Les massacres du 17 Octobre 1961 à Paris

**Massacres du 17 octobre 1961

Hollande reconnaît «La répression sanglante»

Le président de la République française, François Hollande, a, dans un communiqué laconique, affirmé que «la République reconnaît avec lucidité ces faits» en rapport avec les manifestations du 17 octobre 1961 à Paris.

Paris.
De la correspondante d’El Watan-* Nadjia Bouzeghrane

Dans notre édition d’hier nous avons écrit «Hollande franchira-t-il le pas ?» de la reconnaissance de responsabilité de l’Etat français dans la sanglante répression de la manifestation pacifique des Algériens par la police de Paris, sous la conduite du préfet Maurice Papon. Aujourd’hui, nous retirons le point d’interrogation. Le président de la République française a, dans un communiqué de quelques lignes, apporté cette reconnaissance tant attendue par les rescapés des massacres et les familles des victimes disparues ou noyées dans la Seine.

«C’est une victoire, certes, mais c’est un premier pas», ont affirmé les porte-parole du Collectif 17 Octobre 1961. Vérité et justice. Et de préciser que cette reconnaissance doit s’étendre désormais à l’ensemble des crimes de la période coloniale. Lorsque Mehdi Lallaoui, réalisateur et président de l’association Au nom de la mémoire, a lu le communiqué de l’Elysée, hier soir, sur le pont Saint-Michel – où s’était rassemblée une foule très dense –, l’émotion était à son comble. Youyous et applaudissements ont accueilli la déclaration de François Hollande, dont voici le strict énoncé : «Le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour leur droit à l’indépendance ont été tués lors d’une sanglante répression. La République reconnaît avec lucidité ces faits. Cinquante et un ans après cette tragédie, je rends hommage à la mémoire des victimes.»

François Hollande s’était engagé, lors de la campagne présidentielle, à reconnaître officiellement ces massacres ; il a été signataire de l’«Appel pour la reconnaissance officielle de la tragédie du 17 Octobre 1961» lancé par le site d’information Médiapart en octobre 2011. C’était aussi une  revendication du Parti socialiste.

Olivier Le Cour Grandmaison, universitaire et président de l’association 17 Octobre 1961, et Gilles Manceron, historien et membre de la Ligue arabe, ont fait valoir qu’il reste la question des archives et leur ouverture aux historiens. Une des mesures que demande le Collectif 17 Octobre 1961. Vérité et justice, c’est «que la liberté d’accès aux archives soit effective pour tous, citoyens et historiens» car «pour être fidèles à leur mission scientifique, les historiens ont besoin de pouvoir accéder librement aux archives, échapper aux contrôles des pouvoirs ou des groupes de pression et travailler ensemble, avec leurs homologues de l’autre rive de la Méditerranée» ; que «la recherche historique sur ces questions soit encouragée, dans un cadre franco-algérien, international et indépendant».

«Le respect du peuple algérien, c’est de dire la vérité ; la vérité, c’est que le 17 octobre 1961, de très nombreux Algériens ont été jetés à la Seine, massacrés alors qu’ils manifestaient pacifiquement pour un droit à l’indépendance», a déclaré à la presse Bertrand Delanoë, après avoir déposé, dans la matinée, une gerbe de fleurs devant la plaque commémorative qu’il avait inaugurée en 2001 sur le pont Saint-Michel.
«Les signes sont nombreux depuis l’élection du président Hollande, ils sont nombreux, ils sont multiples, ils sont très encourageants», a pour sa part déclaré l’ambassadeur d’Algérie à Paris, Missoum Sbih, qui accompagnait le maire de Paris. Etaient également présents à la cérémonie le sénateur MRC et ancien ministre Jean-Pierre Chevènement et les ambassadeurs de Tunisie, de Libye, de Palestine et du Bahreïn. *El Watan-18.10.2012

Réactions :

Sellal salue les «bonnes intentions» de la France

Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, a salué à Alger «les bonnes intentions» manifestées par la France pour tourner la page des massacres d’Octobre 1961 dont ont été victimes des citoyens algériens, mais sans oublier ces faits. Lors d’une conférence de presse animée hier au Conseil de la nation, M. Sellal a souligné que la visite du président français en Algérie constituera un gage de la volonté de tourner cette page de l’histoire mais, a-t-il insisté, loin de l’oubli. François Hollande est attendu en décembre prochain pour une visite d’Etat en Algérie.

«Intolérable» pour l’UMP

Le chef de file des députés du parti de droite UMP, Christian Jacob, a rejeté les déclarations de François Hollande : «S’il n’est pas question de nier les événements du 17 Octobre 1961 et d’oublier les victimes, il est intolérable de mettre en cause la police républicaine et, avec elle, la République toute entière», a-t-il dit.

*******************Des images du massacre

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**En chiffres ramassés, ça donnerait ça : des milliers d’arrestations, des centaines d’Algériens jetés à la Seine. Parmi les 20.000 Algériens ayant manifesté pacifiquement en ce 17 octobre 1961, pas moins de 12.000 ont été arrêtés, puis parqués dans divers endroits de Paris : Palais des Sports, Vincennes, commissariats.

Question cadavres, on a repêché dans la Seine cent cinquante à deux cents corps avant même le 17 octobre. Autant pendant, et après. Fournies par l’historien Jean-Luc Einaudi, ces estimations laissent imaginer la violence des répressions policières.

Couvre-feu : la goutte d’eau …

C’est la protestation contre le couvre-feu, instauré par le préfet de police de Paris Maurice Papon, le 5 octobre 1961, qui met le feu aux poudres. Le même Maurice Papon qui, de triste mémoire, contrôla à partir de 1942 à la préfecture de la Gironde, le Service des affaires juives et participa à la politique d’arrestation et de déportation.

Réservé aux Algériens de Paris, les dits « Français musulmans d’Algérie », le couvre-feu reste, selon l’historien Gilles Manceron, ancien vice-président de la Ligue des Droits de l’Homme « une mesure discriminatoire et anticonstitutionnelle ». Car à l’époque et selon les mots de François Mitterrand, « l’Algérie c’est la France » et trois départements français sont encore directement administrés par le ministère de l’Intérieur. Comment distinguer alors les « Français musulmans d’Algérie », si ce n’est au faciès ?

Une chose est sûre, la justice en a pris un coup. Ainsi, cet extrait de la définition de crime contre l’humanité, « attaque généralisée et systématique contre une population civile » pourrait correspondre sans mal aux violences systématiques subies par les Algériens de Paris.

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17 octobre 1961. Hollande : « La République reconnaît les faits »

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*Le président François Hollande a déclaré mercredi que « la République reconnaît avec lucidité » la « répression sanglante » de la manifestation d’Algériens à Paris le 17 octobre 1961.

51e anniversaire des événements

« Le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l’indépendance ont été tués lors d’une sanglante répression », a déclaré François Hollande, selon un communiqué de l’Elysée.

« La République reconnaît avec lucidité ces faits. Cinquante et un ans après cette tragédie, je rends hommage à la mémoire des victimes », a-t-il ajouté, à l’occasion du 51e anniversaire de ces événements.

Reconnaissance officielle

Lundi, le Parti socialiste avait réclamé « une reconnaissance officielle » de la répression de cette manifestation, qui avait fait de nombreux morts.

Un an plus tôt jour pour jour, le 17 octobre 2011, François Hollande, qui venait de remporter la primaire PS pour être candidat à l’Elysée, s’était rendu à Clichy-la-Garenne, commune de proche banlieue parisienne, pour témoigner « de sa solidarité » avec les familles endeuillées par ces événements.

Il avait relevé que « trop longtemps cet événement (avait) été occulté des récits historiques » et qu’il était « important de rappeler ces faits ». François Hollande doit se rendre début décembre en voyage officiel en Algérie.*Ouest-France.jeudi 18 octobre 2012

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*Les massacres d’Octobre 1961 dans un film de Panijel

 Les évènements du 17 octobre 1961 en France, pendant lesquels des centaines de manifestants Algériens ont été massacrés par la police de Paris, marquent toujours une étape de l’histoire de la révolution algérienne. Le film de Jacques Panijel « Octobre à Paris », sortira le 19 octobre, alors que ces événements n’ont jamais été reconnus comme crime d’Etat. 

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A l’appel du Front de libération nationale (FLN), le 17 octobre, environ 30.000 algériens, femmes, hommes et enfants, marchent vers la place de l’Etoile à Paris, pour protester contre le couvre-feu imposé par la préfecture de police. La police semble alors avoir carte blanche pour faire cesser ce rassemblement, et au premier contact, la violence s’abat sur les manifestants pacifiques. Des Français opposés à la guerre d’Algérie étaient présents, à l’instar du journaliste Daniel Mermet, alors étudiant, ou Jacques Panijel. « Tapez pas sur les blancs ! », entends dans la bouche d’un policier un ami de Daniel Mermet venu porter secours à un Algérien blessé. Cette répression a fait plusieurs centaines de morts, selon les différents historiens, un vrai massacre. C’est à ce moment là que jacques panijel, horrifié, sent le besoin de faire un film sur ces événements qui l’ont marqué. Ne trouvant pas de soutien, Panijel décide de réaliser son film seul, dans la clandestinité et malgré les tentatives d’intimidation de la police.  (Ennahar-08.10.2011.)

