1er novembre 1954

*L’Appel du 1er Novembre 1954, le document politique «essentiel» de la Révolution.

L’Appel du 1er Novembre 1954 est perçu par les historiens comme le document politique «essentiel» de la Révolution algérienne, a souligné samedi à Alger le Pr Mohamed Lahcen Zeghidi, spécialiste de l’histoire de la Guerre de libération nationale. I ntervenant à la première édition du Forum de la mémoire, organisée par l’Association Machaal Ech-chahid en collaboration avec le quotidien El Moudjahid, l’orateur a mis l’accent sur l’importance de l’Appel du 1er Novembre, en tant que « document politique essentiel et fondamental de la Révolution algérienne » et parmi les plus étudiés par les historiens. Il s’agit d’un texte ayant repris l’«essentiel » de la littérature du mouvement national depuis la création de l’Etoile nord-africaine, a observé l’historien. « Le document rédigé par le journaliste et chahid de la cause nationale, Mohamed Laichaoui, sous la dictée de Didouche Mourad et Mohamed Boudiaf, a été au centre de longues réunions du Comité des six », a-t-il ajouté. Dans son analyse du texte, le Pr Zeghidi a relevé que ce dernier, composé de 662 mots, «fait référence au peuple dans 8 points, au militantisme dans 2 points, à l’Islam dans 1 point, à la dimension maghrébine dans 8 points, à la civilisation dans 13 points, à la démocratie dans 13 points et à la dimension humaine dans 22 points». L’universitaire algérien, qui a expliqué dans le détail les raisons ayant amené le Comité des six à choisir ces dimensions par rapport à d’autres, a souligné que l’ensemble de ces dimensions ont été consacrées dans la Charte de la Soummam. Le journaliste et spécialiste de l’histoire de la Guerre de libération nationale Mohamed Abbès a abordé, pour sa part, la vie et le parcours du militant et journaliste Mohamed Laichaoui, qui a rédigé la proclamation du 1er Novembre 1954, ainsi que de la famille Zaâmoum chez qui l’Appel a été tiré, la veille du déclenchement de la Révolution. Laichaoui, originaire du village de Si Mustapha dans la wilaya de Boumerdès, s’était installé à Alger en compagnie de sa famille après le décès de son père, élisant domicile chez les Benouniche, une famille algéroise connue pour son engagement pour le combat libérateur, relate Mohamed Abbès. Selon le témoignage de l’ancien militant du Parti du peuple (PPA), le défunt Abdenour Sator, cité par le journaliste, feu Laichaoui avait développé une activité dense sur le terrain pour le recrutement de nouveaux militants pour la cause nationale. « Il avait rédigé l’Appel du 1er novembre dans la boutique du militant Aissa Kechida à Alger, avant qu’il ne rencontre, grâce à Didouche, Boudiaf et Bitat, celui qui deviendra, des années plus tard le responsable de la logistique de la Révolution, après un bref passage à la tête de la wilaya IV historique, à savoir le colonel Amar Ouamrane », a encore affirmé Mohamed Abbès. C’est au domicile des Zaamoum à Ighil Imoula, village situé en Haute Kabylie, que Laichaoui avait achevé le tirage de l’appel, a-t-il précisé. Il a rappelé ensuite les conditions ayant entouré l’arrestation de Laichaoui, le 16 novembre 1954 à Alger, la torture qu’il avait subie et sa condamnation à 18 mois de prison ferme, avant qu’il ne rejoigne le maquis de la wilaya IV et ne participe à la rédaction de la publication « La Guérilla », lancée par Boualem Oussedik, Arselane Hamidi, Chouker et d’autres. Laichaoui est tombé en martyr en 1959 du côté de Zbarbar après un accrochage avec une unité de l’Armée coloniale.S’agissant de la famille Zaamoum, Mohamed Abbès a cité les noms des frères Ali, Salah et Ferhat qui avaient participé activement à la Révolution. « Cette famille a tout donné à la Révolution », a-t-il souligné. (Le Courrier d’Algérie-02.11.09.)

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Un certain 1er Novembre 1954

«La lutte pacifique ne mènera à rien.»   C’est là, le message que voulait transmettre un groupe de jeunes Algériens qui se démarquent et envisagent de faire une guerre armée en vue de l’Indépendance.
Le 1er Novembre 1954 fut ainsi le premier jour d’un long parcours qui aura duré un peu plus de sept ans. La décision a été prise après la réunion à Alger des six chefs du Front de libération nationale et d’anciens membres de l’Organisation spéciale, bras armé du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques et aussi responsables du Comité révolutionnaire d’unité et d’action, et après la déclaration du 1er Novembre 1954. Les Algériens passent ainsi à l’action militaire dans la nuit dite de la Toussaint Rouge.
Le déclenchement des attentats a été signalé à travers le pays et les premiers attentats furent perpétrés dans les Aurès. Les six chefs historiques partagent l’Algérie en six wilayas et le ministre de l’Intérieur François Mitterrand est dépêché dans la région des Aurès pour dénoncer les attentats dans le même mois. L’armée française, qui compte dans ses rangs des unités de supplétifs ou les harkis, la Direction de la surveillance du territoire (DST) et la police s’attaquent au FLN et à ses proches. Le FLN organise alors son combat sur tous les fronts. Sur le plan interne, il met en place une résistance à travers sa branche armée, l’Armée de libération nationale (ALN) et ses valeureux combattants. Le Congrès de la Soummam est venu deux ans après le déclenchement de la Guerre de Libération, organiser cette dernière. Sur le front diplomatique, il engage ses activités sous la supervision du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), qui plaide la cause algérienne.
Il réussit en 1958 à introduire pour la première fois dans l’agenda des Nations unies la question algérienne, ce qui représenta un franc succès pour la diplomatie algérienne.
Une diplomatie qui a été supervisée de très près par les services français. Le détournement, le 22 octobre 1956 par l’armée française de l’avion qui transportait Mohamed Khider, Mustapha Lacheraf, Hocine Aït Ahmed, Mohamed Boudiaf et Ahmed Ben Bella et leur arrestation à la suite du détournement, illustre parfaitement l’acharnement français sur les révolutionnaires et politiques algériens. Et c’est le 19 mars 1962, que la guerre prend officiellement fin, après la signature du cessez-le-feu, cela met fin à huit ans de guerre en Algérie.
Le 1er juillet 1962, les Algériens votent massivement pour l’indépendance, le taux est de 99,72 % en faveur du «oui». L’indépendance de l’Algérie est alors officiellement proclamée le 3 juillet 1962. Une indépendance payée au prix fort. L’Histoire témoignera que la France s’est rendue coupable d’un véritable génocide en Algérie.
- Il convient de noter que pour la réalisation de ce dossier, nous avons été contraints de fouiner dans d’anciennes publications, des brochures et des articles de presse. Difficile de les citer tous au risque d’en oublier.*infosoir.-31/10/2012

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**qu’avons-nous fait, pendant ces 60 années post-révolution

On n'a pas tout réglé avec l'indépendance

Avec l’indépendance on croyait avoir tout réglé ou presque, et voici que les difficultés commencent car aujourd’hui, la liberté est devenue synonyme d’irresponsabilité et le courage d’inconscience.

 

On a souvent posé cette question à Nelson Mandela: «Madiva, qui est votre héros?» et il répondait: «Je ne choisis pas mon héros en fonction de la position qu’il occupe. Mes héros sont ces hommes et ces femmes qui se sont impliqués pour combattre la pauvreté où qu’elle soit dans le monde.» A cet argument, on ajoutera que les vrais héros sont les hommes et les femmes qui se sont battus pour notre liberté, pour préserver notre dignité et identité mais ce sont également ceux qui s’impliquent pour l’épanouissement de leur pays justement pour préserver cette liberté et cette dignité.
En ce 1er Novembre 2014 qui marque les 60 ans du déclenchement de la Révolution algérienne, on aimerait rendre un hommage particulier à tous ceux qui nous ont libérés du joug du colonisateur, à nos martyrs et à tous nos vétérans, à mon père, à mes oncles et à tous les soldats de la famille algérienne. Notre pays est extrêmement fier du rôle déterminant qu’ils ont joué dans la libération de l’Algérie mais la question qui s’impose et se pose aujourd’hui, sommes-nous fiers de ce que nous sommes devenus?

Qu’est-ce que la liberté?
Pendant ces 60 années post-révolution, qu’avons-nous fait, nous, Algériens, de la liberté, du courage, le prix de notre dignité, que nos vaillants soldats nous ont offert? Pas grand-chose, hélas. Avec l’indépendance on croyait avoir tout réglé ou presque, et voici que les difficultés commencent car aujourd’hui, la liberté est devenue synonyme d’irresponsabilité et le courage d’inconscience.
En dépit de toutes les initiatives internationales en matière de libertés fondamentales telles que la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (ONU), et en France, les principaux textes garantissant ces droits fondamentaux tels que la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, le Préambule de la Constitution de 1946, et le Préambule de la Constitution de 1958, dans la devise Liberté, Egalité, Fraternité’ de la République française, le peuple algérien a subi les pires contraintes entravant ainsi sa liberté.
Pour libérer son peuple, nos héros et héroïnes de la guerre ont eu le courage de traverser des terrains minés et des fils barbelés, sous les tirs de mortiers et de mitrailleuses. Ils se sont opposés à la mission civilisatrice. Ils ont rejeté la citoyenneté française pour préserver notre patrimoine culturel. Sommes-nous à la hauteur de cette liberté qu’ils nous ont offerte?
Pour Emmanuel Kant, le philosophe allemand, la liberté ne signifie pas indépendance mais autonomie, c’est-à-dire la capacité à se donner à soi-même (autos) ses propres lois (nomos). La liberté au sens large du terme n’est rien d’autre que la législation de la raison pure, source de la loi morale et des devoirs. Soixante ans après, dans cet élan révolutionnaire au nom de la liberté, nous avons oublié l’essentiel, comment jouir de cette liberté? Nous ramons à contre-sens. La liberté est devenue une forme d’esclavage.
La liberté ne consiste pas seulement dans le droit accordé. Etre indépendant, c’est avant tout aimer son pays. Etre indépendant, c’est travailler pour développer son pays sans rien attendre en retour. La liberté c’est aussi le pouvoir donné à l’individu d’exercer et de développer ses facultés afin de vaincre l’ignorance. «La liberté commence où l’ignorance finit» nous dira Victor Hugo.
Spécificité de l’enseignement aux colonisés: cultiver l’ignorance. A l’époque coloniale, on parlait couramment de «races» en Algérie, de Français, d’Européens et d’«indigènes» selon des catégories racialistes.
En partant du postulat que le milieu comme la race conditionne la pédagogie, des considérations psychologiques ont été intégrées pour orienter les choix pédagogiques et éducatifs, avec, toujours en filigrane, cette volonté de les adapter aux moeurs de chaque race.

La base de la pyramide 
Un sujet de discussion houleux lors des diverses rencontres coloniales a donc été le concept d’éducation des indigènes. Avant les lois Jules Ferry de 1881 et 1892, l’instruction des indigènes ne figurait même pas au programme colonial. C’est avec le rapport sur l’organisation de l’Algérie que Ferry a publié en 1892 sous le titre «Le gouvernement de l’Algérie» qu’il a été décidé que l’instruction des indigènes servirait la France tout aussi bien que les colonisés. La justification la plus courante du système colonial était sans conteste son apport civilisationnel à un peuple privé de la lumière du monde moderne par des structures économiques et sociales jugées archaïques. Mais cette oeuvre de rayonnement n’était en fait qu’un moyen pour asseoir la domination territoriale de la France.
Là, les indigènes ne recevaient qu’un embryon d’enseignement. Tenir les indigènes algériens dans l’ignorance était le moyen certain de leur conserver une âme d’esclave. Dans cette optique, il fallait donc limiter la qualité et la portée de l’éducation compte-tenu du danger potentiel que les indigènes, une fois éduqués, pourraient constituer pour la France.
À ces arguments s’ajoute celui de la primitivité supposée des croyances religieuses et des moeurs indigènes qui bloqueraient tout effort d’instruction et d’élévation des âmes, rendant ainsi toute assimilation impossible.
Le colonisateur a aussi établi une hiérarchie des langues qui correspond rigoureusement à la hiérarchie des races. Il a établi qu’à la base de la pyramide linguistique se trouvent les langues des peuples dits inférieurs et «sauvages». Dans cette logique, la langue française, porte-drapeau de la France, devient l’outil privilégié de la mise en valeur des colonies, de la conquête morale et de la pacification des races. La langue arabe étant considérée comme une «sous-langue», d’où, la nécessité alléguée d’adopter la langue du colonisateur.
En dépit de tout ce massacre culturel, l’Algérie a réussi à briser cette fatalité, et pour reprendre un peu l’édifiante citation de Frantz Fanon, à «remonter les chemins de l’histoire, de l’histoire de l’homme damné par les hommes et provoquer, rendre possible la rencontre de son peuple et des autres hommes (Les Damnés de la terre, 1970). Ce n’est donc pas par un coup de baguette magique que nos héros ont réussi à changer la nature des choses mais par le travail et la persévérance, par l’amour de la nation. C’est le travail seul qui peut garantir une liberté concrète. Quand on a l’indépendance et que le travail s’y ajoute, la liberté se cueille comme un fruit mur.*Par Malika REBAI MAAMRI - Lundi 03 Novembre 2014*L’Expression

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1er Novembre 1954 - 1er Novembre 2013

           Esprit de Novembre es-tu là?

