19 MAI 1956.grève des étudiants

*Une grève historique des études était proposée au peuple algérien.

«…Effectivement, avec un diplôme en plus, nous ne ferons pas de meilleurs cadavres! A quoi donc serviraient-ils ces diplômes, qu’on continue à nous offrir, pendant que notre peuple lutte héroïquement… pour le monde qui nous observe, pour la nation qui nous appelle, pour le destin historique de notre pays, serions-nous des renégats?»

Appel à la grève le 19 mai 1956

Jeudi 19 mai 2011, des élèves ingénieurs de l’Ecole Polytechnique ont organisé un séminaire sur la fuite des cerveaux et ceci dans le sillage de la commémoration du 19 Mai 1956, il y a de cela 65 ans. On se souvient qu’à l’appel du FLN, canal historique, une grève des études illimitée était proposée au peuple algérien. Elle se voulait comme une protestation visant à impliquer tous les Algériens, quel que soit leur âge, pour démontrer que le FLN pouvait décider d’une grève qui serait automatiquement suivie. Qu´on se le dise! Le système éducatif colonial en Algérie se résumait à 1500 écoles primaires et 6 lycées, principalement pour les enfants européens. L´enseignement étant distillé à dose homéopathique pour les indigènes. Les aspects positifs se résument à moins de 500 diplômés en 132 ans! Mais passons! Ce qui nous intéresse, c´est l´avenir. Que l’on songe, à titre d’exemple, à l’appel à la grève illimitée des étudiants et des lycéens lancé par l’Union générale des étudiants musulmans algériens (Ugema), le 19 mai 1956. L’Ugema déclarait notamment: «…Effectivement avec un diplôme en plus, nous ne ferons pas de meilleurs cadavres! A quoi donc serviraient-ils ces diplômes, qu’on continue à nous offrir, pendant que notre peuple lutte héroïquement, pendant que nos mères, nos épouses, nos soeurs sont violées, pendant que nos enfants, nos vieillards tombent sous la mitraillette, les bombes, le napalm (…) Etudiants et intellectuels algériens, pour le monde qui nous observe, pour la nation qui nous appelle, pour le destin historique de notre pays, serions-nous des renégats?» Durant la révolution, le travail remarquable des révolutionnaires universitaires algériens à l’ONU mérite d’être souligné. En effet, la seule inscription chaque année de la «question algérienne» de la session annuelle des Nations unies, avait autant d’impact où les combattants de l’ALN se comportaient de façon héroïque. Les intellectuels de la révolution ont donc donné un contenu scientifique et culturel à la révolution en utilisant toutes les ressources de l’intelligence pour combattre la fausse image propagée par le pouvoir colonial. (…) Que reste-t-il des nobles idéaux qui ont animé les lycéens et les étudiants algériens de cette époque? A première vue, on constate «un désenchantement». (1)