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*Impunité et mépris

«Nous aurions, ‘‘contre l’oubli’’, un premier devoir: pensons d’abord aux victimes, rendons-leur la voix qu’elles ont perdue.» Jacques Derrida

«Le 17 octobre 1961, lors d’une manifestation non violente contre le couvre-feu qui leur était imposé, des dizaines d’Algériens étaient assassinés à Paris par des fonctionnaires de police aux ordres de leurs supérieurs. Depuis quarante-huit ans, ce crime contre l’humanité commis par l’État a été occulté, et ceux qui l’ont organisé n’ont jamais eu à rendre compte ni de leurs décisions ni de leurs actes. Petit rappel de la genèse de l’affaire: le 5 Octobre 1961, le préfet de police Maurice Papon publie un communiqué: « Dans le but de mettre un terme sans délai aux agissements criminels des terroristes, des mesures nouvelles viennent d’être décidées par la préfecture de police. En vue d’en faciliter l’exécution, il est conseillé de la façon la plus pressante aux travailleurs algériens de s’abstenir de circuler la nuit dans les rues de Paris et de la banlieue parisienne, et plus particulièrement de 20h30 à 5h30 du matin. (…) En conséquence, il est très vivement recommandé aux Français musulmans de circuler isolément, les petits groupes risquant de paraître suspects aux rondes et patrouilles de police. » De plus, le préfet de police décide que les débits de boissons tenus et fréquentés par les Français musulmans d’Algérie doivent fermer chaque jour à 19 heures.» Pour Jean-Luc Einaudy, les journées des 17 et du 18 octobre 1961 représentent le paroxysme de pratiques policières qui s’étaient installées et banalisées depuis bien longtemps. On pourrait même remonter antérieurement, au déclenchement de la guerre en Algérie tant les traditions policières antialgériennes sont anciennes. «(…) Il faut se rappeler qu’en juillet, à Lugrin, les négociations sont rompues avec le FLN sur la question de l’avenir du Sahara. Une situation qui va faciliter le recours aux supplétifs algériens, ces hommes enrôlés en Algérie. Dans l’ensemble, les actions menées [par le FLN Ndlr] sont défensives, les attentats contre les policiers sont menés en réponse à des actes de répression. Ils n’ont pas de caractère terroriste: (…) C’est une chasse à l’homme généralisée, à Paris comme en banlieue. Le préfet de police organisant un défoulement sans limites avec l’objectif de vider le sac du mécontentement de la police qui est réel, afin de le détourner du gouvernement qui a fort à faire avec les états d’âme de nombreux militaires et les entreprises séditieuses de l’OAS. (…)»(1)«Un pour…dix»
La version officielle en reste toujours aux deux morts, puis aux six morts reconnus par les services de police. Il a fallu attendre le rapport du conseiller d’État Mandelkern établi en 1997 à partir des archives de la préfecture de police alors secrètes, pour qu’on parle de plusieurs dizaines de morts, ce qui reste loin du compte. Mes recherches me conduisent à affirmer qu’il y a eu au moins 200 morts lors des journées des 17 et 18 octobre et plusieurs centaines durant les mois de septembre et d’octobre. Je publie les noms de 400 personnes retrouvées mortes, auxquelles il faut ajouter de très nombreux disparus dont on n’a jamais retrouvé les corps (…) Octobre, c’est l’émergence en plein Paris des pratiques criminelles qui s’étaient installées et généralisées en Algérie, c’est la manifestation de tout le système d’exactions que ce conflit a généré. De Gaulle couvre Papon et fait taire tous ceux qui réclament la tête du préfet de police: La manifestation était interdite. Le préfet de police a reçu mission et avait le devoir de s’y opposer. Il a fait ce qu’il devait faire. (…) Ce qui a été perpétré ressortit, au contraire, à un plan concerté, organisé et mis en oeuvre par les plus hautes autorités politiques et policières de l’époque qui ont décidé d’appliquer aux «Français musulmans d’Algérie» vivant en France un état d’exception permanent où les tortures, les séquestrations arbitraires, les enlèvements pour des motifs raciaux et politiques ne sont pas des accidents liés à des dysfonctionnements mais la norme de cet état d’exception. Selon Omar Boudaoud, cité par Youcef Girard, «la manifestation du 17 octobre 1961 agit comme un révélateur de l’action des pouvoirs de police française à l’égard des Algériens». Dans les jours précédant le 17 octobre, du 1er au 16 octobre 1961, l’Institut médico-légal de Paris recensa 54 cadavres de Maghrébins. (…) La répression contre le FLN s’intensifiait et l’ensemble des immigrés en subissaient les conséquences selon la logique coloniale de la répression collective. Le 2 octobre, au cours de l’enterrement d’un policier tué dans une attaque du FLN, Maurice Papon affirma: «Pour un coup reçu, nous en porterons dix.» (…) Le couvre-feu touchait particulièrement les militants nationalistes algériens car, selon Omar Boudaoud, «le travail du FLN s’effectuait généralement le soir: les réunions de militants se tenaient dans les cafés ou dans d’autres endroits, la collecte des cotisations s’effectuaient après la sortie du travail et le repas du soir, de même que la diffusion de la « littérature » FLN». Devant les difficultés que le couvre-feu entraînerait pour l’organisation nationaliste, le Comité fédéral expliquait que «l’application de ce couvre-feu deviendra un handicap insurmontable et paralysera toute activité. Essayez donc d’organiser quelque chose pour riposter».(2)
Le 17 octobre à 20h30, heure à laquelle débutait le couvre-feu, la première étape de la mobilisation fut mise en oeuvre: une grande manifestation non violente fut organisée à Paris. «Nous rappelâmes le caractère impératif de la directive: toute riposte était interdite. Pas question d’avoir le moindre canif» (…) Des policiers témoignaient: «Parmi les milliers d’Algériens emmenés au parc des Expositions de la porte de Versailles, des dizaines ont été tués à coups de crosse et de manche de pioche par enfoncement du crâne, éclatement de la rate ou du foie, brisure des membres. Leurs corps furent piétinés sous le regard bienveillant de M.Paris, contrôleur général. D’autres eurent les doigts arrachés par les membres du service d’ordre, policiers et gendarmes mobiles, qui s’étaient cyniquement intitulés « comité d’accueil »»(3) Connaissant les méthodes répressives inhumaines de la police, on peut s’interroger à juste titre pourquoi avoir exposé à la bestialité de la police des centaines d’Algériennes et d’Algériens. Omar Boudaoud s’explique: «Nous nous attendions certes à une vague de répression; mais nous étions tellement sûrs du caractère pacifique de la manifestation, que la sauvagerie et l’atrocité de la répression qui s’en suivit nous prit au dépourvu.» Après cette terrible nuit, l’Etat français s’employa à recouvrir les massacres du 17 octobre 1961 du voile de l’amnésie.(3)
Les événements du 17 octobre 1961 ont longtemps été frappés d’un oubli presque entier. Longtemps, nul ne semblait savoir qu’avait eu lieu en 1961 une manifestation de masse d’Algériens à Paris, ni qu’elle avait été réprimée avec une extrême violence. L’oubli qui a frappé la journée du 17 octobre 1961 est-il dû à la censure organisée par le pouvoir? C’est une explication que l’on a souvent invoquée; et au regard du nombre des saisies et des interdictions de publication, elle semble justifiée. Le journal Vérité-Liberté, qui dénonce les massacres et reproduit des témoignages, en particulier un tract de policiers dénonçant la violence extrême de la répression, est immédiatement saisi sur ordre du préfet de police M.Papon. Fin 1961, le livre Ratonnades à Paris, de P. Péju, est saisi lui aussi. (…) La censure ne semble pourtant pas suffire à expliquer l’oubli du 17 octobre, si l’on considère en particulier ce qui a été écrit dans la presse dans les jours qui ont suivi les massacres. Au lendemain de la manifestation, seuls L’Humanité et Libération dénoncent la violence de la répression; Le Monde et La Croix, se voulant neutres, relaient la version officielle de «heurts» avec la police tandis que Le Figaro et France-Soir affirment que ce sont les manifestants, «fanatisés» ou «manipulés» par le FLN. (…)(4)