L’Algérie comme on l’aime. Pas celle que l’on fuit, ou celle que d’autres veulent accaparer 

**Il y a deux 1er Novembre pour les Algériens. Celui qu’on retrouve à chaque lendemain du 31 octobre et celui qui n’eut lieu qu’une fois, en 1954 et qui, depuis, n’est plus revenu. Le 1er revient chaque année et il continuera certainement à revenir jusqu’à la fin des temps parce qu’on l’aime et qu’on se prépare bien pour le recevoir. Dès le début d’année déjà, c’est-à-dire onze mois à l’avance, on le coche sur le calendrier car il fait partie des jours fériés. Puis on fait nos calculs pour voir combien de jours on prend avant et combien de jours on prend après. Après tout, c’est un 1er Novembre.
Un de plus à l’occasion duquel la télévision nous sort les grands moyens pour nous replonger dans le passé, histoire de vérifier notre mémoire et pour nous emmener faire un tour du côté des cimetières, comme si nous n’y étions pas déjà, avant de nous convier à des débats que plus personne n’entend, à des «anachid» dont on a oublié les paroles, mais dont nous avons gardé quelques bribes de refrains et de projeter des films qui tournent sans plus rien montrer. Ce 1er Novembre-là revient chaque année, il revient chaque mois et, si l’on veut, on peut même le rencontrer chaque jour. Car, depuis que nous avons chargé le pétrole de tout faire à notre place, chaque jour chez nous est un jour férié et chaque jour est une fête.
L’autre 1er Novembre, par contre, n’est plus revenu et, au point où en sont les choses, il y a beaucoup de doutes qu’il revienne un jour. En 1954, on lui avait confié les espoirs des Algériens, leurs attentes, leurs ambitions et beaucoup ont donné leur vie pour que cela marche. Le colon est parti certes, mais il n’y a pas que le colon dans cette histoire, il y a aussi nous. Or nous, pendant tout ce temps, nous sommes restés assis sur le burnous du temps avant d’y planter un long pieux pour l’empêcher d’avancer. Nous avons allongé nos jambes au travers de la voie publique et nous avons passé toute une vie à nous raconter l’inénarrable histoire du futur sans jamais nous rendre compte que notre futur à nous est toujours conjugué au passé composé et au passé compliqué.
Aujourd’hui, soixante ans après Novembre, nous ne savons pas encore parler de Novembre. Lorsque nous entendons Novembre, nous continuons toujours à prendre le crayon pour encercler la date fériée car de Novembre nous avons, malheureusement, retenu la date et pas l’esprit. Nous ne savons pas que Novembre a été dessiné avenir radieux pour la jeunesse d’un pays que Dieu a dotée de tous les bienfaits. Pour fêter Novembre, on n’a pas besoin de tables rondes sans intérêt, de débats stériles, et encore moins de ces appropriations illégitimes d’un pan de notre histoire. Novembre est liberté. Ne nous enchaînons pas à cette immobilité qui tue depuis l’aube des temps.
Si seulement Novembre pouvait apprendre à ceux, parmi nous, qui s’obstinent à vouloir retenir le temps que le futur ne viendra pas tant que nous n’y sommes pas allés et qu’au futur, on ne va jamais à reculons. On ne parviendra jamais à pénétrer l’arène de l’avenir tant que nos yeux sont fixés sur les rétroviseurs. Ceux qui ont pris rendez-vous avec l’avenir, ce sont ceux-là mêmes qui se sont toujours penchés sur l’esprit des événements plutôt que sur leur date car, convenons-en au moins, s’arrêter aux apparences des choses empêche toujours d’en percevoir l’essence.
Novembre n’est pas l’occasion de s’envoyer mutuellement des voeux, mais plutôt celle de se faire des reproches d’avoir laissé tomber l’espoir de ceux qui l’ont déclenché. C’est une halte à laquelle on doit tirer le bilan de toute cette période que nous avons gaspillée sans rien, pour rien. Et c’est aussi le moment de nous reprendre, de nous ressaisir, de nous réveiller de ce sommeil maladif qui nous a envahis jusqu’à l’os, faisant de nous des esprits endormis et des bouches ouvertes! Notre école est morte, notre santé est délabrée, notre jeunesse usée et fatiguée, notre pain est étranger, notre monnaie se déprécie… Etait-ce là le souhait de ceux qui avaient fait Novembre? Qu’avons-nous donc fait de ce pays? Qu’avons-nous fait de cette société?
Non, le plus important n’est pas de faire taire les gens mais, au contraire, de faire de sorte à ce qu’ils libèrent les énergies qui permettront de développer le pays, d’en corriger le parcours et d’en redresser l’économie. Le plus important n’est pas de casser les plumes qui écrivent et qui tentent de dire, mais plutôt, de libérer celles qui aident à voler au-dessus de l’horizon de l’Algérie comme on l’aime. Pas celle que l’on fuit à bord d’embarcations malheureuses pour crever entre deux vagues ou échouer dans un camp pour rescapés. Il est malheureux que l’on continue, aujourd’hui encore à ne pas nous rendre compte que nous nous trompons d’objectif, de méthode et d’outils. «Il n’est de bon vent pour celui qui ne sait où aller» dit le proverbe. Et si nous avons un brin d’idée sur d’où ne venons, nous demeurons malheureusement sans idée, aucune, sur la destination que nous voulons prendre et surtout sur celle que nous voulons ou pouvons faire prendre à notre pays.
Novembre ne doit pas être fêté en tournant autour de méchouis, en file indienne, le couteau à la main et la rage au coeur, en faisant le voeu que cela dure, ni en érigeant des totems de moins en moins accessibles à nos erreurs. Novembre doit être fêté en admirant la réduction de la fosse qui nous sépare du reste de l’humanité, en caressant nos oeuvres pour ceux qui nous succéderont dans ce pays et en chantant les réalisations qui leur permettront de vivre à l’aise, sans peur des puissants du moment ni des aléas du temps. Novembre n’est pas mort pour qu’on le reçoive dans les cimetières du temps, il est vivant, peut-être même aujourd’hui plus que jamais.*Par Aissa Hirèche -L’Expression-Jeudi 31 Octobre 2013

*C’est quoi le 1er Novembre 1954 que nous commémorons à chaque fois!

La méthode adoptée jusque-là pour narrer des bribes de notre histoire ne captive personne. Demain, nous aurons encore droit à des images de la guerre de Libération mille fois vues et revues. Seul effet sur notre jeunesse, la lassitude. Pourquoi? Comment? Bonnes questions!…

C’est quoi le 1er Novembre 1954 que nous commémorons demain? La question semble facile. C’est le déclenchement de la guerre de Libération nationale! Mais pourquoi a-t-elle été déclenchée? Cela commence à être moins facile. Pour chasser la France qui nous colonisait! C’est quoi la colonisation? C’est l’occupation du pays, comme le furent le Maroc et la Tunisie! Non, ce n’est pas tout à fait la même chose. Au Maroc et en Tunisie c’était le protectorat pas la colonisation aggravée par l’annexion pure et simple de notre pays. C’est quoi la différence? Pour faire simple, dans le système du protectorat, l’administration interne est laissée aux autochtones. Ils gardaient une certaine autonomie. La colonisation ne reconnaissait pas notre existence. La bonne compréhension n’est cependant pas évidente pour le commun des mortels. La meilleure pédagogie se trouve dans notre histoire sociale. Dans la vie quotidienne des Algériens sous la colonisation. Or, depuis l’indépendance, cette histoire sociale a été délaissée. On ne la retrouve que dans l’oeuvre de Mohamed Dib. Il faut se rappeler l’immense succès qu’a connue l’adaptation au petit écran de son oeuvre. L’incendie plus connue des Algériens par Dar Sbitar. C’était dans les années 1970. A part ce petit rayon de lumière, rien n’est venu par la suite pour entretenir la mémoire collective. Présenter la colonisation uniquement par la guerre de Libération nationale ne suffit pas aux Algériens nés après l’indépendance et toutes les générations suivantes pour comprendre pourquoi il a fallu prendre les armes pour libérer le pays. Cela ne suffit pas pour comprendre pourquoi cette guerre a duré près de 8 ans. Rien de pédagogique n’a été entrepris chez nous pour aider à la compréhension de la particularité algérienne au temps des colonies. Il y a un vide mémoriel très dangereux que les intellectuels et même l’Etat ont le devoir et l’obligation de combler. L’histoire vue sous le seul angle militaro-politique devient, du coup, lassante pour le grand public. L’incendie de Mohamed Dib décrit la condition misérable des familles algériennes dans la Casbah d’Alger. Pour l’intérieur du pays où les conditions de survie étaient autrement plus atroces, nous manquons de témoignages. Pour illustrer cette grave négligence, nous allons nous intéresser au 50e anniversaire du recouvrement de la souveraineté de la radio et la télévision algériennes qui a été fêté lundi dernier, 28 octobre. Toutes les émissions de la télé publique, consacrées à l’événement, se passent à l’intérieur de l’institution. Sans rien enlever au mérite des techniciens, des artistes et des hommes de presse qui ont relevé le défi après le départ massif des colons, il y a tout un pan de cette histoire qui a été oublié. L’existence d’une radio ou d’une télé ne peut avoir de sens que par ses auditeurs et ses téléspectateurs. Pas une seule fois, nous n’avons vu les réalisateurs de la télé tendre le micro ou braquer la caméra sur des Algériens qui auraient pu donner leur avis sur la télé et la radio après l’indépendance. S’ils avaient pris la peine d’essayer, ils auraient reçu une seule réponse: CONNAIT PAS! Les seuls en mesure de donner une explication à ce vide mémoriel sont ceux qu’on appellera ici les «cheveux blancs», c’est-à-dire ceux qui ont dépassé la soixantaine. Ils les auraient informés qu’en 1963, il n’y avait pas de téléspectateurs algériens. Aussi simple que cela. La télévision a été introduite en Algérie dans la deuxième moitié des années 1950. Il n’y avait que les colons qui en profitaient. Pour deux raisons. La première est d’ordre financier. Les Algériens étaient hantés par le souci quotidien de se nourrir. L’achat d’un téléviseur n’effleurait même pas leur esprit. L’autre raison était d’ordre culturel. Les programmes étaient souvent incompatibles avec nos traditions. Restait la radio pour les causeries religieuses du cheikh Abdelkrim Djillali, pour les pièces radiophoniques interprétées par l’immense Hassan El Hassani ou Mohamed Ouniche ou encore les mélodies envoûtantes de Khelifi Ahmed, d’El Anka, de Deriassa (le père) et d’autres. Vers la fin des années 1950, ce fut au tour de Guerouabi puis de Mahieddine Bentir qui se produisait à la salle Pierre Bordes (actuelle salle Ibn Khaldoun). Pour les infos, les Algériens changeaient de fréquence pour tendre l’oreille, au milieu des parasites, à la célèbre voix de la résistance «Saout Al Arab». Il faut préciser que ces auditeurs étaient les Algériens qui vivaient à la périphérie de la ville. Au-delà, point d’auditeurs. C’est dire que le 28 octobre 1963 fut un exploit technique plus que culturel. Surtout pour la télé. Demain, c’est le 1er Novembre. Les images mille fois passées vont être repassées. Ce qui va encore lasser notre jeunesse. Faisons une pause avec ces images vues et revues et penchons-nous un peu plus sur notre vécu, notre enfer de colonisés. Pour expliquer pourquoi il ne restait comme solution que la guerre. Le sacrifice suprême de nos martyrs n’en sera que mieux compris. Et l’indépendance appréciée à sa juste valeur pour être mieux défendue! *Par Zouhir MEBARKI -L’Expression-Jeudi 31 Octobre 2013

**Le génie révolutionnaire du peuple algérien

L’Algérie fête aujourd’hui les 60 ans du déclenchement de la révolution du 1er Novembre. Une date historique qui restera gravée à jamais dans les manuels scolaires et les livres d’histoire comme étant le premier soulèvement armé contre une puissance coloniale membre de l’Otan.

Une révolution qui est devenue au fil des années le symbole fort de la lutte contre la colonisation et l’oppression. L’Algérie a, à travers cette action mémorable, donné une leçon de résistance jamais égalée à ce jour contre une puissance armée occidentale.
Plus de cinquante ans après l’indépendance, l’Algérie continue à récolter le fruit de sa révolution. Une révolution qui a donné des ailes à d’autres pays colonisés dans le monde et qui a servi de modèle pour de nombreux mouvements de libération dans le monde, à l’image de l’ALC de Nelson Mandela en Afrique du Sud, du mouvement Feth en Palestine ou encore du Front Polisario au Sahara occidental. Contrairement à certains pays qui ont déclenché une lutte armée clandestine, l’Algérie qui possédait une élite intellectuelle francophone et arabe d’une grande envergure a réussi d’abord à construire sa révolution sur la base de l’organisation de tous les secteurs. Elle commença d’abord par la lutte armée en lançant le 1er Novembre 1954, les premières actions armées.
Cette nuit-là, une trentaine d’attentats visant des postes de police ou des casernes, symboles de la présence coloniale, ont fait sept morts.
De simples résistants civils, les moudjahidine se sont organisés après le Congrès de la Soummam en une Armée de libération (ALN) structurée bien équipée, armés par des pays soutenant notre cause de l’indépendance. L’Algérie ne se contentait pas de l’action armée, elle investit le terrain diplomatique, en créant le Gpra (Gouvernement provisoire de la Révolution algérienne), installé en exil. Ce dernier lutta dans les tribunes de l’ONU pour défendre la cause de libération de l’Algérie. Avec le Gpra et l’ALN, les Algériens avaient créé la première résistance armée et politique organisée. Avec la Fédération de France, elle a été la première nation arabe à exporter la lutte politique et parfois armée sur le territoire du pays colonisateur. Mais cela ne lui suffit pas pour se faire entendre devant des médias acquis à la cause du gouvernement français. Il fallait utiliser d’autres actions plus audacieuses, comme la création de la première équipe de football du FLN, composée des meilleurs joueurs de football algériens vivant en Europe et principalement en France et faire des tournois dans le monde pour faire entendre la voix de son pays colonisé. Le FLN venait de créer la première équipe de football à caractère politique.
Les Algériens ont tous adhéré au combat valeureux de notre glorieuse révolution.
Les politiques, les artistes, les sportifs, les cinéastes, les universitaires et les syndicalistes ont créé un front commun contre l’occupation et la colonisation. Aujourd’hui, 60 ans après, le combat pour l’indépendance de l’Algérie est devenu une référence pour de nombreux pays. Même des puissances militaires comme les Etats-Unis s’inspirent de la lutte armée algérienne durant la bataille d’Alger pour tenter de mettre fin à la lutte armée des Irakiens depuis la chute de Saddam Hussein. C’est essentiellement dans ce sens que le film La bataille d’Alger de Gillo Pentecorvo inspira les militaires américains pour lutter contre les attaques des éléments contre l’occupant à Baghdad. Grâce à son combat, l’Algérie représente plus de 50 ans après son indépendance, la réussite d’un pays qui se libéra au terme d’importants sacrifices. Plus de 1,5 million et demi de martyrs sont morts pour faire de l’Algérie, une référence en matière de lutte et de sacrifice. Aujourd’hui, le combat du FLN et de l’ALN a donné ses fruits, en faisant de l’Algérie un pays stable, doté de la plus puissante armée en Afrique et dans le Monde arabe, l’ANP. Garce à ses premiers diplomates révolutionnaires qu’étaient Krim Belkacem et Réda Malek, l’Algérie a donné à la diplomatie africaine et arabe ses meilleurs représentants à travers le travail accompli de ses ministres des Affaires étrangères depuis l’indépendance: Abdelaziz Bouteflika, Seddik Benyahia, Taleb El Ibrahimi, Lakhdar Ibrahimi et aujourd’hui avec Ramtane Lamamra, ont tous à leur manière marqué leur passage dans les arènes de la diplomatie internationale. Les dirigeants qui se sont succédé depuis l’indépendance ont marqué les esprits et l’Histoire par leurs décisions mémorables: Ahmed Ben Bella, Houari Boumediene, Chadli Bendjedid, Lamine Zeroual et aujourd’hui Abdelaziz Bouteflika. Après 60 ans du déclenchement de la révolution, l’Algérie poursuit aujourd’hui son combat pour la liberté et l’indépendance économique, politique et sociale des pays émergents et non-alignés.*Par Salim AGGAR - L’Expression-Samedi 01 Novembre 2014