L’argent facile
Les étudiants de 2011 sont terrassés par un quotidien et un avenir incertains, ceci du fait de l’anomie de l’université devenue un corps sans âme géré à la stalinienne par des paléo-enseignants qui font de leur passage dans l’administration une fin en soi, à telle enseigne qu’ils ne retournent plus enseigner quand vient le moment de la chute. On l’aura compris, nos étudiants subissant une galère, où le maître mot consiste à réussir de ce fait, tous les moyens sont bons, même les plus répréhensibles. Nous étudiants ne sommes pas politisés et nous ne devons pas confondre endoctrinements partisans qui font que l’université est la caisse de résonnance des partis en mal de légitimité populaire mais qui, par étudiants, entretiennent la fitna pour une part hypothétique d’un gâteau qui peut se décliner de différentes façons, notamment l’appartenance à une «famille révolutionnaire» dont il faudra bien qu’un jour, le citoyen lambda connaisse sa réelle valeur ajoutée. L’Etat lui-même dos au mur, tente de calmer la rue par une distribution anarchique de la rente sans rien demander en échange.
Nos étudiants, à leur corps défendant, ne connaissent pour la plupart rien des enjeux du monde, des stratégies, bref, ils ne croient plus à rien, et tétanisés par une fatalité, pour deux raisons majeures. D’une part, l’incurie qu’ils constatent au quotidien ne leur donne comme image que les «bons exemples» en termes de vampirisme du pays, et de trabendisme de l’argent facile, de l’impunité et naturellement, on l’aura compris, à mille lieues des quelque repères moraux qu’on lui inculque. D’autre part, en tant qu’intellectuels potentiels, ils ne voient pas le bout du tunnel, la perpétuation une cinquantaine d’années, des méthodes de gestion irrationnelles atomisent leur faible espoir de voir, un jour, l’Algérie mettre en oeuvre, dans ce nouveau siècle, une autre légitimité, celle de la méritocratie qui est le plus sûr garant pour mener une bataille autrement plus incertaine, celle de la survie, dans un monde qui ne fait pas de place aux plus faibles intellectuellement. En fait, rien ne peut se faire dans l’approximation, la grande erreur de nos gouvernants c’est de croire que l’on peut entrer dans le développement, dans la modernité, et dans le monde de la science par effraction.
La mal-vie de nos élites résulte d’un manque de vision et d’une fuite en avant vers une mondialisation-laminoir qui est en train, les derniers «accords» aidant, présentés, cependant, comme des victoires, de laminer nos dernières défenses immunitaires. Nous deviendrons, alors à Dieu ne plaise, véritablement un bazar, dans ces cas on n’aura pas besoin de cadres, d’enseignants puisqu’il s’agit de consommer tant que vous aurez des euros ou des dollars. Il paraît naturellement inutile de faire appel à notre diaspora..
Nous, enseignants, avons notre part de responsabilité. S’il est important que la Société reconnaisse aux enseignants un rôle majeur dans la formation du diplômé de demain, capable de se déployer sans peine dans un environnement mondial de plus en plus hostile, encore faut-il raison garder. Nous autres enseignants, nous devons être des repères au quotidien pour nous étudiants et pour la société qui nous regarde. Nous devons trouver en nous-mêmes le courage nécessaire pour faire notre autocritique, en dénonçant ceux qui démonétisent par leur façon d’être la fonction d’enseignant. Nous nous devons de respecter l’effort et le mérite, la sueur et les résultats sur le «terrain». Il vient tout naturellement qu’il serait immoral d’uniformiser les salaires à fonction égale. Il faut au contraire, mondialisation et performance obligent, récompenser les «producteurs de science». Cette fonction discriminante est la seule vraie échelle, basée sur l’effort permanent. Enfin, il est de la plus haute importance que le regard de la société à travers ses dirigeants, vis-à-vis de la communauté des «formateurs de matière grise» change radicalement. La réforme «placebo» que l’on impose sans débat, nous conduira droit dans le mur. Il faut en effet retenir que cette réforme européenne est surtout une réforme des systèmes éducatifs «riches de leur force de frappe» en termes de sédimentation, de moyens et surtout d’encadrement de haut niveau et de pertinence de recherche. Cette réforme a pour ambition d’assurer la mobilité des étudiants et des enseignants à travers l’espace européen. Avec qui allons-nous échanger nos étudiants, avec les universités marocaines ou tunisiennes aussi sinistrées que nous et qui ont une piètre opinion de l’espace maghrébin préférant tendre la main vis-à-vis de l’Europe? Il nous faut savoir que le LMD n’a rien de révolutionnaire. Le LMD, dimensionné pour les universités, les étudiants et les métiers européens, ne peut pas s’appliquer chez nous sans un nécessaire état des lieux et surtout sans des états généraux qui devraient mobiliser tous les secteurs réceptacles des diplômés que l’université a pour mission de former. On saura alors pourquoi on sacrifie la formation d’ingénieurs sous les conseils avisés de ceux qui nous veulent du bien mais qui ne sacrifient pas leurs écoles d’ingénieurs comme on le fait avec la destruction programmée de l’Ecole Polytechnique qui tente de résister à la démolition, sous le regard indifférent des pouvoirs publics et de la société.
La réalité est tout autre? Quels sont les métiers dont aura besoin l’Algérie dans dix ans? Quels sont les effectifs à former par grande discipline? Quel est l’avenir des «grandes écoles ou supposées telles? L’Algérie a-t-elle besoin d’une élite? Quel est l’avenir du système public de l’enseignement supérieur? Quelles sont les vraies prérogatives de l’enseignement supérieur? L’Université doit-elle continuer à former des chômeurs de luxe? Au risque de nous répéter, il faut savoir que rien ne peut se faire sans les «gardiens du Temple» que sont les enseignants. Est-il normal que ce soit les chefs d’établissement et leurs structures administraves qui décident de la pédagogie sur instruction de la tutelle en lieu et place des conseils scientifiques? La charte de l’Ethique avait tracé les domaines d’intervention de chaque entité. Cette charte qui a demandé beaucoup d’effort tarde à être appliquée