Un crime oublié
«Un premier élément de réponse s’impose: le 17 octobre 1961 a d’abord été oublié au même titre que tous les crimes de la Guerre d’Algérie.(…) Mais l’oubli du 17 octobre 1961, c’est aussi son recouvrement et sa confusion avec la manifestation de Charonne. Le 8 février 1962, quelques mois après la manifestation des Algériens, le Parti communiste français organise une manifestation pour exiger que soit mis fin à la Guerre d’Algérie. Les policiers chargent et huit personnes trouvent la mort. A leurs obsèques se rassemblent plusieurs dizaines de milliers de personnes. La mémoire des martyrs de Charonne sera entretenue avec constance par le PCF et au-delà par l’ensemble de la gauche française. Charonne restera pour tous le symbole de la violence de l’Etat pendant la Guerre d’Algérie et a effacé de la mémoire le 17 octobre 1961.»(4)
Si, en 1972, P. Vidal-Naquet avait déjà rappelé les massacres des 17 et 18 octobre 1961 dans son livre La Torture dans la République, c’est à partir des années 1980 qu’ils acquièrent peu à peu une véritable publicité. (…) Tout au long des années 1980 et 1990, des intellectuels et des journalistes travaillent à ce que le 17 octobre acquière la publicité qui lui est refusée: en 1983 paraît le roman de D. Daeninckx, Meurtres pour mémoire; en 1985, le livre de M.Lévine, Les ratonnades d’octobre; La Bataille de Paris, publié en 1991. A partir d’archives du FLN, de témoignages de manifestants et de policiers, à partir des plaintes déposées à l’époque et de registres de cimetières, J-L.Einaudi retrace, minute par minute, le déroulement de la manifestation et de sa répression. (…) La position du gouvernement socialiste sur le 17 octobre 1961 est en fait essentiellement ambiguë. (…) Par ailleurs, même après la déclaration du Premier ministre en 1999, J-L.Einaudi s’est vu une nouvelle fois refuser l’accès aux archives de la préfecture de Paris. Enfin, le Premier ministre [Lionel Jospin Ndlr] s’est prononcé contre la reconnaissance officielle des crimes du 17 octobre 1961, déclarant que l’Etat n’avait pas à faire acte de «repentance» et qu’il appartenait à présent aux historiens de faire le nécessaire travail de mise au jour de la vérité sur ces événements. La réticence de l’Etat et de la société civile à reconnaître les crimes du 17 octobre 1961 témoigne plus profondément de ce que l’histoire de la colonisation reste à faire. Charlotte Nordmann & Jérôme Vidal 17octobre1961.free.fr/. Les massacres du 17 octobre 1961 ne sont pas une singularité, ils ont été précédés -le mot génocide est une marque déposée de la Shoah -par une série de massacres à grande échelle à Guelma, Kherrata, Sétif et aussi Alger en 1957 avec un Aussarresses que présente Pierre Vidal-Naquet dans La torture dans la République comme le chef de file d’une équipe de tueurs professionnels. L’écrasante majorité des généraux qui ont eu à diriger les opérations militaires en Algérie à un moment ou un autre, ont soit donné l’ordre, soit couvert des actes barbares contre des populations civiles quand ils ne les menaient pas eux-mêmes; comme le général Pélissier en 1845 dans les plaines du Dahra. Ce général piégea les Ouleds Riahs dans les grottes de Nekmaria, y entassa des fagots de bois, alluma le feu et les enfuma devenant ainsi avec presque un siècle d’avance l’un des pères des chambres à gaz. Plus tard, un soldat raconte: «Rien ne pourrait donner une idée de l’horrible spectacle que présentait la caverne. Tous les cadavres étaient nus, dans des positions qui indiquaient les convulsions qu’ils avaient dû éprouver avant d’expirer. Le sang leur sortait par la bouche; mais ce qui causait le plus d’horreur, c’était de voir des enfants à la mamelle gisant au milieu des débris de moutons, des sacs de fèves…». Pendant 132 ans, la France autoproclamée des droits de l’Homme -pétrie du, dit-on «siècle des Lumières» -et qui fut à bien des égards «un siècle des ténèbres» pour les peuples faibles- n’a cessé de réduire les Algériens par des massacres sans nom. Elle n’a cessé aussi de déstructurer le tissu social au point de problématiser, encore de nos jours, l’identité des Algériens, et d’avoir semé dans nos têtes le virus de la soumission intellectuelle au point que tout ce qui vient «de l’autre coté» est du pain béni. Cette colonisation inhumaine avec son cortège funèbre a broyé des millions de vies humaines et traumatisé une société qui peine à se redéployer. Il y eut tout au long de ces dernières années un regain des «nostalgériques» qui assument, revendiquent, claironnent avec l’approbation tacite du pouvoir. S’agissant de la guerre d’Algérie et de ses conséquences tragiques toujours actuelles, on se souvient que le 6 mai 2007, le président de la République Nicolas Sarkozy prononce cette phrase sans appel: «Je veux en finir avec la repentance qui est une forme de haine de soi, et la concurrence des mémoires qui nourrit la haine des autres.» «Qu’est-il reproché aux hommes et aux femmes, écrit Olivier LeCour GrandMaison, qui souhaitent que l’Etat reconnaisse les crimes coloniaux commis par la France? (…) Sans doute est-ce au moment où la commémoration de la destruction des Juifs d’Europe est devenue consensuelle que tout autre exigence mémorielle a été perçue, par beaucoup, comme un désordre politique et une inconvenance morale témoignant d’une « surenchère victimaire » inacceptable parce que dangereuse. (…) Dans ce contexte, l’expression « banalisation d’Auschwitz » fait partie de ces locutions « magiques », ou diaboliques qui, en raison de leur pouvoir d’intimidation et de stigmatisation, se suffisent à elles-mêmes et dispensent ainsi leurs utilisateurs de la nécessité de justifier leur position. (…)». On l’aura compris, pour Max Gallo, Alain Finkielkraut Pascal Bruckner avec sa «tyrannie de la repentance» ont idéologisé «la non-repentance», seuls les crimes commis envers les Juifs doivent faire l’objet d’une repentance ad nauseam déclinée sous toutes les formes, impunité d’Israël, risque de condamnation pour antisémitisme et naturellement «industrie de l’holocauste». Laissons Pierre Bourdieu conclure: «J’ai maintes fois souhaité que la honte d’avoir été le témoin impuissant d’une violence d’État haineuse et organisée puisse se transformer en honte collective. Je voudrais aujourd’hui que le souvenir des crimes monstrueux du 17 octobre 1961, sorte de concentré de toutes les horreurs de la guerre d’Algérie, soit inscrit sur une stèle, en un haut lieu de toutes les villes de France, et aussi, à côté du portrait du Président de la République, dans tous les édifices publics, Mairies, Commissariats, Palais de justice, Écoles, à titre de mise en garde solennelle contre toute rechute dans la barbarie raciste.»(L’Expression-19.10.09.) Par le
Pr Chems Eddine CHITOUR (*)
(*) Ecole nationale polytechnique
(*) Ecole d´ingénieurs Toulouse
1.Jean-Luc Einaudi. Un crime toujours pas condamné. L’Humanité 13 octobre 2001
2.Youcef Girard. 17 octobre 1961: Nuit sanglante à Paris, samedi 18 octobre 2008 – Oumma.com
3.Boudaoud Omar. Du PPA au FLN, mémoire d’un combattant, Alger, Casbah Editions, 2007
4.45e anniversaire des crimes du 17 octobre 1961: l’oubli et la mémoire. 16/10/2006. Oumma.com