**Révolution de Novembre 1954: la clé de la réussite

«Dans la nuit à la même heure (1h15mn), des terroristes ont opéré en divers points du territoire algérien…des postes de police attaqués…des dépôts de pétrole aussi…Radio Algérie ciblée également…huit morts…trois compagnies de CRS et trois bataillons de parachutistes envoyés par avion de la métropole…», ces quelques «Une» de la presse française au lendemain des multiples actions effectuées par les moudjahidine à travers tout le territoire national dans la nuit du 31 octobre au 1er Novembre 1954, illustrent bien la réussite de l’impact recherché par les dirigeants de la lutte de Libération nationale. Ils s’en expliquent dans la proclamation qu’ils ont publiée aussitôt et qui est également «une plate-forme de discussion aux autorités françaises». Réponse du président du Conseil français de l’époque, Pierre Mendès France, devant l’Assemblée nationale française: «L’Algérie c’est la France.» Son ministre de l’Intérieur, François Mitterrand, renchérit: «La seule négociation possible est la guerre.» Elle durera huit longues années et coûtera la vie à un million et demi d’Algériens. Quand on sait que le même Mendès France, dans un discours prononcé le 31 juillet 1954 à Carthage, a promis à la Tunisie et au Maroc l’autonomie interne, alors même qu’ils étaient sous le régime du protectorat, on comprend la certitude qu’avaient les six chefs historiques de la révolution que seule la lutte armée pouvait libérer les Algériens. Oui, la guerre nous a été imposée. L’Etat français porte l’entière responsabilité de tous les morts durant cette guerre. Aucun pays de l’Empire colonial français n’a souffert autant que l’Algérie. L’Algérie et les Algériens n’existaient, tout simplement, pas. «L’Algérie, c’est la France!». Les Algériens? Mais quels Algériens? Des indigènes sans aucun statut. Ou plutôt un Code de l’indigénat que les Blancs d’Afrique du Sud avaient repris pour instaurer l’Apartheid. Un exemple parmi d’autres de ce Code. Si un délit était commis à proximité d’un douar, c’est tout le douar qui était «jugé» et puni. La sanction collective érigée en loi par «le pays des droits de l’homme». Les Algériens n’avaient aucun droit, sauf celui de mourir. Sous les balles comme en 1945. Par la faim et le froid. Par la misère qui leur était imposée. Par l’esclavage. Par l’ignorance. Toutes les écoles coraniques étaient interdites. Et si les écoles françaises admettaient quelques enfants algériens, ceux-ci devaient être surdoués en plus d’être destinés ensuite à l’assimilation. C’est-à-dire coupés de leur peuple. De leur religion. La meilleure illustration est celle de Nafissa Sid Cara nommée, en 1959, secrétaire d’Etat dans le gouvernement Michel Debré. Son frère Chérif l’avait précédée à ce poste en 1957. Ils sont morts tous deux en France. Une petite minorité d’«assimilés» comme eux, existe toujours. Des révoltés contre l’assimilation aussi, heureusement. Il faut dire que la seule voie de salut, offerte à l’Algérien par le colonialisme, était de vivre dans la trahison au service exclusif de l’occupant. Ce sont ces cas qui sont mis en avant pour démontrer les «bienfaits de la colonisation». Le reste des Algériens, 9 millions à l’époque, était leur dernier souci. Et cela durait depuis 1830. Il y a eu des résistances comme celle de l’Emir Abdelkader. Il y a eu des révoltes comme celle de Fadhma N’soumer, de Mokrani, de Bouamama et d’autres. Elles ont toutes échoué faute d’envergure nationale. Faute d’unité nationale. La déclaration du 1er Novembre 1954 le souligne et s’est donnée comme objectif le «rassemblement du peuple algérien (pour) liquider le système colonial». C’est grâce à cet objectif que la révolution de Novembre a pu arracher l’indépendance. Cet objectif reste, aujourd’hui, toujours vital. Pour consolider notre indépendance. Et la prémunir des menaces!*Par Zouhir MEBARKI -L’Expression-Samedi 01 Novembre 2014

**l’engagement pour la liberté et l’indépendance

La célébration annuelle du 1er Novembre 1954 rappelle de manière régulière le sacrifice et l’engagement des martyrs pour la liberté et l’indépendance du pays.

Soixante ans après le déclenchement de la révolution algérienne 1954-1962, les Algériens continuent de s’interroger sur les origines, les tenants et les aboutissants du 1er Novembre 1954 et toute l’histoire de la guerre de Libération nationale qui a laissé 1,5 million de martyrs pour la liberté et l’indépendance du pays. Fouad Soufi, historien reconnu, revient sur le sacrifice des martyrs de la révolution. «Le rêve des martyrs est fondamentalement atteint. C’est extraordinaire. Les martyrs de la révolution algérienne 1954-1962, ont réussi à libérer le pays du joug du colonialisme français qui a régné avec une main de fer pendant 132 ans», a indiqué M.Soufi, qui n’a pas manqué d’ajouter que c’est aux générations post-indépendance, de continuer sur la lancée de la révolution algérienne, afin d’assurer sa souveraineté et l’indépendance sur tous les plans. En réponse à ceux qui continuent de penser et dire que le général de Gaulle a donné l’indépendance à l’Algérie, cet historien très imprégné de l’histoire du pays, rétorque: «Le projet du 1er Novembre 1954, n’est pas une aventure. Mais, c’est un projet national qui a permis à la génération post-indépendance de se réjouir de sa liberté, indépendance et dignité au XXIe siècle.»
La célébration annuelle du 1er Novembre 1954, rappelle de manière régulière le sacrifice, l’engagement et le courage des martyrs qui ont sacrifié leurs vies et biens pour l’indépendance du pays qui va dans l’intérêt des générations post-indépendance.

En hommage aux martyrs anonymes
Historiens, fils de chouhada ou simple moudjahid, convergent tous vers le même objectif, à savoir le respect des valeurs du 1er novembre 1954, à commencer par la liberté et le respect de la dignité des Algériens où qu’ils soient dans le pays et sur la planète. Nordine Harir, 57 ans, fils de chahid dans la vallée de la Soummam à Béjaïa, interpelle les consciences au plus haut degré. «Mon père est tombé au champ d’honneur en 1961. J’avais deux ans à l’époque. Je n’ai pas connu mon père. Mais, après l’indépendance nationale le 5 juillet 1962, une fois grandi, j’ai compté sur ma propre personne pour gagner ma vie et celle de ma famille», dira-t-il avec un sentiment patriotique digne du message de son père. Bien conscient de l’échelle des valeurs, M.Harir ajoute: «Il faut savoir qu’il y a deux types de fils de chouhada. D’abord, il y a celui qui a perdu son père durant la guerre de libération et l’autre qui n’est pas dans le même cas. C’est-à-dire son père s’en est sorti vivant après l’indépendance», dira-t-il avant d’ajouter que si l’on doit parler de manière honnête, l’Etat doit prendre en charge les enfants des chouhada deux fois plus que ceux qui ont leur père en vie après l’indépendance. «Mais malheureusement ce n’est pas le cas. Les enfants de chouhada n’ont pas eu toute l’attention et la prise en charge qu’il se doit par l’Etat», déplore-t-il. Il y a lieu de souligner que la politique de transmission des biens et des droits de génération en génération ne doit pas être éternelle. «Après 52 ans d’Indépendance nationale, il faut en finir avec la politique des fils de chouhada, les fils des moudjahidine et les fils des fils qui continue encore», avant d’ajouter qu’«il faut apprendre à compter sur soi-même, afin d’édifier le pays et continuer la lutte pour le développement national au lieu d’attendre les avantages de l’Etat», lancera-t-il, en guise d’appel du coeur à la conscience nationale.

«Si nous venons à mourir, défendez notre mémoire»
Les martyrs anonymes qui sont enregistrés par centaines ou milliers qui sont restés dans l’oubli à travers le pays, n’ont même pas le droit de cité. «Mon frère Youcef Lahlah est tombé au champ d’honneur à l’âge de 16 ans. C’était aux environs de 1959. Jusqu’à présent, nous ne savons même pas où a-t-il été enterré afin de faire notre deuil», témoigne Mme Yamina Allouache, âgée de plus de 70 ans, tout en essuyant ses larmes. Enregistrant un nombre important d’établissements qui ont été baptisés aux noms des défunts martyrs de la révolution algérienne et qui sont dans le devoir du respect et la réhabilitation de la mémoire des martyrs à travers les 48 wilayas, l’exemple vient de l’APC d’Alger-Centre, qui a été appuyé par la wilaya, laquelle a réalisé une stèle à la mémoire du défunt Mustapha Ben Boulaïd dans la même rue du martyr de l’Indépendance nationale. Didouche Mourad. Il l’a si bien dit avant de tomber au champ d’honneur: «Si nous venons à mourir, défendez notre mémoire», a-t-il laissé comme message aux générations post-indépendance. Par ailleurs, il y a lieu de noter la remarque qui a été faite par de nombreux moudjahidine anonymes et des veuves de chouhada qui ont reproché aux médias de ne parler que des mêmes personnes, comme si les autres n’ont rien fait pour l’Indépendance nationale. Les martyrs ont libéré le pays du joug du colonialisme français, pour les générations post-indépendance, afin qu’elles reprennent le flambeau de la liberté, du développement et de la souveraineté nationale grâce à l’éducation et la recherche scientifique dans toutes ses dimensions.*Par Amar CHEKAR -L’Expression-Samedi 01 Novembre 2014

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Un seul héros:le peuple!

 

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La guerre de Libération nationale a laissé 1,5 million de martyrs

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**9 millions d’Algériens étaient les esclaves d’un million de colons. L’humiliation, la faim, le froid, la maladie et l’injustice étaient notre lot quotidien. C’était avant le 1er Novembre 1954.

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Dimanche prochain, on célébrera le 55e anniversaire du 1er Novembre 1954. Date du déclenchement de la lutte armée contre les envahisseurs qui ont occupé notre pays plus d’un siècle auparavant. C’était en 1830, lorsque les troupes françaises débarquèrent à Sidi Ferruch pour tuer, piller et occuper le pays. Dimanche sera donc, pour tous les Algériens, l’occasion de se recueillir à la mémoire du million et demi de martyrs qui ont donné leur vie pour libérer le pays. Dans cet espace, il nous sera impossible de retracer tout le parcours de l’abjecte occupation et de rendre les véritables souffrances imposées aux Algériens par l’occupant. Néanmoins et pour que notre jeunesse puisse se faire une idée de ce qu’ont enduré leurs parents, grands-parents et arrière-grands-parents nous allons tout de même essayer d’en rapporter quelques bribes. Si nous parvenons à leur restituer l’enfer dans lequel ont vécu leurs ancêtres, ils apprécieront sûrement mieux leur bonheur de vivre aujourd’hui libres. Quand on croise dans la rue des femmes algériennes se rendant à leur travail, conduisant leur voiture, il n’y a que ceux qui n’ont pas eu la chance d’apprendre leur histoire pour ne pas savoir que la femme algérienne n’avait jamais mis le nez dehors avant l’Indépendance.
Quand on croise dans la rue des jeunes bien portants, de forte carrure, de grande taille et bien habillés, il faut savoir qu’avant l’Indépendance, la jeunesse algérienne souffrait de diverses carences dues à la malnutrition, à l’habitat plus que précaire, à l’ignorance et au chômage endémique. La taille moyenne de l’Algérien se situait alors entre 1 mètre 60 et 1 mètre 70. Les corps chétifs cachaient souvent de terribles maladies comme la tuberculose. Quand on voit aujourd’hui les Algériens se rendre systématiquement chez le médecin dès qu’ils se sentent mal, cela était inconcevable à l’époque. C’était l’automédication. Et quelle automédication? Des herbes et autres potions dont on se refilait la préparation de bouche à oreille. Quand on voit des Algériens s’énerver au volant de leurs voitures dans des embouteillages, il faut savoir qu’avant l’Indépendance,
c’était un rêve insensé pour des gens dont beaucoup devaient se passer même de chaussures convenables.
Quand on voit aujourd’hui des Algériens ne plus pouvoir se passer de vacances et opter pour des stations touristiques idylliques, il faut savoir que jamais au grand jamais cela ne faisait partie de leur pensée avant l’Indépendance.
Quand on voit aujourd’hui les lieux de restauration envahis à toute heure par les Algériens, il n’est pas inutile de rappeler qu’avant l’Indépendance, nos mères et grands-mères nous racontaient des contes pour lutter contre les tiraillements de nos ventres creux et trouver le sommeil. Quand on enterrait, avant l’Indépendance, un Algérien mort de vieillesse, très souvent, il n’avait que la cinquantaine. Aujourd’hui, son espérance de vie est de 75 ans. La société algérienne d’aujourd’hui n’a rien à voir avec celle d’avant l’Indépendance. 9 millions d’Algériens étaient les esclaves d’un million de colons. L’humiliation, la faim, le froid, la maladie et l’injustice étaient notre lot quotidien. Dominés, soumis par des étrangers dans notre propre pays. Voilà ce qu’était l’Algérie avant le 1er Novembre 1954. Voilà pourquoi des Algériens comme Ben Boulaïd, Didouche Mourad, Larbi Ben M’hidi et leurs compagnons ont décidé de prendre les armes ce jour-là. Pour nous sortir de l’enfer. Ils y ont laissé leur vie mais leur décision a fait de nous, des hommes et des femmes à part entière. 55 ans d’indépendance, c’est peu dans la vie d’une nation. La reconstruction est toujours en cours. Une certaine fragilité de nos acquis est incontestable. Nos agresseurs chassés hier sont encore animés de rancoeur. Notre jeunesse aurait tort de manquer de vigilance. Le risque pour elle d’être replongée dans l’enfer que nous avons essayé de décrire plus haut, est réel. Le travail de mémoire est le meilleur moyen de préserver ce que nous avons de plus précieux: la patrie. Le serment fait à nos martyrs, devrait être diffusé à la télévision et dans toutes les écoles, au moins lors des grandes occasions comme le 1er Novembre.(L’Expression-29.10.09
.)

***** la Déclaration du 1er Novembre a unifié et orienté le peuple algérien vers la guerre de Libération.  

Des moudjahidine et des historiens ont souligné, hier à Alger, l’importance de la Déclaration du 1er Novembre qui a unifié et orienté le peuple algérien vers la guerre de Libération, la qualifiant de document historique qui fait jusqu’à ce jour, l’objet de consensus de l’ensemble des Algériens. Intervenant lors d’une conférence organisée par l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM), le secrétaire général de l’ONM, M. Saïd Abadou, a affirmé que la Déclaration du 1er Novembre 1954 constituait «une évolution civilisationnelle qui a réintégré le peuple algérien dans le mouvement de l’histoire et libéré du joug colonial, grâce aux sacrifices d’un million et demi de chouhada». Il a ajouté, dans ce sens, que la Révolution du 1er Novembre était «le couronnement» de 132 ans de lutte du peuple algérien et une réponse à la France, voire un signe de «démarcation» du colonisateur sur les plans «civilisationnel, moral, spirituel et historique». «Plus de 50 ans après» le document à dimensions politique, culturelle, religieuse et philosophique constitue toujours une référence pour l’ensemble des Algériens», a souligné pour sa part l’ancien ministre Mohamed Djeghaba. «La déclaration est importante du fait qu’elle soit adressée à la fois au peuple algérien et à l’ensemble des militants pour la cause nationale» a-t-il indiqué se référant au texte, ajoutant qu’elle ne concernait pas «une catégorie ou une partie précise», la libération de l’Algérie étant la responsabilité de tous. Dans ce contexte, le moudjahid Hussein Benmaâlem a estimé que la Déclaration du 1er Novembre était «importante» dans la mesure où elle avait constitué «le début de la fin» du colonialisme français en Algérie, ajoutant que le document renfermait «un programme» suivi par la Révolution jusqu’au Congrès de la Soummam qui se basait, à son tour, sur la Déclaration dans l’élaboration de ses décisions. Par ailleurs, le professeur Mohamed Larbi Z’biri a fait une lecture de la Déclaration du 1er Novembre, relevant «des erreurs» dans la traduction du texte, écrit initialement en français en 1954 et traduit «précipitamment» vers l’arabe en 1957. Il s’est arrêté, à cet effet, sur un fragment de la traduction arabe, dans lequel était mentionné la phrase suivante: «l’établissement de l’Etat algérien démocratique, social, indépendant et souverain dans le cadre des principes islamiques», précisant qu’il s’agissait plutôt «de la reconstruction de l’Etat algérien». (L’Expression-30.10.2011.)