Les nationaux expatriés et la «fuite des cerveaux»
Cela m’amène à parler de nos nationaux expatriés. Quand on parle de fuite des cerveaux, implicitement dans l’imaginaire de chacun, on pense à tort ou peut-être à raison, que s’ils étaient là, ils sauveraient l’Algérie de l’anomie actuelle due notamment au faible niveau des élites restées au pays. Si le rôle bien compris de ces expatriés est indiscutable, on ne peut pas asseoir une université digne de ce nom, en diabolisant régulièrement les enseignants.
Avant de parler de la fuite des cerveaux, il faut s’interroger sur les causes qui ont amené à cette fuite. Il y a d’abord, de notre point de vue, les conditions matérielles. C’est un scandale que le ministère de la Solidarité proposait des CDD à 8000 DA à des Bacs+5 à quelques centaines de kilomètres d’une Europe qui les attire comme un aimant qui ne permettent pas un épanouissement de l’individu diplômé surtout s’il a de réelles chances de s’insérer ailleurs avec l’appel des cartes vertes américaines et canadiennes, voire l’immigration choisie de Sarkozy. Il y a aussi le manque de conditions scientifiques de travail, il y a aussi la démonétisation des valeurs. Cela a commencé avec l’indépendance. Ce qui fait qu’en 2010 un footballeur de l’équipe nationale peut toucher en une fois ce qu’un universitaire ne pourra avoir qu’en vivant plusieurs vies comme HighLander. Il n’est pas normal que l’Ecole qui doit être un ascendeur social ne fasse plus rêver. Certains parents préfèrent inscrire leurs enfants dans des clubs de football et assistent aux entrainements plutôt que de chercher des maîtres pour leurs enfants. Voilà à quoi est réduit notre système éducatif! S´agissant des compétences extérieures, il ne faut pas croire que rien ne se fait. Ceux qui ont l´amour du pays viennent souvent et participent à distance. Ce n´est pas une question de sous qui est pour eux secondaire, d´autant qu´ils ne peuvent objectivement pas se déraciner une seconde fois. On l’aura compris, ceux-là ne viennent pas en croisière en été – comme celle qu’a organisée le ministère de la Solidarité – nous dire, il y a qu’à…faire cela ou cela sans connaître les pesanteurs de cette Algérie profonde. Le djihad contre l´ignorance est un djihad toujours recommencé, c´est, d´une certaine façon, le «grand djihad» sans médaille, sans m´as-tu-vu, sans attestation communale, sans bousculade pour des postes honorifiques qui ne sont pas le fruit d´une quelconque compétence, mais, assurément, d´une allégeance suspecte. Nous devrons graduellement aller vers de nouvelles légitimités pour récompenser ceux qui, véritablement, ont servi et ne se sont pas servis et n´ont naturellement pas été servis. Il est utopique et dangereux de penser que l´Algérie continuera d´une façon paresseuse à engranger des devises pendant encore longtemps. Seules une formation supérieure de qualité et une recherche nous permettront d´avoir une chance d´exister dans le nouveau monde qui se dessine. L´Université doit être partie prenante de ces mutations. Le combat de nos aînés et leur engagement dans la Révolution par cette fameuse grève de 1956 sont, pour les générations actuelles, un exemple à suivre. Comme l’écrit d’une façon élégante Ahmed Halfaoui dans un article percutant «Le retour des enfants prodigues» à propos de la dernière rencontre du 14 mai où des Algériens expatriés ont exposé leur vision de l’Algérie: «Des gars du bled, enfin, nous reviennent de très loin, avec dans les bagages un gros cadeau. On avait fini par les oublier; ils étaient partis depuis si longtemps. Ils sont là. De véritables enfants prodigues avec des cerveaux gros comme on ne peut pas. Ils ont travaillé comme des brutes pour fabriquer leur cadeau. Et quel cadeau! Ils ont sué sang et eau pour qu’il soit prêt le jour venu. On les a attendus et accueillis comme il le fallait. Le cadeau est un gros livre sur l’Algérie, sur ceux qui sont restés. La preuve qu’ils ne sont pas ingrats. Ils sont revenus donner au pays ce qui lui manquait, leur intelligence. Même si c’est un rendu pour un prêté, on devrait louer le geste. Il y a bien longtemps, le pays leur avait payé des études dans ces lointaines terres qui font, aujourd’hui, saliver les jeunes d’ici. (…) Ils allaient se rendre, là-bas, apprendre ce qu’il faut savoir et revenir avec la tête qu’il faut pour réfléchir et construire le pays qui en avait bien besoin. C’était pour quoi ils ont été choisis et c’est pour quoi on avait utilisé l’argent public pour les faire étudier dans les meilleures écoles. Mais, eux, ils avaient oublié ça. Ils ont préféré rester là où ils ont pu et su se faire un nid et s’habituer au confort d’un pays qui n’avait pas les mêmes problèmes que le leur. Les années ont passé, ils ont vieilli et puis un miracle s’est produit. Certains d’entre eux se sont dit qu’il était temps de se manifester. Ils se sont mis à plusieurs, avec des gens restés au pays, pour l’écrire ce pavé qui est proposé comme une ordonnance au malade qu’est l’Algérie. Parmi les remèdes prescrits, ce sont ceux qui concernent l’organe économique qui attirent le plus. En les appliquant, l’efficacité serait garantie. Le hic se trouve dans le fait que les recettes économiques proposées ressemblent à s’y méprendre à celles que l’on a déjà ingurgitées jusqu’à la lie». En définitive, parler de la fuite des cerveaux est de mon point de vue de loin secondaire; quand un organisme perd son sang, on ne pense pas à remettre le sang perdu dans l’organisme, on met un garrot pour arrêter l’hémorragie et ensuite on soigne l’organisme pour combattre les raisons de l’hémorragie. Mutatis mutandis, nous devons en Algérie plus que jamais créer les conditions à même de limiter l’hémorragie – on ne peut pas l’arrêter totalement – cela veut dire qu’il faut revoir fondamentalement la vision que nous avons de l’éducation et de l’enseignement supérieur. Pour cela, il s’avère que le regard de la société évolue dans le sens de la valorisation des idées novatrices pour la formation de créateurs de richesse, pouvant se substituer à la politique de l’Etat-Providence une politique de l’imagination. Le moment est venu de substituer aux rentes de situations, pour le bien de ce pays, une nouvelle échelle sociale basée sur le savoir et le savoir-faire et la méritocratie. Il nous faudra aussi faire aimer ce pays à nos jeunes dont 75% sont nés après l’indépendance et dont ils ne connaissent que les rituels sans épaisseur des commémorations. Ils pourront, si on sait y faire inventer un nouveau 19 Mai 1956 avec les outils du XXIe siècle du Web 2.0, une nouvelle révolution de l’intelligence Ils seront des citoyens fiers de leurs trois mille ans d’histoire, assumant leurs identités et résolument tournés vers l’avenir. L’avenir de l’Algérie est à ce prix. Si l’Université prend véritablement les rênes de son destin et se remet en cause, alors la dimension symbolique de l’appel du 19 Mai 1956 sera vraiment pérenne, nos aînés seront tranquilles quant à l’avenir scientifique et technologique de notre pays. (L’Expression-21.05.2011.)