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*DE NOUVEAUX TÉMOIGNAGES RECUEILLIS PAR UN HISTORIEN
Jean-Luc Einaudi raconte le 17 Octobre 1961

Les massacres ayant visé des Algériens à Paris lors de la Révolution ne cessent d’alimenter les travaux des chercheurs.

Les massacres du 17 Octobre 1961 à Paris ont inspiré à nouveau l’historien Jean-Luc Einaudi qui publie un nouveau livre sur la question intitulé Scènes de la guerre d’Algérie en France: automne1961. Le livre paru aux éditions Le Cherche Midi est le troisième ouvrage que ce chercheur consacre aux massacres du 17 Octobre 1961 à Paris. Il a déjà écrit la Bataille de Paris en 1991 et Octobre 1961.Un massacre à Paris en 2001.
Dans la préface, l’auteur explique que pour ce nouvel ouvrage, il avait eu accès à des archives de différentes administrations de l’Etat français ce qui lui a permis de faire état de nouveaux témoignages. Il justifie la publication de ce troisième livre par le fait qu’il a continué à recueillir des témoignages sur les évènements de l’automne 1961 et sur cette période marquée par les tragiques répercussions en France de la guerre d’Algérie. «J’ai toujours accordé une grande valeur à la parole des témoins, source irremplaçable, parfois unique, notamment lorsqu’il s’agit d’aborder des moments mettant en cause la responsabilité de l’Etat français et qui ont fait l’objet de la mise en oeuvre du mensonge d’Etat à ses différents stades», a-t-il écrit. Il souligne que ces témoignages sont une nouvelle contribution à la connaissance de cette période de notre histoire.
Sur une grande partie de cet ouvrage de plus de 400 pages, Jean-Luc Einaudi livre les témoignages de ces acteurs, trop souvent anonymes, qui ont vécu ces évènements terribles et qui gardent des séquelles encore vives de ce qu’ils ont enduré cette nuit du 17 Octobre 1961 et durant les jours qui ont suivi.
Hommes, femmes, vieux et même des enfants ont subi la féroce répression des forces de police dirigées par Maurice Papon, déjà célèbre pour ses exactions commises sous le régime de Vichy durant l’occupation allemande ou encore à Constantine après les évènements du 20 Août 1955.
Les témoins racontent les conditions de leur arrestation, de leur incarcération et toutes les tortures qu’ils ont subies.
Mohamed Hellal, âgé à l’époque de 14 ans, raconte: «Les éléments des CRS (compagnies républicaines de sécurité) sont descendus du camion. Ils ont présenté les armes et ils nous ont chargés. Ils ont des fusils. Ils ont tiré sur la foule. Je me suis sauvé. Au milieu du carrefour Villeneuve, rue de la Lune, j’ai senti que je ne pouvais pas soulever ma jambe. J’ai regardé mon pied et j’ai vu une trainée de sang. J’ai compris que j’étais blessé. Je me suis mis à quatre pattes, j’ai vu une 2CV et, par peur qu’ils m’achèvent, je me suis mis dans le caniveau, sous la 2CV. J’ai attendu que quelqu’un passe pour lui dire de me prendre.» Sauvé par un Algérien, le petit Hellal a passé une quinzaine de jours à l’hôpital.
Une balle lui a traversé sa cuisse. «Je garde des séquelles, pas physiques mais morales. On traîne ça, je pense, jusqu’à la mort», confie-t-il à l’auteur.
Jean-Luc Einaudi a été attaqué en justice en février 1999, pour diffamation, par Maurice Papon, à propos d’un article sur les massacres du 17 Otobre 1961, dans lequel il a souligné que ces actes ont été commis sous les ordres du préfet Papon.
En mars 1999, au terme d’un procès qui a permis que soient entendus nombre de témoignages démontrant la matérialité des faits décrits par l’historien, Maurice Papon est débouté de sa plainte.
Le tribunal a accordé à Einaudi le bénéfice de la bonne foi.
La cour de justice a reconnu également à cette occasion que des massacres eurent lieu le 17 Otobre 1961.(L’Expression-19.10.09.)

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Les événements du 17 octobre 1961, un acte révolutionnaire sans précédent dans l’histoire de l’humanité”

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1ère partie.

C’est au moment où l’Algérie s’apprêtait à commémorer le 48e anniversaire des massacres collectifs d’Algériens le 17 octobre 1961, lors de marches silencieuses et pacifiques à Paris, pour protester contre le couvre-feu qui leur a été imposé par les pouvoirs publics français de l’autre côté de la Méditerranée, que la France officielle annonce la création d’une «Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie».

De l’autre côté de la méditerranée c’est toujours le cercle vicieux: en effet, la France, pour narguer tout le monde, déterre sa «fameuse et sinistre loi du 23 février 2005», faisant l’apologie des «bienfait de la colonisation en Afrique du Nord, surtout en Algérie»; cette loi, rappelle-t-on, détermine avec précision dans son article quatre le rôle «positif» de la colonisation. Cette façon de voir les choses avait crée un malaise et un climat de tension dans les bonnes relations algéro-françaises.

Le voyage effectué par le président Bouteflika à Paris et ceux des Présidents Chirac et Sarkozy à Alger ont atténué ce climat malsain où les deux pays se sont pourtant engagés fermement à tourner définitivement les pages sombres et douloureuses du passé, et engager l’avenir sur des bases saines, d’un traité d’amitié, de coopération et de bon voisinage. Rein de tout cela: tout dégringole par la mauvaise foi des autorités françaises qui refusent de revenir à une saine compréhension des réalités historiques en allant droit au fond des choses et de reconnaître, qu’à un moment donné de son histoire, la France avait colonisé par la force armée, assassiné, dominé, exploité et pillé les pays sous sa domination. Rien de tout cela. Tous les chefs d’Etat français ont tenu le même langage négationniste; seul, le Président François Mitterrand avait osé affirmer que la France? doit assumer son passé colonial. Au contraire, la France réhabilite ses collaborateurs, des traitres qui ont participé aux massacres collectifs de leurs frères. Que cachent les objectifs de cette fondation. pour la mémoire? Par ce geste maladroit la France tourne le dos aux réalités de son l’histoire. Ce n’est qu’une tentative de la travestir pour hypothéquer ses intérêts avec l’Algérie qui est de loin son 2éme client et son premier fournisseur? A travers cette fondation donc, on voit bien maintenant que c’est le pouvoir politique qui se substitue au mouvement associatif pour créer cette «Fondation», dont le rôle a été superbement défini et de façon très claire par le Secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens Combattants, devant un parterre de plusieurs associations de harkis à l’occasion de la 7éme «journée du souvenir». Dans ce cadre, Hubert FALCO, le Secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens Combattants ( avec, certainement la bénédiction de l’Elysée), avait indiqué que l’objectif – à travers cette fondation «est de construire une mémoire historique commune». Avec qui? Avant de revenir à notre sujet en l’occurrence, les crimes commis sur les Algériens le 17 octobre 1961, la France peut créer ce qu’elle veut. Si elle réhabilite ses collabos cela ne regarde personne, mais la réciprocité serait aussi permise dans ce cas là: l’Allemagne, l’Algérie et la Turquie pourraient-elles aussi réhabiliter les collabos français avec les nazis durant la seconde guerre mondiale ; il n’y a aucun mal à cela et rien n’interdit de ne pas le faire. La création de cette «fondation»de harkis n’est pas et ne sera jamais une équation avec les crimes de guerre du 17 octobre 1961, commis sur des Algériens à «OURADOUR – SUR SEINE». A moins que ce soit une réplique, à la création, par l’Algérie, du Conseil National Consultatif de la Communauté Algérienne à l’étranger, dont le décret a été signé par le Président de la République le 9septembre 2009 et publié au journal officiel numéro 53. Faisons donc le parallèle avec ce petit village du Limousin. Que s’est – il donc passé, à OURDOUR – SUR-GLANE? Le 10 juin 1944,par une belle journée ensoleillée, les S. S de la division DAS REICH commettaient un génocide en massacrant collectivement 642 personnes désarmées, hommes, femmes, enfants, refugiés dans l’église du village en mettant le feu ( «enfumades») en représailles des attentats perpétrés par les résistants du F. F. I ( Front des Forces de l’Intérieur ) du maquis dans la région du Limousin et dont le chef lieu de département est Limoges.

Pour l’Algérie les crimes collectifs d’Algériens le 17 octobre 1961par les forces de police française sont aussi un génocide. Pour l’histoire et au nom de la mémoire, l’Algérie ne l’a pas oublié, puisque chaque année, ce triste anniversaire est commémoré dans le souvenir et le recueillement et le respect dû à nos martyrs, partout sur l’ensemble du territoire national. Pour cela, les pouvoirs publics algériens ont consacré la journée du 17 octobre 1961, «journée nationale de l’émigration» lors des assises du 4éme séminaire sur l’émigration, tenu le 17 octobre 1969 au palais de Nations (Club des Pins) à Alger sous l’égide du président Houari BOUMEDIENE. C’est une date importante pour le peuple algérien ; c’est aussi un apport appréciable pour la révolution dont on commençait à voir le bout du tunnel avec des sacrifices considérables. L’historique de cette glorieuse manifestation pacifique a commencé lorsque Maurice LAPON préfet de police de Paris, sur ordre de ses supérieurs avait imposé un couvre feu vraiment contraignant, foncièrement raciste pour les Algériens pourtant considérés comme des ressortissants français de «ne pas sortir le soir dans la rue entre 20 heures 30 et 5 heurs 30 le du matin».

Le gouvernement français, n’ayant pu réussir à obtenir la mise hors d’état de nuire de la puissante organisation de la Fédération du F. L. N en France et, croyant bien faire, en utilisant une solution contraire aux droits de l’homme, avait décidé d’en finir une fois pour toute pour liquider cette organisation? terroriste? à ses yeux, en décrétant un «couvre-feu pour les Algériens».