*Elle a été égorgée et laissée pour morte par les paras français

*Oumhani Arriaz.la martyre vivante

Son vrai nom est Oumhani Boucetta, on la surnomme Oumhani Arriaz. A son prénom officiel, Oumhani, on a adjoint le qualificatif d’Arriaz qui signifie «homme» en berbère des Aurès. Si elle a hérité de ce surnom viril, c’est pour les qualités de courage dont elle a toujours fait preuve. Cette femme au destin exceptionnel a également hérité d’un autre surnom : «martyre vivante». Aujourd’hui âgée de 80 ans, sans ressource, la vieille dame est clouée au lit par la maladie. Bien que la nuit soit tombée depuis longtemps, elle a accepté gentiment de nous ouvrir la porte de son domicile, à Tkout. D’une voix fluette, à peine audible, elle raconte son martyr.

C’était au mois de novembre 1956, au milieu de l’après-midi, au hameau dit El Harra, près de Chenaoura, du douar Zalatou (actuellement T’kout). Comme de coutume depuis le déclenchement de la Révolution, Oumhani, 20 ans, et son mari partent ravitailler les moudjahidine, quand ils tombent sur une patrouille de parachutistes de l’armée française. Les quantités de galettes, de figues sèches, de dattes et de vêtements qu’ils transportent ne laissent aucun doute sur les vrais destinataires de ces provisions.

Furieux, les parachutistes ouvrent le feu sur son mari, Djeghrouri Mohamed avant de lui trancher froidement la gorge avec la lame d’une baïonnette. Oumhani est emmenée dans une maison abandonnée. Les soldats s’amusent à la torturer, à transpercer son corps et à le taillader à coups de baïonnette. Bras, cou, ventre, dos… Là où la lame frappe, elle ne rencontre aucune résistance. A la fin, Oumhani n’est plus qu’un corps sanguinolent, pissant le sang de partout.

La suppliciée est dans un état tel que ses tortionnaires n’ont pas jugé utile de lui donner le coup de grâce. Elle sombre dans l’inconscience mais des douleurs lancinantes la réveilleront des heures plus tard. D’une seule main, elle traîne son corps meurtri jusqu’au foyer, allume péniblement un feu et défait les foulards qu’elle porte sur la tête. Elle les brûle les uns après les autres avant d’appliquer la flamme sur ses profondes blessures. La douleur des blessures se conjugue à celle des brûlures. Elle perd plusieurs fois connaissance, recommence dès qu’elle se réveille. Au bord de l’épuisement, elle livre un combat contre la mort.

Des moudjahidine la trouveront le lendemain matin à l’issue de l’opération de ratissage qui a ciblé la région. Après les premiers soins, elle est transportée sur une civière faite de branchages. Un inconfortable et douloureux voyage de 60 km à travers le djebel jusqu’à Kimmel où elle sera abritée dans un hôpital creusé sous terre.

Alors qu’il nettoie et suture ses blessures, Si Mahfoudh Smaïl, le médecin, est abasourdi par la méthode utilisée lors des premiers soins qu’elle s’était autoadministrés. «J’ai beaucoup de choses à apprendre de vous», lui dit-il. Oumhani y restera 40 jours tant et si bien qu’on la baptisa du surnom de «chahida vivante». Guérie, elle regagne son domicile avant de reprendre ses missions de ravitaillement.

La maison familiale des Boucetta a toujours été un centre de moudjahidine connu et reconnu de tous. Ses trois frères, Ali, Ahmed et Salah sont tombés les armes à la main. Sa sœur, Djemâa, sa nièce, Berhayel Fatima, sa tante paternelle ainsi que la bru de sa tante seront assassinées par l’armée française en représailles d’une embuscade menée dans la région par les moudjahidine en novembre 1954. Après les sacrifices, Oumhani se retrouve aujourd’hui seule, malade et sans ressources. Elle ne survit que grâce à l’aide de son neveu.*Djamel Alilat

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*UTILISÉE PAR LA FRANCE PENDANT LA GUERRE DE LIBÉRATION 

 La guillotine ou le symbole aiguisé de l’atrocité colonialeLa guillotine, cette atroce machine de guerre utilisée par la France coloniale en couronnement de tant moyens de répression, de damnation et d’injustice mis en branle contre le peuple algérien qui luttait pour le recouvrement de sa liberté, restera un témoin irremplaçable des crimes commis par le colonialisme pendant la Révolution algérienne. Près de 200 militants de la cause nationale, sur les 1.500 condamnés à mort ont été exécutés entre 1956 et 1962 car les autorités judiciaires coloniales avaient jugé « juste » de leur couper la tête avec une lame de plus de 70 kg lancée d’une hauteur de 3,5 mètres. L’histoire retiendra que la guillotine a été utilisée pour la première fois en Algérie en 1843, treize ans après le début de l’invasion du pays par les troupes coloniales françaises. Cet abominable châtiment a aussi servi de moyen de dissuasion pour « terroriser » les Algériens, ces femmes et ces hommes déterminés alors comme jamais à se libérer du joug colonial, relèvent les historiens. Le nom du martyr Ahmed Zabana restera rattaché pour l’éternité à l’usage de la guillotine en Algérie. Il fut le premier militant à être guillotiné un 19 juin de l’année 1956 dans la prison de Barberousse (Serkadji), suivi le même jour par Abdelkader Ferradj. D’autres Algériens comme des Français solidaires de la cause nationale furent tout aussi impitoyablement étêtés. Selon des chiffres fournis par d’anciens condamnés à mort, il y eut en tout 69 exécutions de cette façon à Alger, 56 à Constantine, 51 à Oran et 22 en France même. L’attente de l’exécution, terribles moments dans la vie d’un mortel Les personnes condamnées à mort puis graciées gardent encore l’amer souvenir des moments passés à la prison de Barberousse, des moments chargés de souffrances, d’humiliations, de terreur et…de l’infernale attente de l’exécution à la guillotine. Cette attente représentait des “moments terribles” pour les condamnés à mort. Aucun d’entre eux ne connaissait le jour exact où il doit passer sous la lame tranchante. Seule l’heure fatidique était connue de tous: 4 heures du matin. L’ancien moudjahid Ali Drafli, condamné à mort en 1957 alors qu’il n’avait que 21 ans, admet avoir été « terrifié » à l’idée de mourir la tête coupée, mais le fait que le sacrifice en valait la peine a « beaucoup atténuer » sa peur, dit-il. « Notre peur de la mort s’estompait dès lors que nous étions convaincus de nous battre pour une cause juste », raconte-t-il. « L’attente de la mort était insupportable. Nous vivions chaque minute qui passait en attendant l’aube comme une éternité car nous ne savions pas, de surcroît, qui d’entre nous allait être exécuté », se rappelle M. Drafli, actuellement vice-président de l’association nationale des anciens condamnés à mort. « Ceux qui restaient dans la cellule au moment de l’exécution de l’un des compagnons vivaient cet instant tiraillés entre la peur, la terreur, l’angoisse et même la déprime pour certains, mais c’est le sentiment de révolte contre l’injustice et la répression françaises qui prenait à chaque fois le dessus », ajoute-t-il avec la fierté de celui que les épreuves ont endurci. Ces «durs » moments vécus véhiculaient, au fond, une « forte » énergie et volonté pour résister à l’«enfer » créé par la France à l’encontre du peuple algérien, insiste-t-il. « Il est vrai que la France nous a fait vivre l’enfer mais cet enfer a eu un effet boomerang, n’ayant fait que renforcer notre foi en Dieu et notre amour du pays, deux choses qui nous ont motivés en permanence pour poursuivre le combat jusqu’au dernier souffle », indique M. Drafli. La guillotine, qui ne l’impressionnait pas pendant la Révolution, selon ses dires, lui donne actuellement « la chair de poule ». Cette réaction émotionnelle apparaît au grand jour lorsqu’il il se met face à cette machine à couper les têtes, lors de ses multiples visites au musée central de l’armée où elle est exposée à l’attention du public. (Le Courrier d’Algérie-02.11.09.)

 **1ER NOVEMBRE 1954 – 1ER NOVEMBRE 2010

Le message est-il retenu ?

 L’Algérie a célébré, hier, le 56e anniversaire de la révolution de Novembre 1954. L’événement est majeur. Avec le 5-juillet 1962, le 1er novembre constituent, sans conteste, le creuset d’une Algérie poste coloniale. Le message d’alors était fort : pour que vive l’Algérie dignement, libre et indépendante. 22 acteurs, militants issus du mouvement national, le PPA/MTLD sans omettre l’OS (structure paramilitaire créée en 1947 chargée de préparer la lutte armée, préparaient alors ce qui est devenu l’une des plus marquantes révolutions de XXe siècle. La Guerre d’Algérie. Le peuple s’est levé comme un seul homme pour dire halte à l’occupation française. Des attentats se sont perpétrés simultanément à travers les quatre coins du pays. L’on cite, entre autres, Alger, Oran, Blida, Constantine, Batna, Khenchela et la Kabylie avec l’incendie du dépôt de liège de Bordj Menaïel ainsi que de nombrables attaques ciblant les services de la gendarmerie. En somme, trente attentats étaient enregistrés en cette nuit du 1er Novembre 1954 correspondant à la fête de la Toussaint (fête des morts). Les combats étaient douloureux. Le bilan, après sept ans de guerre féroce, était lourd : un million et cinq-cents mille martyrs tombés au Champ d’Honneur. Les blessés sont légion. Les séquelles sont d’actualité. Il suffit de se rendre au Sud (région de Hamoudia près de Reggane wilaya d’Adrar) pour se rendre compte de l’amère réalité. Les habitants y souffrent toujours des effets des essaies nucléaires français du 13 février 1960. La France n’a jamais reconnu ses crimes coloniaux. Elle s’est vu élaborer une loi glorifiant son passé colonial. Aujourd’hui une question s’impose d’ellemême : où en sommes-nous du 1er Novembre 1954 ? Son message est-il vraiment saisi par la génération poste coloniale ? En 1962, l’Indépendance de l’Algérie est déclarée. Et depuis une foultitude d’événements se sont succédé, autant de présidents se sont élus pour prendre la destinée du pays, autant de politiques mises en oeuvre. D’une stratégie basée sur un système unique et des orientations purement socialistes, sous l’ère de Ahmed Ben Bella puis de Houari Boumediene, à une politique fondée sur l’ouverture économique mais aussi politique à partir de 1989, sous le régime de Chadli Bendjedid; un autre colonel de l’armée qui a pris le pouvoir en 1978 après la mort de Houari Boumediene. De nouveaux partis politiques ont vu le jour donnant ainsi la naissance au multipartisme. Deux années plus tard, en 1990 de nouveaux titres de presse ont fait, également leur apparition. C’est le pluralisme médiatique. Avec presque une cinquantaine de formations politiques, le pays avait changé de look. En 1992, le premier tour des législatives a été organisé sans pour autant arriver à son terme. Le processus électoral fut arrêté. Le président Chadli Bendjedid démissionne. Le pays s’est vu plongé dans un cycle infernal. L’Algérie indépendante a vécu à cause des politiques de sa caste dirigeante une décennie noire. Il est bien vrai que des tentatives ont été opérées pour sortir le pays de son bourbier, mais le mal est déjà fait. Arrivée au pouvoir en 1992, Mohamed Boudiaf fut assassiné six mois après à Annaba. Liamine Zeroual a été élu en 1995.Trois ans après, le général décide de se retirer. L’avenir du pays est de nouveau incertain. Des élections anticipées ont été organisées en 1999. Abdelaziz Bouteflika a été élu. Il a, également, remporté celles de 2004 et 2009 après avoir bénéficié d’une révision constitutionnelle qui lui a permis de postuler pour un troisième mandat. 1er novembre 2010. L’Algérie célébre le 56e anniversaire de la glorieuse Révolution de Novembre 1954. Le Front de libération nationale (FLN) dont la mission, avait affirmé le président défunt Mohamed Boudiaf, «s’est achevée le 3 juillet» a tenu à marquer de son empreinte l’événement : Le parti a organisé ce dimanche au Centre national des archives à Alger une conférence sur le soutien extérieur à la Guerre de libération. Le ministère de la Défense nationale a procédé à la dénomination de quatre hôpitaux militaires qui portent désormais les noms de moudjahidine et de martyr de la Guerre de libération nationale. Voilà à quoi ressemble aujourd’hui le 1er Novembre 1954 : Simple voeu de hauts responsables de l’État, des baptisassions aux noms des 3 moudjahidine et d’martyr de la Guerre de libération nationale des infrastructures hospitalières et autres scolaires pour ne citer que ces «honneurs». (Le Courrier d’Algérie-02.11.2010.)