1. C.E. Chitour 19 mai 1956:A l’école du Djebel L’Expression du 21 Mai 2005
2. Ahmed Halfaoui http://www.lesdebats.com/editions/180511/les%20debats.htm

Pr Chems Eddine CHITOUR

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Les vérités historiques sur la grève des étudiants en 1956

Les médersiens et la guerre de Libération nationale», tel est le thème de la conférence qui sera animée par l’un des survivants du groupe d’étudiants volontaires choisis par Abane Ramdane, pour rejoindre les maquis des Wilayas III, IV et V.

Cette rencontre, purement culturelle et historique, se déroulera au complexe culturel du Chenoua (Tipasa) mardi prochain à partir de 14h30.
Le conférencier s’attellera à révéler beaucoup de vérités dans l’intérêt de l’écriture de l’histoire de notre pays. «La grève des étudiants n’a jamais été le fait de l’UGEMA, déclare le moudjahid Ghebalou Hamimed, c’est Abane Ramdane et Amara Rachid qui avaient entamé un travail avec les médersiens d’Alger qui activaient au sein d’une organisation clandestine du MTLD dirigée par Tahar Gaïd, avant de rejoindre  les rangs de l’ALN, dès le déclenchement de la Révolution au mois de novembre 1954»

Le maître d’œuvre de cette action patriotique n’était autre que le chahid Amara Rachid.
C’est le 20 octobre 1954, au domicile de Lounis, un médersien, qu’Amara Rachid, en présence de Gaïd Tahar, déclare aux jeunes responsables médersiens des cellules clandestines :
«Les frères du djebel vous informent que le temps de la politique est terminé et je vous confirme que le passage à une autre étape de notre lutte est imminent», rapporte Ghebalou Hamimed, l’un des membres présents à cette réunion secrète à La Casbah d’Alger.
Le grand stratège de la Révolution algérienne, Abane Ramdane, avait choisi seulement 10 médersiens volontaires, pour rejoindre le maquis.
L’action de ces éclaireurs, en regagnant les maquis des trois Wilayas sera un coup d’éclat qui dépassera les frontières du pays et donnera une autre dimension à la Révolution. Selon notre interlocuteur, ceux qui rejoindront la Wilaya IV sont : Amara Rachid, Boudissa Hassen, Boulefaâ Saci, Ghebalou Hamimed. Leurs camarades, Aouchiche Omar, Amraoui Mahmoud, Amraoui Ali, Saber et Lounis rejoindront la Wilaya III et Touati Ahmed, la Wilaya V. *El Watan-13.05.2013.

**témoignages sur la mobilisation des étudiants

La présence de ces deux authentiques moudjahidine, mardi dernier, au complexe culturel du Chenoua (Tipasa), en l’occurrence Gaïd Tahar et Ghebalou Hamimed, médersiens et acteurs historiques qui avaient participé activement aux démarches ayant précédé l’appel du 19 mai 1956, avait donné une dimension très importante à la conférence.