C’est ainsi qu’un conseil des ministres «spécialement terrorisme» fût tenu au palais Matignon le 5 octobre 1961 sous la présidence de Michel DEBRE Premier ministre auquel ont assisté le ministre de l’Intérieur, Christian FOUCHET, le Directeur général de la police nationale et le préfet de police de la Seine (Paris), Maurice PAPON. A la suite de ce Conseil des ministres restreint, un communiqué laconique est remis à l’A. F. P (Agence -France Presse) qui stipule: «il est interdit aux travailleurs algériens de circuler la nuit dans les rues de Paris et de la banlieue parisienne, de 20h 30 à 5 h 30 du matin». En somme pratiquement toute l’Ile de France sera sous le couvre- feu. Les buts recherchés par le gouvernement français à travers cette mesure arbitraire, autoritaire, raciste et surtout répressive, contraire aux droits des gens (droits de l’Homme) et au bon sens, est de détruire les structures organiques de la puissante Fédération du F. L. N en France, et dont les activités se déroulent surtout la nuit après la rentrée des travailleurs de leur travail. A cette décision, le F. L. N donne l’ordre à ses responsables et militants de «d’enfreindre pacifiquement» le «couvre- feu» «mis en application le 6 octobre 1961».

C’est ainsi que le 9 octobre 1961, à la suite d’une réunion extraordinaire tenue en Allemagne, le Comité fédéral du F. L. N décide de contre attaquer par la voie légale consacrée par la Constitution française, et la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme qui dispose dans son article 20: «Toute personne à droit à la liberté de réunion et d’association pacifiques» – en organisant des manifestations ( ou marches) pacifiques d’envergure dans Paris pour la soirée du mardi 17 octobre à partir de 20 h30 pour protester contre le couvre -feu.

Pour le F. L. N et le peuple algérien, cette journée a une portée historique et son succès considérable, parce qu’elle intervient au moment même où se tiennent des pourparlers entre les représentants du G. P. R. A (Gouvernement Provisoire de la République Algérienne) et les émissaires du général DE GAULLE, Président de la République française.

Cette manifestation préparée dans le secret le plus absolu, a été un coup de grâce, fatal même, sur la politique colonialiste et répressive de la France, mais et surtout un moyen pour sensibiliser l’opinion publique française, qui découvre et constate de visu le visage réel d’une sale guerre d’extermination sur son propre pays et qui se déroule dans sa capitale, Paris, siège de son gouvernement et de toutes les ambassades du monde entier accréditées en France.

En effet, le soir du mardi 17 octobre 1961, à partir de 20 h, plus de 40. 000 Algériens de Paris et sa région déferlaient sur les principales rues, places et avenues de la capitale française, pour attirer l’attention de l’opinion publique française et internationale sur les mesures racistes prises contre eux.

Ce Soir là, Paris, rappelle aux français le déferlement et la répression nazis: Dachau et Bukenval et les ghettos où sont parqués des? Citoyens français du 2éme collège des départements d’Algérie?. Malgré le quadrillage de Paris INTRA-MUROS, les marcheurs viennent de partout: de Nanterre, Gennevilliers, Saint Denis, Courbevoie, Firminy, Blanc Mesnil, Choisy- Le -Roi, du 13éme, 19éme et 20éme; enfin de tout Paris et sa région, l’Ile de France.

Les marcheurs de la banlieue ont trouvé toutes les portes de Paris (appelée Petite Ceinture) fermées par des cordons de milliers de policiers, C. R. S, gendarmes et harkis dans certains quartiers. Et pourtant la manifestation était pacifique et aucun algérien n’y était armé, même pas d’une aiguille, selon les témoignages et déclarations des journalistes des médias français qui couvraient l’événement sur place.

Le bilan de ces atteintes à la personne humaine est lourd.

Il est bon de signaler que cette manifestation fut sauvagement réprimée dans un bain de sang ayant causé des assassinats collectifs de plusieurs centaines de personnes, et de blessés dont les chiffres exacts ont été cachés par le gouvernement français. Le bilan macabre dont beaucoup de manifestants ont été assassinés froidement à coup de gros- bâtons, de crosses, et jetés dans les eaux profondes et glacées de la Seine, durant cette triste soirée du mardi 17 octobre 1961et les jours suivants lors des marches des femmes et des enfants.

Devant ce crime de guerre commis par le sinistre et raciste préfet de Paris, Maurice PAPON, et de plus de 25. 000 arrestations, le gouvernement français décidait le lendemain 18 octobre 1961, à l’issue d’un deuxième Conseil des ministres extraordinaire «que les manifestants appréhendés seraient refoulés à leur douar d’origine». Sitôt dit, sitôt fait. Deux jours plus tard, le 19 octobre un contingent de 1500 personnes tous bien «abimés» par la torture fut acheminé dans des cargos militaires vers l’Algérie et remis directement entre les mains des paras du général MASSU et du Colonel BIGEARD, avec le soutien auxiliaire des harkis.

Les autres manifestants appréhendés restant en France furent parqués comme du bétail au Palais des sports, au stade Coubertin, à Japy, au Vel d’Hiv, à Vincennes sans compter les commissariats de police où la torture la plus atroce, était pratiquée à ciel ouvert à tel enseigne que Jean-Paul SARTRE, révolté, dira dans la revue dans «TEMPS MODERNES»: «les juifs parqués au Vel d’Hiv sous l’occupation nazie étaient traités avec moins de sauvagerie par la police allemande que ne le furent au Palais des sports, par la police gaulliste, les Algériens».

Cette triste journée d’OURADOUR -SUR -SEINE baignée dans le sang où des centaines d’innocents qui manifestaient pacifiquement contre une mesure xénophobe, et raciste par le préfet de Paris Maurice PAPON, qui agissait sous les ordres directs du ministre de l’intérieur Christian FOUCHET et couvert par le premier ministre Michel DEBRE, furent assassinés, mutilés par de terribles traumatismes, surtout crâniens, torturés et jetés tout simplement dans les profondeurs de la SEINE, toute rouge de sang. Ce fût le plus grand crime contre l’humanité commis par la France sur des civils depuis la commune de Paris en 1871. La répression sauvage contre les militants du FLN en France était insupportable par la brutalité, la torture et les humiliations que subissaient chaque jours les Algériens en France- (pourtant citoyens français) – depuis l’arrivée du général DE GAULLE au pouvoir, surtout durant les années 1959, 1960, 1961, jusqu’au cessez le feu en mars 1962-La France vit sous un régime militaire depuis le vote des pouvoirs spéciaux en mars 1956.

Les listes actuelles les victimes assassinées où portées disparues ne reflètent par la réalité des faits tels qu’ils se sont déroulés puisque, de nos jours d’autres victimes sont découvertes à l’instar de Messaoud CHERIET, originaire de AÚN TAGHROUT ( wilaya Bordj-Bou Arreridj ), un ancien combattant de la guerre l’Indochine, et demeurant au 30, Rue de Vaucouleurs, Paris XIe avant sa disparition, le 17 octobre 1961.

Que prévoient le droit internatio-nal et le droit français dans de pareilles situations? Durant toute la guerre d’Algérie, aucune enquête sérieuse sur la torture et les exécutions sommaires sans jugement n’ont été faites par les pouvoirs publics français qui s’obstinent toujours à ne pas reconnaître les crimes commis au nom de la France, en Algérie et en France même. La pratique de la torture était courante et banalisée en tant que procédé de gouvernement contre les Algériens. Pourtant ces pratiques dégradantes sur les êtres humains sont formellement interdites par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme adoptée par l’assemblée générale des Nations unies, le 10 décembre 1948, et ratifiée par la France. Cette déclaration reprend presque mot à mot les termes de la Déclaration française des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, qui dispose dans son article 1er: «Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité». On retrouve ici, les mots: Liberté, Egalité et Fraternité mentionnés dans la devise française qui a été de tout temps bafouée. Ces principes des droits de l’homme figurent en bonne place dans le préambule de toutes les constitutions françaises et considérés comme étant des principes Généraux de droit dont se référent la justice française pour dire droit, lorsque les lois ne sont pas explicites ou silencieuses.

Qui est Maurice PAPON? Nous donnons ici le portrait d’un raciste criminel de guerre. Maurice PAPON, dès sa jeunesse était influencée par des doctrines raciales, de MAURRAS, CELINE et surtout par CHAMBERLAIN – GOBINEAU, qui diffusaient à travers leurs ouvrages des idées racistes sur?l’inégalité de la race humaine?. Leurs funestes doctrines se fondent sur des principes selon lesquels, il y a des races inférieures et des races supérieures que? Dieu auraient chargées pour les commander. Ces théories racistes ont couté à l’humanité deux guerres mondiales où tous les bienfaits de la civilisation ont été rayés en Europe et dans le monde. Ce Sinistre personnage, originaire de la région parisienne de GRETZ – ARMAINVILLIERS (Seine et Marne), est né le 3 septembre 1910. Déjà tout jeune fonctionnaire, ce raciste collaborateur des nazis s’est illustré durant la seconde guerre mondiale en participant à la liquidation de 50 résistants français à Bordeaux.

Mais son cynisme et sa haine viscérale contre les «? races inférieures?» c’est-à-dire, les Noirs, les juifs, les Arabes et les Gitans avaient atteint un niveau de culte lorsqu’il participa à l’internement des juifs à Bordeaux au camp de Mérignac avant de les déporter à DRANCY dans des Wagons à bestiaux.  (Le Quoyidien d’Oran-18.10.09.) A suivre.