**********Cinquante-cinq années! Tel est l’âge de la Révolution.

 Age, on ne peut mieux, celui de la maturité. C’est évident, mais, que savent, en fait, les Algériens sur un soulèvement national qui a bouleversé la donne géopolitique africaine tout en signant la fin de l’empire colonial français? Peu, très peu, en réalité, sinon des bribes ici et là qui n’ont pas toujours restitué la vérité d’une Révolution qui a changé la perception même qui a été celle de la décolonisation. En fait, la guerre d’Algérie avait sonné le glas de l’ancien monde bâti sur les empires britannique et français, notamment. C’est la guerre d’Algérie qui amena le Conseil de sécurité des Nations unies à adopter une résolution (1415 du 6 juin 1961 (XV) sur le droit des peuples coloniaux à l’autodétermination et à l’indépendance) qui changea la face de la géographie mondiale et ouvert la voie au libre arbitre à tous les peuples ployant sous le joug de la domination coloniale. La Révolution algérienne a donc dépassé les frontières du territoire algérien pour devenir le symbole de la lutte des peuples du monde épris de paix et de liberté. Mais que connaissons-nous de la préparation de cette Révolution, des hommes qui l’ont initiée, des héros qui se sont sacrifiés pour que les Algériens vivent libres? Rien, ou si peu. La génération postindépendance – et plus singulièrement les jeunes d’une manière générale – ignore en fait beaucoup de choses de (et autour de) cette insurrection armée soustraite à la connaissance des citoyens depuis l’Indépendance. C’est en fait le peuple algérien dans son ensemble qui a été ainsi sevré de sa mémoire collective par une écriture sélective de l’histoire qui ne donna pas aux Algériens de connaître les vérités de leur glorieuse Révolution, confisquée qu’elle a été pour des desseins autres que ceux auxquels aspiraient les leaders qui déclenchèrent l’insurrection générale alors que le peuple était tenu dans l’ignorance d’un processus qui donna naissance au FLN et à l’ALN qui, à l’évidence, ne sont pas tombés du néant. Le FLN est en fait, l’héritier d’une longue marche entamée par la Résistance algérienne, dès les premiers jours de l’occupation coloniale en juillet 1830 par des rébellions et des insurrections récurrentes tout au long des 132 années de présence française. Des hommes, dès le début du XXe siècle, éveillèrent la conscience nationale et s’opposèrent frontalement à l’oppression coloniale. Qui sont ces hommes, leurs actions et leur parcours révolutionnaire qui ont ouvert la voie à la Révolution du 1er Novembre 1954? Peu d’Algériens en fait le savent, certains ne sont même jamais parvenus à leur connaissance, alors qu’ils ont été le socle du militantisme et du nationalisme algériens. Les peuples en armes? Y a-t-il eu dans le monde une révolution anonyme? Certes non! Les révolutions américaine et française – les plus fameuses des temps historiques des XVIIe et XVIIIe siècles – ont été guidées par des hommes dont les noms, vénérés ou abhorrés, sont de la même manière consignés dans les manuels scolaires et dans les livres d’histoire, témoignant à jamais de tout ce qu’ils ont fait ou pu faire pour leur patrie. Au moment où nous célébrons le cinquante-cinquième anniversaire de la Révolution de Novembre 1954 qui, réellement, connaît les hommes qui ont mené et porté la Révolution? Eux dont le message du Premier Novembre au peuple algérien a été de lui dire «Vous qui êtes appelés à nous juger…» sont demeurés anonymes sans que l’Algérie leur rende l’hommage qui leur était dû. C’est la Révolution qui a été ainsi mutilée. C’est en fait cette méconnaissance de l’Histoire récente et antérieure de l’Algérie qui a annihilé la mémoire des citoyens dont nombreux ne se reconnaissent pas dans leur algérianité, cherchant dans l’ailleurs leur accomplissement. (L’Expression-31.10.09.)

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Esprit de Novembre es-tu là?

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Faute de n’avoir pas encore procédé à l’écriture de notre histoire, la question de savoir si l’esprit de Novembre est toujours présent mérite d’être posée.

Les valeurs de sacrifice, de patriotisme et d’abnégation constituent le legs fondamental des acteurs qui ont déclenché la révolution du 1er-Novembre. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, c’est peut-être également l’héritage le plus lourd à porter pour la génération actuelle, 55 ans après l’affirmation de ces principes. Est-ce à dire que l’Algérie de 2009 n’a plus rien à apprendre des enseignements de la génération de 1954? Est-ce que tout le potentiel révolutionnaire des fils de la Toussaint est épuisé? Loin de là. Pourtant, la transmission de l’histoire à la nouvelle génération n’est pas le chantier le plus facile pour les initiateurs de la guerre de Libération. Et la frustration n’est pas seulement du côté des moudjahidine soucieux de perpétuer leurs idéaux.
Les jeunes sont tout aussi perplexes de l’usage à faire de la révolution. Ils s’entendent dire, à longueur de journée, qu’ils ont toutes les raisons de s’estimer moins valeureux que leurs aînés qui n’ont pas hésité à risquer leur vie pour la libération du pays. Ces jeunes, faute d’un idéal post-révolutionnaire, se mettent alors à la recherche de leur propre univers idéalisé. Mais là, il ne s’agit point d’un projet altruiste.
D’autres cultures et de nouveaux modes de pensée ont fait que toutes les aspirations se sont orientées vers la satisfaction de desseins individuels. C’est la première rupture entre les générations et c’est le premier mal auquel il faut s’attaquer par la proposition d’un nouveau dessein national qui ne fasse pas seulement courir les citoyens derrière le gain facile, mais qui leur permette également de rêver à une destinée commune.Mais le rêve a-t-il encore de la place pour toute une partie de la population contrainte à un mouvement de rue pour arracher ce qui était considéré avant 1989 comme un droit, comme l’emploi et le logement? Sauf à inscrire cette propension à tout contester comme l’un des aspects de l’héritage de Novembre rejetant toute forme d’injustice et de privation. La révolution peut très bien manger ses fils, mais ses petits-fils refusent de se faire dévorer. La volonté de vouloir faire de la révolution une histoire mythique n’a fait que renforcer le sentiment selon lequel cet épisode, vécu par l’Algérie, est un événement unique non reproductible. Le culte de son souvenir a alors été abandonné à une seule catégorie de la population au point d’en faire les membres d’une seule et même famille, à l’exclusion de tous les autres. Il faut dire aussi que le fait que de nombreux témoins de l’époque aient commencé depuis quelques années à livrer leurs témoignages, a contraint de nombreux citoyens à chercher des sources non officielles pour connaître leur histoire. Cela complique davantage la tâche de l’historiographie, officielle par définition. On est encore loin du révisionnisme, mais la vérité gagnerait à sortir entière au grand jour sans quoi l’histoire risque fort de ne plus être qu’une page poussiéreuse, rangée au fond des tiroirs. Dispensant de l’effort de se regarder dans un miroir. Pourtant ce regard est essentiel, ne serait-ce que pour être capable de se mesurer à l’autre. D’ailleurs, même le maintien au beau fixe des relations avec l’ex-puissance colonialiste ne peut faire l’économie de cet effort.Les demandes incessantes de l’acte de repentance adressées par l’Algérie à la France ne sont pas générées par un sentiment de haine. Elles proviennent d’un constat ou d’une conviction que le colonialisme ne peut pas être absout de toute responsabilité dans le sort qu’a connu l’Algérie. 132 années de colonialisme laissent évidemment des stiganats. Les mémoires de deux peuples et de deux nations ont été liées par la force. Et elles n’ont pris des voies séparées que par les armes. Les accords issus de la guerre n’ont pas laissé beaucoup de place au règlement des questions de mémoire. A l’époque, il fallait agir rapidement pour régler les questions liées à la nationalité et à la propriété ou encore aux arsenaux militaires de la France qui devaient prolonger leur présence en Algérie au- delà de 1962. Mais une fois que la France s’est départie de sa terminologie considérant que ce qui s’est passé ne dépassait pas une simple opération de maintien de l’ordre, la voie était ouverte à l’Algérie de penser à réclamer autre chose que des indemnités de guerre. (L’Expression-01.11.09.)

*******Le message

Aujourd’hui est une journée de recueillement. Des jeunes Algériens dont la moyenne d’âge ne dépassait guère 25 ans ont tiré les premiers coups de feu pour marquer leur détermination et leur conviction que la seule façon qui restait après l’échec des politiques pour libérer l’Algérie du joug colonialiste était la lutte armée. L’histoire leur a donné raison. Après près de huit longues années de combat, de sacrifices, de souffrances, de larmes et de sang, l’indépendance put enfin être proclamée. Beaucoup de ces jeunes du 1er Novembre n’étaient plus de ce monde pour fêter l’événement. Ils avaient donné leur vie pour que leurs concitoyens puissent enfin et après un siècle et demi d’oppression vivre libres. Ils savaient, dès le déclenchement de la lutte, qu’ils avaient peu de chances de rester vivants à la libération. Ils le savaient mais n’ont à aucun moment hésité à s’engager dans cette voie extrême. Ils avaient l’Algérie au coeur. Le patriotisme avait un sens pour eux qu’on retrouve difficilement parmi la Jeunesse aujourd’hui. Pourquoi? La réponse pourrait être aussi simple que de dire que les générations d’Algériens qui se sont succédé depuis l’Indépendance n’ont pas connu les mêmes et affreuses conditions de colonisés qu’eux.
N’ayant pas connu l’enfer imposé par l’envahisseur étranger à tous les enfants de ce pays, ceux qui ont leur âge aujourd’hui sont pour ainsi dire «nés avec une cuillère d’argent dans la bouche». Ils ignorent la faim, le froid et l’esclavage. Ils ignorent ce qu’être piétiné par l’étranger chez soi. D’être soumis par lui à l’esclavage. De n’avoir que des obligations. De ne pouvoir espérer aucun droit. Bref, ils n’ont pas les mêmes conditions de vie dans lesquelles ont vécu les jeunes du 1er Novembre 1954. On ne peut pourtant pas leur en vouloir d’ignorer tout cela. On ne peut pas leur en vouloir d’ignorer ce pan de leur histoire pour la bonne raison que personne ne le leur a enseigné. Ils ne sont ni responsables ni coupables d’ignorance. Alors, quand M.Bouguerra Soltani, le leader du MSP, clame depuis Guelma où il était vendredi dernier que «la jeunesse doit s’armer des leçons de Novembre et prendre exemple sur les moudjahidine qui ont libéré la patrie du joug du colonialisme», on a l’impression qu’il s’attend à ce que ces «leçons de Novembre» leur tombent du ciel. Il nous faut juste lui rappeler que son premier devoir et celui de son parti, comme celui d’ailleurs de tous les autres partis que compte le pays, est justement d’apprendre à ces jeunes ces «leçons de Novembre». Ils ne peuvent pas «s’armer» ni «prendre exemple» sur quelque chose qu’ils ignorent par la faute de leurs aînés. Les Algériens n’en peuvent plus d’entendre leurs hommes politiques se contenter de constats alors qu’ils en attendent des solutions. Nos jeunes sont victimes des politiciens qui les sermonnent plus qu’ils ne les aident à découvrir leurs racines. Alors cessons de nous complaire dans les mots et agissons! Donnons l’occasion et les moyens à nos enfants d’apprendre leur histoire. Ainsi, nous n’aurons même pas à nous donner la peine de faire preuve de patriotisme. Cela coulera de source. (L’Expression-01.11.9.)

****le devoir de mémoire

Les relations entre Alger et Paris risquent d’être à nouveau grippées. L’histoire pointe du nez pour rouvrir les plaies. La commémoration du 55e anniversaires du déclenchement de la Révolution du 1er Novembre 1954 est propice au renouvellement de certaines revendications. De hauts responsables de l’Etat sont montés au créneau pour exiger le devoir de mémoire de la France. Le président de l’Assemblée populaire nationale, Abdelaziz Ziari, le secrétaire général de l’instance exécutive du FLN, Abdelaziz Belkhadem et le ministre des Moudjahidine, Mohamed Chérif Abbas sont en effet, revenus à la charge. Lors d’une journée parlementaire organisée jeudi dernier sur le thème, «L’Algérie, lutte contre le colonialisme 1830-1954», les trois hommes ont pris la parole.
M.Abdelaziz Ziari a affirmé que le régime colonial français a voulu se disculper de ses crimes en dénaturant les faits à travers la loi du 23 février 2005 qualifiée de négationniste. M.Ziari a précisé que le régime colonial a voulu effacer de la mémoire ses crimes en dénaturant les faits à travers la loi du 23 février 2005 afin de se dérober de sa responsabilité à l’égard des crimes contre l’humanité. Le président de l’APN n’a pas omis de saluer les intellectuels français qui se sont soulevés pour révéler la vérité historique. Il affirme que ces voix sont une source d’honneur et de fierté pour leur pays et reflètent la conscience vive de l’humanité tout entière. Le conférencier a rappelé que l’Algérie attend de la France une reconnaissance de son passé colonial et une reconnaissance officielle de ses crimes. Selon lui, l’Algérie a franchi un pas vers une réconciliation indispensable à laquelle aspirent les deux nations: algérienne et française. Il regrette néanmoins que certains milieux s’efforcent, dans la rive nord de la Méditerranée, à glorifier le passé colonial et à falsifier les faits.
Adoptant un ton ferme, il a dit que le régime colonial qui a privé les Algériens de leur droit à la vie, à la liberté et à la souveraineté ne peut être fier d’un quelconque rôle positif en Algérie. Il ajoute que sa mission consistait à mener une guerre d’extermination. Le ministre des Moudjahidine, Mohamed Chérif Abbas a réitéré, de son côté, son appel à la France officielle à s’excuser pour les crimes et massacres commis par la France coloniale à l’encontre du peuple algérien. Le ministre a mis l’accent sur la réécriture de l’histoire en affirmant que plusieurs zones d’ombre demeurent non élucidées dans l’histoire de la période coloniale en Algérie. «Même si beaucoup de travail a été réalisé dans l’écriture de l’histoire de l’Algérie, plusieurs zones d’ombre dans l’histoire de la période coloniale demeurent toutefois non élucidées», a affirmé M.Chérif Abbas lors de son intervention. Et de renchérir: «Il est du devoir des spécialistes, des historiens et des moudjahidine d’apporter leur contribution pour faire la lumière sur ces zones d’ombre de notre histoire afin de préserver la mémoire collective du peuple algérien». Le secrétaire général de l’instance exécutive du FLN, Abdelaziz Belkhadem, a estimé que l’exigence de l’Algérie de la reconnaissance par la France de ses crimes coloniaux est légitime, historique, morale et politique. S’exprimant en marge de la journée parlementaire, M.Belkhadem a insisté sur le fait que l’Algérie continuera d’exiger de la France la reconnaissance de ses crimes à l’endroit des Algériens durant la période coloniale. Se référant à l’événement du 55e anniversaire du déclenchement de la guerre de Libération, il affirme que les Algériens sont en droit d’exiger cette reconnaissance car «il s’agit également de notre droit à la mémoire collective». «Nous continuerons ainsi que nos enfants et petits-enfants d’exiger cette reconnaissance», a-t-il martelé. Des anciens combattants et des historiens ont également mis l’accent sur cette revendication.
Les Algériens attendent une reconnaissance par la France de ses crimes de guerre et de ses crimes contre l’humanité durant la période coloniale, ont souligné des historiens et moudjahidine prenant part aux travaux. Pour eux, c’est une revendication qui s’impose au vu des préjudices causés par le colonisateur. La mobilisation de la classe politique dans son ensemble coïncide avec la volonté du gouvernement à rappeler la France à son devoir. Selon certaines sources, cette avalanche de déclarations sera suivie d’une déclaration du président de la République pour marquer l’événement du 1er Novembre. (L’Expression-31.10.09.)

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Novembre et ses héritiers

Le 1er Novembre a de nombreux héritiers. Mais de quoi ont-ils hérité au juste ?

Et qu’en ont-ils fait ? Ce sont de petites évidences, sur lesquelles le temps a jeté un discret voile de l’oubli. Des évidences qu’on évoque à voix basse lors des anniversaires et commémorations, pour passer rapidement à autre chose, alors qu’elles ont animé les grands moments de la vie du pays et constitué les piliers de son histoire. Le temps, cet ennemi de la vérité, qui transforme le gris en blanc et les opportunistes en héros, a occulté ces évidences ; ils les a poussées vers la marge, ou transformées en éléments folkloriques que brandissent de vieux militants au physique incertain.

 Le temps a fait son œuvre, donc. Mais pas seulement lui. Car les hommes aussi ont contribué à cet oubli. Ils y ont même beaucoup contribué. Et pour les hommes, les motivations sont très concrètes. Elles englobent pouvoir, argent, rente, honneurs et influence. Beaucoup avaient intérêt soit à manipuler ces évidences, pour en tirer profit, soit à les occulter, pour éviter d’exposer leurs défaillances. Car celui qui impose sa lecture du passé réussit le plus souvent à imposer son pouvoir.