Des témoignages émouvants, de surcroît réels, relatés par Gaïd Tahar, qui était le responsable de 5 cellules clandestines du MTLD. «Il y avait 21 militants éparpillés dans les 5 cellules clandestines», précise Gaïd Tahar, qui est également l’un des membres fondateurs de l’UGTA.  Depuis la réunion tenue le 23 octobre 1954 à La Casbah d’Alger, dans la maison de l’oncle de Lounis, l’autre militant, les deux médersiens ne se sont pas revus. Gaïd Tahar et Ghebalou Hamimed se sont relayés pour apporter leur témoignage sur la préparation de l’appel du 19 mai 1956.

Les étudiantes du centre universitaire de Tipasa venues en grand nombre, ainsi que les citoyens venus d’Alger, de Bou Ismaïl, Hadjout et Tipasa avaient apprécié les menus détails fournis par les deux moudjahidine encore en vie. Ghebalou Hamimed s’est étalé avec une incroyable lucidité, d’une manière pédagogique et chronologique, sur moult péripéties, lors de ses interventions. D’ailleurs, il avait surpris son ancien chef, Gaïd Tahar, alias Abdelmoumène. Celui-ci apportait à son tour d’autres précisions. Les récits truffés de faits historiques vrais avaient été suivis dans un silence religieux par l’assistance.

Le rôle du visionnaire et du grand stratège de la Révolution algérienne, Abane Ramdane, avait été une fois de plus évoqué par les deux médersiens, rappelant aussi le rôle de leur ami chahid, Amara Rachid, alias Mustapha. Ghebalou Hamimed est aujourd’hui l’unique survivant des dix médersiens volontaires choisis par Abane Ramdane pour rejoindre les maquis des zones 3, 4 et 5, en qualité d’éclaireurs. «Je parlerai uniquement de ce que j’ai vécu, déclare Ghebalou Hamimed, d’autant plus avec la présence de notre ancien chef des cellules,  avant notre affectation dans les maquis afin que vous sachiez que l’appel du 19 mai avait été longuement préparé par Abane Ramadane.»

Le frère de la chahida, Malika Gaïd, intervient à son tour, pour préciser les raisons qui l’avaient empêché de rejoindre le maquis au même titre que les autres étudiants. «J’avais été arrêté par la police coloniale qui nous suivait partout», dit-il. Les deux conférenciers rappellent les objectifs recherchés par Abane Ramdane, quand il avait décidé d’envoyer Amara Rachid accompagné de Braham Mezhoudi et par la suite Saâd Dahleb à la rencontre de Zighout Youcef, après l’attaque héroïque dans le Nord constantinois.*El Watan-16.05.2013.

19 MAI 1956.grève des étudiants

**Youcef Khatib (colonel Si Hassan). Médecin, ancien chef de la Wilaya IV historique

******Né en 1932 à Chlef. Grand sportif, rejoint l’ALN en 1956 à la suite de la grève des étudiants décidée par le FLN, il abandonne ses études de médecine qu’il réprend à l’indépendance pour se spécialiser en chirurgie.****

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Il était une fois au milieu des années cinquante, un jeune homme rangé, aux cheveux noir corbeau, qui préféra larguer une vie studieuse, les amphis de la Fac pour aller crapahuter dans les djebels. Il était une fois un jeune homme de 81 ans, les cheveux gris coupés courts, la démarche droite, qui peut vous raconter à satiété sa destinée au service des autres et de son pays. D’abord en sa qualité de combattant et d’officier supérieur au maquis, ensuite en tant que médecin, sa passion de toujours !

Il vous dira avec humilité qu’il a délaissé ses études pour ses devoirs. Youcef Khatib, dit Si Hassan, est né le 19 novembre 1932 à El Asnam (Chlef), au sein d’une famille originaire de Mascara, alors que sa mère est issue de Mostaganem. Le père Ali, de condition modeste, menuisier, subvenait aux besoins de ses 6 garçons et 4 filles. Youcef naquit dans cette ambiance chaleureuse, comme il sied aux familles nombreuses, où la générosité, la solidarité ne sont pas de vains mots. Youcef effectue ses classes à l’école Lallemand, puis au collège  moderne d’Orléanville jusqu’à l’obtention du BEPC. Parallèlement, il apprend les rudiments du Coran auprès de M. Sahnoun, père de l’ancien diplomate. Son cycle secondaire est ponctué par la première partie du baccalauréat au lycée Bugeaud d’Alger, où il est pensionnaire.

Les études et les devoirs

Il ratera la 2e partie, mais se rattrapera  lors de la deuxième session en septembre, passée à Montpellier, où il obtient le fameux sésame avec mention. Pour joindre l’utile à l’agréable, Youcef tâte du sport notamment du football. «J’aime défendre. C’est pourquoi je jouais arrière central, poste où je suis le plus à l’aise. J’évoluais au G S Orléanville avec les Lions du Chelif. On a même joué la Coupe d’Afrique du Nord, en 1954, contre le RA Casablanca des Dris Tchouki  Abdeslam et autres, qu’on avait battu 3 à 1, au stade Municipal du Ruisseau avant d’échouer en finale face à l’ESM Guelma.