 *2éme partie-suite et fin

Après la Seconde guerre mondiale, son passage à Constantine dès le début des années 50 a été marqué par des assassinats collectifs d’Algériens lors des manifestations pacifiques, le 14 juillet 1953, où l’on avait dénombré 7 morts tous tués froidement par balles et de 44 blessés. Parmi les morts il y avait un «pied noir», un français tué probablement par erreur.

Le palmarès macabre de ce criminel de guerre n’est qu’à ses débuts. Sa nomination comme préfet IGAME du département de Constantine lui confère des pouvoirs exorbitants qui lui ont permis d’imposer la terreur sur les Algériens et où la torture devient courante selon la loi de la jungle. C’est sous sa responsabilité directe que 13 Algériens soupçonnés d’appartenir au F.L.N et responsables d’attentats à Constantine seront guillotinés, et 8 autres le seront condamnés par contumace. Le département de Constantine durant la période de ce sinistre personnage était classé parmi les plus éprouvés en Algérie, où l’on avait dénombré après sa mutation à Paris, plus de 10. 000 morts en 1956 et plus de 8. 000 en 1957. Cette comptabilité macabre de cet assoiffé de sang, s’appelle bien crimes contre l’humanité, ou tout simplement génocide. Juste avant l’ouverture du 2éme front en France, décidé par le CCE(1) le 25 août 1958, il est bombardé préfet à Paris. La sale besogne de criminel de guerre va en s’amplifiant par. le massacre collectif de centaines d’Algériens à Paris lors de la soirée du mardi 17 octobre 1961 et les jours suivants. Tous ces crimes de guerre commis à Constantine d’abord, et à Paris ensuite ont été purement et simplement occultés et niés par la France, alors que sur le plan du droit international Maurice PAPON était coupable et devrait donc être traduit devant une juridiction internationale: la Cour Internationale Pénale (CPI) de La Haye. En effet, le procès contre Maurice PAPON intenté par 36 plaignants et plusieurs associations d’algériens et de français constitués comme partie civile a été une mascarade, ce qui dénote bien que la justice en France fonctionne selon le principe des deux poids et deux mesures.

La réalité est toute autre: La Chambre d’accusation de Bordeaux en rendant son arrêt le 18 septembre 1996, Maurice PAPON a été jugé uniquement pour «complicité de crimes contre l’humanité», par la Cour de la Gironde, c’est à dire «déresponsabilisé, ou mieux «blanchi» sur injonction du pouvoir politique».

Où est donc cette indépendance du pouvoir judicaire dont on se vante tant en France? Il n’y a pas, il n’y a jamais eu d’indépendance de la justice en France ; le peuple algérien en sait quelque chose! Personne ne devrait oublier l’opposition de François MITTERAND, président de la République française qui aurait donné des instructions publiques pour que des responsables français ne soient pas jugés dans des affaires du genre PAPON, et à travers eux le pouvoir politique français. On voit bien que le «machin» de la justice française fonctionne selon les intérêts de la France uniquement. Les droits de l’homme c’est des slogans sur un bout de papier!

Pourquoi la France tourne t- elle le dos à la réalité des douloureux événements tels qui se sont déroulés dans sa capitale ayant causé beaucoup de centaines morts et de blessés?

Elle se cache derrière ce funeste argument de la loi d’amnistie votée par le parlement français et mise en application par le décret N° 62-327 du 22 mars 1962 en référence aux Accords d’Evian; Cette loi est nulle de nullité absolue parce qu’elle est en contradiction avec la constitution française elle-même qui stipule: «que les traités et accords internationaux ratifiés par la France sont supérieurs aux lois françaises» selon le principe de «la hiérarchie des textes ( lois) qui doivent être conformes à l’ordonnancement des organes»: une loi internationale ratifiée est donc supérieure à une loi interne.

L’article 5 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme adoptée le 10 décembre 1948 par l’Assemblée Générale de L’ONU, dispose: Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines et traitements cruels, inhumains ou dégradants». Les Algériens avaient subi plus que ça: il y avait des crimes de guerre et des génocides depuis la colonisation de l’Algérie, de 1830 à 1962, c’est-à-dire pendant 132 ans. Mieux : les Algériens meurent encore de nos jours par des mines antipersonnel es posées par l’armée française dont l’intention de tuer et mutiler, que l’ANP déterre et détruit chaque jour et dont les préjudices sont considérables, Tous les crimes commis pendant les guerres sur des populations civiles sont et demeurent des crimes contre l’humanité et le principe de leur IMPRESCRIPTIBILITE est conforme au titre II de l’article 6 du Tribunal militaire international de NUREMBERG qui les classe comme suit:

1- «Les Crimes contre la paix» concernent ceux qui étaient responsables du déclenchement de la guerre».

2- «Les Crimes de guerre» pour la violation des lois et coutumes de la guerre.

3- «Les Crimes contre l’humanité», c’est à dire essentiellement contre les populations civiles».

Curieusement, dans cette classification, on ne trouve nulle référence au génocide et à l’holocauste et qui sont manipulés pour d’autres affaires? spécifiques?. Tous les crimes donc, commis par les forces de répression françaises en Algérie et en France contre les Algériens sont des «crimes contre l’humanité» parce qu’ils ont été commis sur des populations civiles». L’accord de Londres du 8 aout 1945 donne une définition précise sur les crimes contre l’humanité ; il y a: l’assassinat, l’extermination, la déportation et tout autre acte inhumain commis contre toutes les populations civiles avant ou pendant la guerre, ou bien les persécutions pour des motifs politiques, raciaux ou religieux».

Cet accord de Londres n’épargne aucun pays européen en particuliers les anciennes puissances européennes responsables de tous les dégâts causés par le colonialisme et l’esclavagisme. Pour ces crimes les ex-puissances coloniales font toujours la sourde oreille.

Les responsables de tous les crimes contre l’humanité ont toujours refusé de le reconnaitre. Mais l’Assemblée générale de l’ONU ne l’entend pas de cette oreille. En effet, dans une convention qu’elle avait adoptée le 26 novembre 1968, sous l’impulsion des pays du Tiers Monde, elle insiste sur le caractère imprescriptible des crimes contre l’humanité. Mais la France continue toujours de faire sourde oreille sur les crimes commis au nom du peuple français sur les peuples qu’elle avait colonisés. Les crimes de guerre commis par le fasciste et raciste Maurice PAPON n’échappent pas non plus aux lois françaises, dont celle du 26 décembre 1964 qui va encore plus loin en déclarant que: «les crimes contre l’humanité sont imprescriptibles par? nature?». Les hommes politiques français ont toujours tenu un langage en contradiction avec leurs propres lois. Ainsi l’amendement du code pénal adopté en 1994 est une avancée remarquable puisque son article 211-1 dispose: «Constitue un génocide de fait, en exécution d’un plan concerté tendant à la destruction totale ou partielle d’un groupe national, ethnique racial ou religieux, ou d’un groupe déterminé à partir de tout autre critère arbitraire, de commettre ou faire commettre à l’encontre des membres de ce groupe l’un des actes suivants:

1- atteinte volontaire à la vie,

2- atteinte grave à l’intégrité physique,

3- Soumission à des conditions d’existence de nature à entrainer la destruction totale ou partielle du groupe,

4- Mesure visant à entraver la destruction des naissances,

5- Transfert forcé d’enfants.

Ici, les crimes commis par le sinistre Maurice PAPON sur les Algériens lors des marches pacifiques du 17 octobre 1961 rentrent bien dans cet article 211-1 du nouveau code pénal français adopté en 1994. Une lecture attentive avec une analyse comparative de cet amendement sous-entend qu’il a été approuvé sous l’influence de certains LOBBYS au bénéfice exclusif de certains groupes ethniques ou religieux en France? Peu importe: que Maurice PAPON soit coupable de crimes contre l’humanité ou «complice», seulement, rien ne change le fond des données du problème. Il est temps aujourd’hui pour la France de regarder son passé Colonial avec courage et lucidité et prendre des décisions audacieuses pour reconnaître une fois pour toutes que tous les crimes contre l’humanité commis en son nom par ses différents gouvernements et qui sont inscrits dans ses propres lois, ne doivent pas rester éternellement impunis.

L’avenir de ses relations avec les ex pays colonisés pratiquement tous francophones anciennement sous- sa domination sera terriblement hypothéqué, l’avenir très proche nous le dira. Tous les Français veulent libérer leur conscience de ce lourd fardeau de leur histoire mouvementée de la colonisation.

