l’envers sur la table. Quatre personnes sur dix refusent de passer sous une échelle et une sur trois d’ouvrir un parapluie dans une pièce ! Une part de la population préfère rester discrète. Ainsi, le vendredi 13 n’est un jour de chance que pour 17 % des Français. Dans le même temps, 41 % déclarent avoir joué à des jeux de hasard ce même jour. La Française des jeux ne s’y est d’ailleurs pas trompé en lançant ses grosses cagnottes. Moins complexés, les 15-34 ans se disent pour leur part superstitieux à 51 % contre seulement 31 % des plus de 60 ans. Enfin, les croyances évoluent selon les régions. Au premier rang, l’Auvergne affiche 48 % de superstitieux. Viennent ensuite la Lorraine, le Nord-Pas-de-Calais, l’Alsace et la Haute-Normandie. Le nombre de superstitieux pathologiques, qui sont atteints de troubles obsessionnels du comportement, «reste stable, autour de 2 %», rassure Valérie Jalfre, psychiatre à l’hôpital Cochin-Saint-Vincent de Paul. ( Le Figaro) 

 

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