Livre de Réda Malek sur la Guerre de Libération

*« les bonnes feuilles » du livre de Réda Malek sur « la Guerre de Libération et la Révolution démocratique » publiées par Echorouk

image Ni les islamistes, ni ses adversaires dans les gouvernements successifs n’ont trouvé de crédit à ses yeux. Connu pour ses positions tranchées et anti-islamistes, il accuse le FIS d’avoir avorté le processus démocratique, soutient l’arrêt des élections de 1992, tire à boulets rouges sur Zeroual et Chadli Bendjedid, et accuse le MSP de « manger avec le loup et de pleurer avec le berger ».

Echrorouk publie en exclusivité, à partir d’aujourd’hui en trois épisodes « les belles pages » des mémoires de l’ancien chef du gouvernement Rédha Malek,  publiées dernièrement aux éditions Casbah sous le titre La Guerre de libération et la révolution démocratique. L’ouvrage qui n’est pas encore sur le marché, est en fait une compilation de ce qu’a écrit Rédha Malek précédemment dans la presse algérienne et internationale, en plus de certains entretiens réalisés avec lui, avec des commentaires et quelques ajouts.

 L’ancien chef du gouvernement Rédha Malek accuse dans cet ouvrage les islamistes et le pouvoir et considère que ce qui se passe entre les deux parties n’est qu’une alliance contre nature, dont la victime est le pôle démocratique qui est en fait le centre de la bataille démocratique en Algérie.

Rédha Malek s’étale sur l’analyse de la situation qu’a connue l’Algérie après les évènements d’octobre 1988 et avec l’adoption de la charte de février 1989, ainsi que la dynamique de la société qui en a découlé. Ce tournant est marqué par une ouverture politique, l’avènement des islamistes sur la scène politique en tant que force populaire qui s’est imposée à travers les urnes, et les défis auxquels a du faire face le pays après l’arrêt du processus électoral à l’issue de législatives remportées par le Front Islamique du Salut en décembre 1991.

L’auteur de l’ouvrage fait porter, à l’ancien président Chadli Bendjedid, une grande part de responsabilité dans le soulèvement populaire de l’automne 1988 qui a brisé le statu quo, et la façon dont il a fait face à la montée du mouvement islamiste. «Le président Chadli Bendjedid a fait comme l’ancien président soudanais qui a traité avec les islamistes en appliquant la charia islamique, au lieu de les combattre comme a fait le président tunisien Benali dans son pays».

Rédha Malek poursuit: «L’adoption d’un parti fondamentaliste comme le FIS permet d’aider ce parti à sortir de l’ombre et donc de suivre ses mouvement, mais le danger que représente ce mouvement s’est rapidement accru».

L’auteur indique que face aux critiques qui lui ont été adressées après qu’il ait autorisé ce parti, le président Chadli  a argué qu’une telle démarche permet de surveiller ce mouvement, ajoutant que c’est un devoir de mettre tout le monde sur un même pied d’égalité. L’ancien président considérait qu’accorder l’agrément à un autre parti est basé sur un principe idéologique, illustrant avec le PAGS, un motif suffisant pour lui, puisqu’on autorise les communistes à avoir un parti, les islamistes ont également le droit de constituer leur parti. Cette dialectique est rejetée par Rédha Malek qu’il juge infondée.

 Rédha Malek accorde une importance aux termes et refuse le retrait du « musulman » au profit de « l’islamiste » dans la vie politique et estime qu’il y a là une grande différence. Mais avec cela, le pouvoir s’est obstiné à occulter ce détail pour des objectifs et des intérêts politiques, souligne l’auteur. Cette obstination se traduit, poursuit-il, par l’alliance contre nature entre le régime de Chadli Bendjedid et les islamistes, qui a entrainé des conséquences dramatiques sur le pays durant plus d’une décennie. Rédha Malek pense que la façon avec laquelle Chadli Bendjedid a traité avec les islamistes, sous-entendant par là le FIS, et à moindre degré Hamas et Nahda, a signé sa propre fin politique.

Selon Malek, Liamine Zeroual n’en a pas tiré de leçon et a contribué à ancrer institutionnellement le fondamentalisme en permettant aux islamistes de revenir sur l’arène politique sous le masque du modernisme, faisant allusion par là au Mouvement de la Société Islamique conduit par le défunt Mahfoud Nahnah, les associant même au gouvernement.

 L’auteur considère que l’ancien président Zeroual a fait une erreur: «Si le FIS constituait une menace par le passé, c’est le MSP qui menace actuellement même si la conjoncture est différente».