 Quand ce jeu concerne des personnes, il est toujours possible de trouver la parade. Il suffit d’un témoin, d’un document, pour rétablir la vérité. Quand ce sont des groupes politiques et sociaux qui se mobilisent pour manipuler l’histoire s’accaparer de pans de entiers, il devient plus difficile de s’y retrouver. Mais quand c’est une majorité qui adopte une lecture partiale de l’histoire, comme si les Algériens avaient décidé de ne plus regarder leur passé en face, il devient périlleux de s’accrocher à ces bribes de vérité, à ces évidences que la masse a décidé d’ignorer.

 C’est ce qui arrive précisément avec un thème majeur de la guerre de libération. Il s’agit de la filiation idéologique du 1er novembre, avec ses immenses implications sur notre présent et sur l’avenir du pays. Pendant un long moment, pendant la guerre de libération et après l’après-indépendance, un slogan a dominé la vie politique du pays : « un seul héros, le peuple ». C’était une démarche habile pour effacer Messali Hadj puis faire oublier Ahmed Ben Bella, entre autres, mais aussi pour donner au pouvoir une assise populiste, avec un discours aussi facile primaire que facile. Il suffisait de flatter le peuple pour être dans la ligne, et devenir légitime.

 La guerre de libération était cependant trop proche, et personne n’était dupe. Les exclus – Ferhat Abbas, Mohamed Boudiaf, Hocine Aït-Ahmed, Krim Belkacem, puis Ahmed Ben Bella, et tant d’autres- disparaissaient du discours officiel, mais leur poids politique ou moral restait très fort. Pour une raison simple : ils étaient attaqués par des groupes qui détenaient le pouvoir, mais qui utilisaient un discours qu’ils avaient empruntés à ces mêmes opposants !

 Le changement est venu plus tard, lorsque des groupes idéologiques, politiques ou sociaux se sont mis à l’œuvre pour tenter de donner un autre sens à la guerre de libération. Entre ceux qui affirmaient que le 1er novembre avait pour objectif de rétablir une douteuse authenticité, ceux qui le prédestinaient pour jouer le rôle moteur d’une révolution sociale à venir, et d’autres qui y voyaient le premier pas vers le rétablissement d’un mythique califat, la guerre était ouverte. Elle n’a jamais cessé depuis, avec notamment une offensive ininterrompue de ceux qui voulaient faire de Abdelhamid Ben Badis le personnage clé du mouvement national durant la première moitié du XXème siècle.

 Ferhat Abbas, quant à lui, n’avait guère de partisans en mesure de l’imposer comme symbole du mouvement national. Le courant populiste est, de son côté, disqualifié par l’itinéraire ambigu de Messali, et par le bilan mitigé de sa gestion de l’après-indépendance. La chute du mur de Berlin a exclu les courants de gauche. Il ne reste dès lors que les islamistes pour tenter encore de se placer comme parrains idéologique du 1er novembre, ce qui est évidemment une supercherie.

 Mais ce qui est encore plus grave pour le pays tout entier, c’est que le courant populiste, qui a constitué la colonne vertébrale du mouvement national, renie ses propres fondements. Il n’arrive pas à admettre que sa lutte était, certes, fondée sur des aspirations à la liberté et à l’indépendance, mais que ses références étaient plus proches des idées des Lumières que de celles des zaouias ou de toute forme d’organisation traditionnelle de la société algérienne.

 Le succès du 1er novembre n’est pas le résultat des seuls sacrifices et de l’héroïsme abstrait du peuple. Il est aussi, et en premier lieu, le produit de l’accès des dirigeants du mouvement national à la modernité : utilisation des formes modernes d’organisation, prise en charge de la société selon des méthodes modernes, mise en place du noyau d’un état moderne, adoption d’un discours moderne sur des thèmes comme la libération de la femme, l’accès de tous à l’école et au savoir, égalité entre tous les citoyens, etc. L’accès à cette modernité, malgré le caractère largement archaïque de la société, a été le prix à payer par l’élite algérienne pour parvenir à l’indépendance, alors que les formes traditionnelles de lutte et de résistance, même celles menées par des hommes de l’envergure de l’Emir Abdelkader, n’avaient pas abouti. En ce sens, le 1er novembre trouve ses sources dans les Lumières, non dans des références religieuses, claniques ou tribales.

 Aujourd’hui, des courants idéologiques tentent d’occulter cette réalité historique pour imposer leur vision de la société. Ils veulent rattacher le 1er novembre à des racines qui ne sont pas siennes. C’est une supercherie, mais cela fait partie du jeu. Ce qui est plus troublant, par contre, c’est que ceux qui se prétendent héritiers du 1er novembre accompagnent ce mouvement, et laissent le pays revenir aux archaïsmes qui avaient rendu possible la colonisation de l’Algérie. (Le Quotidien d’Oran-29.10.09.)

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Les ombres de Novembre

Pour un certain nombre de générations d’Algériens et Algériennes, le 1er Novembre 1954 représente le début de la fin d’une époque. Cette dernière définie de nuit coloniale était condamnée à laisser place à la période du jour symbolisant l’apparition de la clarté.

C’est à ce titre que Novembre s’inscrit dans le subconscient de la nation algérienne désormais renaissante pour d’autres destinées promues par l’Histoire. Comme, en quelque sorte, une pénible traversée effectuée dans un long et sombre tunnel, représentant des épreuves et noirceurs, lequel nécessairement se terminerait par l’aboutissement défini en la délivrance et de la lumière. Cette année, nous le fêtons sous le signe d’un chiffre couple : 55 ans déjà !

 Avant le déclenchement du 1erNovembre 1954, celui désigné en cycle prérévolutionnaire depuis, notamment, les années trente du précèdent siècle et dont il se basait sur « l’octroi » de droits sollicités par des personnalités et autres organisations humanitaires d’ici et d’ailleurs, notamment après la deuxième guerre mondiale, auprès d’un système inique et, donc, de non droit ; ainsi que par des propositions de réformes, dont les élections douaristes , de la part d’élites politiques nationales disparates voire antagonistes car manipulées par les forces coloniales conservatrices et de ce fait, récupérables à chacune selon ses penchants, accointances, bas intérêts personnels, et qu’elles se dirigeaient toutes en fin de compte directement droit au mur. Une terrible impasse !

 A cet effet, un des novembristes avait eu l’amère constatation, dans ce sens, en surveillant selon les directives du MTLD – Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques – les « élections » effectuées à l’ombre des manigances des Beni ouiouiste : un ramassis de guennours – enturbannés – et de burnous coloriés en bleu, blanc, rouge. Et des ultras colonialistes. En un mot, une cohorte clownesque. Ce fils de la Toussaint, dépité par ce fatras d’imbécillités et de décors exaspérants, n’hésita pas à quitter son lieu d’affectation de supervision de ladite élection de 1948, pour élire des soi-disant représentants du peuple algérien, et complètement déçu il rentra la mort dans l’âme vers sa ville natale située à plus de 30 Km. A pieds ! Quelles étaient ses pensées durant tout au long de ce trajet ? Dieu seul le sait ! Il s’agit du coordinateur de l’organisation révolutionnaire et membre dirigeant du comité dit des 22, le défunt Président Mohamed Boudiaf mort assassiné la veille de la commémoration de la fête de… l’indépendance en 1992.

 Son autre compagnon le défunt Mostefa Ben Boulaid, membre influent du comité des 22, premier responsable FLN/ALN de la Wilaya 1, assassiné lui aussi dans une ténébreuse opération militaire coloniale combinée tout au début de la lutte armée. Lui aussi était complètement dépité par les agissements du système colonial. Outre sa privation abusive d’un droit commercial acquis à la suite d’efforts personnels, d’une part et, surtout, qu’il a été profondément touché par les agissements humiliants des tabors marocains, entre autres soldatesques, à la solde de l’armée coloniale dans les Aurès, d’autre part. Ainsi, il était convaincu que seule la voie des armes, qu’il avait fit venir de partout par ses propres moyens, est l’unique issue salutaire pour le peuple. Il l’avait affirmé à M. Vincent Monteil, l’envoyé du Gouvernement général d’Algérie de l’époque, venu le visiter en prison et enquêter en même temps sur les motifs et l’organisation du soulèvement. Le défunt lui répondit : « vos injustices ».

 A la veille du congrès de la Soummam il fut éliminé par une bombe dissimulée dans un transistor, après son évasion rocambolesque de la prison de Constantine, par un dénommé Kratoff des services spéciaux de l’armée française, d’autant plus qu’il était tout désigne pour être à la tête de la révolution au plan interne.

 Le troisième fils de la Toussaint, lui aussi assassiné après l’indépendance dans les années 1970, le défunt Krim Belkaçem, d’extraction caidale, était considéré comme le lion de la majestueuse montagne du Djurdjura. Chef historique de la wilaya 3, il n’avait cessé depuis les années 1940 de braver la police coloniale. Son grand mérite fut l’organisation efficace de la lutte armée dans ladite wilaya et même sa périphérie. Comme plus tard l’avait fait, et sur un tout ordre de discipline révolutionnaire, son successeur le défunt colonel Amirouche mort au combat libérateur. Il était l’un des organisateurs du congrès de la Soummam tenu le 20 août 1956 dans sa wilaya, et ce, un mois avant le rapt de l’avion dit des Cinq. Un nouveau tournant pour le peuple algérien en proie aux pires manigances dont les prémisses de toutes les nouvelles formes de « bleuîtes » coloniales non moins redoutables pour le FLN /ALN. Il était le Chef de la délégation qui avait eue l’honneur de signer les accords d’Evian avec la France désormais désenchantée mais bizarrement non convaincue à ce jour notamment pour certains de ses complexés vis-à-vis du verdict de l’Histoire, consacrant pourtant tous les droits aux français d’Algérie mais, pour diverses raisons et ombrageux calculs d’intérêts dépassés, ils n’en tenaient pas compte et quittaient massivement, chantages de l’OAS et les vendettas dans tous les sens y aidant, la terre qui les à vu naîtrent, grandirent et jouirent du beau climat du sud de la méditerranée et des richesses notamment agricoles , et ce, quelques semaines après le 5 juillet 1962.

 Le quatrième considéré, à juste titre reconnu d’ailleurs par les ténors de l’armée française, comme le théoricien de la révolution algérienne et un courageux martyr, est Larbi Ben Mhidi membre du comité des 22. Après sa capture à Alger, il fut atrocement torturé puis lâchement étranglé par le tortionnaire Aussares avouant, récemment, son crime commandé pour des considérations qui restent, cependant, à élucider quant à son élimination expéditive. Chef de la Wilaya 5 regroupant pratiquement tout l’ouest Algérien, il participa au congrès de la Soummam tout en apportant, lors de la rédaction de la plate-forme avec le défunt Abane Ramdane mort assassiné par ses pairs, une terminologie révolutionnaire particulière réorganisant sur de nouvelles bases le processus de la lutte armée. Un grand tournant aussi bien du coté positif que négatif en termes organisationnels. Ainsi vont les révolutions avec leurs hauts et bas moments ! A une question, de la part d’un journaliste européen, sur les méthodes utilisées par la guérilla révolutionnaire, dans tous ses sens, posant des bombes au milieu des civils, il répondit : « Donnez nous vos bombardiers larguant des engins destructeurs sur nos douars tuant sans discrimination et, alors, nous vous donnons nos couffins cachant des bombes ». Et à une question sur son arrestation dans ledit appartement en plein centre d’Alger, il répondit : « J’aurais dû ne jamais y mettre les pieds ». Une phrase lourde de sens !

 Le cinquième, premier responsable FLN/ALN de la wilaya 2, est le défunt Mourad Didouche mort au combat dés les premiers mois du déclenchement de l’insurrection. Natif d’Alger comme l’autre figure de proue et non moins théoricien de la politique libératrice à savoir le défunt Mohamed Belouizdad décédé à la suite d’une longue maladie. Le défunt Didouche Mourad était cultivé et plein de modestie. Son action fut déterminante lors de la préparation de la réunion des 22. Méconnaissant, cependant, l’ambiance de son lieu d’affectation – le nord constantinois – qui était un véritable chaudron en termes de caractéristiques liées à la population, pauvreté rurale, et bien d’autres particularités naturelles et socioculturelles ardues que le défunt martyr en saisissait peu la portée. Il tomba dans une embuscade fatale ourdie par les forces de gendarmerie coloniale liée au bachaghisme actif dans la région. Le 20 Août 1955 est une réplique, en quelque sorte, d’une région traumatisée par tant d’injustices, de brimades et de lâchetés de la part des accointances colonialistes. Son successeur Zighout Youssef subira le même sort.

 Le sixième fils de la toussaint, et membre du comité des 22, le défunt Rabah Bitat a été affecté en tant que responsable de la wilaya 4 englobant presque tout le centre du pays. Originaire du constantinois il dut accepter son affectation comme l’avait fait son compagnon ci-dessus désigné. Il rencontra d’autres difficultés en raison de la présence importante de colons, dans l’une des plaines la plus florissante du pays voire la première au monde – la Mitidja -, et de leurs forces armées. Malgré ça, les actes de sabotages furent retentissants, et ce, grâce au renforcement par la wilaya 3 qui lui est limitrophe sur tant de points d’une part et, d’autre part, de l’impact et ses multiples conséquences générées par une zone de prédilection aux yeux de la colonisation la considérant comme l’œuvre – modèle – exemplaire et représentative de leur présence. Ce qui est vrai si on considère, toutefois, que ce sont des mains noires d’autochtones qui l’ont façonné tout en sachant que ce sont les « pieds noirs » qui l’ont fouler aux…pieds en terme d’exploitation minière ! Enfin, il fut un homme sincère, modeste et surtout profondément peiné par les agissements absurdes voire contre patriotiques lors de la décennie 1990 avec son lot de malheurs. Il l’avait dit, en toute franchise, à qui de droit.