Les jeunes français sont conscients ce qu’avait subi le peuple algérien durant la colonisation de l’Algérie, comme crimes, viols, vols, destructions, pillages, nous incitent à penser que ces atteintes aux droits de l’homme, semblent être le propre de la France. Mais elle n’est pas la seule: les ex -puissances colonialistes le sont, elles aussi. En effet, les tueries sans discernement ni retenue commis sur les Algériens, nous rappellent que l’histoire de France a été de tout temps émaillé par des tueries, et massacres: de l’assassinat de Français 1er par Ravaillac en 1610, à la Saint Barthélemy en passant par?la terreur rouge? du gouvernement révolutionnaire, à?la terreur blanche? sans compter les sans-culottes, la Chouannerie etc. Les massacres de la commune de Paris en 1871, nous rappellent aussi les assassinats horribles commis sur les fédérés où 25. 000 personnes furent massacrées par les troupes du gouvernement THIERS, sous les ordres du sinistre général GALLIFFET, devant le cimetière du Père – Lachaise durant une semaine (22/25 mai 1871). Le restant des manifestants, 80. 000,eux seront déportés en Nouvelle Calédonie, où ils vont grossir les rangs des 20. 000 Algériens, prisonniers, originaires de la petite Kabylie, de Bordj Bou Arreridj, et de Medjana après l’insurrection d’El MOKRANI en 1871. Pour les morts algériens assassinés ou disparus le 17 octobre 1961, quelques indices laisseraient apparaître que certains corps auraient été ensevelis dans des fosses communes dans des forets de la région parisienne. On chuchote même que ces fosses communes auraient été creusées par des harkis. Cette funeste façon de? respecter? la personne humaine, annoncerait déjà les assassinats collectifs de plus de 10. 000 Bosniaques à SRÉBRÉNICA par les troupes du président serbe MILOSOVITCH condamné par la CPI ( Cour Pénale Internationale) à la prison à vie pour des crimes contre l’humanité» en BOSNIE HERZEGOVINE, sous le regard complice du général MORILLON qui, une fois les charniers découverts, fût remplacé par le général anglais, ROSE. Il n’est pas encore trop tard pour la France de faire une autocritique sincère, et lucide de son passé colonial. Son histoire fut jalonnée de beaucoup de sang versé d’innocents pour rien durant la guerre de cent ans, les guerres napoléoniennes, la guerre Franco-allemande de 1871 où le peuple français avait connu la famine, les deux guerres mondiales ( 1914-1919-1939-1945) où la France fût saignée, ravagée, ses richesses saccagées, et son peuple anéanti parla perte de millions de personnes, hommes, femmes, enfants, et surtout des jeunes à la fleur de l’âge sacrifiés pour des questions futiles à cause des antagonismes entre les différents impérialismes européens. Les guerres coloniales avaient causé des préjudices considérables à l’échelle planétaire qui a vu le massacre de plus de 80 millions d’Indiens d’Amérique, 100 millions d’Africains morts à cause de la traite des noirs par la politique esclavagiste des pays colonisateurs. Sans oublier aussi les enfumages du Dahra avec la politique de terres brulées, les 45. 000 morts du 8mai 1945 à Sétif, Guelma, Kherata et Saida et le million et demi de morts durant (1954-1962). L’horreur n’est pas encore finie: Les massacres de 1947 à Madagascar et au Tonkin en Indochine. La liste est trop longue pour énumérer les ravages causés par le colonialisme et l’esclavagisme. L’Algérie ne voudrait pas gêner la France pour introduire des actions en justice auprès des Tribunaux internationaux avec le concours de l’UA. Mais le moment est venu aujourd’hui pour les associations des droits de l’Homme africaines de saisir l’UA pour pendre une résolution sous forme de mémorandum pour la faire adopter par l’Assemblée Générale de l’ONU.

Cette résolution ne concerne pas uniquement la France. Tous les pays ex colonisateurs seraient concernés pour les sensibiliser à reconnaître une fois pour toutes les tords qu’ils avaient fait à des peuples qui étaient sous leur domination. Les crimes contre l’humanité commis sur les Algériens le 17 octobre 1961 à Paris, ne doivent pas être considérés comme une action isolée. Elle doit rentrer dans le cadre d’une action globale et qui concerne tous les crimes de tous les ex colonisateurs à l’échelle du monde entier.

Pour l’Algérie le temps des palabres et les fuites en avant doivent laisser place à une prise de conscience pour ECRIRE UNE FOIS POUR TOUTES,L’HISTOIRE GENERALE DU PAYS ET CELLE DE LA REVOLUTION DU 1er NOVEMBRE EN PARTICULIER. La génération de novembre qui a durement lutté, et souffert pour libérer le pays est à l’état de «RELIQUE». Qu’attend Le Président de la République, l’officier de l’ALN pour instituer une COMMISSION NATIONALE CHARGEE DE L’ECRITURE DE L’HISTOIRE? Toute l’histoire. Placée auprès de lui, elle sera composée d’éminents historieurs, des politologues, des sociologues, patriotes, attachés aux valeurs culturelles nationales du peuple algérien et à la chose publique. Les déviationnistes et les révisionnistes de tout bord, en seraient exclus. Ni le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, ni le Ministère des Moudjahidine ne pourraient à eux seuls, accomplir cette tache combien complexe et difficile à cerner. L’apport des cadres de la Direction politique de la révolution encore en vie en feraient partie.

Le temps presse ; A ce stade, ce sont des étrangers qui écriront notre histoire, qui est déjà pervertie par les attaques et les calomnies contre les quelques-uns moudjahidine encore envie. A bon entendeur.

A l’issue de l’audition du ministre des moudjahidine, Le Président de la République avait insisté sur cet aspect pour l’écriture de l’histoire de la révolution en insistant qu’il appartient uniquement aux Algériens, seuls de l’écrire . Les relations entre l’Algérie et la France sont ce quelles sont: bonnes dans l’ensemble. Certes il y a des points divergents que les deux pays pourraient facilement les régler, comme l’a expliqué Mourad MEDELCI, le Ministre des Affaires étrangères lors des entretiens qu’il a eu à New-York avec son homologue français,Bernard KOUCHNER, déclarant:«Avec M. KOUCHNER, nous avons évoqué des dossiers d’ordre économique et social. Bien évidemment nous avons évoqué l’histoire». Interrogé sur la revendication des harkis sur la révision de la date de l’indépendance de l’Algérie, MEDELCI est allé plus loin en mettant les points sur les? i?: «nous n’avons pas de problème avec la France, mais avec une partie des Français qui veut falsifier l’histoire de l’Algérie et refuse de reconnaître cette vérité». Il voulait sous-entendre que la France est rentrée en Algérie par la force armée, un 5 juillet 1830, et qu’elle est partie un 5 juillet 1962, c’est une date INDÉLÉBILE et ETERNELLE, inscrite avec le sang de nos martyrs . Le 17 octobre 1961 n’est que l’arbre qui cache la forêt. 

par A. Fares * Politologue – Juriste

(1) – Nous avons fait exprès la comparaison entre OURADOUR-SUR- GLANE où furent massacres 642 innocents par les Allemands, le 10 juin 1944, avec les crimes commis sur les Algériens, le 17 octobre 1961, par la police de Maurice – PAPON à OURADOUR- SUR- SEINE ( Paris)

(2) CCE: Comité de Coordination et d’Exécution crée durant le 1er congrès

du FLN, tenu le 20 aout dans la Soummam, en 1956

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 Les événements du 17 Octobre 1961 à Paris attestent  de « l’attachement » de la communauté algérienne établie en France à sa patrie, en dépit de la répression colonialiste qui s’était abattue sur elle, ont souligné  des intervenants lors d’une cérémonie commémorative célébrée hier, à Alger  au siège de l’Assemblée populaire nationale (APN).
« En ce jour du 17 œctobre 1961, les Algériens établis en France étaient  sortis pour manifester haut et fort leur rejet de l’oppression exercée par les  autorités coloniales françaises », a rappelé le président de l’APN, M. Abdelaziz  Ziari, dans une allocution lue en son nom par le président de la Commission  des Affaires étrangères de l’Assemblée, M. Si Affif.
« Les Algériens étaient également sortis pour exprimer leur rejet du  couvre-feu qui leur était imposé par l’administration coloniale pour les empêcher d’avoir tout contact entre-eux et de s’enquérir des événements dramatiques qui se déroulaient en Algérie », a-t-il encore rappelé.
De son côté, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale,  M. Tayeb Louh, a affirmé que les événements du 17 octobre constituent « une des  étapes de la lutte armée du peuple algérien », soulignant que « l’histoire ne  peut être modifiée ou falsifiée par une loi ».
Il a ajouté que la Révolution algérienne a été « un exemple pour les  mouvements de libération de par le monde, notamment en Afrique ».
Pour sa part, le secrétaire général de l’Organisation nationale des  moudjahidine (ONM), M. Saïd Abadou, a relevé que les événements du 17 octobre  1961 sont « plus qu’un fait historique dans la lutte du peuple algérien » et représentent  un « acte révolutionnaire sans précédent dans l’histoire de l’humanité ».   Il a ainsi qualifié cette « épopée »de « leçon pour l’humanité toute entière,  laquelle s’est imprégnée du combat d’un peuple qui a su déplacer la lutte pour  sa libération de son pays vers le territoire du colonisateur ».   Pour situer l’importance de ces événements, M. Abadou a rappelé qu’ils  avaient provoqué un « séisme » tant au niveau politique qu’institutionnel en France.
Le secrétaire général de l’ONM a réitéré la demande du peuple algérien  à la France de « reconnaître et de s’excuser pour ses crimes coloniaux en plus  de l’indemnisation des Algériens ainsi que la restitution des archives », affirmant que la concrétisation de ces revendications est un « préalable » pour « tourner  la page du passé et édifier des relations d’amitié et de coopération en faveur  des peuples des pays ».   (El.M.18.10.09.)