C’est au cours de ce match que je me suis blessé au genou sans pouvoir continuer la partie. J’étais un bon sportif et je ne l’ai pas regretté, car cela m’a beaucoup aidé au maquis, quelques semaines plus tard». Et d’ajouter : «Je me rappelle qu’on était partis au Maroc en 1953, par train, pour y affronter le WAC. J’étais junior et j’évoluais en senior, on avait le meilleur goal sur la place d’Alger du nom de Merle.» En octobre 1954, Youcef  rencontre à la faculté de médecine d’Alger, qu’il intégra, une dizaine d’Algériens, dont Medjaoui Abdelhalim, originaire de Remchi, brillant étudiant, majeur de promo, qui rejoindra par la suite le maquis et sera en quelque sorte celui qui introduira Youcef dans le monde tourmenté de la guerre, en le présentant au Dr Nekache qui exerçait à Oran.

Nekache créera une cellule FLN à Alger, où activaient le Dr Nefissa Hamoud et les étudiants Benouniche Mourad, Boudhekba Ahmed et Youcef alors en 2e année. «On nous apprenait la petite chirurgie et les premiers soins à apporter aux blessés. Mais en vérité, mon éveil à la conscience nationale date de longtemps. Certains événements m’avaient choqué, voire bouleversé. En 1950, Mohamed Hassan, membre de l’OS, était arrêté à Chlef. En 1952, la visite de Messali dans la même ville a été sanctionnée par un lourd bilan de morts.

Enfin, la réaction hostile des pieds-noirs, en mai 1954, après la défaite française en Indochine, m’avait aussi choqué. Mais le détonateur a été sans conteste le 19 mai 1956, quand le FLN avait donné ordre à l’Ugema de déclencher une grève générale. Amara Rachid était en contact direct avec Abane.» «Peu d’étudiants ont rejoint par la suite le maquis et ceux qui avaient franchi le pas, relevaient de la fac de médecine. Même les lycéens et les collégiens avaient suivi le mot d’ordre.»  «En ce qui me concerne,  j’ai pris l’omnibus Alger-Djelfa qui passe par Médéa. Mon contact, dans cette dernière ville, était le frère Boudherba Smaïl, médecin de son état. Je suis resté une semaine où j’ai connu le commissaire politique du coin, Si Brahim. Il m’était facile de rejoindre les monts de Tamezguida, en face. Mon contact était Bachene Mahmoud. A mon arrivée au maquis, on m’avait ramené deux blessés. J’ai pu en sauver un, le deuxième succomba à une hémorragie interne. Notre mission : soigner les blessés et les populations qu’on sensibilisait.»

Engagement ferme

Le 14 juillet 1956, une vaste opération est menée par l’ennemi dans la région de Sbaghlia dans le massif blidéen. C’est là que Amara Rachid périt alors que Azzedine et trois jeunes lycéennes, Myriam Belmihoub, Bazi Safia et Fadela Mesli, sont arrêtées. «En août 1956, je monte dans la région de Chréa. Mais je voulais être muté plus à l’ouest, dans l’Ouarsenis que je connaissais bien. Je me suis retrouvé à Palestro. C’est là que Ouamrane et Bougara se réunirent après le Congrès de la Soummam. Dans la région de Zbarbar, je suis resté jusqu’à décembre 1956 puis muté dans la Zone 3 dans le Zakkar. Le chef de zone était Baghdadi Allili et le PC se trouvait au sein de la zaouia Louzana.» Youcef raconte dans le détail les dures péripéties dramatiques, pathétiques et parfois pitoyables, imposées par le contexte où la nécessité fait loi. Il le fait d’une manière à la fois pudique et coléreuse.

On sait qu’il répugne à l’ostentation. Et même la réserve, que lui dicte sa pudeur, cache parfois difficilement ses émois. «La discrétion de Si Hassan fait aussi sa grandeur», glisse son vieil ami Mohamed, assis à ses côtés. En 1957, Youcef active comme volontaire dans la zone 7 Tiaret-Frenda, où il s’occupe à soigner les blessés tout en faisant le coup de feu. L’année 1958 a été la plus difficile du fait de la guerre psychologique : «Il y a eu comme une sorte de fléchissement. Ce qui explique la décision du chef de la Wilaya IV, Si M’hamed, d’envoyer à l’extérieur certains éléments qui n’étaient plus  en mesure de continuer.» Et puis il y avait un manque terrible d’armement, encore plus de munition. Qui mieux que ce témoignage pour nous renseigner sur ces dures épreuves.