 Et enfin les trois autres de la délégation de l’extérieur à savoir : Le président Ahmed Benbela vivant, Hocine Ait Ahmed vivant, et Mohamed Khider mort assassiné après l’indépendance. Ces quelques types ci-dessus succinctement profilés sont représentatifs de tant d’autres aussi bien vivants que disparus. Chaque militant de la cause nationale traîne son ombre comme un boulet défini en souffrance, abnégation, en sacrifice mais, également, de fausseté, lâcheté, de faiblesse et de retournement. Le tout jugé, d’une façon ou d’une autre, par l’Histoire y compris dans l’au-delà. C’est ainsi ! Rares sont ceux qui ont échappé aux défigurations et autres tentations maléfiques en somme « normales » dans ce type de révolution ou seul le peuple a le dernier mot. A l’image des 10 millions d’Algériens et Algériennes qui ont dit majestueusement, en 1960, 1961, 1962, par le biais des grandes manifestations populaires qui ont marqué les esprits d’ici et d’ailleurs, en les termes suivants : Non aux incohérences et tergiversations de part et d’autre, Oui pour la Liberté et l’Indépendance de la seule nation aujourd’hui, malheureusement, et malgré elle, en face à d’autres « colonisabilités » en termes de difficultés générant des carences non moins sournoises et de plus en plus exaspérantes voire humiliantes. Un exemple, parmi d’autres, allant dans ce sens, est représenté par un fait défini en réaction de la part du ministre français des affaires étrangères, à l’encontre des déclarations d’un dirigeant algérien se rapportant au passé colonial de la France, et ce, à la veille de la dernière « visite d’Etat » du président Sarkozy dans le pays. Il avait publiquement humilié le ministre des anciens moudjahiddines, et par ricochet tout le pays, en les termes suivants : « Qui est cet individu qui se permet d’exiger des comptes à la France ? » De l’arrogance pure ! Toujours à ce sujet, un ministre algérien soi-disant de souveraineté avait répondu publiquement, via la télévision nationale, à une question sur le niveau de gravité de ce fait, ci-dessus rapporté, lié à la souveraineté justement : « je ne sait pas, et si cela est arrivé comme vous le dite ledit ministre français n’aurait pas dut en parler sinon s’en excuser » ( ?). Pourtant toute la presse nationale en parlait en grandes manchettes ! Alors demander cette semaine « réparation » sur les crimes commis par la France coloniale durant plus de 132 années, c’est vraiment de la pure hypocrisie sinon du vain chantage « politico diplomatique » lié aux bas intérêts et autres calculs conjoncturels de surcroît. Il aurait mieux valu demander immédiatement, en son temps, des excuses publiquement sur les mots déplacés voire gravissime dudit ministre français emporté, quand a lui, par une hargne nostalgique d’une autre époque : Un terrible complexe ! Ce serait déjà beaucoup pour les souverainetés nationales respectives si elles consolident les intérêts réciproques des deux peuples notamment leurs jeunesses aspirants à regarder voire s’élancer vers d’autres horizons notamment pour celle des pays de la rive sud de la méditerranée.

 A l’image des peuples maghrébins. Dont la Tunisie qui vient, cette semaine, de réélire son président en place depuis 25 ans soit cinq mandats successifs. Les derniers arguments, présentés par les adeptes endurcis d’un tel système de gouvernance, sont la stabilité de la Tunisie et ses multiples essors socioéconomiques, dont la liberté de la femme et l’Agriculture, réels effectivement ce qui n’est pas rien mais qu’en revanche ce n’est pas tout, qu’ils comparent à ceux de notre pays certes rongé par l’instabilité a cause, d’après leur point de vue, de la liberté de la presse et le multipartisme ergotent-ils. Ce qui a permis de donner de l’eau au moulin des laudateurs pivotant autour du sérail « carthaginois » de trouver l’échappatoire idéale par exemple comparatif et donc de perdurer dans ce chemin non moins dépourvu d’embûches. De notre part, nous disons que c’est plutôt l’unicité de pensée et l’esprit dictatorial qui prévale dans un pays et qu’il ne peut l’être dans un autre. C’est comme ça !

 Malgré tout et en dépit de toutes les maladresses, aussi bien au niveau de la gouvernance de moins en moins efficiente, que de celui d’abus de pouvoir dont certains sont impardonnables voire condamnables ; il n’en demeure pas moins que les ombres de Novembre reviennent cette semaine nous rendrent visite, et ce, pour nous faire rappeler le passé afin qu’on s’inscrit sereinement dans le présent et, enfin, nous redonner de l’aplomb, confiance en nous même et de l’espoir pour l’avenir. Ils le font à chaque 1er Novembre ! Donnons leur, donc, l’hommage qu’ils méritent pour leur ultime sacrifice. Sans fioritures, ni excès de langage surtout !! (Quotidien d’Oran-29.10.09.)

*******Jeunes et sans mémoire
 L’école algérienne a le devoir d’enseigner l’histoire aux jeunes générations.

Du 1er novembre 1954, 55 ans après, que reste-t-il de l’«Appel au peuple algérien» lancé par le Front de libération nationale? L’esprit de la lettre de Novembre est-il toujours présent? La flamme de la Révolution luit-elle encore? La jeunesse d’aujourd’hui connaît-elle l’histoire de l’un des mouvements de décolonisation les plus importants du XXe siècle? Un mouvement né des entrailles d’un peuple avide de liberté. Celui-là même au sein duquel ils sont nés et ont grandi. Et si ces derniers ne connaissent que la face visible de l’iceberg historique, à qui la faute? Aujourd’hui, le système éducatif national vit au rythme d’une instabilité inquiétante. Et cette instabilité tend à s’inscrire dans la durée, tant les réformes se suivent et se ressemblent sur un point: l’inefficacité. A problèmes profonds, mesures superficielles.
L’Ecole algérienne souffre de multiples carences. Programme chargé, manque en infrastructures, déficit en moyens de transport, insuffisance criante en matière d’encadrement pédagogique, précarité socioéconomique des travailleurs de l’éducation et tant d’autres lacunes. Tel est le lot quotidien des écoliers algériens. A cela s’ajoute la qualité discutable à plus d’un titre de l’enseignement prodigué. Lequel enseignement est loin de correspondre aux réalités socioculturelles de la société algérienne. Et cela donne lieu à des incohérences qui alimentent le mécontentement dans le secteur de l’éducation. A titre d’exemple, l’intersyndicale de l’Education à décidé de faire de ce mois de novembre, celui de la protestation.
Les raisons? Elles sont multiples mais avec un dénominateur commun: absence de dialogue et de concertation en vue d’asseoir une politique éducative cohérente. Cette situation a poussé le Syndicat algérien des travailleurs de l ‘éducation et de la formation (Satef), par la voix de son secrétaire général, M.Sadali, de tirer la sonnette d’alarme: «Si le gouvernement et le ministère persistent dans cette démarche, nous allons vers une situation de blocage.» Pour leur part, les lycéens sont montés au créneau pour décrier «le programme surchargé». Pas seulement, ils sont allés jusqu’à dénoncer: «Nous ne voulons pas être les cobayes de réformes appliquées chaque année.» Des lycéens qui considèrent que l’on «joue à la roulette russe» avec leurs têtes! Voici qui renseigne sur le mal qui ronge un secteur aussi important que l’Education. Dans toute cette histoire, le ministère s’est confondu dans des mesures approximatives. Ainsi, la circulaire sur la nouvelle réadaptation des horaires scolaires, après celle adaptée au nouveau week-end, n’a fait qu’aggraver une situation déjà confuse. Datée du 14 octobre dernier, cette circulaire permet de: «différer les séances de la demi-journée du jeudi aux horaires suivants: l’après-midi du mardi, la matinée ou l’après-midi du samedi». Seulement, les écoles qui ne souffrent pas des retombées du nouveau week-end sont tenues de respecter l’emploi du temps en cours. D’ou l’incompréhension d’une mesure qui prête à «la demi-mesure». Dernièrement, le ministre de l’Education a promis une réadaptation des horaires scolaires dans les régions du Sud. Toutes ces décisions diffuses remettent en cause l’efficience de la réforme éducative. Il va sans dire que l’école se trouve ainsi, sur le fil du rasoir. Une école appelée, pourtant, à permettre aux générations qui montent à s’approprier leur histoire. Une histoire de long combat pour «la République algérienne démocratique et sociale». Cette revendication traduisait le rêve d’une poignée de jeunes révolutionnaires en une Algérie libre et digne. Ce rêve a donné naissance à l’une des révolutions les plus importantes du XXe siècle. Ainsi, le «coup de poker» s’est transformé en un déluge populaire qui a failli emporter le système politique français. Une question: l’«Appel du 1er Novembre» est-il suffisamment introduit et expliqué dans les programmes scolaires? Comme il a été mentionné dans l’«Appel», il y a 55 ans: «L’heure est grave!». (L’Expression-01.11.09.)

******FIDÉLITÉ AUX IDÉAUX DU 1ER NOVEMBRE
Pour une révolution de l’intelligence

«A vous qui êtes appelés à nous juger»: c’est par ces mots que de jeunes Algériens harassés par la misère et la poigne de fer du pouvoir colonial prirent conscience que tous les moyens pacifiques de revendication des droits à la dignité humaine ayant été épuisés et devant, notamment les atermoiements des politiques qui voulaient jouer la carte politique des négociations, prirent une décision historique, mémorable, celle de se battre contre une armée qui avait l’artillerie et l’aviation de l’Otan à sa disposition. Comment et pourquoi la Révolution a embrasé l’Algérie. Deux faits résument l’état de délabrement physique et psychique de la société algérienne disloquée par 130 ans de racisme. Faut-il évoquer comme le rapporte le Journal de la Révolution El Moudjahid, ces officiers bourgeois qui se faisaient transporter à dos d’homme par des «portefaix professionnels» à un bal du duc d’Orléans, et portant l’inscription infamante «Arabe soumis» que, par ordre de Bugeaud, des Algériens étaient tenus d’afficher sur leurs vêtements. Ces faits se passaient quarante ans à peine après la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen en France. Une phrase de Jean Daniel résume admirablement cette époque de déni des droits les plus élémentaires: «(…) Lorsqu’on voit ce que l’occupation allemande a fait comme ravage en quatre ans dans l’esprit français, on peut deviner ce que l’occupation française a pu faire en cent trente ans,[en Algérie Ndlr].»(1) Dans cette atmosphère délétère où les choses paraissaient immuables et que l’impasse imposée par l’ordre colonial semblait durer mille ans, quelques hommes eurent le mérite de faire table rase de leur appartenance politique, ethnique ou sociale pour ne plus penser qu’à une seule chose: comment libérer le pays de l’oppression par la voie des armes, seul langage que comprenait le pouvoir colonial? Ce fut la «mémorable réunion des 22». Pour l’histoire le texte de cet Appel a été imprimé dans la nuit du 26 au 27 octobre 1954, sous la supervision du maquisard Ali Zamoum, à Ighil Imoula, un village de Kabylie. Au-delà de la modestie des quarante actions déclenchées le 1er novembre à partir de 0 heure, l’impact psychologique a été extraordinaire et pour la première fois les autorités ont compris la nature du conflit et ont eu la conviction que cette fois-ci les Indigènes n’allaient plus s’arrêter.

Le sens d’une action
Justement, si on examine avec minutie l’Appel du Premier novembre, on s’aperçoit qu’il fut le détonateur d’une révolte portée par tout un peuple. «(…) Notre souci, en diffusant la présente proclamation, est de vous éclairer sur les raisons profondes qui nous ont poussés à agir en vous exposant notre programme, le sens de notre action, le bien-fondé de nos vues dont le but demeure l’indépendance nationale. Notre désir aussi est de vous éviter la confusion que pourraient entretenir l’impérialisme et ses agents administratifs et autres politicailleurs véreux.» Par ces phrases, les combattants se soumettaient au jugement de l’histoire, annonçaient, ainsi, à la face du monde leur volonté de combattre le fait colonial: sans moyens, avec une immense conviction sur la légitimité du combat, ils mirent en oeuvre une Révolution qui devait servir de modèle à bien des mouvements de libération de par le monde. Le 1er Novembre 1954 est, à juste titre, le dernier épisode symbolique du combat incessant du peuple algérien pendant plus de 25 siècles. «L’heure est grave! lit-on dans l’Appel (…) Nous tenons à cet effet à préciser que nous sommes indépendants des deux clans qui se disputent le pouvoir. Plaçant l’intérêt national au-dessus de toutes les considérations mesquines et erronées de personnes et prestige, conformément aux principes révolutionnaires, notre action est dirigée uniquement contre le colonialisme, seul ennemi et aveugle, qui s’est toujours refusé à accorder la moindre liberté par des moyens de lutte pacifique. Ce sont là, nous pensons, des raisons suffisantes qui font que notre mouvement de rénovation se présente sous l’étiquette de Front de libération nationale, se dégageant ainsi de toutes les compromissions possibles et offrant la possibilité à tous les patriotes algériens de toutes les couches sociales, de tous les partis et mouvements purement algériens, de s’intégrer dans la lutte de Libération sans aucune autre considération. Pour préciser, nous retraçons ci-après, les grandes lignes de notre programme politique: l’Indépendance nationale par: la restauration de l’Etat algérien souverain, démocratique et social dans le cadre des principes islamiques. Le respect de toutes les libertés fondamentales sans distinction de races et de confessions.» Que reste-t-il du FLN fondateur? Nul doute qu’il a rempli avec gloire et honneur sa mission historique. Cependant, il est clair que l’on n’engage pas un peuple dans une telle révolution sans tenir la promesse fondamentale pour laquelle il s’est précisément engagé sans réserve aucune: à savoir, combien de jeunes connaissent ce texte fondateur? Combien connaissent les grandes dates de l’histoire, trois fois millénaire, de leur pays? A bien des égards, vu le combat titanesque de ces pionniers qui ont fait démarrer l’Algérie à l’Indépendance, nous sommes des nains juchés sur des épaules de géants. A l’Indépendance, nous étions tout feu tout flamme et nous tirions notre légitimité internationale de l’aura de la glorieuse Révolution de Novembre. La flamme de la Révolution s’est refroidie en rites sans conviction pour donner l’illusion de la continuité.(2)
Les combats d’arrière-garde de la culpabilisation ad vitam aeternam de l’ancienne puissance coloniale ne sont qu’un rideau de fumée qui cache une méconnaissance des enjeux du monde actuel. Quand le secrétaire général du Front de libération nationale postindépendance estime le jeudi 29 octobre que l’exigence de l’Algérie de la reconnaissance par la France de ses crimes coloniaux en Algérie était «légitime, historique, morale et politique». Que «les Algériens sont en droit d’exiger cette reconnaissance car il s’agit également de notre droit à la mémoire collective». Que «Nous continuerons ainsi que nos enfants et petits- enfants d’exiger cette reconnaissance», il prend assurément ses désirs pour des réalités.
L’Algérie de 2009, qu’est ce que c’est? Un pays qui se cherche, qui n’a pas divorcé avec ses démons du régionalisme, du népotisme? qui peine à se déployer, qui prend du retard, qui vit sur une rente immorale car elle n’ est pas celle de l’effort, de la sueur, de la créativité? C’est tout cela en même temps! Le pays s’enfonce inexorablement dans une espèce de farniente trompeur tant que le baril couvre notre gabegie-. Après, ce sera le chaos. Le sociologue Lahouari Addi écrit: «L’Algérie est-elle une société ou une juxtaposition d’espaces domestiques en concurrence pour les biens de subsistance? L’exacerbation des antagonismes entre les intérêts privés impose la formation d’un espace public où l’individu n’est pas un moyen mais une fin. Dans l’économie rentière, ce qui est consommé par une famille est retiré à une autre, selon le modèle du jeu à somme nulle (Il n’y a pas de création de richesse, Ndlr). C’est ce qui explique la corruption à tous les niveaux de l’Etat…Dépendantes de l’Etat, à travers les prix des biens alimentaires importés, les couches sociales pauvres se mettent à rêver d’un Prince juste qui limitera les libertés pour donner équitablement à chacun sa part. La popularité des islamistes a trouvé son origine dans cette structure distributive des richesses financées par la rente énergétique et exprime, par ailleurs, le niveau de dépendance de la société par rapport à l’Etat.»(3)
«Il est vrai, comme l’écrit Lahouari Addi, que l’objectivité historique est difficile à atteindre lorsque l’on touche aux références fondatrices d’une nation. Mais la grande différence avec l’Algérie réside dans l’existence d’une recherche universitaire indépendante…Il ne s’agit pas d’une entreprise de dénigrement du combat indépendantiste, qui a une légitimité incontestable puisque la colonisation est la négation de la civilisation. Mais l’écriture de l’histoire de la guerre de Libération, telle qu’elle a été écrite en Algérie depuis 1962, est marquée par le sceau des occultations et des falsifications.»(3) Dans le même ordre le professeur Mohamed Korso a raison d’affirmer: «Il est plus facile d’accéder aux archives à Paris qu’à Alger.» Eh bien! je pense que l’histoire de la Révolution donne des frissons à certains de nos responsables.L’histoire de la Révolution fait peur. Voilà! Cela doit cesser car cela mine notre culture historique.(4)