 A partir du diagnostic de l’islamisme en Algérie et dans d’autres pays, l’auteur estime que toute sorte de fondamentalisme est un mal et que l’Algérie ne peut s’attendre à autre chose au regard de ses expériences passées. Il considère que le « terrorisme islamiste » est enraciné dans les profondeurs de l’Algérie indépendante, précisément dans les années soixante avec la création de l’association « El Qiyèm » par certains cheikhs tels Tidjani, l’imam Arbaoui, Abdelatif Soltani et Mohammed Cherif Qaher. L’apparition de cette association était une sorte de réaction à l’adhésion de membres de l’Association des ulémas musulmans aux orientations du pouvoir.

Le fondamentalisme qui lutte contre l’Etat, ce n’est pas un fait nouveau. Rédha Malk le souligne. Il indique que les leaders du fondamentalisme dont feu cheikh Ahmed Sahnoun, ont commencé par critiquer l’orientation et les projets du défunt président Boumediene à la fin des années soixante-début des années soixante-dix, afin de susciter la réserve au sein des milieux conservateurs et d’autres personnes influentes auprès de l’Association des ulémas algériens.

Parmi les questions soulevées par l’ancien chef du gouvernement dans son ouvrage, le débat lancé par Cheikh Abdelatif Soltani sur la définition de Chahid, le Chahid qui est mort pour le pays, et le Chahid qui est mort pour la foi…Des débats inspirés par l’Islam idéologique représenté par le wahhabisme en Arabie Saoudite et les frères musulmans en Égypte.

L’ouvrage ne nie pas le rôle important des évènements internationaux dans la propagation du phénomène du terrorisme en Algérie, en particulier le succès de la révolution islamique en Iran. Mais le facteur essentiel reste, selon l’auteur, l’invasion de l’Afghanistan par les soviétiques et le rôle des États-Unis d’Amérique dans le soutien de l’effort mondial contre l’ennemi communiste avec des armes financées par des fonds saoudiens mais aussi appuyé par une couverture cléricale de l’école wahhabite. S’ensuivit la facilitation du transport des «moudjahidine» vers le Pakistan et de là vers l’Afghanistan. Sauf que le retrait de l’Armée Rouge a créé un problème qui fut nommé par la suite «Afghan des arabes». Ces arabes qui furent contraints de quitter le Pakistan de peur que s’y installe le noyau d’un état, et leur retour dans leurs pays respectifs dont l’Algérie fut comparable à une bombe qui a explosé quand sa mèche fut enflammée par la crise du début des années 90.

Mais les convictions politiques de l’homme et ses analyses en tant que témoin des événements suscitent l’intérêt lorsque l’étape devient sujette aux critiques de divers milieux politiques et médiatiques pour établir la démocratie même si c’est un coup dur pour la démocratie naissante. Rédha Malek qui est revenu en force au pouvoir, et par la grande porte aux débuts des années 90, de sorte que certains voyaient dans son image le sauveur d’un état au bord de l’effondrement, était un agent actif à cette époque vu les postes éminents qu’il a occupé, comme ministre des affaires étrangères, chef du gouvernement et un des membres du commandement des cinq du conseil suprême de l’état suite à l’assassinat du défunt Mohamed Boudiaf.

Ainsi, les témoignages de l’auteur sur une période dont il est un des artisans, paraissent dignes de foi et blanchissent des pratiques qui sont encore l’objet de polémique dans les universités et les milieux des érudits. L’auteur se justifie donc pour défendre l’interruption du processus électoral en janvier 1992 et approuve le décret de dissoudre le parti du Front Islamique du Salut qui est traduit par la politique rigoureuse antiterroriste et anti fondamentalisme se distinguant par un grand nombre de décisions radicales suscitant la controverse comme le gel de la loi de la généralisation de l’utilisation de la langue arabe, résultat de pressions de pays occidentaux tels la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne.

L’auteur s’applique inexplicablement, à convaincre les lecteurs que la légitimité électorale (le plus grand nombre de voix) ne constitue pas nécessairement un critère mondial pour la légitimité démocratique, surtout dans des circonstances d’exception et que la société est en pleine transition. C’est le motif avancé par l’écrivain à la défense du choix de l’arrêt du processus électoral car l’état n’était alors pas en position de force et l’administration absente.

L’auteur traduit l’élection du président Liamine Zeroual, le 16 novembre 1995, comme un rejet populaire du terrorisme et du fondamentalisme et la condamnation de la stratégie de la réconciliation défendue âprement par le groupe de San Egidio (le FLN de temps d’Abdelhamid Mehri, le FFS, Nahdha et nombre de personnalités algériennes). (Echorouk-05.09.2010.)

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105 réponses à “Livre de Réda Malek sur la Guerre de Libération”

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