***** «Pas de nouvelle page sans la repentance»


Sans la repentance, il n’y aura point de nouvelle page dans les relations entre l’Algérie et la France.

Le secrétaire général de l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM), Saïd Abadou, hausse le ton. «Il n’est pas question de tourner la page avec la France sans contrepartie», a-t-il martelé lors de son intervention, hier, devant les parlementaires à l’occasion de la commémoration du 48e anniversaire des événements du 17 Octobre 1961. M.Abadou s’est dit favorable au renforcement des relations et à l’ouverture d’une nouvelle ère avec la France, mais il pose des conditions: la reconnaissance des crimes, la repentance, l’indemnisation des victimes et la restitution de toutes les archives de la Révolution nationale. Ce sont les principales conditions que doit respecter le gouvernement français pour fermer la parenthèse sur le passé. Pour lui, c’est la seule voie qui permette d’ouvrir une nouvelle étape dans les relations avec la France. «Toute tentative visant à ouvrir une nouvelle étape sans l’acte de repentance sera vouée à l’échec.» Voulant transmettre un message très clair aux parties concernées, M.Abadou affirme qu’aucune action ne peut dissimuler ou annuler ce qu’a fait la France coloniale en Algérie. Dans ce sens, l’ancien ministre des Moudjahidine a rappelé les différentes déclarations des responsables français à travers lesquelles ils ont refusé l’acte de repentance. Le président français, Nicolas Sarkozy, avait déclaré, lors de sa dernière visite officielle à Alger en 2007, qu’il n’est pas venu pour demander des excuses. En mettant l’accent sur la position du gouvernement français, M.Abadou persiste: «Il est de notre responsabilité en tant qu’Etat de maintenir les revendications légitimes de notre peuple pour amener la France à reconnaître ses crimes et demander des excuses.» Le représentant de la famille révolutionnaire a mis l’accent sur la position du président de la République qui reste attaché au principe de la repentance. «Si, par le passé, l’occupant a bafoué les valeurs humaines en commettant des génocides parmi les populations et en perpétrant des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité par la spoliation de la terre et de la mémoire, la Révolution a, elle, respecté les lois régissant les situations de guerre et les clauses des conventions internationales dont celle de Genève», a déclaré le président dans un message lu par son représentant personnel à l’occasion de la célébration de l’anniversaire du Congrès de la Soummam le 20 août dernier. Cette déclaration était une réplique directe aux propos de certains responsables français qui ont tenté de falsifier l’histoire et de porter atteinte à la lutte menée par le FLN. Dans son discours, M.Abadou a également souligné l’importance de la réécriture de l’histoire. Le devoir de mémoire impose davantage aux historiens, aux chercheurs et aux institutions de l’Etat de poursuivre la recherche de documents sur l’histoire authentique de la Révolution afin de la transmettre aux nouvelles générations. D’autres témoins qui ont vécu les événements du 17 Octobre 1961 en France ont plaidé en faveur de la repentance et de la préservation de la mémoire des chouhada à travers l’écriture de l’histoire. Le président de l’Assemblée nationale a, quant à lui, fait l’impasse sur ce sujet. Dans une déclaration lue par le président de la commission parlementaire des affaires étrangères, M.Ziari s’est contenté de relever l’atrocité du colonialisme sans pour autant évoquer l’acte de repentance. (L’Expression-18.10.09.)

***Le devoir de mémoire, une nécessité…

La France dit niet, l’Algérie persiste. La revendication de la repentance par la France revient de plus belle pour s’imposer dans les rapports algéro-français. La classe politique nationale a vigoureusement interpellé la France, exigeant le nécessaire devoir de mémoire de la part de l’ancien colonisateur. La célébration du 48e anniversaire des événements du 17 Octobre 1961 a été l’occasion de réitérer l’attachement de l’Algérie à l’acte de repentance. Une déferlante de déclarations a été enregistrée samedi se focalisant sur cette exigence de repentance de Paris. Partis politiques et organisations des moudjahidine étaient unanimes sur ce principe comme condition sine qua non pour tourner la page du passé et en ouvrir une nouvelle avec la France.
Le secrétaire général de l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM), Saïd Abadou, a été catégorique. «Il n’y aura pas de nouvelle page sans l’acte de repentance», a-t-il martelé à partir de l’Assemblée populaire nationale. La reconnaissance des crimes, l’acte de repentance, l’indemnisation des Algériens victimes des exactions de la colonisation, la restitution des archives, sont des préalables incontournables pour tourner la page du passé et édifier des relations d’amitié et de coopération entre les peuples des deux pays. Sans ces conditions, toute tentative sera vouée à l’échec, a-t-il été souligné parmi les intervenants.
Le ministre d’Etat, représentant personnel du président de la République, Abdelaziz Belkhadem, a tenu à marquer l’événement. Intervenant dans un autre cadre, plus précisément la tenue de la deuxième session du Conseil national de l’Union nationale des paysans algériens, (Unpa), il n’a pas omis d’ouvrir une parenthèse pour interpeller, de son côté, la France sur son devoir de mémoire. Devant la communauté paysanne, il souligna la nécessité pour la France officielle de s’excuser des pratiques de la France coloniale. «Cet anniversaire nous interpelle et nous incite à répéter et à réitérer la nécessité pour la France officielle de s’excuser des pratiques de la France coloniale et la nécessité de promulguer une loi qui incrimine la colonisation et qui poursuit en justice les apologistes du colonialisme pour les exactions commises à l’encontre de l’Algérie et des Algériens», a-t-il martelé. M.Belkhadem a réitéré qu’il y a «un souci collectif chez tous les enfants de l’Algérie de la nécessité pour la France officielle de s’excuser des crimes perpétrés par la France coloniale». Faisant allusion aux déclarations des responsables français, il dira: «Ceux qui glorifient la colonisation et s’évertuent à dire que la colonisation est venue civiliser les autres, doivent savoir que la barbarie de la colonisation est indescriptible. Nonobstant les Algériens jetés dans des grottes, dans des ravins et du bord d’un avion en plein vol ou d’un hélicoptère et le génocide perpétré contre des Algériens, tués par balles ou brûlés, une autre répression a eu lieu en plein coeur de Paris, capitale des Lumières, comme il plaît à certains de la qualifier, lorsque des citoyens algériens ont été jetés dans la Seine, sur ordre des autorités coloniales françaises.» Les propos de M.Belkhadem sont loin d’être un simple rappel.
Bien au contraire, ils véhiculent de fait la position officielle de l’Algérie et l’attachement de l’Etat au principe de la repentance. C’est un message clair adressé aux états-majors de la France et en particulier au locataire de l’Elysée. D’autres formations politiques se sont prononcées sur le sujet. Le Rassemblement national démocratique (RND) a précédé le mouvement en réclamant la repentance de la France. «La France doit faire des excuses pour les crimes et les atrocités commis contre le peuple algérien durant la période coloniale», a déclaré vendredi dernier à Béchar, le porte-parole du parti, Miloud Chorfi.
De son côté, le secrétaire général du mouvement El Islah, Djamel Ben Abdeslam, a plaidé, à partir de Constantine, pour «l’indemnisation des victimes» des massacres perpétrés le 17 octobre 1961 à Paris (France).
Le secrétaire général du mouvement El Islah a proposé, dans ce même contexte, la création d’une «commission consultative, comprenant des avocats afin de réclamer l’indemnisation des familles émigrées victimes des atrocités du pouvoir colonial».
L’Algérie ne compte pas céder sur la dignité de plus d’un million et demi de martyrs de la Révolution. A en croire une source partisane, l’événement du 55e anniversaire du déclenchement de la guerre de Libération sera marqué par une sortie médiatique fracassante du président de la République. Une source parlementaire indique par ailleurs, que le président de l’APN prépare également un discours musclé qu’il prononcera à la veille de la célébration du 1er Novembre.
En plus des hautes institutions de l’Etat, les organisations et les partis politiques ne rateront pas cette occasion pour frapper fort, nous a-t-on indiqué de sources proches du dossier. (L’Expression-19.10.09.)

53 réponses à “Les massacres du 17 Octobre 1961 à Paris”

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