 Occultations et falsifications
Pour Lahouari Addi: «Le combat pour une université digne de ce nom, productrice de savoirs, animée par des enseignants-chercheurs respectés, est un combat qui engage l’avenir. Vous luttez pour que les compétences restent au pays, parce que, dans l’ère de la mondialisation, payer un professeur 400 euros par mois, c’est inciter l’élite intellectuelle à quitter le pays. L’enseignant universitaire est devenu, en quelques années, un employé paupérisé, alors qu’ailleurs, aux USA, en Europe, au Japon, il est une autorité sociale. En Algérie, c’est à peine un petit fonctionnaire luttant pour survivre dans une société où il n’est plus un modèle pour les jeunes, dans une société où l’échelle des valeurs a été bouleversée. Si l’Université est dans la léthargie, cela voudrait dire que la société civile n’en est pas une…»(3)
Soyons clairs! Le Premier novembre est tellement galvaudé qu’il ne correspond plus à rien de stimulant pour la jeunesse qui représente la moitié de ce pays. Les valeurs défendues par le Premier novembre, quelles sont-elles? La lutte pour la liberté, la dignité, l’indépendance. Ces objectifs ne font plus vibrer la jeunesse non pas qu’ils sont passés de mode mais ils ne correspondent à rien dans la réalité et deviennent par la force des choses un rituel immuable. Comment peut-on parler de Continuité de la Révolution et du «Mach’aâl du Premier Novembre à transmettre aux jeunes si ces derniers sont tenus soigneusement à l’écart du mouvement de la nation? Ces jeunes qui fuient le pays en criant: «El Harga oula el Hogra!» Avons-nous des jeunes qui fêtent le Premier Novembre avec des réflexes de vainqueurs? Nous avons observé la communion du peuple [jeunes et moins jeunes] autour de son équipe de football. Ne pouvons-nous pas redonner à ce peuple la fierté autrement que par des démonstrations certes belles mais sans lendemain? Ces motifs de fierté font appel au travail, à la sueur, à la patience. En un mot, il faut réhabiliter l’effort autrement que par la distribution de la rente par un ministère qui contribue à la cohésion sociale par le ciment des subventions, et autre filet social au lieu de contribuer à la mise en place d’un environnement propice à la création de richesses. Chiche! Ayons pour cap d’amener la France à reconnaître ses crimes en Algérie sans invective, – autrement que par des slogans creux et sonores qui ne trompent personne et surtout pas les jeunes- par une révolution de l’intelligence. Si la Révolution de 1954 qui fut la fierté de l’Algérie et de tous les peuples qui y prirent exemple pour s’arracher à la chape de plomb coloniale, force est de constater qu’elle appartient au siècle passé. Si ses principes fondateurs ne sont pas «formatés» au temps présent, ils demeureront sans effet et on peut supplier ad nauséam la France coloniale, en vain: demander la repentance sous la forme actuelle est stérile et peut durer encore mille ans. Le nouveau langage n’est plus celui des armes mais celui de la technologie du Web2.0, des nanotechnologies, du génome, de la lutte contre le réchauffement climatique et des nouvelles sources d’énergie du futur. Toutes ambitions à notre portée si on arrive à mobiliser par l’intelligence, tous les Algériennes et les Algériens. La réussite (ou l’échec) de notre pays à construire la modernité sera évaluée sur le critère d’élaboration de la société civile. Il est vrai que l’Algérie est le pays des paradoxes: à titre d’exemple, chacun sait qu’une grève à Air Algérie se règle dans la semaine. Par contre, une grève dans le système éducatif peut durer des mois, cela n’émeut ni les autorités, ni les partis, encore moins les syndicats. Je suis tenté de dire en définitive que l’avenir de ce pays se construira à partir d’un passé admis par tous ses citoyens sans exclusive. Les multiples dimensions devraient être assumées sereinement, et chaque habitant de ce grand pays se doit de revendiquer ses multiples identités non plus à l’état de ghetto honteusement toléré mais par une acceptation sereine et assumée. Notre pays doit retrouver le chemin de la sérénité. Il doit libérer les énergies en réhabilitant les valeurs du travail, de l’effort et du mérite. Il n’y a pas d’autre issue.(5) En définitive, pour ne pas changer la «famille révolutionnaire» fera des cérémonies où nous verrons toujours les mêmes dans un rituel morne sans épaisseur. Ensuite, chacun continuera à vaquer à ce qu’il sait faire jusqu’au prochain évènement où il se montrera devant les caméras de l’Unique qui n’a pas, loin s’en faut, épousé son temps engluée dans des combats d’arrière- garde visant à imposer une «« ‘açabya » au sens d’Ibn Khaldoun» moyen-orientale et qui n’est pas celle du génie propre des Algériens. Cette Révolution de Novembre n’intéresse pas la jeunesse parce qu’elle est devenue un fonds de commerce pour tous ceux qui y trouvent leur compte, notamment «la famille révolutionnaire» dont il faudra bien, un jour, que l’on nous explique la composition, la clé de cooptation et sa réelle «valeur ajoutée».(5)
Par fidélité au 1er Novembre 1954, inventons un nouveau premier novembre mobilisateur qui puisse répondre aux défis du siècle concernant la sécurité alimentaire, le problème de l’eau des changements climatiques et par-dessus tout, le défi de l’énergie. Il est plus que temps de freiner cette hémorragie et de comprendre que notre meilleur coffre-fort est notre sous-sol. Pour faire court, la Révolution de Novembre devra être réappropriée par la jeunesse qui doit contribuer à une révolution de l’intelligence à qui on doit donner une perspective de sortie du tunnel autrement que celle de l’évasion. Une révolution de l’intelligence est certainement la solution. Imaginons que les 10 millions de jeunes du système éducatif dans son ensemble ont un cap et se mobilisent eux-mêmes autour d’une utopie, celle de la création de richesses. L’Algérie n’aura plus à supplier, elle sera véritablement une nation prospère de sa richesse culturelle scientifique et technologique. Pour cela, seul le parler-vrai permettra à l’Algérie de renouer avec ce nationalisme qui, contrairement à ce que pensent les nihilistes, n’est pas passé de mode, c’est un puissant stimulant et qui peut se décliner avec les outils du XXIe siècle.
1.Jean Daniel. Le Temps qui reste. Editions Flammarion 1972.
2.C.E.Chitour. L’Algérie: le passé revisité. Editions Casbah. Alger. 2005.
3.Lahouari Addi: La représentation du 1er Novembre 54
4.Entretien Propos recueillis par Larbi Graïne Le Jour d’Algérie 16.10.2009
5.C.E.Chitour 1.11.1954: C’était le début d’une belle révolution L’Expression 30 Octobre 2008

Pr Chems Eddine CHITOUR (*)

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Les derniers révolutionnaires de la planète

Ils ont bien vieilli, ces révolutionnaires qu’on appelait « Fellagha ». Ils étaient là en ce premier novembre 2009, lors du cérémonial commémoratif du 55e anniversaire du déclenchement de la révolution armée ; du moins, ceux qui ont survécu aux années de feu ou aux aléas de parcours.Le temps qui a inexorablement blanchi la chevelure, voûté le dos et altéré la voix, n’a aucune prise sur le symbole. Leur révolution est comme les vieux crus, le temps ne peut que la bonifier. Ces femmes et ces hommes, n’ont probablement plus que cette commémoration pour se revoir, et échanger des propos complices. Certains d’entre eux, n’auront assurément pas la chance de vivre jusqu’à la prochaine cérémonie. Une simple photo diffusée sur l’angle supérieur droit de l’écran de télévision, et un commentaire faussement infligé, annonceront leur départ furtif après leur longue maladie. L’histoire de chacune et de chacun d’eux, est une épopée à écrire ou à réécrire. Quelle est cette folie suicidaire qui a saisi cette poignée d’hommes et en ce mois d’octobre 1954, pour organiser dans le secret le plus total, une réunion d’individus réputés dangereux pour appartenir déjà à l’Organisation spéciale (O.S), et connus pour leur activisme politique ? Faisant un pied de nez à la machine répressive coloniale, le groupe qui allait déclencher le processus révolutionnaire, se réunissait en plein quartier européen au Clos Salembier. L’ironie de l’histoire aura voulu que sept années plus tard, le général Salan et ses sbires choisissent le Golf à une encablure de là, pour s’insurger contre leur propre ordre colonial. Derriche, l’hôte historique de la réunion ne courait-il pas un danger mortel, en abritant sous son toit ces hommes traqués par la police coloniale et fichés dans tous les commissariats et brigade de gendarmerie ? Il est même des écrits qui rappellent, pour on ne sait quels desseins, que le groupe était constitué de 21+1. Ils exemptent Derriche de la composante qui est à l’origine du déclenchement de l’une des plus grandes révolutions contemporaines, si ce n’est la plus grande. Qui d’entre les communs des mortels, aurait pu prendre le risque que Derriche a pris en mettant en péril, son intégrité physique et celle des siens ? En tout état de cause, l’histoire aura retenu que ce qui n’était que chuchotement au Clos Salembier ce jour là, est devenu un véritable boucan au palais de Manhattan, quelques années plus tard. Les frères Boukechoura prenaient le 23 octobre 1954, le même risque, en abritant dans leurs trois pièces situées au 24 rue Comte Guillot (avenue Bachir Bedidi), le groupe des « six » dans son ultime réunion. Plus que les faits d’arme eux-mêmes, le travail de sape pour la sensibilisation et la structuration en réseaux, en dépit des risques encourus, n’en sont pas moins des actes méritoires. Ces postures qui paraissent anodines ou peu glorifiantes, ont été les rus qui alimenteront l’impétueux fleuve de la révolte. Ces caciques, comme certains aiment les qualifier, semblaient se dire, en cette opportune occasion : « Tu es encore là…sacré luron ! ». La charge émotionnelle est vive et le symbole très fort. Cet aréopage de figures historiques, doit certainement se poser encore la question sur le bien fondé de la quête de liberté, et du trait de folie qui ont été les leurs, pour parvenir au déclenchement des premières hostilités. Beaucoup d’entre eux ne payaient pas cher, du succès de cette aventure ; elle pouvait se transformer, à tout moment, en humiliante mésaventure. Du Clos Salembier à la Pointe Pescade à Ighil Imoula, le temps a du certainement suspendre son vol, pour que tout un peuple fit de la fête des morts (la Toussaint) la fête des vivants. Le feu de Bengale était simultanément allumé à Mac Mahon (Ain Touta), Biskra, Boufarik, Alger, Cassaigne (Sidi Ali) et ailleurs.    Peut-on s’imaginer un seul instant la solitude dans le dilemme de ces jeunes ? Eh oui ! Des jeunes dont la moyenne d’âge tournait autour de 25-30 ans et jusque là anonymes, qui bravaient avec insolence l’ordre établi. Ils se lançaient presque à mains nues à la conquête d’une chimère appelée : Liberté. Leur probable et viscérale appréhension, ne pouvait être que la désapprobation de leurs congénères en cas d’échec de l’entreprise. L’insuccès de l’aventure, pouvait éteindre et pour longtemps les braises de la révolte. Ils jouaient dangereusement le devenir de leur propre génération.      L’opprobre communautaire aurait été plus mortel, que toutes les geôles coloniales et la mise au ban de sentence irrévocable.

 Les remparts de la citadelle coloniale réputés inexpugnables, ont été enfin entamés par le rustique taraud des laissés pour compte. Le coup de semonce, ne semblait pas avoir été entendu et surtout compris par la force d’occupation coloniale. A moins de quelques mois à peine de la déroute du Mékong ; mauvais élève, elle ira, dans sa cécité, droit au mur. La clique de généraux défaits, ne pouvait pas mieux rêver d’une aussi prodigieuse aubaine pour laver un tant soi peu, l’affront subi en Indochine. L’un des empires coloniaux les plus dominateurs du XIX et du XXe siècles perdaient des plumes. Les damnés de la terre entonnaient à l’unisson « son » Chant du cygne.      Mesure-t-on à sa juste valeur la complexité de la situation, pour que les futurs insurgés fédèrent toutes les énergies, à l’effet d’ aboutir enfin à la déclaration politique que Ali Zamoum, devait tirer sur sa rustique ronéo à alcool. Cela, se passait à la nuit du 26 au 27 octobre à Ighil Imoula au cœur du Djurdjura. L’heure est grave ! Le ton du soulèvement armé est donné. De l’autre coté du front, on parle alors de hordes de hors-la-loi, puis de troubles et enfin d’événements insurrectionnels en Algérie. Le vocable « guerre » est occulté par la France coloniale, qui ne voulait pas reconnaître qu’elle faisait une guerre sans merci, à un peuple de « ventres creux». A ce titre, elle ne pouvait en tirer aucune gloriole. Il aura fallu près de quarante ans, pour que la France officielle qualifie le conflit armé de « guerre ». C.E. Chitour a, dans une récente contribution, qualifié les générations post novembristes de « nains sur les épaules de géants ». Par cette judicieuse parabole, il ne croyait pas si bien dire. Ces géants de l’Histoire, ont, à travers leur sursaut anti-colonial, soustrait des générations entières à l’asservissement, au déni racial et à l’ignorance.

 Ils ont fait relever le front, à une multitude de hères sans terre et sans dignité humaine. Ils ont inscrit d’un seul paraphe, tout un peuple dans le premier collège dont il a été longtemps exclu. Ils ont fait reconnaître la souveraineté de l’Algérie par le concert des nations, à leur tête l’ancienne puissance coloniale. Certains parmi eux, en dépit d’un statut privilégié, ont tout « plaqué » pour se ranger auprès des leurs, dans leur tourmente. Par leur sacrifice, ils auront été le plus grand panthéon que l’humanité entière aurait connu. Merci, une fois encore !

 S’il est vrai que les révolutions sont sublimes, les révolutionnaires le sont moins, parce qu’ils sont des humains pêcheurs par instinct. Ils ne sont pas, par conséquent, exempts de travers matériels, passionnels et mêmes mystiques. Toute révolution est sujette par nature humaine, au déviationnisme et au révisionnisme, sans cela, elle serait inscrite dans l’omniscience divine. L’œuvre, est tellement immense, que les déviances individuelles ou de groupes, ne peuvent entamer son lustre. Aux contempteurs de tout bord, il ne peut leur être opposé que ceci : Ces anciens jeunes, eux, ils ont fait leur Révolution ; faites la vôtre, pendant qu’il est encore temps ! La globalisation n’épargnera aucune petite intelligence ; le vol en rase motte ne pourra aboutir qu’à la culbute. (Le Quotidien d’Oran-05.11.09.) par Farouk Zahi 

 

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