Ce combattant qui raconte le fait  : lorsque, encerclés par l’ennemi dans les maquis, ils ne pouvaient livrer combat, en raison de leur petit nombre. Si Hassan était parmi eux, l’état major a pris la décision de sortir de l’encerclement  par petits groupes et c’est lui qui dirigeait l’opération de repli. «On aurait pensé que les chefs décideraient de se retirer en premier pour éviter que cette  Wilaya stratégique de la capitale ne sorte décapitée. Le colonel Bounaama Djilali, le prédécesseur de Si Hassan à la tête de la Wilaya, était tombé les armes à la main dans un encerclement le 20 juillet 1961. Et pourtant, ce n’est pas cette décision que prennent l’état-major et Si Hassan qui se sont employés à nous faire passer tous en premier et ce n’est qu’après qu’ils sont passés eux-mêmes.»  Et puis, il y a eu la «bleuite» qui a créé une véritable psychose.

Le complot a eu lieu, le noyautage aussi. Comment pouvions-nous  penser au pouvoir alors qu’on n’était pas sûr d’être vivant dans l’heure qui suit. Heureusement que la Révolution a pu déjouer ce piège.» En février 1959, Youcef est promu responsable politico-militaire de la  zone 3 Wilaya IV avec le grade de capitaine. Il assume ses responsabilités durant la période difficile traversée par la Wilaya IV, et ce, jusqu’à  juillet 1960, où il est promu membre du Conseil de la Wilaya IV avec le grade de commandant. Et l’affaire Si Salah ? «Le Conseil de la Wilaya IV sans consulter l’ensemble de sa composante a pris la décision de contacter de Gaulle non pour le cessez-le-feu et la paix des braves, comme le soutiennent certains, mais pour connaître les intentions du général et quelle est sa stratégie pour appliquer l’autodetermination.

La rencontre a eu lieu le 10 juin 1960. Les négociateurs n’avaient pas obtenu des préalables, à savoir contacter les 5 détenus en France et le GPRA à Tunis. Il n’y a pas eu trahison. Le 8 août 1961, Si M’hamed Bougara tombe au champ  d’honneur à Blida. Quelques mois auparavant et avec l’accord du GPRA, la Wilaya IV a eu aussi pour mission de réorganiser Alger. La mort de Si M’hamed «un homme exemplaire, d’une grande probité proche des humbles» laisse un grand vide. Youcef assure la direction de la Wilaya avec le commandant Youcef Benkherouf, le plus dur est à venir. Nous verrons comment la soif du pouvoir a changé la donne et a failli mener le pays à la catastrophe. N’empêche, la victoire a dû être amère.

Combats fratricides

Les combats fratricides l’ont entachée et nul ne pourra effacer les souillures. Pourtant, dans l’euphorie de l’indépendance, alors que les combattants sincères réfléchissaient déjà à la reconstruction, d’autres se fixaient sur la prise du pouvoir les premiers, une fois la libération arrachée par le fer et par le sang, sont retournés à leur vie et projet de départ. Comme Si Hassan qui reprit ses études de médecine, non sans savourer la liesse de la libération le 5 juillet 1962, il est parti avec ses officiers pour une grande parade avec  plusieurs bataillons de Kouba jusqu’à Sidi Fredj, en même temps que le colonel Mohand Oulhadj , chef de la Wilaya III, le colonel Saoutel Arab (Salah Boubnider, chef de la Wilaya II, à Sidi Fredj, là où le corps expéditionnaire français avait débarqué un 5 juillet 1830.

Lors de cette cérémonie ô combien symbolique, c’est au doyen, le colonel Mohand Oulhadj qu’échut l’honneur de hisser l’Emblème national. «La Révolution nous a réunis autour d’idéaux, de nobles idéaux, par ce geste nous voulions montrer combien était chère à nos yeux l’unité nationale et la défendre comme la prunelle de nos yeux. La crise de 1962, ou l’été de la discorde, a été vécue comme une tragédie.»  «La Wilaya IV s’est trouvée en position d’affrontement, mais elle a toujours privilégié sa position de neutralité. En fait, la crise a commencé lors du  CNRA en mai 1962 à Tripoli. Nous en traînons les séquelles jusqu’à aujourd’hui. La Wilaya IV avait donné procuration à Ahmed Bencherif pour la représenter à cette réunion. Il y a eu un clivage,  les Wilayas I, V et IV ont marché avec Ben Bella et l’état-major, les Wilayas II et III  avec le GPRA. Bencherif a voté pour Ben Bella. La réunion de Zemoura a regroupé la Wilaya III, la Wilaya IV et la Fédération de France du FLN en optant pour la légalité, donc pour le GPRA. Je suis parti à Rabat avec Mohand Oulhadj pour voir Ben Bella et Khider et tenter de les raisonner face à la guerre civile qui se profilait. Ils ne voulaient rien entendre leur souci était d’accaparer le pouvoir. On a pu réunir les chefs de Wilaya à Chlef, le 20 juillet 1962 : Zbiri pour la I, Boubnider (WII) Mohand Oulhadj (WIII), votre interlocuteur (WIV) Othmane (WV) et Chabani (WVI). Mais le clivage persistait et de Tlemcen, Ben Bella d’une manière autoritaire et illégale annonçait le bureau politique du FLN. Le 5 juillet, les combattants  de la Wilaya IV sont rentrés à Alger en force pour dire que la capitale est ville ouverte et appartient à tous les Algériens. D’un autre côté, il fallait encore faire face aux résidus de l’OAS et sa folie suicidaire. Je me suis résolu à réaliser mon projet en reprenant mes études de médecine. Le Congrès du FLN d’avril 1964 au cinéma Afrique me désigna membre du bureau politique aux côtés de deux autres chefs de wilaya : Mohamed Oulhadj et Mohamed Chabani. Quand l’affaire de ce dernier éclata, j’ai été missionné à Biskra avec Ali Mendjli, pour tenter de raisonner Chabani, en vain.»

Youcef fit partie du Conseil de la révolution lors de la prise de pouvoir par Boumediène le 19 juin 1965. «La déclaration du 19 juin bannissant le pouvoir personnel et prônant la démocratie m’a séduit. Je me suis dit pourquoi pas faire un pas et voir venir. Mais en réalité, j’étais plus accaparé par ma thèse  que j’ai terminée le 13 juillet 1967. La confiance commençant déjà à se lézarder au niveau des responsables, on m’avait proposé des postes mais j’ai refusé. Dans l’affaire Zbiri en 1967, je n’y étais pour rien, mais on a voulu régler des comptes de la wilaya IV qui avait osé défier la force, quelques années plus tôt.» Youcef sera jugé à Oran en août 1969 et sera mis en résidence surveillée à In Salah, où il est resté 3 ans, puis à Ouargla (6 mois) enfin à Tiaret.

Grandeur et déchéance

En octobre 1977, il ouvre un cabinet médical privé à Alger.  En 1993, il est appelé pour presider la commission du dialogue national. «Malgré tout, on a pu arriver à la conférence nationale ; rappelez-vous le contexte explosif, mais il n’ y a pas  eu de consensus. Notre mission était terminée.» A l’avènement de Liamine Zeroual à la tête de l’Etat, Youcef est sollicité en  tant que conseiller politique. «J’étais séduit parce qu’il était question de rupture et de la continuation du dialogue.»

En novembre 1995,  préférant sa liberté, Youcef se retire, consacrant davantage de temps à son cabinet de médecin. Le 12 décembre 1998, après la conférence sur l’histoire au Club des Pins, poussé par ses amis, il se promet de relever le défi de présenter sa candidature à la présidence de la République en réunissant plus de 100 000  signatures. «Je n’avais aucune structure, je me suis présenté en candidat libre, tout en sachant que les jeux étaient faussés. Si Hassan livre son dernier combat en créant ,le 11 septembre 2001, la fondation Mémoire Wilaya IV historique.

«Un devoir de mémoire envers tous ceux qui se sont sacrifiés pour ce pays et dont les âmes continuent à planer sur nos têtes.» Observateur aigu de la scène politique, Youcef est visiblement peiné par la situation dans laquelle patauge l’Algérie. «La corruption, dit-il, a existé, existe et existera. Mais à si grande échelle, du jamais vu ! Comme il en est de la médecine, dans la corruption on doit aussi prévenir et contrôler.  Mais le système n’est pas adapté.» Les médecins et le corps médical qui tempêtent à travers les grèves discontinues ? «Ceux qui revendiquent ont sûrement des raisons de le faire. Les injustices, les inégalités le mépris sont autant de ferments qui nourrissent la révolte et la haine. Alors la meilleure solution, c’est le dialogue.» D’une manière générale, Youcef estime que la situation du pays est actuellement très complexe.  «On navigue à vue et on ne sait pas où on va avec une gouvernance qui n’en est pas une. Il faut tout revoir et ce n’est guère facile.»
Alors docteur, c’est grave …*El Watan-16.05.2013.

Parcours :

Né en 1932 à Chlef. Grand sportif, rejoint l’ALN en 1956 à la suite de la grève des étudiants décidée par le FLN, abandonnant ses études de médecine qu’il a réprises à l’indépendance pour se spécialiser en chirurgie. De son nom de guerre «Si Hassan»,il a accompli toute sa carrière de l’ALN à l’intérieur du pays. Il a fait le coup de feu au maquis où il a passé six ans. Blessé, il en garde de s séquelles . Il a dirigé la Wilaya IV historique et s’est opposé à l’armée des frontières en 1962.Si Hassan a fait partie du Conseil de la Révolution. A été mis en résidence surveillée par Boumediène. Il a été notamment président de la commission du dialogue national et conseiller de Zeroual.

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25 réponses à “19 MAI 1956.grève des étudiants”

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